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27-01-2026

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En raison d'un incident technique cette émission
n'a pu être enregistrée dans ses débuts.
Nous vous présentons toutes nos excuses.
Les intervenantes parlent de la poète
Gérard
Zuchetto, éditeur de
Tròba Vox,
Solange Hibbs
et
Modesta Suarez
professeures émérite des Universités et traductrices viennent
présenter la parution en bilingue espagnol - français du livre de
poèmes de la poète espagnole
Clara Janès :

« Los secretos del bosque » « La forêt secrète »
éditions Tròba Vox, 155 pages.
Clara Janés
née à Barcelone en 1940, est une poète, romancière et essayiste
espagnole internationalement reconnue et primée, traduite dans plus
de vingt langues. Entrée à l’Académie de la Langue espagnole en 2016
elle est l’auteure d’une œuvre immense et variée où se côtoient la
création romanesque, théâtrale et poétique, les livrets d’opéra, les
récits de voyage, les essais qui explorent les liens intimes entre
art, musique et écriture, entre science, philosophie et poésie.
Polyglotte elle a traduit de plusieurs langues, entre autres
l’arabe, l’anglais, le français, le tchèque, le turc et le perse,
des œuvres d’auteurs majeurs Cette activité de médiation de
différentes cultures, inséparable de sa propre production, lui a
valu plusieurs prix prestigieux dont le Prix international de
Traduction en 1997.
Depuis la parution de son premier
livre de poésie, Las estrellas vencidas, en 1964 et jusqu’à celle de
ses derniers ouvrages, De esferas y trayectos (2022) et Del
imposible adiós (2024), Clara Janés déploie une activité intense, à
la fois fervente et savante, d’une profonde originalité. Elle
s’inspire à la fois de la tradition hispanique et de la mystique et
reflète la place particulière accordée à la sensorialité, la musique
et la science. Elle est un des grandes figures de la littérature
espagnole contemporaine.
Modesta Suárez
est professeure émérite de littérature latino-américaine et
spécialiste de poésie contemporaine au laboratoire de recherche
Framespa-UMR 5136 de l’Université Toulouse-Jean Jaurès.
Elle a édité de nombreux
ouvrages, dossiers en revues et articles consacrés à la poésie des
XXème et XXIème siècle des Amériques. Elle a étudié la poésie écrite
par les femmes, ainsi, les œuvres de Blanca Varela au Pérou, Fina
García Marruz et Dulce María Loynaz à Cuba, et également de voix
comme celles d’E. Cardenal, E. Lihn ou V. Huidobro. Elle est
cotraductrice de nombreux recueils, d’E. Chirinos à C. Bracho et N.
Morejón, entre autres.
Elle est l’autrice du recueil
Silhouettes-Siluetas (sculpture et poésie) avec Denis Pérez (2007),
du recueil mini/ataduras – de si petits liens (poèmes et monotypes)
avec Denis Pérez (2025) et de poèmes publiés en revues Luvina
(Mexique) ou La Comunidad Inconfesable (Espagne).
Elle vient de traduire, aux côtés
de Solange Hibbs, le recueil La forêt secrète de Clara Janés (Ed.
Tróba Vox, 2025).
Solange Hibbs
est Professeure émérite de Littérature, langues et civilisations
hispaniques et spécialiste de l'histoire culturelle espagnole des
XIX et XX siècles ; elle est également interprète de conférence et
traductrice littéraire. Elle est membre du laboratoire de recherche
FRAMESPA- UMR 5136
Traductrice de plusieurs ouvrages
de Clara Janés elle a publié de nombreuses poésies dans des revues
littéraires internationales.
Extraits de
« Los secretos
del bosque » « La forêt secrète »
éditions Tròba Vox
nigredo
Las fuentes
que de noche no
duermen
musitaban el
enigma.
No te detengas a su lado,
tú, cuyo objeto
es vagar entre los pinos
cediendo lastre
hasta la desnudez.
El abandono de la
materia
es tu meta,
pura disolución.
Acércate tan sólo
a la hoja mojada
por la lluvia,
al musgo
y a los limos del
fondo del estanque;
busca la
oscuridad más densa,
entrégate a su
don,
que el ser ya no
es pasado ni presente
ni futuro:
es ir hacia el no
ser...
Mas ese errar por
los bosques
se parece al
infinito,
y mi andadura
oscilante
dibuja su signo.
****
nigredo
Les sources
qui la nuit ne
dorment pas
murmuraient
l'énigme.
Ne t’arrête pas à
leur côté,
toi qui erre
parmi les pins
te délestant
jusqu’au
dénuement.
L’abandon de la
matière
est ton but,
pure dissolution.
Approche à peine
de la feuille
humide de pluie,
des mousses
et des limons du
fond de l'étang ;
recherche
l'obscurité la plus épaisse,
abandonne-toi à
ce don,
car l’être n’est
plus ni passé, ni présent
ni futur :
il est
cheminement vers le non-être...
Mais cette
errance dans les bois
ressemble à
l’infini,
et ma démarche
hésitante
en ébauche le
signe.
***
Y la voz se hizo
ráfaga de viento
y huyó hacia el
bosque de abedules
en cuyos troncos
descubría la luna
la escritura
amorosa de los años.
El cuchicheo
nocturno destellaba.
***
Et la voix se fit
rafale de vent
et s’enfuit vers
le bois de bouleaux
et sur leurs
troncs la lune révélait
l’amoureuse
écriture des ans.
Le bruissement
nocturne resplendissait.
***
Me acerqué al
lago.
En las aguas
respiraba
todo el bosque
con el mismo
aliento,
autocobijándose
en la negación
del horizonte.
***
Je m’approchai du
lac.
Dans les eaux
respirait
toute la forêt
d’un même
souffle,
se réfugiant
dans la négation
de l’horizon.
***
vita nuova
Campos bajo el
rocío
y el árbol
en su danza
transformante.
Algo más que la
calma
vuelve a mí.
Ascendemos
a la desaparición
en el abandono
del peso
y las ondas del
aire
en cerco de
alegría.
Que no es olvido,
que no es olvido
ese despojamiento:
se esboza un
hueco
y el que acude
penetra como un
pájaro
en la prístina
acogida
mientras cruzan
los espejos
interiores
los rostros todos
del amor
y la delgada
línea del horizonte
dice: no hay forma
en el más allá,
ni fuga
no hay sombra,
ni luz,
ni concreción.
***
vita nuova
Des champs sous
la rosée
et l’arbre
dans sa danse
bouleversante.
Au-delà du calme
je me sens
transportée.
Nous montons
vers la
disparition
loin de la
pesanteur
et des vagues de
l'air
dans une ronde de
joie.
Ce n'est pas
l’oubli,
ce n’est pas
l’oubli
ce dépouillement
:
un creux se
dessine alors
et celui qui
arrive
pénètre comme un
oiseau
dans l’accueil
immaculé
tandis que
traversent
les miroirs
intérieurs
les visages mêmes
de l’amour
et que la fine
ligne de l’horizon
dit : il n’y a
pas de forme
dans l'au-delà
pas de fugue
il n’y a pas
d'ombre,
ni de lumière,
ni de concrétion.
***
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20-01-2026

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Les invités de la semaine sont le
poète occitan
Franc Bardou
et son éditeur
Gérard Zuchetto
pour évoquer les dernières parutions de
Tróba Vox
et plus particulièrement celles de Franc Bardou.
Gérard
Zuchetto qui a créé
les éditions Tróba Vox est avant tout un artiste accompli qui chante
les troubadours des XIIème-XIIIème siècles et la lyrique médiévale
occitane dont il étudie les œuvres poétiques et musicales dans les
manuscrits originaux. Chercheur et compositeur, il puise aux sources
du trobar l’originalité de sa propre création et une interprétation
de la canso d’hier au plus juste de ses sonorités et de ses
émotions.
Ce chanteur et auteur publie en
1996 Terre des troubadours, anthologie bilingue commentée et
illustrée (Éditions de Paris / Harmonia Mundi : 455 pages avec CD),
en 1998 un Cd-rom du même nom (Éditions de Paris / Studi / Le Seuil)
et en 1999 Le livre d’or des troubadours (Éditions de Paris
/Harmonia Mundi). En 2017, La Tròba, l’invention lyrique occitane
des troubadours XIIe-XIIIe siècles. Anthologie commentée du Trobar(éditions
Troba Vox, 2017) 812 pages. Présentation de 110 troubadours et de
leurs œuvres, plus de 300 chansons en occitan avec les traductions
en français. Il est l’auteur de nombreux CD Albums consacrés aux
troubadours.
Franc BARDÒU,
né à Toulouse en 1965, écrit en occitan depuis 1989 et collabore à
la revue Òc. Il est depuis 2011 le rédacteur en chef de la revue Gai
Saber. Auteur d’une thèse de doctorat sur l’œuvre et la pensée de
René NELLI (1907-1982), il est membre de l’Académie de Jeux Floraux
de Toulouse et de l’Academia Occitana. Auteur de recueils de poèmes
tels que Filh del Cèrç (1995), prix Paul Forment (1996), Cant del
Cèrç (1996), La crida (2003), Atlàs londanh (2006), L’arbre de mèl
(2010), Fòc als uèlhs ai set de brasas (2013), Lai on non l’esperavas
pas (2013) et d’un manifèste littéraire consigné par les écrivains
de sa génération au sein du Movement Descobertista (1998). Sa
pratique poétique, traversée par celle des troubadours, s’articule
autour du rythme, dans une perspective hallucinatoire ou visionnaire
qui ouvre l’imaginaire des textes à tous les possibles, ce qui lui a
valu le prix Goudouli de l’Académie du Languedoc « pour l’ensemble
de son œuvre poétique » en 2011. Ce nouvel opus est le fruit d’une
collaboration avec les compositeurs contemporains Gérard Zuchetto et
Sandra Hurtado-Ros. En prose, F. BARDÒU a aussi publié deux recueils
de nouvelles, D’ara enlà (1999) et Qualques balas dins la pèl
(2009), et un roman d’inspiration jungienne, La nuèit folzejada
(2003) traduit et publié en catalan en 2004.
Il est à ce
jour l’auteur de plus de 40 recueils de poèmes édités. Il s’efforce
de recueillir l’héritage des poètes andalous arabophones, des
mystiques persans, des troubadours et des baroques occitans, mais
aussi de Gòngora, Mallarmé, Pessoa, Palau i Fabre, Nelli, Bousquet,
Reverdy, Valéry. Très attachée au rythme, sur une voie imaginative
suggérée par les œuvres de Jung, Bachelard et Corbin, sa poétique
marie l’exigence des troubadours avec un surréalisme méditerranéen.
Il conjugue une métaphysique dualiste radicale avec des perspectives
libertaires trempées dans la mémoire des Républicains aragonais et
catalans de la CNT, mais il s’aventure parfois dans les labyrinthes
de l’inspiration alchimique. Il œuvre donc aussi bien à une poésie
engagée (Cf. les 5 volumes de ses Cronicas Demiurgicas, Tròba
Vox) qu’à un lyrisme contemplatif (Cf. Lo Dîvân de ma Sobeirana, Tròba
Vox).


Franc Bardou
et son éditeur
Gérard Zuchetto
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13-01-2026
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Christian Saint-Paul reçoit
l’écrivain, poète
Francis PORNON qui
vient présenter la réédition de son guide de Toulouse dans
une nouvelle
édition, enrichie et remise à jour :
Toulouse petits secrets et grandes histoires, Guide du promeneur
curieux.
Photographies
et illustrations de : Viet Dominique ; Néplaz Marianne ; Bletton
Hélène ; Caritg Patricia ; Gilabert Christiane ; Monerris Cécile,
éditions Sud Ouest,
192 p, 20 €.
Né à Limoux (Aude),
Francis Pornon
étudia à l'Ecole Normale d'Instituteurs et à l'université de
Toulouse et commença par publier des poèmes. Il séjourna en Auvergne
où il publia des poèmes, des contes et aussi des spectacles
théâtraux joués par le Théâtre Permanent. En résidence près la cité
des Minguettes de Vénissieux, il anima des ateliers d'écriture
d'élèves et donna en lectures publiques des textes poétiques :
Chanson d'amour de loin, etc. ainsi que des textes dramatiques pour
la scène : L'amour et la terreur (fresque historique populaire pour
l'anniversaire de 1789), Libertine (monté à Avignon-off, etc.) et
publia poésies, romans, nouvelles, essais et chansons dont Le Trésor
Magnifique, (Ed. AMP) : livret de cantate mise en musique par Sergio
Ortega et créée à Lyon. Après un retour en Algérie et autres
voyages, des reportages furent publiés dans la presse et des carnets
de voyages : Algérie, Algérie ! (Paroles d'Aube). Avec Saône
interdite (« Le Poulpe »), il donna son premier roman noir. En 2012,
il monta également avec le pianiste Alain Bréheret un récital
poétique dit et chanté et le donne en plusieurs endroits de
Haute-Garonne et à Lyon. Il participa aux Rencontres de l'Histoire à
Blois sur le thème des paysans, avec une contribution sur la
campagne kabyle à travers la littérature, publiée dans : L'Algérie
au rendez-vous de l'Histoire (El Ibriz, Alger). Francis Pornon
Participe à une action « À l'école des écrivains » avec la Maison
des Ecrivains et de la Littérature, au collège de Graulhet (Tarn),
puis à celui de Lalande (Haute-Garonne) et Le Pouzain (Ardèche).
Suite à un voyage en Tunisie a publié un reportage dans la revue
Gibraltar. Fit paraître un recueil de Nouvelles : Le Coffret (Ed.
Horsain) et continue à faire publier diverses nouvelles (dont des
textes « érotistoriques ») sur internet par les éditions Ska (skaediteur.net).
A publié un ensemble de poèmes : Chant général au pays (Ed. Encres
vives) et un beau livre promenade : JAURES A TOULOUSE, lieux et
mémoire (Ed. Loubatières). Le roman : Les dames et les aventures du
troubadour Raimon de Miraval (Ed. TDO) marque un retour au roman
historique.
(d’après le site de Francis
Pornon.)
Ce guide porte bien son
sous-titre,
« Guide du
promeneur curieux ».
Nous partons du square
Charles-de-Gaulle (envers du Capitole) pour une promenade en boucle
dans 33 petits quartiers. Au gré du trajet on se déplace du centre
par la grande rue Alsace-Lorraine et les boulevards, les petites
rues Renaissance joignant la Garonne, les rues basses de
Saint-Cyprien, les quartiers typiques de Saint-Michel et
Croix-de-Pierre avec la verdure du Ramier, puis par les quartiers
larges du Grand Rond et de la rue de Metz pour retourner au centre.
Ainsi défilent maisons et
édifices, monuments et promenades, fleuve et canal. Nous rencontrons
en route des disparus, une foule de faits présents et passés, des
histoires splendides ou terribles, tant la ville est faite de
mémoire autant que de spectacles et de désirs.
Une nouvelle édition de cet
excellent guide de Toulouse qui fait la part belle à l’Histoire
contemporaine facilement oubliée et réveillée par de brèves
évocations comme celles concernant l’artiste Marc Saint-Saëns dont
les tapisseries ornent la bibliothèque du Périgord et l’Oncopole.
En sus d’un guide pratique
pour traverser toute la beauté de la ville rose, ce guide du
promeneur curieux, écrit dans une langue soignée apanage de
l’écrivain qu’est avant tout Francis Pornon, est un digest de poche
de l’histoire de notre cité qui fut bien tourmentée depuis
l’Antiquité.
Un guide à posséder à la fois
pour tous ceux qui aiment Toulouse et tous ceux qui veulent la
visiter avec l’attention qu’elle mérite et en garder une trace
pérenne. |
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06-01-2026
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Béatrice BALTI
est l’invitée de la semaine venue nous parler de :
Francis
Scott Fitzgerald - Entre jazz, gin et schizophrénie
-
La vie de
l’auteur de Gatsby le Magnifique
éditions Complicités, 224 pages,
22 €.
Francis Scott
Fitzgerald, figure
flamboyante de la littérature américaine, incarne mieux que
quiconque les excès et les illusions des Années folles, ces Roaring
Twenties marquées par l’ère du jazz, l’alcool, la fête… et les
désillusions. Écrivain prodige, il connaît une célébrité fulgurante
avec L’Envers du Paradis, devient une icône de sa génération et
forme avec Zelda, sa femme, un couple aussi mythique que tragique.
Mais derrière les paillettes de New York, Paris ou Antibes, la
réalité se fissure: alcoolisme, dépression, schizophrénie… La
parution de Gatsby le Magnifique (1925) marque un tournant?: le
génie bascule dans l’abîme. Béatrice Balti livre ici une biographie
sensible et éclairante d’un écrivain majeur du XXe siècle, auteur de
quatre romans et de plus de 160 nouvelles, aujourd’hui encore étudié
dans les lycées américains et les universités du monde entier.
Écrivaine et biographe à la plume
passionnée, Béatrice Balti signe ici son dixième ouvrage.
Spécialiste des grandes figures littéraires, elle a consacré de
nombreux travaux à la transmission de la mémoire et à la mise en
lumière d’auteurs qui continuent de résonner avec notre époque
(Robert Louis Stevenson, J.M. Barrie (Peter Pan), Arthur Conan
Doyle, Oscar Wilde).
Dans ce livre, elle fait revivre,
avec une écriture fluide et romanesque, les grands moments de la vie
de Fitzgerald : de son enfance dans le Minnesota à ses années
parisiennes et méditerranéennes, jusqu’à sa mort prématurée à
Hollywood en 1940, alors qu’il achevait l’écriture du livre Le
Dernier Nabab. L’ouvrage de Béatrice Balti permet au lecteur de
comprendre l’homme derrière le mythe, d’approcher son génie mais
aussi sa fragilité, de redécouvrir Gatsby le Magnifique dans son
contexte, et de saisir comment la vie intime de l’auteur a nourri
ses chefs-d’œuvre.
C’est toute la vie de Francis
Scott Fitzgerald et de son épouse Zelda qui se déroule dans ce livre
passionnant, et leur histoire tourmentée se confond avec l’histoire
des U.S.A, des années fastes qui ont suivi la Première Guerre
Mondiale à la crise de 1930 jusqu’à la mort de Zelda en 1948 dans
des circonstances dramatiques, brûlée vive dans l’incendie de
l’hôpital où elle était soignée.
Ernest Hemingway autre figure
mythique de cette époque entretient avec Fitzgerald des relations où
se mêlent l’estime et la condescendance. La maladie de Zelda
psychologiquement instable dès ses 26 ans et l’alcoolisme confirmé
de Scott dès ses 30 ans vont tisser une mouvance de vie que le génie
de Scott, ce romantique Irlandais qui savait que la vie était
tragique, transformera par le miracle de l’écriture en sources
renouvelées de création.
Béatrice Balti nous offre avec
son dernier livre une biographie alerte comme un bon roman dont on
ne peut se détacher de la lecture et une recension très vivante de
son livre à écouter dans cette émission.
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23-12-2025

Pierre MAUBE
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Présentation du dernier livre de
Béatrice Balti, une
biographie qui se lit comme un roman : «
Francis Scott Fitzgerald Entre jazz, gin et schizophrénie »
éditions complicités, 200 p, 22
€.
Francis Scott Fitzgerald, figure
flamboyante de la littérature américaine, incarne mieux que
quiconque les excès et les illusions des Années folles, ces Roaring
Twenties marquées par l’ère du jazz, l’alcool, la fête… et les
désillusions. Écrivain prodige, il connaît une célébrité fulgurante
avec L’Envers du Paradis, devient une icône de sa génération et
forme avec Zelda, sa femme, un couple aussi mythique que tragique.
Mais derrière les paillettes de New York, Paris ou Antibes, la
réalité se fissure : alcoolisme, dépression, schizophrénie… La
parution de
Gatsby le
Magnifique (1925)
marque un tournant : le génie bascule dans l’abîme.
Béatrice Balti livre ici une
biographie sensible et éclairante d’un écrivain majeur du
XXe siècle, auteur de quatre romans et de plus de 160 nouvelles,
aujourd’hui encore étudié dans les lycées américains et les
universités du monde entier.
Un livre passionnant qui nous
replonge dans l’histoire des USA autour des années 20 et 30 du
siècle dernier. Une biographie très documentée et très précise qui
tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page, tellement
cette vie exposée est riche et l’écriture fluide. A lire absolument.
Une excellente idée de cadeau !
Ce livre fera l’objet de la
première émission « Les poètes »de 2026.
***
L’invité de la semaine est le
poète
Pierre Maubé.
Pierre Maubé est un poète
français né le 8 décembre 1962 à Saint-Gaudens(Haute-Garonne), dans
une famille franco-italienne. Après des études d’Histoire à Toulouse
et Paris, il vit de 1983 à 2011 en région parisienne.
Bibliothécaire, il travaille dans divers établissements
universitaires parisiens, parmi lesquels la BDIC, l’IUFM de Paris et
la bibliothèque Sainte-Barbe, puis dirige de 2011 à 2013 la
médiathèque municipale de Pontivy (Morbihan). Il prend en octobre
2013 la direction du Conservatoire de musique Guy Lafitte et de la
médiathèque intercommunale de la Communauté de communes du
Saint-Gaudinois, puis devient, en octobre 2020, chargé de mission au
sein du service culturel de la même Communauté.
Il a publié de nombreux ouvrages
dont :
Cette rive,
préface d’Estelle Fenzy, éditions Illador, Paris, parution le 15
juin 2025.
Soir venant,
préface de Philippe Leuckx, éditions Lieux-Dits, Strasbourg,
collection Les Cahiers du Loup bleu, 2025.
Incapable,
éditions Les Cahiers des Passerelles, Clermont-Ferrand, 2023.
Étrange
suivi de Onze kaddishim pour Rose,
éditions Lieux-Dits, Strasbourg, collection Les Cahiers du Loup
bleu, 2020.
La Peau de
l’ours, préface de
Michel Baglin, éditions Au Pont 9, Paris, 2018.
Vivre de
faim, éditions
numériques Recours au Poème, 2015.
Sel du
temps, encres de
Maria Desmée, réédité par les éditions Mazette, Yvelines, en 2012
(première édition : éditions Fer de chances, Yvelines, 2002).
Le Dernier
loup, préface de
Bruno Doucey, éditions Bérénice, Paris, 2010.
Psaume des
mousses, éditions
Éclats d’encre, Le-Mesnil-le-Roi, Yvelines, 2007.
Nulle part,
revue-éditions Friches – Cahiers de Poésie verte, Haute-Vienne,
2006).
La Dernière
pluie, préface de
Cécile Oumhani, éditions Poésie sur Seine, Saint-Cloud, 1996.
Pure perte,
présentation de Christian Bulting, éditions Le Petit Véhicule,
Nantes, 1986.
***
Son recueil
« Lieux,
moments » (éditions
Rosemonde 2025) dont il lit des extraits
est dédié à son instituteur René
Cassol (1930-2012) auquel il voue une reconnaissance comme Camus à
son instituteur Monsieur Germain.
Dans l’entretien radiophonique
Pierre Maubé se livre richement. Pour lui, le poème transfigure
cette chose vacillante qui est notre vie. Ainsi il fait sens à la
vie de celui qui l’écrit mais aussi à celui qui le lit ou l’écoute.
Il lit des extraits de son
dernier livre
Saison Lente
proses-poèmes, peintures de Michel Verdet, postface de Michèle
Finck, éditions Voix d’Encre, 2025, 108 p, 19 €.
Écrits à la deuxième personne,
les textes que rassemble ce recueil évoquent ce somnambulisme et
cette soif qui sont irréductiblement les nôtres. Ils tentent de
restituer un peu de l’humaine condition, entre alchimies intimes et
vertige de l’ouvert – au fil d’un parcours, peut-être initiatique,
menant du désarroi à l'éblouissement, de la déréliction à la
dissolution finale.
Du pays minier du Nord aux
collines du Tarn, des plaines de l’Anjou aux roches du Vercors en
passant par le Massif Central, ce sont les sols et les paysages qui
ont formé son imaginaire, qui lui donnent sa palette de couleurs.
Michel
Verdet vit et peint à
Die, dans la Drôme depuis 2005.
Professeure de littérature
comparée à l'université de Strasbourg,
Michèle Finck
a reçu le Prix Apollinaire 2024 pour son recueil
"La Voie du
large" (éditions
Arfuyen).
Extraits :
Incertain,
failli, quasi personne, quasi rien, désemparé devant la multitude.
Pour te connaître, pour connaître l’infini environnant, tu ne
disposes que de toi. Avec cela insuffisant, il te faut avancer,
tenter de connaitre la chair et l’ampleur du monde.
Tu n’as qu’un peu
de conscience, de corps et de temps, tu es ce voyageur dérisoire,
agité, immobile, hésitant.
Ton nom est
Ombre, et Légion est le nom de ce monde.
***
Tu hésites entre
deux chemins également déconseillés, tu fredonnes une chanson de
pacotille, un refrain sans conséquence vérifiable.
Tu héberges des
habitudes dont tu ne sais que faire, des doutes à marée basse, tu
marches le long d’un canal de rencontre ou d’un regret désaffecté.
Inutile tu
vagabondes.
***
L’hiver qui vient
laisse son givre sur les ardoises silencieuses, brode ses paroles
d’ombre sur tes lèvres. Ton enfance est un somnambulisme sans
réveil, elle avance à pas frileux sur la gouttière de tes peurs, ses
pieds nus redoutent la chute, ses mains tendues écartent les rideaux
de l’avenir, elle refuse de rêver, elle avance immobile et ne
s’arrêtera jamais.
Tu es fidèle à
tes remords jusque dans tes sourires, ils ont trouvé asile derrière
tes regards, ils ont la couleur de cette cendre qui restait dans la
cheminée le soir, tu descendais la contempler au milieu des nuits
d’insomnie, elle ne te réchauffait pas.
Le temps est la
trace que laissent sur tes tempes les paysages de l'enfance.
***
Et le vent
reprend ses tours, il joue parmi les arbres noirs d'où neige une
neige d'étoiles et de nuit. Tu habites un pays de sortilèges blancs,
un pays de secrets et de brume, un pays d'errance dans le froid et
le vent, tu es citoyen d'un pays de vertige où le vent joue dans la
nuit blanche avec des mots de neige bleue, des mots de brume et de
mystère, des mots de silence et de froid.
Plus de nom, quel
nom était le tien, la nuit avide te fait présent d'une mémoire
blanche, ton visage épouse le froid, tes joues se marbrent du sang
des premiers soirs, ton souffle sur les doigts ne les réchauffe que
le temps qu'il faut à un rêve pour fondre, à un oiseau pour
disparaître. Tes souvenirs sont faits de givre, ils vivront jusqu'à
l'aube prochaine.
Le temps se noie
dans le vent et la nuit. Les hauts sapins ont des racines
invisibles, leurs ombres tracent sur le sol d’indéchiffrables
signes. Tes pas sur la neige nocturne laissent des empreintes que le
vent bientôt effacera.
***
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16-12-2025

Pierre MAUBE
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Présentation du livre de poèmes
de
James Sacré :
« Des objets
nous accompagnent (ou l’inverse) »
Presses Universitaires de Rouen
et du Havre, 166 p, 13 €
Des objets nous
accompagnent : ils nous donnent du vocabulaire, nous invitent à
fréquenter des dictionnaires et d'autres livres. Il y a leur forme,
leurs couleurs, leur matière. Il y a le souvenir de les avoir
rencontrés. Ils furent ailleurs dans des histoires de vie que nous
ignorons, et les voici maintenant chez nous, devenus familiers tout
en restant étrangers souvent, même ceux qui furent les plus
intimement liés à la maison d'enfance.
Nos mots de leur
côté, nos éventuels poèmes, tentent de les accompagner, assez
vainement sans doute : tout se passe dans une amitié pour leur plus
que probable indifférence.
On ne sait plus
si les poèmes écrits nous sont donnés par ces objets ou par notre
désir d'écrire un poème en les regardant. On finit par ne plus voir
qu'un poème : un nouvel objet d'écriture. On peut s'en saisir et
recommencer à s'interroger.
James Sacré
***
L’invité de la semaine est
Pierre Maubé.
L’émission du 7 octobre 2025 était consacrée à son livre
« Cette rive »
et est toujours
accessible sur ce site.
Ce poète majeur vit à
Saint-Gaudens et est l’auteur de nombreux livres de poèmes dont les
derniers :
Cette rive, préface d’Estelle
Fenzy, éditions
Illador, Paris, 2025.
Soir venant,
préface de Philippe
Leuckx,
éditions Lieux-Dits, Strasbourg, collection Les
Cahiers du Loup bleu,
2025.
Incapable,
éditions Les Cahiers des Passerelles, Clermont-Ferrand, 2023.
Étrange suivi de
Onze kaddishim pour Rose,
éditions Lieux-Dits, Strasbourg, collection Les Cahiers du Loup
bleu, 2020.
La Peau de l’ours,
préface de Michel
Baglin,
éditions Au Pont 9, Paris, 2018.
Il est aussi un passeur de
poésie que l’on retrouve dans les revues comme
Arpa
par exemple.
Il vient parler
de ses autres publications et de sa démarche de poète.
Il faut l’écouter
s’exprimer sur cette posture toute tendue vers cette finalité de
vivre et d’habiter le monde, aussi difficile que ce soit, en homme
libre se réalisant par la parole, par la langue, en poète.
« Le poème naît dans la
solitude mais s’épanouit dans la rencontre »
déclare-t-il. Cette rencontre qu’il recherche par l’observation
solitaire où s’engouffre le poème, le lie à l’humanité, à sa
finitude mais aussi à l’espoir de trouver la beauté du monde dans un
paysage, un geste, une parole. L’autre est toujours présent dans les
poèmes de Pierre Maubé. Un poète à lire et à suivre.
TOUT UN
CHACUN, sept
poèmes inédits de Pierre Maubé :
Parler à tout le
monde, parler de tout le monde, parler pour ne rien dire de sérieux,
parler pour ne rien dire d'actuel, parler à contresens, à
claire-voie, à clochelune, au hasard des rencontres et des
trébuchements, des fantômes de l'aube et des fumées du soir,
Parler à la
lisière du silence, être présent aux rendez-vous de chaque instant,
de chaque voix, de chaque pas,
Être ce passant
inattentif, souriant, maladroit,
Promeneur
claudiquant, familier du hasard, voyageur au long cours,
Immobile amoureux
de l'errance, fidèle à l'imprévu, silhouette momentanée, marcheur
précaire, funambule provisoire,
Errant distrait,
reflet lunaire, isolé fraternel, rêveur rêveur rêveur, rêveur
résident de ses rêves, voix vacillante, noyée d'ombre,
Tout un chacun
tout simplement, ami de tous et de chacun.
***
Souffle tiède
aujourd'hui
Sur l'herbe de ta
peau,
Tu fermes les
yeux, ton visage
Est un paysage
apaisé,
Mais ta mémoire
ignore
Les trêves
silencieuses,
Et le couteau du
temps
Creuse dans ta
gorge
Un chemin de
murmure et de sang.
***
Le ciel d'automne
est gris comme la peur de vivre,
La pluie, quel
commode prétexte
Pour ne pas
mettre un visage dehors.
Il fait un temps
de fièvre lente et de désirs inachevés,
Un temps de
regard détourné,
Un temps de
nausées invisibles,
Tu vis une vie
négligeable.
Tu rêves
quelquefois de ton enfance triste,
Tu rêves à ta
jeunesse que tu ne regrettes pas,
Tu rêves aux amis
disparus, aux amours déchirées, aux bonheurs périssables,
Aux mensonges de
chaque jour,
Aux trahisons
minuscules,
Aux sincérités
inutiles.
Il fait un temps
de feuilles mortes,
Tu n'as pas peur
de la mort, tu l'attends sans bouger,
La fatigue est ta
fiancée, elle est douce et fidèle.
Il fait un temps
de murs très vieux, de fenêtres silencieuses, de rideaux usés,
Un temps de
jouets cassés, de lettres perdues, de souvenirs dérisoires.
Tu n'attends
rien, peut-être
N'as-tu jamais
rien attendu.
Le ciel d'automne
est laid comme une fleur noyée,
Tu vis, tu ne
sais pas pourquoi tu vis.
***
Bavard de bonne
volonté,
Tu parles et le
souffle te manque,
La nuit autour de
toi
Fait la sourde
oreille.
Comme il fait
froid en ce pays
Où sourit le
silence
De toutes ses
dents
Couleur de neige.
Ton souffle
devient
Une buée
hasardeuse
Que tu offres
Au premier flocon
venu.
***
La marée a
toujours raison,
Tant pis pour les
châteaux de sable
Et leurs remparts
dérisoires,
Le soleil a
toujours raison,
Tant pis pour les
bonhommes de neige
Et leur blancheur
dérisoire,
Le temps a
toujours raison,
Tant pis pour
nous,
Dérisoires.
***
Comment nommer ce
vide,
Cette nuit au
fond de toi,
Cette caverne
Où volent
aveugles
Mille
chauves-souris,
Cette source
d'eau stagnante,
Ces ténèbres
dévorantes,
Cet air
irrespirable,
Cet océan aux
vagues mortes
Où tant de nuages
Se sont noyés,
Tu ne résistes
plus,
Tu ne bouges
plus,
Tu descends,
Tu descends
Dans le noir
indicible.
***
Il ne dort pas,
celui qui parle avec la mort,
Et dans ses mots
naît la voix lente de la mort,
Il ne meurt pas,
celui qui valse avec la mort,
Et dans ses
valses vit le masque de la mort,
Il n'est pas
mort, celui qui rêve qu'il est mort,
Et dans son rêve
peut mourir même la mort.
***
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