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..\son\2026\2026-05-12.mp3
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07-07-2026
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30-06-2026
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Lecture
d’extraits de
« Pente
raide »
de
Samira Negrouche
et
Marin Fouqué
Actes Sud éd.
2025, 16 €
Les propos des
auteurs :
D’abord, on
n’avait rien à se dire. Disons qu’entre nous, il y avait trop
d’écarts, trop de préjugés.
Elle faisait du
taï-chi, lui de la boxe. Elle marchait très vite, lui trop
lentement. Elle venait de la montagne, lui d’une platitude.
Elle aimait
sentir le sang qui pulse, lui regarder les hommes tomber.
Et puis ce truc
de distance, ce truc qui sépare, ce truc tout noir et sombre quand
vient la nuit et qu’on appelle plus communément la mer Méditerranée.
Un truc qui dit
que les préjugés, c’est peut-être déjà un début d’histoire. Qui dit
que le temps passe, que les malentendus se creusent, que bientôt les
mots viendront à manquer.
Qu’il ne faut pas
que la langue échoue. Alors pour écrire vraiment ensemble, on a dû
beaucoup se regarder. Se donner la confiance.
Se flairer
l’écriture. On a dû s’inventer maladroite, se dire acharné ;
éprouver l’injustice autant que l’écartèlement ; soupeser les
impacts autant que les empreintes, sentir la distance mais aussi
quand on se touche.
Et surtout,
surtout s’assurer d’être bien équipés. D’avoir bien harnaché sur son
dos le paquetage parce que la pente est longue comme le poids est
immense. C’est celui des non-dits, celui du silence.
Celui des
tortures et de tout ce qu’on étouffe. Parce que la pente est risquée
mais il faut bien la prendre, quitte à se prendre l’éboulis.
Oui, assumer
l’avalanche des mots qu’on peut plus rattraper ; d’un côté l’Algérie
et de l’autre la France, parce qu’il faut les nommer. On en peut
plus de faire semblant.
Alors voilà, on
n’était pas censés avoir quelque chose à se dire mais on l’a fait.
Et c’est nous-mêmes qu’on a boxés. On a accepté les maladresses et
les effondrements mais on n’a pas fait semblant.
Parce qu’il faut
au moins ça, et encore beaucoup plus, pour faire un Nous qui parle.
Parce que c’est la page qui décide quand tout ça va se tourner, et
comment ça va se tourner.
Et parce qu’on en
peut plus de tout ce qui tombe, se fracasse et se noie – des deux
côtés de la Méditerranée.
- Marin Fouqué et
Samira Negrouche
***
« Pente
raide » est un long poème fait pour être écouté autant que lu. Et ce
poème, une aubaine pour l’écoute radiophonique, est écrit à quatre
mains.
C’est un
dialogue avec une unité de ton saisissante, venant de deux artistes
à des égards bien différents. Marin Fouqué est un citadin familier
de la banlieue française ;
Samira
Negrouche est familière du soleil de l’autre rive de la
Méditerranée. La rencontre à travers eux est celle de leurs pays
respectifs : la France et l’Algérie.
Et cette
rencontre se terminera au bout de la pente raide qui relie
indéfectiblement ces deux pays. On l’aura compris, gravir cette
pente raide n’est pas sans péril et requiert un effort et une belle
persévérance. La langue de ce poème, qui rassemble deux sensibilités
aux expériences différentes mais qui s’éclairent les unes les autres
dans une réciprocité inattendue
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09-06-2026
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Ce recueil de
poésie est un carnet de croquis ouvert. Dans des
observationscourtes et concises, le poète suit les choses
insignifiantes de l'existence et les condense en images et
en réflexions. |
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Le troisième recueil de poèmes de
Werner Lutz, Die
Mauern sind unterwegs / Les murs sont en marche,
est paru en 1996. Le poète observe des liens de sens
inattendus qui libèrent des images que nous ne connaissions
pas. "Ouvrir les pierres / regarder". Un travail de
rédemption avec des mots, mais sans beaucoup de mots. La
brièveté, la concision et le laconisme caractérisent ses
textes. Il ne s'agit pas d'une pensée cristallisée ni d'une
quelconque vérité. Ce ne sont donc pas des aphorismes, même
si la forme extérieure suggère la comparaison.
Ses poèmes sont comme des mouvements de recherche, ils
restent ouverts de tous côtés. C'est dans l'association
d'éléments réflexifs et figuratifs que réside la
caractéristique de ces fragments de texte dont les points de
rupture restent non lissés et qui apparaissent comme les
reliques d'un seul poème morcelé.
Sur les 275 textes que comporte le recueil original, la
traductrice en a sélectionné 78 pour convenir au format de
la collection.
PO&PSY érès, 15 €

Né en 1930 à Wolfhalden, dans le canton d'Appenzell, en
Suisse orientale, Werner
Lutz est
le cadet des cinq enfants d'une famille de petits paysans et
de tisserands de soie. Très tôt il travaille dans la petite
entreprise familiale, puis il suit une formation de
graphiste à Saint-Gall. Il s'établira ensuite au bord du
Rhin (à Bâle où il travaillera comme graphiste qualifié,
puis à Binningen) où il restera jusqu'à sa mort, en 2016.
C'est là qu'il commencera à écrire des poèmes, qui seront
publiés en 1955 dans la revue allemande Akzente puis
dans des anthologies. Peu enclin à paraître en public, il
lui faudra attendre vingt ans pour voir publier son premier
recueil Ich
brauche dieses Leben (Suhrkamp,
Francfort 1979). Dans les années 70, il se met également à
peindre et à dessiner. Deux autres recueils paraîtront chez
Ammann, à Zurich :
Flusstage en
1992, et Die
Mauern sind unterwegs en
1996.
L'essentiel de l'œuvre de Werner Lutz (surtout de la poésie
et quelques textes en prose) est édité par Waldgut Verlag,
une maison d'édition basée en Suisse orientale.
Extraits :
Pourquoi grimper aux arbressi c’est pour cracher sur les
nuages*Attendre tranquillementde savoircomment me
dissoudre*Bien loin encore des jours plus obscursà
fraterniser toujours avec mille insouciances à poursuivre
ce dialogue avec l’instant*Ça ne fait rienun rire aussi peut
voler en éclatsInspirer la poussière de ses propres désirs
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02-06-2026
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Karine Aparicio |
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Karine
Aparicio
auteure de
«Le Gers durant la Seconde Guerre
Mondiale - L’emblématique histoire du maquis de Meilhan »
publié aux Archives Départementales du Gers, 192 pages, 20 €, est
l’invitée de l’émission.
Elle s’entretient avec
Christian Saint-Paul de l’histoire de la société gersoise durant
cette rude période pour la France et de l’histoire du maquis de
Meilhan et de son chef le docteur Joseph Raynaud tué avec 74 autres
victimes lors du massacre par les forces nazies le 7 juillet 1944.
Rendre compte de cette
histoire fut un long travail mené avec succès par Madame Karine
Aparicio professeure d’histoire et géographie. Cet ouvrage, conçu
comme un outil pédagogique pour tous est très accessible par la
fluidité des textes, leur clarté, et les illustrations remarquables.
Un livre de mémoire qui nous éclaire sur cette partie de l’histoire
de l’Occitanie et en particulier de ce départemental rural qu’est le
Gers.
Extrait :
Vivre au maquis
« Les deuils, la
misère, la vie au fond des caves, les larmes, la colère, l’angoisse
de chaque jour… et pourtant le bonheur », écrit Vercors en septembre
1944 pour parler de sa vie clandestine.
Prendre le
maquis, c’est vivre une expérience unique qui, aux difficultés et
aux risques de l’existence souterraine, associe une grande liberté.
Puisqu’ils vivent dans un monde parallèle, les clandestins
s’affranchissent des pesanteurs de la vie normale (…). Les papiers,
on les fabrique, les tickets d’alimentation, on les vole. »
Les témoignages des survivants du maquis de Meilhan vont dans le
même sens. « L’existence et la vie dans la Résistance et dans les
maquis n’a pas toujours été une petite sinécure », écrit Armand
Recurt le 6 juin 1944, et pourtant, « la vie quotidienne s’écoule
dans un grand esprit de camaraderie ». Le groupe, la conviction du
combat commun rassemblent et rassurent. Éloignés des leurs, les
maquisards ont l’impression d’œuvrer pour un idéal et de faire
partie d’« une grande famille, la meilleure qu’il m’ait été permis
de connaître, alors que me voici au seuil de mes 60 ans », affirme
René Darnaud, survivant du massacre de Meilhan.
VERCORS,
« Nous avons été heureux », Les Lettres françaises, n° 23, 30
septembre 1944.
2
Sébastien ALBERTELLI, Julien BLANC et Laurent DOUZOU, op. cit.,
p. 32.
3
Témoignage de René Darnaud, survivant du massacre de Meilhan,
collecté par Guy Labédan (1974). Arch. dép. du Gers, 42 J 113.
Le drapeau du Maquis de
Meilhan
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26-05-2026
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Rediffusion
d’une émission consacrée à
Claude Nougaro
par
Jacques Miquel

Jacques Miquel, ici
en photo à Radio Occitanie, né le 7 juin 1948 est décédé à
l’Isle-Jourdain le 25 avril 2026.
Il fonda en
1965 avec Michel Eckhard-Elial et Christian Saint-Paul le Pop Club
Poésie dont Jacques Brel fut le Président d’honneur.
Il fut le
chroniqueur de notre émission « Les poètes » pour tout ce qui
touchait à la chanson poétique.
Il est l’auteur
de la discographie complète de Léo Ferré qu’il fréquenta jusqu’au
départ de l’artiste en Toscane.
Nous perdons un
grand connaisseur de la poésie et une mémoire de la création de nos
grands poètes chanteurs.
Il nous a laissé deux
publications écrites peu de temps avant son décès pour témoigner de
ce que fut sa vie bien remplie :
« Mes jeunes
années » où il
fait référence à la création à Toulouse en 1965 du
« Pop Club Poésie »
avec Michel Eckhard-Elial et Christian Saint-Paul, plus tard de la
revue « Poésie
Toute » et de
ses amitiés avec Jacques Bel et plus tard Léo Ferré.
Erudit de la
chanson poétique, Jacques Miquel réalisa des émissions sur Brel,
Ferré, Gribouille, Nougaro, etc.
Sa deuxième publication
« Un
théâtre d’ombres »
relate ses 25 années de carrière aussi bien remplies à la D.S.T.
Nous reviendrons
sur ces ouvrages prochainement pour rendre hommage à cet homme
d’exception dont la passion de la poésie et des poètes chanteurs a
été indéfectible.
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19-05-2026
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12-05-2026
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05-05-2026
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Philippe Marie
BERNADOU
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Présentation et lecture d’extraits du livre de
Harold Cobert :
Le Procès Mein Kampf
Les escales
éditions
éd. format poche 9 €
Il s’agit de
L'histoire incroyable mais vraie de la publication de Mein Kampf en
France. Voici ce qu’en dit l’éditeur :
« 1934. Mein
Kampf, le manifeste d'Adolf Hitler, rencontre un immense succès en
Allemagne et dans le monde. Pourtant, en France, on n'en connaît que
des extraits et, sa traduction ayant été interdite par le Führer
lui-même, le texte entier reste inédit.
Que peut bien
contenir Mein Kampf pour que les Français ne soient pas autorisés à
le lire ? Tandis que Hitler prône une paix durable entre la France
et l'Allemagne, certains soupçonnent des desseins plus sombres
derrière ces belles paroles.
Face à cette
interdiction de publier, une improbable coalition se forme : des
anciens combattants proches de l'Action française et des militants
de la cause juive –; ennemis politiques que pourtant tout oppose –;
unissent leurs forces pour révéler au grand jour les véritables
intentions du Führer.
Le Procès Mein
Kampf raconte avec brio la folle épopée de la publication de ce
texte en français et du retentissant procès qu'elle a entraîné,
portée par le flamboyant avocat Philippe Lamour. »
Extrait :
« Sommes-nous
capables de défendre nos compatriotes juifs à l’heure où leur
existence et leur droit de vivre sont de nouveau menacés ?
Avons-nous réellement tiré les leçons d’un passé innommable ou nous
saoulons-nous de vaines et creuses paroles pour nous donner une
bonne conscience aussi éphémère que bon marché ?
Revenir à « Mein
Kampf », l’une des plus profondes racines du mal, permet d’éclairer
notre présent sur la nature et les mutations de l’antisémitisme.
André Gide
écrivait : « Toutes les choses sont dites déjà ; mais comme personne
n’écoute, il faut toujours recommencer. »
Alors, ne
cessons jamais de répéter et de nous souvenir pour que le pire ne se
reproduise pas. Car là où croit l’antisémitisme, décroît l’humanité
et prospère la barbarie. »
(p 323)
***
Présentation et
lecture d’extraits du livre de
Christian
Bobin
« L’eau des miroirs »
éd. Gallimard coll. Blanche, 144 p, 14 €.
L’eau des miroirs
est un récit poétique, sans doute le premier par lequel Christian
Bobin, alors jeune poète, prend sa voix.
Or, c’est une
femme qui nous parle. Elle se meurt, délaissée par son amant. Et
tandis que la mort froide s’étend sur elle, elle raconte l’amour qui
l’a liée à un homme vivant reclus parmi ses livres.
De cette
situation très romanesque sourd déjà toute la richesse de l’œuvre en
gestation : la rupture avec le monde, les mots du désir charnel, la
nature salvatrice où s’abandonner.
Ce livre agit
telle une naissance — violent, tendre, essentiel.
Extrait :
Vertige des
marches que je descends, qui mènent au fond de la mer, au fond de
l’amour.
Marches
humides de mon sang, creusées par mes songes.
A quoi
rêvent-ils, les fiancés des eaux profondes, à quelle improbable
paix, sous quelle lumière d’un soleil mort ?
L’émission
« Les poètes » reviendra plus longuement sur ce livre étonnant de
Christian Bobin dans une prochaine émission.
***
L’invité de
la semaine est
Philippe-Marie
BERNADOU
venu présenter :
Vivant
demain
Prix Nicole
Drano Stamberg 2026
Editeur La rumeur
libre Collection Plupart du temps, 66 pages, 16 €
Philippe-Marie
Bernadou est né à Pamiers en 1956, a été libraire à Toulouse et à
Montauban. Il a animé dans ces deux villes des émissions littéraires
radiophoniques. Il vit désormais au bord de la Méditerranée.
Après une
pause de quelques années il revient en force dans le monde de
l’édition poétique avec un puissant recueil
« Vivant
demain » lauréat du
Prix Nicole Drano Stamberg 2026.
Ses publications
antérieures :
Ailes
(Rougerie) 1985
Littorales
(Texture) 1987
Baies
(Rougerie) 1990
Craie
Cratère Créatures
(Rougerie) 1994
Désœuvrement
(Encres Vives) 2007
Cadaqués,
aller simple
(L’Arpenteur/Gallimard) 2008
Ensuite (Le
monde d’) (Encres
Vives) 2020
En revues :
Multiples, Texture, Décharge, Comme en poésie…
Le poète fait
part aux auditeurs de sa posture de poète qui recouvre sa posture
d’homme face au monde dans lequel il vit. C’est toute l’humanité de
Philippe-Marie Bernadou qui se lit encore dans ce recueil d’une
somptueuse maturité. La sérénité est l’apanage de ce poète qui a le
bonheur de vivre dans un très beau lieu de la côte du Roussillon
auprès de Danièle, celle à qui est dédié ce recueil : « à Danielle
par qui vivent
les lendemains ». Mais cela ne serait réduire en rien la lucidité et
la sensibilité de cet artiste qui ne pourra jamais être un « homme
habitué » c’est-à-dire rompu et comme indifférent aux soubresauts et
misères des hommes, ses semblables.
C’est cette
lucidité qu’il nous invite à voir en face, dans ce beau livre
« Vivant demain » toujours tourné vers l’avenir. Le poète
authentique, comme l’est Philippe-Marie Bernadou, est toujours
prophétique, non qu’il soit devin, mais parce qu’il nous montre, par
le génie de la langue du poème, ce que pourrait et devrait être le
monde.
C’est la posture
de poètes comme lui, qui démentit le terrible constat que faisait
déjà au siècle dernier George Orwell qui avait ces propos
accablants : « Tout le monde est malhonnête et tout le monde est
totalement insensible à ceux qui se trouvent en dehors du cercle
immédiat de ses intérêts et de ses sympathies personnels. Ce qui est
le plus frappant, c’est la façon dont la sympathie peut être ouverte
ou fermée comme un robinet par pur opportunisme politique. »
Echapper à cette
fatalité sordide, qui est, quoiqu’ils protestent, le sort commun ou
presque de nos décideurs politiques, le lecteur de « Vivant demain »
y parvient et nous nous réjouissons que les éditeurs de « La rumeur
libre » et d’« Encres Vives » aient su discerner le bénéfice
universel de l’humanité que répand cet ensemble de poèmes de
Bernadou.
A lire pour le
plaisir bien sûr mais aussi pour la lueur d’espoir qui s’en échappe
et nous éclaire.
Et vivement la
prochaine publication de Philippe-Marie Bernadou !
***
Entretien et
lecture d’extraits.
***
Quelques
extraits de « Vivant demain » :
LAISSES
Là où nous
avançons, dans cette zone du rivage entre la plus haute et la plus
basse vague que l’on appelle, je crois, l’estran
où échouent
de vieux bouchons
de liège
un morceau de
bouée orange et blanche où se lisent encore, peintes au pochoir, les
lettres ITUDE
– peut-on
naviguer sur La Solitude ou L’Habitude, me demandes-tu
des jambes de
poupées écartelées à la Bellmer
¬– tu me dis que
tu ne pourras jamais lui pardonner Unica Zurm –
de ces poupées
que les petites filles, après les avoir déshabillées, offrent à la
mémoire des marins
parfois presque
rien, une bave d’algues
des bouteilles en
plastique qu’un idiot éventre à la recherche du message qui le
sauvera et rejette sur le sable
– sûrement j’ai
été cet idiot
des os de seiches
aveuglants
tessères d’un
drame qui s’est joué loin de nous
là où la lumière
n’est pas plus forte que le rai poudré qui entre parfois dans la
salle d’un théâtre en faillite
rien ou presque
la trace de nos
pas par endroits effacés, déjà
comme si nous ne
pesions plus sur la plage que par moments, par erreur
des bois flottés
gisant comme des bêtes malades
– tu veux savoir
si, telle celle des pendus à la mandragore, la semence des noyés
peut leur donner vie
tu t’en effrayes
un peu
des bidons coupés
en deux où les pêcheurs ont fait frire des sardines au goût écœurant
de vidange
qu’ils ont
mangées avec plaisir peut-être
avec faim
sûrement
des peignes
– pourquoi
trouve-t-on toujours de vieux peignes édentés
et des pantoufles
dépareillées
presque rien
l’obstination que
nous mettons à aller jusqu’au bout
les tiges d’un
bouquet qu’une veuve a jeté hier au crépuscule – c’était le Jour des
Morts
avec dans son
geste tellement de soumission
et tellement de
colère
des flacons
d’ambre solaire, des fioles d’indolence, des flasques d’hébétude
les coques de
crustacés brisées qui entaillent les pieds, les bogues des oursins,
les galettes de mazout où nous nous engluons
une carte au
trésor (un roi de trèfle)
presque rien, un
cachalot mort de chagrin
les lames des
couteaux, une étoile de mer
– tu l’as gardée
dans ta poche, pour la suivre partout
des petits bouts
de verre colorés et translucides
qui se
souviennent à peine du bocal, de la canette qu’ils furent
précieux et
dérisoires comme ces bijoux de pacotille qu’on gagnait à la fête
foraine pour vingt centimes dans les machines à sous
un fauteuil de
toile bancroche
– E la nave va,
dis-tu
certainement il
s’est assis là, avec son porte-voix et son bob improbable, à essayer
de diriger les vagues
un mot d’amour en
allemand qu’une enfant a glissé
dans un magnum de
champagne bu pour tromper l’ennui
sur le yacht
familial
***
LA MER FUT
EVIDENTE
J’appartenais aux
terres sèches et salées des montagnes
j’en avais tété
les vents
je savais la
sympathie des chèvres, l’ombre noire du figuier et le lait blanc des
figues
je savais les
cyprès, les cierges qu’ils font autour des tombes, le dais bleu du
ciel jeté par-dessus
et toute
l’indispensable pacotille des processions, des crucifix
consolament
les femmes en
noir prêtes à faire de la solitude leur plus belle monture
la vieille
fatalité contre laquelle il allait bien falloir se battre
je savais la
racine résignée des héritages, les cailloux légués et l’ordre de les
aimer, la peur des femmes et de leurs amulettes
et aussi la
longue patience avant que l’herbe pousse, que le serpent mue, que
l’enfant nous porte
le temps qui ne
se compte plus si la beauté traverse un ciel couchant, traverse la
rue une cruche dans l’arrondi du bras, traverse une parole
j’avais appris
que la vie se mérite
et je ne sais
toujours pas si c’est vrai
***
Ailleurs
FUCK THE MP
ces mots personne
ne les efface
ils justifient la
peur comprends-tu
– comme on
justifie un texte dis-tu alors
comme on le
recadre –
chaque attaque
nourrit l’ordre
et le silence
aussi
Tout lui profite
dis-tu
si j’avais une
bombe de peinture je crois que je m’effacerais
FUCK THE MP
sans doute
l’ai-je écrit dans la crainte des gyrophares
sans doute
aimerais-je l’avoir écrit
un jour laisser
trace de tant de désespoir
Au nom de quoi
dis-tu nous battons-nous encore
que nous
reste-t-il à défendre
il n’y a plus
rien à sauver
tout à construire
***


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28-04-2026
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21-04-2026
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14-04-2026

Sabine Aussenac
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07-04-2026

Sabine Aussenac
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31-03-2026

Abdellatif Laâbi
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L’émission est entièrement
consacrée à une des figures les plus marquantes de la poésie
mondiale : le poète franco-marocain
Abdellatif Laâbi.
Abdellatif Laâbi est né en 1942 à
Fès. Son combat pour la liberté lui a valu d’être longtemps
emprisonné au Maroc. Depuis 1985, il vit principalement en France.
Il a reçu les prix les plus
prestigieux en poésie. L’Académie des jeux floraux de Toulouse lui a
décerné le Grand Prix International de Poésie. Il est notamment
l’auteur de À deux pas
de l’enfer et
La poésie est invincible
(Le Castor Astral). Il a notamment traduit Mohammed al-Maghout,
Mahmoud Darwich, Ashraf Fayad et l’ Anthologie de la poésie
palestinienne d’aujourd’hui (Éditions Points).
Familier aux auditeurs de
l’émission « Les poètes », ce sont deux ouvrages qui sont retenus
cette semaine :
1 )
La terre est une orange amère
Le Castor Astral éditeur, 149 pages, 16 €.
À la fois livre inventaire et de
sagesse, La Terre est
une orange amère est
aussi un livre d’énergie et de résistance face aux maux qui nous
accablent. C’est un acte de présence au monde, un nouveau
réquisitoire contre le « règne de barbarie » qu’Abdellatif Laâbi n’a
cessé de fustiger depuis son premier ouvrage publié.
Il est enfin une célébration
inconditionnelle de la vie face au temps en fuite.
La cabane de
la poésie
se construit
elle aussi
avec trois
petits bouts... de bois
un bois un peu
spécial quand même
qui parle,
crie
pleure, chante
rit
saigne
rêve
s’automutile
et parfois tue
Nous
n’arrêtons pas
de nous
entretuer
entre voisins
frères et
cousins
nations ou
tribus
adorateurs de
la poule aux œufs d’or
ou du zèbre
violoniste
marchands du
Temple
ou voleurs à
la tire
soldats ou
moines
amis des bêtes
ou des robots
dernier cri
La lie de
l’humanité
est en train
de remplir
à ras bord
nos verres
***
Le regard aiguisé et la langue du
poème toujours aussi limpide, immédiatement perceptible, ce qui est
l’apanage des plus grands artistes, se déploient avec un bonheur,
malheureusement assez rare en poésie, qui nous réconcilie malgré
tout avec le monde et nous permet de goûter l’orange amère de la vie
des hommes.
Le vieux sage, dans la
magnificence de sa langue n’a rien perdu de l’acuité de sa vision du
monde et de son humour :
Les femmes
on ne voit
presque plus qu’elles
du moins dans
les sociétés
dites avancées
A croire
qu’elles sont devenues
les hommes
d’aujourd’hui
Et le vieux rebelle, fou de
liberté, et qui, lui, en a payé le prix et n’a plus à nous
convaincre de son authenticité et de son courage, persiste et
signe :
Avis aux
tyrans :
je n’ai pas
dit
mon dernier
mot !
Un livre sublime, tonique, à
lire sans attendre pour s’opposer un peu à ces temps durs et fades
qui sont les nôtres, façonnés par les puissants qui s’arrogent d’en
dicter le sens.
***

2 )
Un dernier pour la route
éd. Le Castor Astral, 160 pages, 16 €.
Vigie de notre contemporain,
Abdellatif Laâbi convoque ses souvenirs passés pour mieux décrire
l’époque présente. Face au dérèglement d’un monde en mutation,
contre les nombreuses victimes de guerre, le recours au poème
devient essentiel pour faire entendre sa voix et éveiller les
consciences.
Par sa justesse et sa force, sa
langue nous rappelle combien notre civilisation est fragile. Elle
exhorte surtout à ne pas succomber à la facilité et à poursuivre
notre lutte quotidienne pour une vie plus juste.
Ce poète auquel nous tenons tant
et qui a reçu le Prix Goncourt de poésie en 2009, nous livre dans ce
dernier ouvrage publié, une sorte de testament à sa manière, celle
d’abord d’un poète avant tout, puis celle d’un humaniste
viscéralement attaché à l’universel et à la liberté, en enfin celle
d’un esprit lucide qui pratique l’autodérision et donc l’humour
salvateur.
Comme tous ses livres de poèmes,
celui-ci est une promesse sur un avenir possiblement meilleur pour
peu que les hommes calment leur indécrottable hubris.
Mais non ! Ce livre ne saurait
être « le dernier pour la route » ! Nous avons trop à attendre
encore de ce poète dont nous disons ici toute l’affection que nous
lui vouons !
Nous ne
maîtrisons plus rien
Qui que nous
soyons
nous ne
maîtrisons plus rien
Où sont passés
l’axe de la
raison
la musique
secrète de la langue
les
éblouissements presque aveuglants
de l’amour
les images
parlantes des prophéties
la foi
paisible en l’inespéré
le bonheur
suffocant
de se sentir
vivant ?
Ne persistent
que les questions
celles
auxquelles
on a plus ou
moins répondu
et plus
nombreuses encore
celles restées
sans réponse
***
On ne sort pas indemne de ce
livre, mais ce sont des artistes comme Abdellatif Laâbi qui peuvent
réparer les désastres nés de l’insolence létale de ceux qui nous
gouvernent.
Vivement le prochain livre !
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24-03-2026
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Présentation de la
revue Nouveaux Délits
n° 83 :

Lecture de l’éditorial de
Cathy Garcia
Canalès :
La vitesse
exponentielle – bien que prévisible – de la falsification générale
me plonge de plus en plus dans le silence sans parler des vieilles
croûtes qui ressortent des pires placards de l'Histoire. Je me sens
parfois comme un vieux vestige d'une espèce disparue – pour autant
qu'elle ait jamais existé – et pourtant ça n'a rien à voir avec
vieillir, enfin je crois, vu que je me suis régulièrement sentie
décalée, inadéquate, non initiée aux normes en vigueur (qui ont plus
à voir avec l'étouffement de la vie qu'avec la vitalité elle-même)
et renâclante aux impasses imposées, au prêt-à-(pas)penser... Mais
c'est juste que, juste, jus de fond de poubelles de fast-foutoir
quand même là... et tant de poussive poussière. Collante,
dégueulasse. Assassine...
Alors oui ! Toujours et
encore nouveau délit, la poésie, nouveau délit, l'humour décapant,
deux inadéquations qui horrifient tout penchant à la mise au pas,
allelouIA ! Aussi, c'est avec un enthousiasme renouvelé que sort ce
84e numéro
(car oui il y a eu un n° zéro !) et merci à vous toustes sans qui Nouveaux
Délits, il n'y
aurait pas. Merci vrai !
Je nous souhaite
(convenu mais sincère) pour cette année numérotée 2026, beaucoup de
rire et de poésie sous toutes leurs innombrables formes, deux ailes
essentielles pour prendre de la hauteur et aller se poser sur les
arbres beaux, causer avec les petits dinosaures nommés oiseaux,
trier les bonnes étoiles des satellites. C'est un fait, les
mauvaises farces remplissent toujours les mêmes poches mais les faux
clowns, sinistres pitres du pire, ne feront jamais rire les enfants.
Il faut avoir un bon gros grain de poésie pour être drôle et de
solides brins d'humour pour mettre pattes au sol. Alors résolument
pour 2026, bien s'équiper : deux ailes joliment bricolées maison
pour la respiration et un grand balai avec de grands seaux de rires
francs et frais, prêts à tout éclabousser pour rincer le monde.
cgc (édito
garanti sans IA)
****
Lecture de poèmes de
Marianne Duriez qui
a une âme de nomade et la littérature au cœur. Elle appartient au
cercle littéraire des Têtes brûlées, groupe d’amis et artistes
libertaires. Après plusieurs années en Amérique du Sud et en Afrique
centrale, elle vit actuellement à Madrid. Ses textes sont publiés
dans diverses revues de poésie et son premier recueil,
Sur mon chemin, le
fleuve, a
paru dans la collection Polder en mai 2024.
Extraits :
Nuits
brûlantes à Madrid
A Madrid les
nuits brûlantes me rappellent cette maison
au Soudan où j’ai
vécu quelques mois, il y a longtemps...
Dans la petite
chambre aux murs sombres
il y avait un
faon au plafond sauf quand l’électricité
coupait donc
presque tout le temps
Une moustiquaire
tissée de cauchemars
Un matelas mou en
cuir odorant sur un sommier tressé
en fils de
scoubidou
Une douche d’où
fuitait parfois un fallacieux filet d’eau
Un rat qui m’a
mordu les orteils un soir de pluie
Un amant qui ne
parlait que l’arabe du désert
Ana
bahibbak
Il se foutait de
transgresser les règles
Et moi aussi
Il m’avait
embrassée un après-midi
Habibi
Dans une case
assombrie par l’orage
Un orage puissant
comme son étreinte sa langue ses doigts
son sexe
[...]
***
Lecture de poèmes de
Marie-Anne Bruch
qui a commencé à écrire des poèmes en 1989 et a obtenu le Prix
Arthur Rimbaud en 1996. Après des études en histoire de l'art à la
Sorbonne, elle se consacre entièrement à l’écriture depuis 2008.
Elle a fait paraître des poèmes dans les revues de poésie et a
publié :
2020
: La Portée de
l'Ombre,
éditions Rafael de Surtis ; 2019 :
Buées dans l’Hiver,
éditions du
Contentieux ; 2017 :
Haïkus des Quatre
Saisons,
éditions Encres Vives ; 2015 :
Triptyque,
chez 5 Sens Editions ; 2014
:
Ecrits la nuit,
éditions GrosTextes et Polder.
Lecture
d’extraits :
Atmosphères et
capillaires
Les pourquoi
nous passent
au-dessus de la tête
et les comment
nous donnent des
céphalées.
Devant toutes les
questions,
prendre ses
jambes à son cou.
Le sens des
choses m’atteint
par capillarité,
les mots prennent
forme
par lente
décantation.
Pas besoin de
calcul
pour savoir que
la vie est
tortueuse
et que nos peurs
sont bleues
comme pavés
d’hiver.
Les pourquoi
aux vapeurs
inutiles
se diluent dans
les nuages
et les comment
ennuyeux comme la
pluie
font des flaques
à nos pieds,
des nœuds à nos mouchoirs.
***
Présentation du
dernier livre de poèmes
d’Abdellatif
Laâbi : « Un dernier pour la route »
éd. Le Castor
Astral / POESIE , 16 €.
Abdellatif Laâbi est né en
1942 à Fès. Son combat pour la liberté lui a valu d’être longtemps
emprisonné au Maroc. Depuis 1985, il vit principalement en France.
Il a reçu les prix les plus prestigieux en poésie. Il est notamment
l’auteur de À
deux pas de l’enfer
et La poésie
est invincible
(Le Castor Astral). Il a notamment traduit Mohammed al-Maghout,
Mahmoud Darwich, Ashraf Fayad et l’
Anthologie de la
poésie palestinienne d’aujourd’hui
(Éditions Points).
Vigie de notre
contemporain, Abdellatif Laâbi convoque ses souvenirs passés pour
mieux décrire l’époque présente. Face au dérèglement d’un monde en
mutation, contre les nombreuses victimes de guerre, le recours au
poème devient essentiel pour faire entendre sa voix et éveiller les
consciences. Par sa justesse et sa force, sa langue nous rappelle
combien notre civilisation est fragile. Elle exhorte surtout à ne
pas succomber à la facilité et à poursuivre notre lutte
quotidienne pour une vie plus juste.
Lecture de larges
extraits :
Je marche seul en
pleine nuit dans le désert
Je marche pieds
nus, tête nue
Je marche sans me
poser les questions de la provenance, des haltes et de la
destination
Je me fiche de
savoir si je suis vivant ou mort
Si l'Univers a
implosé ou si l'on est à la veille d'un nouveau big bang
Je savoure ma
solitude, mon dénuement la perte de toute volonté, l'absence de tout
besoin l'acceptation de ce qui surviendra ou ne surviendra pas
Je ne pense pas
donc je suis !
**
XXI° siècle
Je ne suis pas un
homme du XXI° siècle
Que m’a-t-il
apporté jusqu’à maintenant
en dehors de
quelques avancées
de la science
la découverte
d’une poignée de bons auteurs
et de rares
œuvres d’art ?
Quant à l’échelle
humaine
inutile que j’en
rajoute
la coupe n’est
pas seulement pleine
elle déborde
Et de quoi ?
D’une quantité de
sang humain
qui pourrait
faire refleurir
un, deux, trois
déserts !
De folies jadis
inimaginables
comme de
défricher au bulldozer
les tombes des
« ennemis »
qu’on a récemment
trucidés
De manipulations
grossières
pour ôter de la
langue
la pensée
et de la raison
l’intuition
pour souder la
ferraille rouillée du mal
à la soie grège
du bien
Cela dit
je n’irai pas
jusqu’à faire
l’apologie du XX°
siècle !
***
Un livre à
lire sans attendre !
Un poète au
mieux de sa forme !
d’écriture et
d’esprit. Nous savons déjà que non, ce ne sera pas le dernier pour
la route. Vivement le prochain !
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10-03-2026

Guillaume
Decourt :
Harmonica,
etc.
Poésie
éd. La Table Ronde
RETOUR
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L’émission est consacrée au
dernier livre de
Guillaume
Decourt :
Harmonica,
etc.
Poésie
éd. La Table Ronde, 160 p, 17 €
Né en 1985, Guillaume Decourt est
poète. Il a passé son enfance en Israël, en Allemagne et en Belgique
puis a vécu dans les monts du Forez, à Mayotte et en Nouvelle
Calédonie. Il partage aujourd’hui son temps entre Paris et Athènes.
Il a publié une dizaine de
recueils, parmi lesquels Un gratte-ciel, des gratte-ciel (Lanskine,
2019), À 80 km de Monterey (Æthalidès, 2021) et Le Bonjour de
Christopher Graham (Æthalidès, 2023).
Il a reçu le Prix Max Jacob 2024
pour Lundi propre et le prix de l’Académie française
Lucette Moreau pour Un temps de
fête, tous deux parus à La Table Ronde.
Il a également reçu le prix Saint
Lary de poésie 2026.
Comme William Cliff, Guillaume
Decourt a choisi pour ce dernier livre de poèmes
la forme de la versification
classique. Comme son confrère poète belge, il excelle dans ce tour
de force de manier la langue selon les règles édictées par le genre
qu’il sait varier : huitains, dizains, neuvains, sonnets, etc.
C’est un régal de voyager dans
ces formes classiques qui ne perdent rien de leur contemporanéité,
car il n’y a rien de suranné dans la langue de ce poète qui
s’attarde sur tout ce qu’il croise, certifiant ainsi que rien ne
doit échapper à la poésie. Ses poèmes s’attachent aux scènes de la
vie quotidienne, aux paysages infinis qu’il a eu la chance
d’observer dans sa vie faite de séjours en divers pays comme Israël,
l’Allemagne, la Belgique, Mayotte, Forez etc.
La mélancolie sous-jacente
n’entame pas une forme d’ironie,
voire d’humour, qui l’amène à
considérer ses souliers pour les fixer dans le poème.
Des poèmes faciles à lire mais
dont on garde aussitôt une sensation chaleureuse tant ils nous
semblent familiers. Du grand art !
Présentation du livre et lecture
d’extraits.
***
JEUDI
Aujourd’hui c’est
Tsiknopempti
Le fameux jeudi
de la viande
Allons-y gaiement
les petits
C’est moi qui
passe la commande
Pour chacun deux
ou trois gyros
Agrémentés de
souvlakis
De keftedes d’un
plat en sauce
D’un petit verre
de raki
Encore quelques
côtelettes
Qu’on tient comme
un harmonica
Pas de couteau
pas de fourchette
D’accord mangeons
avec les doigts
***
SONATE
Je dois tout à un
Albanais
Toi nos enfants
et mes poèmes
Ma vie pour
parler simplement
Hier matin je
m’en étonnais
Nous n’avions pas
beaucoup d’argent
Prenions la nuit
des cafés-crème
Autour de
Censier-Daubenton
Il étudiait le
violon
Mais avait vendu
son archer
Parce qu’il avait
faim il neige
Dans ma tête qui
se défait
C’est lui qui
m’apprit le solfège
***
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03-03-2026

Georges Cathalo
RETOUR
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Présentation et lecture
d’extraits du dernier livre de
François Cheng « Une nuit au cap de la chèvre »
éd. Albin Michel, 2025.
Il ne manque pas de citer cette
belle assertion du Tao :
« Celui qui
cède à l’amour en se donnant au monde,
à lui sera
confié le monde. »
François Cheng, dans sa retraite
provisoire du bout de la
Bretagne, au Cap de la chèvre,
nous livre ses réflexions de vieux sage
ayant tant vécu, lucide sur
lui-même, sur ses erreurs de jeune homme
égoïste, mais aussi et surtout
sur le sens de la vie,
inséparable pour lui de la
poésie.
C’est ainsi qu’il affirme sans
équivoque que la vie par essence est tragique :
« Une sentence
générale s’affiche au fronton de notre société : toute vie
se termine en
queue de poisson »,
mais aussi qu’elle peut être transcendée par ce miracle du Verbe
qu’est la poésie :
« La poésie
est riche de variété. Elle recouvre
tous les
domaines de notre existence. Toutefois, si elle
se limite aux
thèmes qui se situent de « ce côté-ci » de
la vie, elle
n’a pas rempli toute sa mission.
Car le verbe
humain dérive du Verbe divin, comme
l’affirment
les proclamations « Au commencement était le Verbe »
selon saint
Jean, et « au commencement était la Voie/Voix »
selon le Tao.
Le chant humain, à son plus haut degré de résonnance,
par son
pouvoir de reliance, transcende la finitude qui marque la vie
de chacun, la
transmuant en un devenir ouvert. »
****
L’émission est ensuite
consacrée à l’invité de la semaine :
le poète et critique :
Georges
Cathalo
Né le 22 décembre 1947 à Albi, il
a passé toute son enfance dans la campagne tarnaise avant de devenir
instituteur. Il vit depuis lors à Saint-Vincent, non loin de
Toulouse. Il est marié, a deux filles et trois petits-enfants. Il
est à la retraite depuis 2003.
Ses premières publications
poétiques, en revues, datent de 1974. Il a fait partie des Comités
de Rédaction de plusieurs revues comme La Tour de Feu, Texture,
Rétro-Viseur et Friches. Ses textes ont paru dans de nombreuses
revues et anthologies. Sa bibliographie comprend actuellement 40
recueils parus essentiellement chez des éditeurs dits
"confidentiels" ; la plupart de ces ouvrages sont épuisés. Parmi les
plus récents, on peut citer :
•Noms
communs (Gros Textes éd., 2004)
•Quotidiennes
pour oublier (La Porte éd., 2006)
•Absurdement
vôtre (Mots & Cie éd., 2006)
•L'échappée
(Encres Vives éd., 2006)
•Brèves
d’Ovalie (Chiflet & Cie éd., 2007), avec Laurent Galès
•Quotidiennes
pour dire (La Porte éd., 2007)
•A
l’envers des nuages (Encres Vives éd., 2009)
•Noms
communs, deuxième vague (Gros Textes éd., 2010)
•Brèves
d’Ovalie, deuxième mi-temps (Chiflet & Cie éd., 2011), avec Laurent
Galès
•Au
carrefour des errances (Airelles éd., 2011)
•Quotidiennes
pour écrire (La Porte éd., 2011)
•Quotidiennes
pour résister (La Porte éd., 2013)
•Près
des yeux près du cœur (La Renarde Rouge éd., 2014)
•La
feuillée des mots (Henry éd., 2014)
•Quotidiennes
pour interroger (La Porte éd., 2014)
•Brèves
d'Ovalie, troisième mi-temps (Chiflet &Cie éd., 2015), avec Laurent
Galès
•Bestioleries
poétiques (Les Carnets du Dessert de Lune éd., 2015)
•Quotidiennes
pour lire (La Porte éd., 2016)
•Quotidiennes
pour survivre (La Porte éd., 2018)
•La
cendre de nos jours (A l’index éd., 2019)
Il donne lecture d’extraits de
ses derniers recueils :
« On aura » Encres
Vives éd.
« La petite Toscane »
Encres Vives éd.
***
Extraits :
dans ce pays
dans ce pays
derrière nous
se dressera
toujours un arbre nu
pour veiller sur
notre sommeil
dans ce pays
ouvert à tous les vents
un silence
assourdissant
défendra un
territoire invisible
sur lequel
personne ne régnera
dans ce pays
chaque matin
frémissements et
bruissements
seront des
mirages hors d’atteinte
dans ce pays de
révolte et de sang
un sourire
entrevu au fond du puits
accompagnera un
coin de ciel bleu
oublié dans
l’invasion des nuages
dans ce pays des
mille collines
l’air et les
hommes la terre et les flammes
s’éloignent
s’isolent et se divisent
dans ce pays
Lauragais
issues de la
Montagne Noire
les gouttes d’eau
sont de passage
et se séparent
vers deux mers lointaines
dans ce pays
derrière nous
se cachera
toujours un arbre nu
pour veiller sur
notre sommeil.
(in La Petite Toscane, Encres
Vives éd., 2026)
******
on aura tout vu
de ce que l’on
devait voir
du moins le
croit-on
on aura tout
entendu
de ce que l’on
pouvait entendre
du moins le
pense-t-on
on aura tout dit
faute de pouvoir
se taire
on se sera tu
faute de pouvoir
parler
on aura tout lu
des mots d’ordre
aux slogans
rageurs
des mots d’amour
aux conseils
sauvages
on aura participé
aux désastres
quotidiens
sans bouger sans
réagir
on aura baissé la
tête
rasé les murs
avec les fantômes
du doute
(in On aura, Encres Vives éd.,
2025)
****
dites donc les poètes
y aurait-il un âge pour mourir
à 46 ans comme Nerval
ou à 37 comme Rimbaud
ou bien encore moins
à 32 comme François Villon
ou à 20 comme Radiguet
faut pas encombrer l’espace
vivre trop vieux lasse les
foules.
-=-=-
comme il ne pouvait plus écrire
Johann Wolfgang Goethe
hurlait hurlait tant qu’il
pouvait
sur son lit de mort
dans la pénombre de sa chambre
il hurlait et répétait
son chant du cygne et de poète
Mehr Licht ! Mehr Licht !
plus de lumière plus de lumière.
-=-=-
« dehors tout est mortel »
écrivait Paul Eluard
dans le savant dosage
du vif et de l’inerte
et si dehors tout est mortel
dedans tout est vivant
tel serait le cri muet
qui pourrait vibrer en écho.
-=-=-
(in Noms propres au singulier,
Gros Textes éd., 2023)
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24-02-2026
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Présentation et lecture d’extraits de :

Dans ces admirables lettres
d'amitié intellectuelle adressées par
Joe Bousquet
(1897-1950) à
Jean Cassou
(1897-1986) passe la vie exceptionnelle et dramatique du poète
alité. Blessé de guerre en 1918, condamné à ne plus quitter sa
chambre de Carcassonne, Bousquet constitue sans relâche une œuvre
d'une originalité poétique profonde, lisant et partageant sans
cesse, s'entourant d'amis fidèles, de Jean Mistler à Paul Éluard.
Figure importante des lettres, de l'art et de la Résistance, le
futur conservateur en chef du musée d'Art moderne Jean Cassou,
fidèle parmi les fidèles, lui est une oreille attentive et éclairée,
son soutien essentiel. Entre 1930 et 1950, Cassou relaie à Paris les
recherches éditoriales - souvent contrariées - de son ami "Joe" et
devient le témoin du paysage mental fascinant de l'auteur de Traduit
du silence. Vingt ans après la disparition de Joe Bousquet, Jean
Cassou a donné une préface à l'édition de 25 de ces lettres,
confiées aux Éditions Rougerie.
Le volume présent, préparé par
Dominique Bara et Hubert Chiffoleau,
comporte 82 lettres inédites supplémentaires qu'il souhaitait voir
paraître après sa mort.
Joe Bousquet
demeure le génie indépassable du génie d’Oc en langue française du
XXème siècle.
Jean Cassou,
dont le buste orne le Jardin des Plantes de Toulouse, fut critique
d’art, spécialiste de la peinture contemporaine, écrivain, historien
et poète. Jean Cassou est un intellectuel humaniste et idéaliste,
figure exemplaire de la Résistance. En effet, en septembre 1940, il
est démis de son poste de conservateur du musée d’art moderne par le
gouvernement de Vichy suite à une campagne nauséabonde contre le «
juif espagnol Cassou », parce que marié à une femme juive, Ida
Jankélévitch, la sœur de
Vladimir Jankélévitch.
À cette époque, il a déjà rejoint le groupe du musée de l’Homme,
composé de chercheurs réunis autour de
Boris Vildé
et Paul Rivet.
Il s’installe à Toulouse en avril 1941 et participe à la fondation
du réseau Bertaux.
Arrêté en décembre de la même
année, il est enfermé à la prison militaire Furgole où il compose
ses 33 sonnets
au secret, publiés en 1944 sous le pseudonyme de
Jean Noir.
Libéré en 1943, il rejoint les MUR (Mouvements Unis de la
Résistance).
Nommé Commissaire de la
République, il est blessé dans les combats de la libération de
Toulouse le 19 août 1944. Conduit à l’hôpital, il est soigné par le
professeur Joseph Ducuing et reste plusieurs semaines entre la vie
et la mort. Dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions de
Commissaire de la République, il est remplacé le jour de la
libération par Pierre Bertaux.
Merci aux éditions Gallimard
de poursuivre l’œuvre de Rougerie qui, le premier, avait publié 25
lettres de cette correspondance.
A l’heure du message immédiat
lancé à la hâte sur les réseaux sociaux, l’art littéraire de la
correspondance risque fort de disparaître. Ce livre est aussi un
hommage à la qualité de l’écriture, à la richesse d’une belle langue
comme la magnificence d’une volonté d’expression de la pensée
humaine. C’est aussi une formidable leçon que nous donne Joe
Bousquet, cloué dans un lit, harcelé par la souffrance physique et
mentale propre à un infirme paralysé, leçon de courage et
d’espérance car comme me l’a écrit Hubert Chiffoleau à qui on doit
cette édition avec Dominique Bara :
« A
l’heure où les vieux démons se réveillent, ces lettres de Joe
Bousquet rédigées dans les années sombres du XXème siècle, nous
reviennent comme un phare face aux flots démontés de nos déroutes.
De ces chants
d’amour, de ce poète qui ne s’est jamais résigné au désespoir,
n’est-il pas le temps de parler ? »
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17-02-2026
RETOUR
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En
préambule est diffusé un poème de
Claude Barrère
(1947-2021)
« Sait-on le
blanc le noir » mis en
musique par
Philippe
Berthaut.
(La
diffusion est de mauvaise qualité ce dont nous vous prions de bien
vouloir nous excuser, mais ce sont les aléas du direct)
***
Présentation du
programme
POESIA de l’Académie
des jeux floraux à Toulouse
du 11 au 21 mars 2026 dans le cadre du « Printemps des poètes » :
Ars Poetica
: une continuité poétique proposée par
Bruno Ruiz
le 11/03/2026 à 19 h
Murmurations :
un concert de Lorenzo Naccarato le 12/03/2026 à 19 h
Rencontre
poétique avec Anunciada Fernández de Córdova
le 14 /03/2026 à 18 h
Poésie brodée
: exposition éphémère
et rencontre avec
Muriel
Verstichel les 13 et
14 /03/2026 à 15 h
Projection de
vidéos-poèmes suivie
d’une table ronde le 18/03/2026 à 19 h
Rencontre
calligraphiée avec le poète Casimir Prat
le 24/03/2026 à 19 h
Célébration du
poète Claude Vigée qui
a marqué l’histoire de Toulouse par
Christian Saint-Paul
le 25/03/2026 à 19 h
La vida : un
concert d’Eric Fraj le
26/03/2026 à 19 h
Rencontre
poétique avec Ruling Zhang
poétesse chinoise, académicienne des Jeux floraux le 31/03/2026 à 19
h
Toutes les manifestations sont
gratuites et se dérouleront à l’Hôtel d’Assézat, à Toulouse. Pour
réserver, merci de nous envoyer un courriel en précisant l’intitulé
et la date de l’événement, à l’adresse :
academie@jeuxfloraux.fr
***
Présentation et lecture d’un large extrait de :
«Ôhó,» de
Kouam Tawa
paru aux éditions « Aux cailloux des chemins », 104 pages, 12 €.
Auteur dramatique, poète et metteur en scène,
Kouam Tawa
réside à l’ouest du Cameroun et se consacre à la littérature, au
théâtre et à l’animation des ateliers d’écriture.
Il
a obtenu le premier prix ACCT de littérature africaine pour la
jeunesse et le prix poésie des lecteurs "Lire et faire lire".
Ôhó,
ainsi débute et se termine l’adieu de Kouam Tawa à son plus que
frère.
Ôhó
est un cri, un chant, un appel au sol et aux peuples de cette terre
que l’ami habita.
Ôhó
pour adieu. Un ôho aux Hommes enfermer dans un bateau négrier, un
ôhó joyeux à la colonisation, un ôhó aux colons, un ôhó aux
illusions de l’Indépendance, un ôho des jeunes à leur pays qui n’a
pas su cultiver leurs rêves.
Ancré dans la tradition orale des djéli d’Afrique de l’Ouest, des
mbom-mvett d’Afrique centrale et des imbongi d’Afrique du Sud, Ôhó
pétrit l’ocre des mots modelant peines et joies en une intense
élégie dédiée aux hommes qui ont fait et feront l’histoire de
l’Afrique, offerte à l’humanité.
Un long poème qui occupe tout le livre, un régal pour l’oralité,
poème radiophonique par excellence, qui dit tous les ravages de la
colonisation et de l’indépendance dans un même lamento.
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10-02-2026

Alem Surre-Garcia
RETOUR
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L’invité de la
semaine est
Alem Surre
Garcia.
Alem Surre Garcia
est né en 1944 à Carbonne. Il vit actuellement à Toulouse. Une des
plus singulières personnalités de l’occitanisme contemporain :
écrivain occitan et français, essayiste, poète, romancier,
chroniqueur, traducteur, dramaturge, librettiste, conférencier,
organisateur d’évènements culturels.
Il vient
présenter ses deux derniers ouvrages :
L'INOCÉNCIA
INFINIDA DELS EFEMÈRS - L'INNOCENCE INFINIE DES ÉPHÉMÈRES
éditions Tròba Vox
Poèmes en occitan avec
traductions en français
Les éphémères, insectes aux yeux
dorés et aux ailes de gaze, ne vivent qu’une seule journée. Un
miroir de la condition humaine pour Alem Surre Garcia. De sa
forteresse vide, le poète tente de conjurer les malheurs d’un temps
aussi bref. La guerre prédatrice qui s’est imposée dans le jardin,
trouble la conversation des sphères. Le poète peut-il distendre le
temps imparti ?
LO MIRALH DELS
IDOLATRAS
LE MIROIR DES
IDOLATRES
éditions Tròba Vox
Poème en occitan traduit en
français.
Le poème en quatre chants d’Alem
Surre Garcia,
Le miroir des
idolâtres,
relève du sirventès, un genre poétique utilisé par certains
troubadours pour dénoncer les exactions et les conséquences d’une
Croisade menée, au nom de Dieu, en terre occitane. Il est défini ici
par « Imprécations et suppliques »L’auteur dénonce aujourd’hui la
loi archaïque renaissante, celle des patriarches ombrageux, celle
des chefs de guerre porteurs d’un message divin, celle des grands
frères prompts à remplacer les pères défaillants, celle des
souverainistes frustrés pourvoyeurs de rancœur, celle des mâles
dominants incapables de maîtriser leurs pulsions bestiales, et qui
font de Dieu un assassin. Sans oublier leurs servantes
complaisantes…
Deux livres à
lire sans attendre pour savourer le génie de la poésie contemporaine
occitane, accessible à tous du fait de sa traduction en français.

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03-02-2026

Le grand poète
algérien, journaliste, critique et homme de radio
Abdelmajid Kaouah
est décédé ce 25
juillet 2025 à Perpignan
RETOUR
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C’est toujours la
fidèle
Leila Boutaleb
qui vient parler de son ami le poète franco-algérien
Abdelmadjïd
Kaouah
né le 25 décembre 1950 à Aïn Taya en Algérie française et mort
le 28 juillet 2025 à Perpignan ; hommage lui sera rendu le lendemain
de cette émission, 4 février 2026 à 18 h 30 à Toulouse
à l'Espace
Diversités Laïcité, rue d'Aubuisson.
Leila Boutaleb
avait accompagné le poète lors d’une émission en 2014 dont il est
donné un extrait à l’antenne permettant ainsi d’écouter sa voix
puissante.
La figure, qui
prend aujourd’hui une allure symbolique et mythique de la poésie
algérienne d’expression française (sujet de mémoire d’études de
lettres de Kaouah), de cet auteur est évoquée tout au long de
l’émission fragmentée par la lecture de nombreux poèmes extraits des
livres publiés au cours des années.
Abdelmadjïd
Kaouah journaliste, critique et poète, s'est exilé à Toulouse
dans l’été 1994 dans une grande - mais qui se révèlera féconde -
précarité. Il fuyait l’Algérie où ses collègues journalistes et
poètes étaient assassinés (193 dans l’année…). D’entrée,
Michel Cosem
le publie à « Encres Vives » et Kaouah lui voue une
reconnaissance et une amitié fidèle. C’est
« La Maison
livide »
pour lequel le peintre et poète
Hamid Tibouchi
conçoit l’illustration de couverture. Kaouah enchaîne ensuite les
publications
« Le Nœud de
Garonne »
(Autres Temps ed),
« Le Cri de la
mouette quand elle perd ses plumes », « L’Ode à Katarina Angélabei
suivie de Skärgärden »
(Encres Vives).
Le poète ne peut
qu’être toujours bouleversé par l’assassinat des poètes qui étaient
ses amis, dont Tahar Djaout qui avait retenu Kaouah dans son
anthologie sur les poètes algériens. Plus de vingt ans après, c’est
à Kaouah d’élaborer son anthologie personnelle :
"Que pèse une
vitre qu’on brise"
(éditions algériennes Arak), qui rassemble une quarantaine de
textes, pour la plupart inédits, écrits entre 1972 et 2014. Homme
fraternel qui transporte avec lui, cette émotion souriante, "poète
jusque dans la chair de son cœur" comme l'avait déjà noté la
critique dès ses débuts, il rend hommage à d’autres poètes,
algériens comme Tahar Djaout, Youcef Sebti et Jean Sénac
(tous trois assassinés) ou étrangers comme Mahmoud Darwish et
le poète bosniaque Izet Sarajlic. Profondément marqué par la
tragédie algérienne des années quatre vingt dix, il proclame que
l'on ne saurait réduire l'Algérie à ces terribles événements. Son
travail sur la langue le consacre comme une figure majeure de la
poésie algérienne de langue française. Langue d'une extrême
concision, parole poétique sans référence à toute autre poésie. Il
réussit à mettre en symbiose son être et son environnement. Sa
poésie est harmonie. Avec l'humilité des grands, il "capte seulement
un éclair furtif" mais il le ramène toujours vers l'homme. L'
humanité qu'il dégage vient de son regard lucide et tendre sur le
monde.
Egalement
journaliste et chroniqueur littéraire, ce méditerranéen qui vivait
partagé entre les deux rives, a notamment dirigé
"Quand la nuit
se brise",
une des meilleures anthologies de la poésie algérienne francophone
parue à ce jour (Seuil éd. collection Points).
Abdelmajid KAOUAH parle
à l'humanité toute entière disait Michel COSEM à l'occasion d'une
préface d'un recueil. Cela fait plus bien longtemps que sa poésie,
toute de lumière d'espoir sur les deux rives, nous réconcilie avec
un réel cruel et incertain. Il porte la langue française au cœur
d'un dilemme qu'il résout avec la bonté naturelle qui l'habite. Sa
générosité colore ses poèmes et ses protestations légitimes sont
autant d'appels à la paix et à la fraternité.
Cette voix aujourd’hui
devenue mythique, nous ne saurons l’oublier.
Lisons et faisons lire
Abdelmajid KAOUAH !
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27-01-2026

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En raison d'un incident technique cette émission
n'a pu être enregistrée dans ses débuts.
Nous vous présentons toutes nos excuses.
Les intervenantes parlent de la poète
Gérard
Zuchetto, éditeur de
Tròba Vox,
Solange Hibbs
et
Modesta Suarez
professeures émérite des Universités et traductrices viennent
présenter la parution en bilingue espagnol - français du livre de
poèmes de la poète espagnole
Clara Janès :

« Los secretos del bosque » « La forêt secrète »
éditions Tròba Vox, 155 pages.
Clara Janés
née à Barcelone en 1940, est une poète, romancière et essayiste
espagnole internationalement reconnue et primée, traduite dans plus
de vingt langues. Entrée à l’Académie de la Langue espagnole en 2016
elle est l’auteure d’une œuvre immense et variée où se côtoient la
création romanesque, théâtrale et poétique, les livrets d’opéra, les
récits de voyage, les essais qui explorent les liens intimes entre
art, musique et écriture, entre science, philosophie et poésie.
Polyglotte elle a traduit de plusieurs langues, entre autres
l’arabe, l’anglais, le français, le tchèque, le turc et le perse,
des œuvres d’auteurs majeurs Cette activité de médiation de
différentes cultures, inséparable de sa propre production, lui a
valu plusieurs prix prestigieux dont le Prix international de
Traduction en 1997.
Depuis la parution de son premier
livre de poésie, Las estrellas vencidas, en 1964 et jusqu’à celle de
ses derniers ouvrages, De esferas y trayectos (2022) et Del
imposible adiós (2024), Clara Janés déploie une activité intense, à
la fois fervente et savante, d’une profonde originalité. Elle
s’inspire à la fois de la tradition hispanique et de la mystique et
reflète la place particulière accordée à la sensorialité, la musique
et la science. Elle est un des grandes figures de la littérature
espagnole contemporaine.
Modesta Suárez
est professeure émérite de littérature latino-américaine et
spécialiste de poésie contemporaine au laboratoire de recherche
Framespa-UMR 5136 de l’Université Toulouse-Jean Jaurès.
Elle a édité de nombreux
ouvrages, dossiers en revues et articles consacrés à la poésie des
XXème et XXIème siècle des Amériques. Elle a étudié la poésie écrite
par les femmes, ainsi, les œuvres de Blanca Varela au Pérou, Fina
García Marruz et Dulce María Loynaz à Cuba, et également de voix
comme celles d’E. Cardenal, E. Lihn ou V. Huidobro. Elle est
cotraductrice de nombreux recueils, d’E. Chirinos à C. Bracho et N.
Morejón, entre autres.
Elle est l’autrice du recueil
Silhouettes-Siluetas (sculpture et poésie) avec Denis Pérez (2007),
du recueil mini/ataduras – de si petits liens (poèmes et monotypes)
avec Denis Pérez (2025) et de poèmes publiés en revues Luvina
(Mexique) ou La Comunidad Inconfesable (Espagne).
Elle vient de traduire, aux côtés
de Solange Hibbs, le recueil La forêt secrète de Clara Janés (Ed.
Tróba Vox, 2025).
Solange Hibbs
est Professeure émérite de Littérature, langues et civilisations
hispaniques et spécialiste de l'histoire culturelle espagnole des
XIX et XX siècles ; elle est également interprète de conférence et
traductrice littéraire. Elle est membre du laboratoire de recherche
FRAMESPA- UMR 5136
Traductrice de plusieurs ouvrages
de Clara Janés elle a publié de nombreuses poésies dans des revues
littéraires internationales.
Extraits de
« Los secretos
del bosque » « La forêt secrète »
éditions Tròba Vox
nigredo
Las fuentes
que de noche no
duermen
musitaban el
enigma.
No te detengas a su lado,
tú, cuyo objeto
es vagar entre los pinos
cediendo lastre
hasta la desnudez.
El abandono de la
materia
es tu meta,
pura disolución.
Acércate tan sólo
a la hoja mojada
por la lluvia,
al musgo
y a los limos del
fondo del estanque;
busca la
oscuridad más densa,
entrégate a su
don,
que el ser ya no
es pasado ni presente
ni futuro:
es ir hacia el no
ser...
Mas ese errar por
los bosques
se parece al
infinito,
y mi andadura
oscilante
dibuja su signo.
****
nigredo
Les sources
qui la nuit ne
dorment pas
murmuraient
l'énigme.
Ne t’arrête pas à
leur côté,
toi qui erre
parmi les pins
te délestant
jusqu’au
dénuement.
L’abandon de la
matière
est ton but,
pure dissolution.
Approche à peine
de la feuille
humide de pluie,
des mousses
et des limons du
fond de l'étang ;
recherche
l'obscurité la plus épaisse,
abandonne-toi à
ce don,
car l’être n’est
plus ni passé, ni présent
ni futur :
il est
cheminement vers le non-être...
Mais cette
errance dans les bois
ressemble à
l’infini,
et ma démarche
hésitante
en ébauche le
signe.
***
Y la voz se hizo
ráfaga de viento
y huyó hacia el
bosque de abedules
en cuyos troncos
descubría la luna
la escritura
amorosa de los años.
El cuchicheo
nocturno destellaba.
***
Et la voix se fit
rafale de vent
et s’enfuit vers
le bois de bouleaux
et sur leurs
troncs la lune révélait
l’amoureuse
écriture des ans.
Le bruissement
nocturne resplendissait.
***
Me acerqué al
lago.
En las aguas
respiraba
todo el bosque
con el mismo
aliento,
autocobijándose
en la negación
del horizonte.
***
Je m’approchai du
lac.
Dans les eaux
respirait
toute la forêt
d’un même
souffle,
se réfugiant
dans la négation
de l’horizon.
***
vita nuova
Campos bajo el
rocío
y el árbol
en su danza
transformante.
Algo más que la
calma
vuelve a mí.
Ascendemos
a la desaparición
en el abandono
del peso
y las ondas del
aire
en cerco de
alegría.
Que no es olvido,
que no es olvido
ese despojamiento:
se esboza un
hueco
y el que acude
penetra como un
pájaro
en la prístina
acogida
mientras cruzan
los espejos
interiores
los rostros todos
del amor
y la delgada
línea del horizonte
dice: no hay forma
en el más allá,
ni fuga
no hay sombra,
ni luz,
ni concreción.
***
vita nuova
Des champs sous
la rosée
et l’arbre
dans sa danse
bouleversante.
Au-delà du calme
je me sens
transportée.
Nous montons
vers la
disparition
loin de la
pesanteur
et des vagues de
l'air
dans une ronde de
joie.
Ce n'est pas
l’oubli,
ce n’est pas
l’oubli
ce dépouillement
:
un creux se
dessine alors
et celui qui
arrive
pénètre comme un
oiseau
dans l’accueil
immaculé
tandis que
traversent
les miroirs
intérieurs
les visages mêmes
de l’amour
et que la fine
ligne de l’horizon
dit : il n’y a
pas de forme
dans l'au-delà
pas de fugue
il n’y a pas
d'ombre,
ni de lumière,
ni de concrétion.
***
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20-01-2026

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Les invités de la semaine sont le
poète occitan
Franc Bardou
et son éditeur
Gérard Zuchetto
pour évoquer les dernières parutions de
Tróba Vox
et plus particulièrement celles de Franc Bardou.
Gérard
Zuchetto qui a créé
les éditions Tróba Vox est avant tout un artiste accompli qui chante
les troubadours des XIIème-XIIIème siècles et la lyrique médiévale
occitane dont il étudie les œuvres poétiques et musicales dans les
manuscrits originaux. Chercheur et compositeur, il puise aux sources
du trobar l’originalité de sa propre création et une interprétation
de la canso d’hier au plus juste de ses sonorités et de ses
émotions.
Ce chanteur et auteur publie en
1996 Terre des troubadours, anthologie bilingue commentée et
illustrée (Éditions de Paris / Harmonia Mundi : 455 pages avec CD),
en 1998 un Cd-rom du même nom (Éditions de Paris / Studi / Le Seuil)
et en 1999 Le livre d’or des troubadours (Éditions de Paris
/Harmonia Mundi). En 2017, La Tròba, l’invention lyrique occitane
des troubadours XIIe-XIIIe siècles. Anthologie commentée du Trobar(éditions
Troba Vox, 2017) 812 pages. Présentation de 110 troubadours et de
leurs œuvres, plus de 300 chansons en occitan avec les traductions
en français. Il est l’auteur de nombreux CD Albums consacrés aux
troubadours.
Franc BARDÒU,
né à Toulouse en 1965, écrit en occitan depuis 1989 et collabore à
la revue Òc. Il est depuis 2011 le rédacteur en chef de la revue Gai
Saber. Auteur d’une thèse de doctorat sur l’œuvre et la pensée de
René NELLI (1907-1982), il est membre de l’Académie de Jeux Floraux
de Toulouse et de l’Academia Occitana. Auteur de recueils de poèmes
tels que Filh del Cèrç (1995), prix Paul Forment (1996), Cant del
Cèrç (1996), La crida (2003), Atlàs londanh (2006), L’arbre de mèl
(2010), Fòc als uèlhs ai set de brasas (2013), Lai on non l’esperavas
pas (2013) et d’un manifèste littéraire consigné par les écrivains
de sa génération au sein du Movement Descobertista (1998). Sa
pratique poétique, traversée par celle des troubadours, s’articule
autour du rythme, dans une perspective hallucinatoire ou visionnaire
qui ouvre l’imaginaire des textes à tous les possibles, ce qui lui a
valu le prix Goudouli de l’Académie du Languedoc « pour l’ensemble
de son œuvre poétique » en 2011. Ce nouvel opus est le fruit d’une
collaboration avec les compositeurs contemporains Gérard Zuchetto et
Sandra Hurtado-Ros. En prose, F. BARDÒU a aussi publié deux recueils
de nouvelles, D’ara enlà (1999) et Qualques balas dins la pèl
(2009), et un roman d’inspiration jungienne, La nuèit folzejada
(2003) traduit et publié en catalan en 2004.
Il est à ce
jour l’auteur de plus de 40 recueils de poèmes édités. Il s’efforce
de recueillir l’héritage des poètes andalous arabophones, des
mystiques persans, des troubadours et des baroques occitans, mais
aussi de Gòngora, Mallarmé, Pessoa, Palau i Fabre, Nelli, Bousquet,
Reverdy, Valéry. Très attachée au rythme, sur une voie imaginative
suggérée par les œuvres de Jung, Bachelard et Corbin, sa poétique
marie l’exigence des troubadours avec un surréalisme méditerranéen.
Il conjugue une métaphysique dualiste radicale avec des perspectives
libertaires trempées dans la mémoire des Républicains aragonais et
catalans de la CNT, mais il s’aventure parfois dans les labyrinthes
de l’inspiration alchimique. Il œuvre donc aussi bien à une poésie
engagée (Cf. les 5 volumes de ses Cronicas Demiurgicas, Tròba
Vox) qu’à un lyrisme contemplatif (Cf. Lo Dîvân de ma Sobeirana, Tròba
Vox).


Franc Bardou
et son éditeur
Gérard Zuchetto
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13-01-2026
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Christian Saint-Paul reçoit
l’écrivain, poète
Francis PORNON qui
vient présenter la réédition de son guide de Toulouse dans
une nouvelle
édition, enrichie et remise à jour :
Toulouse petits secrets et grandes histoires, Guide du promeneur
curieux.
Photographies
et illustrations de : Viet Dominique ; Néplaz Marianne ; Bletton
Hélène ; Caritg Patricia ; Gilabert Christiane ; Monerris Cécile,
éditions Sud Ouest,
192 p, 20 €.
Né à Limoux (Aude),
Francis Pornon
étudia à l'Ecole Normale d'Instituteurs et à l'université de
Toulouse et commença par publier des poèmes. Il séjourna en Auvergne
où il publia des poèmes, des contes et aussi des spectacles
théâtraux joués par le Théâtre Permanent. En résidence près la cité
des Minguettes de Vénissieux, il anima des ateliers d'écriture
d'élèves et donna en lectures publiques des textes poétiques :
Chanson d'amour de loin, etc. ainsi que des textes dramatiques pour
la scène : L'amour et la terreur (fresque historique populaire pour
l'anniversaire de 1789), Libertine (monté à Avignon-off, etc.) et
publia poésies, romans, nouvelles, essais et chansons dont Le Trésor
Magnifique, (Ed. AMP) : livret de cantate mise en musique par Sergio
Ortega et créée à Lyon. Après un retour en Algérie et autres
voyages, des reportages furent publiés dans la presse et des carnets
de voyages : Algérie, Algérie ! (Paroles d'Aube). Avec Saône
interdite (« Le Poulpe »), il donna son premier roman noir. En 2012,
il monta également avec le pianiste Alain Bréheret un récital
poétique dit et chanté et le donne en plusieurs endroits de
Haute-Garonne et à Lyon. Il participa aux Rencontres de l'Histoire à
Blois sur le thème des paysans, avec une contribution sur la
campagne kabyle à travers la littérature, publiée dans : L'Algérie
au rendez-vous de l'Histoire (El Ibriz, Alger). Francis Pornon
Participe à une action « À l'école des écrivains » avec la Maison
des Ecrivains et de la Littérature, au collège de Graulhet (Tarn),
puis à celui de Lalande (Haute-Garonne) et Le Pouzain (Ardèche).
Suite à un voyage en Tunisie a publié un reportage dans la revue
Gibraltar. Fit paraître un recueil de Nouvelles : Le Coffret (Ed.
Horsain) et continue à faire publier diverses nouvelles (dont des
textes « érotistoriques ») sur internet par les éditions Ska (skaediteur.net).
A publié un ensemble de poèmes : Chant général au pays (Ed. Encres
vives) et un beau livre promenade : JAURES A TOULOUSE, lieux et
mémoire (Ed. Loubatières). Le roman : Les dames et les aventures du
troubadour Raimon de Miraval (Ed. TDO) marque un retour au roman
historique.
(d’après le site de Francis
Pornon.)
Ce guide porte bien son
sous-titre,
« Guide du
promeneur curieux ».
Nous partons du square
Charles-de-Gaulle (envers du Capitole) pour une promenade en boucle
dans 33 petits quartiers. Au gré du trajet on se déplace du centre
par la grande rue Alsace-Lorraine et les boulevards, les petites
rues Renaissance joignant la Garonne, les rues basses de
Saint-Cyprien, les quartiers typiques de Saint-Michel et
Croix-de-Pierre avec la verdure du Ramier, puis par les quartiers
larges du Grand Rond et de la rue de Metz pour retourner au centre.
Ainsi défilent maisons et
édifices, monuments et promenades, fleuve et canal. Nous rencontrons
en route des disparus, une foule de faits présents et passés, des
histoires splendides ou terribles, tant la ville est faite de
mémoire autant que de spectacles et de désirs.
Une nouvelle édition de cet
excellent guide de Toulouse qui fait la part belle à l’Histoire
contemporaine facilement oubliée et réveillée par de brèves
évocations comme celles concernant l’artiste Marc Saint-Saëns dont
les tapisseries ornent la bibliothèque du Périgord et l’Oncopole.
En sus d’un guide pratique
pour traverser toute la beauté de la ville rose, ce guide du
promeneur curieux, écrit dans une langue soignée apanage de
l’écrivain qu’est avant tout Francis Pornon, est un digest de poche
de l’histoire de notre cité qui fut bien tourmentée depuis
l’Antiquité.
Un guide à posséder à la fois
pour tous ceux qui aiment Toulouse et tous ceux qui veulent la
visiter avec l’attention qu’elle mérite et en garder une trace
pérenne. |
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06-01-2026
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Béatrice BALTI
est l’invitée de la semaine venue nous parler de :
Francis
Scott Fitzgerald - Entre jazz, gin et schizophrénie
-
La vie de
l’auteur de Gatsby le Magnifique
éditions Complicités, 224 pages,
22 €.
Francis Scott
Fitzgerald, figure
flamboyante de la littérature américaine, incarne mieux que
quiconque les excès et les illusions des Années folles, ces Roaring
Twenties marquées par l’ère du jazz, l’alcool, la fête… et les
désillusions. Écrivain prodige, il connaît une célébrité fulgurante
avec L’Envers du Paradis, devient une icône de sa génération et
forme avec Zelda, sa femme, un couple aussi mythique que tragique.
Mais derrière les paillettes de New York, Paris ou Antibes, la
réalité se fissure: alcoolisme, dépression, schizophrénie… La
parution de Gatsby le Magnifique (1925) marque un tournant?: le
génie bascule dans l’abîme. Béatrice Balti livre ici une biographie
sensible et éclairante d’un écrivain majeur du XXe siècle, auteur de
quatre romans et de plus de 160 nouvelles, aujourd’hui encore étudié
dans les lycées américains et les universités du monde entier.
Écrivaine et biographe à la plume
passionnée, Béatrice Balti signe ici son dixième ouvrage.
Spécialiste des grandes figures littéraires, elle a consacré de
nombreux travaux à la transmission de la mémoire et à la mise en
lumière d’auteurs qui continuent de résonner avec notre époque
(Robert Louis Stevenson, J.M. Barrie (Peter Pan), Arthur Conan
Doyle, Oscar Wilde).
Dans ce livre, elle fait revivre,
avec une écriture fluide et romanesque, les grands moments de la vie
de Fitzgerald : de son enfance dans le Minnesota à ses années
parisiennes et méditerranéennes, jusqu’à sa mort prématurée à
Hollywood en 1940, alors qu’il achevait l’écriture du livre Le
Dernier Nabab. L’ouvrage de Béatrice Balti permet au lecteur de
comprendre l’homme derrière le mythe, d’approcher son génie mais
aussi sa fragilité, de redécouvrir Gatsby le Magnifique dans son
contexte, et de saisir comment la vie intime de l’auteur a nourri
ses chefs-d’œuvre.
C’est toute la vie de Francis
Scott Fitzgerald et de son épouse Zelda qui se déroule dans ce livre
passionnant, et leur histoire tourmentée se confond avec l’histoire
des U.S.A, des années fastes qui ont suivi la Première Guerre
Mondiale à la crise de 1930 jusqu’à la mort de Zelda en 1948 dans
des circonstances dramatiques, brûlée vive dans l’incendie de
l’hôpital où elle était soignée.
Ernest Hemingway autre figure
mythique de cette époque entretient avec Fitzgerald des relations où
se mêlent l’estime et la condescendance. La maladie de Zelda
psychologiquement instable dès ses 26 ans et l’alcoolisme confirmé
de Scott dès ses 30 ans vont tisser une mouvance de vie que le génie
de Scott, ce romantique Irlandais qui savait que la vie était
tragique, transformera par le miracle de l’écriture en sources
renouvelées de création.
Béatrice Balti nous offre avec
son dernier livre une biographie alerte comme un bon roman dont on
ne peut se détacher de la lecture et une recension très vivante de
son livre à écouter dans cette émission.
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23-12-2025

Pierre MAUBE
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Présentation du dernier livre de
Béatrice Balti, une
biographie qui se lit comme un roman : «
Francis Scott Fitzgerald Entre jazz, gin et schizophrénie »
éditions complicités, 200 p, 22
€.
Francis Scott Fitzgerald, figure
flamboyante de la littérature américaine, incarne mieux que
quiconque les excès et les illusions des Années folles, ces Roaring
Twenties marquées par l’ère du jazz, l’alcool, la fête… et les
désillusions. Écrivain prodige, il connaît une célébrité fulgurante
avec L’Envers du Paradis, devient une icône de sa génération et
forme avec Zelda, sa femme, un couple aussi mythique que tragique.
Mais derrière les paillettes de New York, Paris ou Antibes, la
réalité se fissure : alcoolisme, dépression, schizophrénie… La
parution de
Gatsby le
Magnifique (1925)
marque un tournant : le génie bascule dans l’abîme.
Béatrice Balti livre ici une
biographie sensible et éclairante d’un écrivain majeur du
XXe siècle, auteur de quatre romans et de plus de 160 nouvelles,
aujourd’hui encore étudié dans les lycées américains et les
universités du monde entier.
Un livre passionnant qui nous
replonge dans l’histoire des USA autour des années 20 et 30 du
siècle dernier. Une biographie très documentée et très précise qui
tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page, tellement
cette vie exposée est riche et l’écriture fluide. A lire absolument.
Une excellente idée de cadeau !
Ce livre fera l’objet de la
première émission « Les poètes »de 2026.
***
L’invité de la semaine est le
poète
Pierre Maubé.
Pierre Maubé est un poète
français né le 8 décembre 1962 à Saint-Gaudens(Haute-Garonne), dans
une famille franco-italienne. Après des études d’Histoire à Toulouse
et Paris, il vit de 1983 à 2011 en région parisienne.
Bibliothécaire, il travaille dans divers établissements
universitaires parisiens, parmi lesquels la BDIC, l’IUFM de Paris et
la bibliothèque Sainte-Barbe, puis dirige de 2011 à 2013 la
médiathèque municipale de Pontivy (Morbihan). Il prend en octobre
2013 la direction du Conservatoire de musique Guy Lafitte et de la
médiathèque intercommunale de la Communauté de communes du
Saint-Gaudinois, puis devient, en octobre 2020, chargé de mission au
sein du service culturel de la même Communauté.
Il a publié de nombreux ouvrages
dont :
Cette rive,
préface d’Estelle Fenzy, éditions Illador, Paris, parution le 15
juin 2025.
Soir venant,
préface de Philippe Leuckx, éditions Lieux-Dits, Strasbourg,
collection Les Cahiers du Loup bleu, 2025.
Incapable,
éditions Les Cahiers des Passerelles, Clermont-Ferrand, 2023.
Étrange
suivi de Onze kaddishim pour Rose,
éditions Lieux-Dits, Strasbourg, collection Les Cahiers du Loup
bleu, 2020.
La Peau de
l’ours, préface de
Michel Baglin, éditions Au Pont 9, Paris, 2018.
Vivre de
faim, éditions
numériques Recours au Poème, 2015.
Sel du
temps, encres de
Maria Desmée, réédité par les éditions Mazette, Yvelines, en 2012
(première édition : éditions Fer de chances, Yvelines, 2002).
Le Dernier
loup, préface de
Bruno Doucey, éditions Bérénice, Paris, 2010.
Psaume des
mousses, éditions
Éclats d’encre, Le-Mesnil-le-Roi, Yvelines, 2007.
Nulle part,
revue-éditions Friches – Cahiers de Poésie verte, Haute-Vienne,
2006).
La Dernière
pluie, préface de
Cécile Oumhani, éditions Poésie sur Seine, Saint-Cloud, 1996.
Pure perte,
présentation de Christian Bulting, éditions Le Petit Véhicule,
Nantes, 1986.
***
Son recueil
« Lieux,
moments » (éditions
Rosemonde 2025) dont il lit des extraits
est dédié à son instituteur René
Cassol (1930-2012) auquel il voue une reconnaissance comme Camus à
son instituteur Monsieur Germain.
Dans l’entretien radiophonique
Pierre Maubé se livre richement. Pour lui, le poème transfigure
cette chose vacillante qui est notre vie. Ainsi il fait sens à la
vie de celui qui l’écrit mais aussi à celui qui le lit ou l’écoute.
Il lit des extraits de son
dernier livre
Saison Lente
proses-poèmes, peintures de Michel Verdet, postface de Michèle
Finck, éditions Voix d’Encre, 2025, 108 p, 19 €.
Écrits à la deuxième personne,
les textes que rassemble ce recueil évoquent ce somnambulisme et
cette soif qui sont irréductiblement les nôtres. Ils tentent de
restituer un peu de l’humaine condition, entre alchimies intimes et
vertige de l’ouvert – au fil d’un parcours, peut-être initiatique,
menant du désarroi à l'éblouissement, de la déréliction à la
dissolution finale.
Du pays minier du Nord aux
collines du Tarn, des plaines de l’Anjou aux roches du Vercors en
passant par le Massif Central, ce sont les sols et les paysages qui
ont formé son imaginaire, qui lui donnent sa palette de couleurs.
Michel
Verdet vit et peint à
Die, dans la Drôme depuis 2005.
Professeure de littérature
comparée à l'université de Strasbourg,
Michèle Finck
a reçu le Prix Apollinaire 2024 pour son recueil
"La Voie du
large" (éditions
Arfuyen).
Extraits :
Incertain,
failli, quasi personne, quasi rien, désemparé devant la multitude.
Pour te connaître, pour connaître l’infini environnant, tu ne
disposes que de toi. Avec cela insuffisant, il te faut avancer,
tenter de connaitre la chair et l’ampleur du monde.
Tu n’as qu’un peu
de conscience, de corps et de temps, tu es ce voyageur dérisoire,
agité, immobile, hésitant.
Ton nom est
Ombre, et Légion est le nom de ce monde.
***
Tu hésites entre
deux chemins également déconseillés, tu fredonnes une chanson de
pacotille, un refrain sans conséquence vérifiable.
Tu héberges des
habitudes dont tu ne sais que faire, des doutes à marée basse, tu
marches le long d’un canal de rencontre ou d’un regret désaffecté.
Inutile tu
vagabondes.
***
L’hiver qui vient
laisse son givre sur les ardoises silencieuses, brode ses paroles
d’ombre sur tes lèvres. Ton enfance est un somnambulisme sans
réveil, elle avance à pas frileux sur la gouttière de tes peurs, ses
pieds nus redoutent la chute, ses mains tendues écartent les rideaux
de l’avenir, elle refuse de rêver, elle avance immobile et ne
s’arrêtera jamais.
Tu es fidèle à
tes remords jusque dans tes sourires, ils ont trouvé asile derrière
tes regards, ils ont la couleur de cette cendre qui restait dans la
cheminée le soir, tu descendais la contempler au milieu des nuits
d’insomnie, elle ne te réchauffait pas.
Le temps est la
trace que laissent sur tes tempes les paysages de l'enfance.
***
Et le vent
reprend ses tours, il joue parmi les arbres noirs d'où neige une
neige d'étoiles et de nuit. Tu habites un pays de sortilèges blancs,
un pays de secrets et de brume, un pays d'errance dans le froid et
le vent, tu es citoyen d'un pays de vertige où le vent joue dans la
nuit blanche avec des mots de neige bleue, des mots de brume et de
mystère, des mots de silence et de froid.
Plus de nom, quel
nom était le tien, la nuit avide te fait présent d'une mémoire
blanche, ton visage épouse le froid, tes joues se marbrent du sang
des premiers soirs, ton souffle sur les doigts ne les réchauffe que
le temps qu'il faut à un rêve pour fondre, à un oiseau pour
disparaître. Tes souvenirs sont faits de givre, ils vivront jusqu'à
l'aube prochaine.
Le temps se noie
dans le vent et la nuit. Les hauts sapins ont des racines
invisibles, leurs ombres tracent sur le sol d’indéchiffrables
signes. Tes pas sur la neige nocturne laissent des empreintes que le
vent bientôt effacera.
***
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16-12-2025

Pierre MAUBE
RETOUR

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Présentation du livre de poèmes
de
James Sacré :
« Des objets
nous accompagnent (ou l’inverse) »
Presses Universitaires de Rouen
et du Havre, 166 p, 13 €
Des objets nous
accompagnent : ils nous donnent du vocabulaire, nous invitent à
fréquenter des dictionnaires et d'autres livres. Il y a leur forme,
leurs couleurs, leur matière. Il y a le souvenir de les avoir
rencontrés. Ils furent ailleurs dans des histoires de vie que nous
ignorons, et les voici maintenant chez nous, devenus familiers tout
en restant étrangers souvent, même ceux qui furent les plus
intimement liés à la maison d'enfance.
Nos mots de leur
côté, nos éventuels poèmes, tentent de les accompagner, assez
vainement sans doute : tout se passe dans une amitié pour leur plus
que probable indifférence.
On ne sait plus
si les poèmes écrits nous sont donnés par ces objets ou par notre
désir d'écrire un poème en les regardant. On finit par ne plus voir
qu'un poème : un nouvel objet d'écriture. On peut s'en saisir et
recommencer à s'interroger.
James Sacré
***
L’invité de la semaine est
Pierre Maubé.
L’émission du 7 octobre 2025 était consacrée à son livre
« Cette rive »
et est toujours
accessible sur ce site.
Ce poète majeur vit à
Saint-Gaudens et est l’auteur de nombreux livres de poèmes dont les
derniers :
Cette rive, préface d’Estelle
Fenzy, éditions
Illador, Paris, 2025.
Soir venant,
préface de Philippe
Leuckx,
éditions Lieux-Dits, Strasbourg, collection Les
Cahiers du Loup bleu,
2025.
Incapable,
éditions Les Cahiers des Passerelles, Clermont-Ferrand, 2023.
Étrange suivi de
Onze kaddishim pour Rose,
éditions Lieux-Dits, Strasbourg, collection Les Cahiers du Loup
bleu, 2020.
La Peau de l’ours,
préface de Michel
Baglin,
éditions Au Pont 9, Paris, 2018.
Il est aussi un passeur de
poésie que l’on retrouve dans les revues comme
Arpa
par exemple.
Il vient parler
de ses autres publications et de sa démarche de poète.
Il faut l’écouter
s’exprimer sur cette posture toute tendue vers cette finalité de
vivre et d’habiter le monde, aussi difficile que ce soit, en homme
libre se réalisant par la parole, par la langue, en poète.
« Le poème naît dans la
solitude mais s’épanouit dans la rencontre »
déclare-t-il. Cette rencontre qu’il recherche par l’observation
solitaire où s’engouffre le poème, le lie à l’humanité, à sa
finitude mais aussi à l’espoir de trouver la beauté du monde dans un
paysage, un geste, une parole. L’autre est toujours présent dans les
poèmes de Pierre Maubé. Un poète à lire et à suivre.
TOUT UN
CHACUN, sept
poèmes inédits de Pierre Maubé :
Parler à tout le
monde, parler de tout le monde, parler pour ne rien dire de sérieux,
parler pour ne rien dire d'actuel, parler à contresens, à
claire-voie, à clochelune, au hasard des rencontres et des
trébuchements, des fantômes de l'aube et des fumées du soir,
Parler à la
lisière du silence, être présent aux rendez-vous de chaque instant,
de chaque voix, de chaque pas,
Être ce passant
inattentif, souriant, maladroit,
Promeneur
claudiquant, familier du hasard, voyageur au long cours,
Immobile amoureux
de l'errance, fidèle à l'imprévu, silhouette momentanée, marcheur
précaire, funambule provisoire,
Errant distrait,
reflet lunaire, isolé fraternel, rêveur rêveur rêveur, rêveur
résident de ses rêves, voix vacillante, noyée d'ombre,
Tout un chacun
tout simplement, ami de tous et de chacun.
***
Souffle tiède
aujourd'hui
Sur l'herbe de ta
peau,
Tu fermes les
yeux, ton visage
Est un paysage
apaisé,
Mais ta mémoire
ignore
Les trêves
silencieuses,
Et le couteau du
temps
Creuse dans ta
gorge
Un chemin de
murmure et de sang.
***
Le ciel d'automne
est gris comme la peur de vivre,
La pluie, quel
commode prétexte
Pour ne pas
mettre un visage dehors.
Il fait un temps
de fièvre lente et de désirs inachevés,
Un temps de
regard détourné,
Un temps de
nausées invisibles,
Tu vis une vie
négligeable.
Tu rêves
quelquefois de ton enfance triste,
Tu rêves à ta
jeunesse que tu ne regrettes pas,
Tu rêves aux amis
disparus, aux amours déchirées, aux bonheurs périssables,
Aux mensonges de
chaque jour,
Aux trahisons
minuscules,
Aux sincérités
inutiles.
Il fait un temps
de feuilles mortes,
Tu n'as pas peur
de la mort, tu l'attends sans bouger,
La fatigue est ta
fiancée, elle est douce et fidèle.
Il fait un temps
de murs très vieux, de fenêtres silencieuses, de rideaux usés,
Un temps de
jouets cassés, de lettres perdues, de souvenirs dérisoires.
Tu n'attends
rien, peut-être
N'as-tu jamais
rien attendu.
Le ciel d'automne
est laid comme une fleur noyée,
Tu vis, tu ne
sais pas pourquoi tu vis.
***
Bavard de bonne
volonté,
Tu parles et le
souffle te manque,
La nuit autour de
toi
Fait la sourde
oreille.
Comme il fait
froid en ce pays
Où sourit le
silence
De toutes ses
dents
Couleur de neige.
Ton souffle
devient
Une buée
hasardeuse
Que tu offres
Au premier flocon
venu.
***
La marée a
toujours raison,
Tant pis pour les
châteaux de sable
Et leurs remparts
dérisoires,
Le soleil a
toujours raison,
Tant pis pour les
bonhommes de neige
Et leur blancheur
dérisoire,
Le temps a
toujours raison,
Tant pis pour
nous,
Dérisoires.
***
Comment nommer ce
vide,
Cette nuit au
fond de toi,
Cette caverne
Où volent
aveugles
Mille
chauves-souris,
Cette source
d'eau stagnante,
Ces ténèbres
dévorantes,
Cet air
irrespirable,
Cet océan aux
vagues mortes
Où tant de nuages
Se sont noyés,
Tu ne résistes
plus,
Tu ne bouges
plus,
Tu descends,
Tu descends
Dans le noir
indicible.
***
Il ne dort pas,
celui qui parle avec la mort,
Et dans ses mots
naît la voix lente de la mort,
Il ne meurt pas,
celui qui valse avec la mort,
Et dans ses
valses vit le masque de la mort,
Il n'est pas
mort, celui qui rêve qu'il est mort,
Et dans son rêve
peut mourir même la mort.
***
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