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09/07/2024

 

 

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Signalement et lecture d’extraits de :

1 ) Elisabeth Aragon

« garde-moi de l’oubli »

az’art atelier éditions, 16 €.

 

C’est une familière de l’émission « Les poètes » qui a fait paraître une réédition de ce livre de poèmes déjà publié en 1995, accomplissant ainsi une double fonction : celle de rendre accessible un livre épuisé et celle de poursuivre une mission intime de sauvegarder la mémoire vivante de son ami Jean-Marc victime du Sida.

Elisabeth Aragon est poétesse, autrice de plusieurs recueils à La Découverte, Garde-moi de l’oubli, L’échappée belle, Horizon andalou, en français et en espagnol, publications en revues (Encres vives, Décharge…).

 

 

Garde-moi de l’oubli :

« Le titre à lui seul résume le sens du recueil et de sa réédition. Evocation d’un temps suspendu à l’attente, celle la faucheuse effroyable, à l’hécatombe des années 90, au nom Sida.

Jean-Marc était mon ami, mon double d’âme et d’art depuis le lycée. Années de partage, invraisemblable des rencontres, des voyages, des choix définitifs, l’écriture pour moi, la musique et le chant pour lui.

Jean-Marc ténor, son rire, sa fougue, son culot désarmant, qui au moment où il prenait son envol sur des grandes scènes a été rattrapé par la réalité, et la fulgurance de la maladie. Nous n’allions pas fêter nos 30 ans ensemble, nous n’allions plus voyager vers la Toscane ou L’Emilie –Romagne, nous n’allions

plus aller au bout des rêves.

J’avais commencé à écrire Garde moi de l’oubli, bien avant que le sida en peu de mois le transforme en ange déchu. Effrayée par la crudité de ce qui m’était presque « dicté », et de ce qui allait arriver au réel, ne l’éprouvant pas encore, j’ai laissé ces pages dans un tiroir. Je suis devenue la spectatrice impuissante,

l’accompagnante des derniers mois, prenant le relais dès que possible auprès de son compagnon.

Quelque temps après sa mort, j’ai voulu reprendre mes mots.

« Ecris ! écris pour moi » avait été aussi une dernière injonction. « Garde moi de l’oubli » Je tenais promesse en lui faisant don de mémoire reprenant le manuscrit qui au nombre de pages définitif, et sans les avoir comptées, devenait étrangement son âge clos. Une première édition, belle aventure humaine et littéraire, lectures, mise en scène théâtrale, en lycées, en prison… Comme souvent dans l’édition poétique, plus de possibilité de le trouver, de l’acheter, de le faire vivre. Le contrat me laissait la possibilité de lui redonner corps de trame et de papier. Sous l’impulsion d’un ami, qui me demandait pourquoi le recueil n’existait plus, que c’était « inadmissible », je me suis lancée dans cette nouvelle parution dans la collection Esparto.

L’oubli, ne sera pas, le temps redoublant à la fois le livre mais aussi notre âge !

Mémoire aussi de protection, la maladie est encore là, malgré l’avancée majeure des traitements, des tant d’années de vie qui s’offre. »

Mars 2024 Elisabeth Aragon

 

Extrait :

Tu laboures les jours d’une force de grêle

Tremblements, déroutes de prière

 

Tu ne veux pas savoir la fin qui t’accompagne

Ce toucher de la pierre à chaque coin du lit

 

Tu voudrais clore les yeux sur la mort lente

L’empêcher de te prendre, écarter le tonnerre

 

Tu mises sur ta vie, sur les aubes clairières

 

Mais déjà tes doigts tressent l’écume du voyage

***

2 ) Pierre Ech-Ardour

 

« Ramenez-les à la maison »

éditions Levant collection Etincelles du Levant, 41 pages,

 

Pierre Ech-Ardour réside à Sète. En son rapport intime aux lettres, sa poésie, « tours de mots » où interfèrent extrinsèques lumières et clartés profondes, incarne la parole d’une utopie propice à l’approche des sources du monde. Sa poésie traduit ce battement, cette trame discrète où s’orfèvre le poème ; chaque mot porte le déplis d’une pensée poussée à l’orbe des confins. L’écriture, jouant de sa lumière et de sa contre lumière, laisse doucement à l’entente la palpitation du froissement et du défroissement des mots, conservant perpétuels leur vastité et leur respir. Ce sont dans ces amples et discrètes variations que la parole trouve son surgissement de visage, cette force particulière d’être elle-même l’envol de ce qui d’un coup se dévoile à la vue et à la pensée et aussitôt se dérobe, insoluble. Et si se laisse saisir par la peau que donne la traverse des langues, des souffles terrestres, des sensualités et des mémoires d’une certaine intimité, sa poésie est une voix portée, une entière adresse à l’humain et à son tremblement d’infinité.

 

En 2016 paraît de cet auteur un recueil au titre sommatif réparations (...ailleurs nulle part ... suivi de lumineuse opacité avec des peintures de Nissrine Seffar). Blessure et renaissance, chute et enciellement, dès le premier moment, l’un est ailleurs et la filiation des mots comme celles des fils n’est vraiment nulle part. Le calame crée de tout surgissement un étrangement. Dans sa course, l’écriture façonne pour le poète le meilleur chemin possible, c’est-à-dire une instable traversée, car le monde court sur un fil, la lumière brûle le plus souvent d’une mèche de vent et d’inaccessible infini.

 

En mars 2018, est publié aux Éditions Levant deux abécédaires, L’Arbre des Lettres en Chemin et L’Arbre des Lettres d’Exode réunis en regard sous le titre L’Arbre des Lettres (calligraphies de Saïd Sayagh), où l’Homme est l’Arbre. Comme les racines de l’arbre, les lettres hébraïques ouvrent un chemin vers le ciel. Pour Michel Eckhard Elial, elles y puisent, non pas la tentation du tout qui peut être l’ambition du langage, mais une source de lumière et un éclairement du monde et de ses mystères.

 

Paraît en juillet 2018, édité par l’Institut d’Estudis Occitans del Lengadòc, Lagune archipel de Thau, traduit en occitan par Joan-Frederic Brun (Président du PEN Club Occitan), orné d’encres acryliques et de chine composées spécialement par Alain Campos. Le poète ouvre un chemin à la vie, lumière du monde à venir. Comme le souligne Georges Drano dans l’avant-propos du recueil,

« Loin des profondeurs obscures et des flots malmenés, la surface de l’eau accueille une étrange présence ajoutée au mystère de la lagune et de la langue, elle garde ses secrets ». Le 6 octobre 2018 Les Gourmets de Lettres, sous l’égide de l’Académie des Jeux Floraux, lui décernent à Toulouse pour ce recueil, le Premier Prix de Poésie 2018.

 

Après l’ignominie terroriste du 7 octobre 2023, Pierre Ech-Ardour a participé du 25 février au 8 mars 2024 à une mission volontaire organisée par l’Association Générations Gamzon. Cette mission s’est déroulée au centre éducatif de Nitzana, tout près de l’ancienne cité nabatéenne, située dans le sud-ouest du désert israélien du Néguev près de la frontière égyptienne.

 

Il est présent à Tel Aviv sur la Place des Otages avec familles et sympathisants. C’est pour se rapprocher des vivants, car les otages sont bien de ce monde, qu’il a pris l’initiative du présent recueil pour témoigner que les otages sont toujours vivants. Ce recueil leurs est dédié. Il exprime une expérience inoubliable d’un présent tragique qui ne peut être oublié : Am Israël Haïm ! עַם יִשְׂרָאֵל חַי. « Le peuple d’Israël vit ». Le jour arrivera, parce que nous avons foi en la vie et l’espoir, et nous pourrons apprendre à dialoguer.

 

EXTRAITS

 

Ne plus connaître le monde

du trésor maintenant morcelé,

intime ronge le désastre

matinales vos ombres arrachées

 

Vers l’ailleurs des poussières

aux regards malfaisants

tendues sans obole implorent

vos mains un retour,

se nouent souffrances et destins

en la spirale d’espérance

et soufflent sur le malheur

la cruauté et vos blessures

 

Enfants de la Terre promise,

dans le suspens du dénouement

brûle l’effroi vos innocences

 

———————————–

 

Comme un poème écrit au mur

chaque aube prononce une syllabe,

étire le temps de tous les instants,

comme si rien ne se passait

en l’infinie déchirure des jours

 

Seule mutique la musique

clôt son cercueil de lumière

Renaîtront à Reïm[1] et en Israël

multiples des Tribe of Nova

quand tous nous danserons !

 

[1] Lieu où se déroula le festival de musique Tribe of Nova, où 364 personnes furent le 7 octobre 2023, assassinées par les terroristes du Hamas. Sur les champs où les victimes ont été massacrées, sont depuis plantés des arbres avec la photo d’un défunt posée au pied de chaque arbre.

 

****

L’émission est ensuite consacrée aux 2 dernières publications du poète

Vincent Calvet

« Six solitudes »

éditions La rumeur libre, 181 p, 17 €

et

« Ensauvagement »

préface de Grégory Rateau, 4ème de couverture de Paul Sanda

éditions Rfaël de Surtis, 90 p, 19 €.

 

Vincent Calvet est né à Carcassonne en 1980, il vit à Toulouse. Études de Lettres Modernes. Poète, auteur, illustrateur, instituteur spécialisé, il anime des ateliers d’écriture avec des adolescents handicapés. Publie dans plusieurs revues, participe à des festivals en France et à l’étranger, Russie, Tunisie. Il est traduit en arabe, espagnol et russe.

Fonde en 2010, avec Paul Sanda la revue Mange Monde, et en 2020 la revue Septième sens, mêlant ésotérisme, poésie et spiritualité. Il dirige actuellement la revue Sémaphore (Bruno Geneste, Maison de poésie de Quimperlé). Sa poésie est couronnée en 2005 par le Grand Prix de la Ville de Béziers, en 2007 par le Prix de la Vocation de la fondation Marcel Bleustein-Blanchet et du Printemps des poètes pour La Haute Folie des mers, Cheyne.

Livre de poésie. Six solitudes composent ce livre, chacune compte une vingtaine de poèmes, toutes d’une même unité et puissance d’invocation lyrique. Les Solitudes déroulent des variations de ces rivages au regard de la mer, miroir, où le poète puise la matière des métaphores et des passerelles sonores.

Six solitudes pour nous réconcilier avec la puissance d’invocation de la poésie

 

La 1ère Solitude est celle de la mer, ce qu’elle est, ce qu’elle porte, ce qui y vit / du règne du vivant, jusqu’aux marins, c’est la femme / la mère, le tout autre.

La 2ème Solitude est celle de la voix du poète plongée dans les signes de la mer, d’un « je » qui se déploie alternativement dans le même registre d’invocation et d’un « tu » introduit formellement par un texte en italiques. Cette solitude se referme sur un poème /dauphin égaré / échoué sur la grève/.

La 3ème Solitude est celle d’une adresse au lecteur / auteur, une tentative de nouer la parole à un autre, qu’il sait d’avance qu’elle est destinée à échouer dans le langage du soliloque, tentative qu’il vient ranimer dans /le rêve de la mer/.

La 4ème Solitude introduit la présence du rêve sur la ligne d’écriture, recourt de nouveau à l’alternance du « je » et du « tu ». Cette présence affleure, elle clignote, « elle » est là. Le miroir s’empare de la réalité de la langue du poète /tu me tends un miroir dans lequel je me vois et prends ma réalité/.

La 5ème Solitude introduit la durée écoulée, de l’enfance au temps présent du poème. /C’est une nouvelle solitude qui commence / au Bord de la Mer / dans ton visage / dans son image / dans la Nuit qui vient/.

La 6ème Solitude est celle de l’entrée dans la Nuit heureuse /la mère/ où le texte et la voix se font prière, adresse absolue à l’infini qui apaise les souffrances et où s’inaugure l’Espoir.

 

Extrait :

 

De tout mon codeur ô Mer ! Je rendrai grâce à ta Bonté. Je dirai tes éternelles merveilles. Pour toi je chanterai, je danserai ou j'exulterai ô. J'écrirai encore ces poèmes légers ! Jusqu'au Ciel ta splendeur est chantée par la bouche des enfants. Par ma bouche aussi, par la bouche de Pierre ou de Philippe ou Jean. Toi transparente à elle, toi la médiatrice qui murmures à son oreille, elle qui est assise au pied de la Croix, elle qui a eu la primeur de ses paroles & de son sang.

La Sainte Vierge ô, belle saine et sainte Rose ! A voir la Nature, le Réel, la lune & les étoiles fixées au firmament, qu'est-ce que je suis moi simple pour qu'elle pense à moi, qu'elle prenne soucis de ma candeur & de ma faiblesse. Pourquoi est-elle si loin de moi & pourquoi son fils est-il si loin de moi également. Ne suis-je pas plus qu'un fétu de paille dans la grange ne suis-je pas plus qu'un coquillage fêlé ne suis-je pas plus qu'un infime ciron, un grain de sable sur la plage, un gravillon dans l'allée de cyprès sombres.

Peux-tu lui demander la raison exacte de son silence, elle que j'ai tant adorée, elle qui m'a fait tant pleurer, elle pour qui j'ai tant prié, elle pour qui j'ai tant peiné dans les décombres de la parole poétique puisque tu disposes d’une assiette à sa table pourrais-tu ô Mer ! intercéder pour moi auprès d’elle pour qu’elle daigne enfin m’entourer de ses bras maternels & m’apporter le réconfort & le soin dont je manque

& qu’elle me permette de boire dans le calice de la Crucifixion & qu’elle me laisse lire son évangile & ses prières apocryphes

 

La semaine suivante sera consacrée à son livre « Ensauvagement ».

Un poète installé dans le paysage de la poésie contemporaine que nous suivrons avec plus de facilité qu’il vit dans nos terres toulousaines.

***

 

02/07/2024

 

 

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Capitaine Slam

alias Thierry Toulze

 

Jean-Claude Solana, 

Christian Saint-Paul, 

Capitaine Slam

Jean-Claude Solana, 

Capitaine Slam 

 

 

Invités :

Jean-Claude Solana

et

Capitaine Slam

 

Ces deux poètes poursuivent leur échange

de la semaine précédente,

autour de l’art

- Jean-Claude Solana homme de spectacle et de rencontre

organisant des événements où les arts musicaux,

plastiques et littéraires se répondent -,

de la poésie

et de la ville de Toulouse.

Lecture d’extraits de :

« les dames de la carte du ciel »

éditions Interstices, 63 p, 15 €.

 

Capitaine Slam et Jean-Claude Solana :

deux poètes que vous pouvez croiser dans les rues de Toulouse

et qui dans le futur feront partie des personnages

marquant les promenades littéraires de la cité rose.

 
 

25/06/2024

 

 

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Capitaine Slam

alias Thierry Toulze

 

Jean-Claude Solana, 

Christian Saint-Paul, 

Capitaine Slam

Jean-Claude Solana, 

Capitaine Slam 

 

 

 

   

Jean-Claude Solana, écrivain, poète, homme de spectacle,

Capitaine Slam, alias Thierry Toulze, slameur, poète, homme de spectacle,

et par téléphone

Méryl Marchetti, poète, homme de spectacle.

À travers le Groupe français d'éducation nouvelle auquel participa Michel Cosem, et le festival d’Uzeste, il a rejoint très vite la Ligne Imaginot. Il pratique l'improvisation poétique avec des musiciens et des formes d’art plastique. Son œuvre a été publiée à Encres Vives et aux éditions Solicendristes.

 

Les trois invités se livrent à un long entretien au sujet de l’œuvre de Jean-Claude Solana ; ce dernier dit un long poème «  J’ai vu des oiseaux voler à l’envers » ayant pour cadre la catastrophe AZF du 21 septembre 2001 à Toulouse, puis des extraits de son dernier livre :

« les dames de la carte du ciel » postface de Méryl Marchetti, paru en 2019 aux éditions Interstices,

64 pages, 15 €.

Capitaine Slam dit également quelques poèmes de lui.

 

Voici ce que répond Jean-Claude Solana à une interview sur litteraire.com :

 

« Je suis né à Condom, Gers. J’ai vécu à Lagor puis à Mont, Pyrénées Atlantiques, ai atterri à Lourdes, puis suis venu en fac de psychologie à Toulouse. J’ai vécu à Madrid, Séville, puis retour au bercail. Je suis d’ici, mais pas que.

Le paysage urbain est un des thèmes de Les dames de la carte du ciel. Sinon je voulais savoir si des fragments de vie donnaient un récit. Camper le quotidien à divers moments, lors de différentes rencontres, relever des noms, s’en approcher, essayer de cerner mon histoire, dans la ville qui m’occupe depuis pas mal de temps. »

***

Toulouse est au centre des textes de Jean-Claude Solana.

Son poème dit à l’antenne est un poème lyrique destiné à l’oralité, imprégné d’un vécu dont il a compris la nécessité de devoir le partager, le titre venant de la parole même d’un passant rencontré ce jour de drame et qui avait vu réellement les oiseaux soufflés par l’explosion de l’usine AZF voler à l’envers. C’est cela un poète, celui qui appréhende les mots dans la rue et leur redonne une vie démultipliée.

Toulouse encore, objet de ce livre baroque, récit qui rebondit d’images en images, de pensées en pensées, d’histoires en histoires, allant du fait divers comme l’accident vu près de la rue d’Assalit (rue du siège de Radio Occitanie) à la grande histoire de Toulouse ou l’autre encore plus vaste, du cosmos.

Du lyrisme avec un ton de sincérité rarement égalé chez les poètes. Le plus frappant est cette capacité à l’optimisme, au bonheur du rien, de l’émerveillement d’un livre, d’un tableau, d’un lieu, d’un fait historique ou trivial de cet étonnant poète ressemblant à un Charles Bukowski, mais qui serait sobre, débonnaire et fraternel.

Un livre à lire pour Toulouse et pour saluer Jean-Claude Solana !

 

 

 

 

18-06-2024

 

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Guillaume Decourt

 

photo de Olivier Pascaud

 

   

L’émission est entièrement consacrée

au dernier livre de

Guillaume Decourt

« Un temps de fête »

Poésie

aux éditions La Table Ronde 2024

96 p, 14 €

 

Né en 1985, Guillaume Decourt est poète.

Il a passé son enfance en Israël, en Allemagne

et en Belgique puis a vécu dans les monts du Forez,

à Mayotte et en Nouvelle Calédonie.

Il partage aujourd’hui son temps entre Paris et Athènes.Il a publié une dizaine de recueils, parmi lesquels : 

Un gratte-ciel, des gratte-ciel (Lanskine, 2019)

et À 80 km de Monterey (AEthalidès, 2021).

 Le Bonjour de Christopher Graham a paru

chez AEthalidès en 2023.

Lundi Propre (La Table Ronde 2023)a reçu

le prix Max Jacob 2024.

 

Des poèmes en prose charpentés dans tous les domaines de

la vie, donc de la poésie, qui est partout chez elle,

comme nous le signifie ce curieux inventaire

où le trivial s’imbrique dans la pensée

en une interminable réflexion sur le monde

encore plus curieux, dans lequel nous évoluons.

Une grande voix de la poésie d’aujourd’hui !!

 

Extraits :

 

NATATION

 

« Les nageurs ont une légère couche de gras sur les muscles, comme les Indiens des Plaines et la plupart des peuples qui vivent dehors », me répétait mon père. Johnny Weissmuller était son héros. Il nageait le crawl en gardant la tête hors de l’eau. Il a fini sa vie dans un hôpital psychiatrique d’Acapulco. Chaque soir, il y faisait retentir son cri de Tarzan. Cela terrorisait les autres patients.

 

 

11-06-2024

 

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Diffusion de « Dona negra »

(La dame noire) poème en catalan

écrit et chanté par

Eric Fraj

extrait du CD « Gao »

Troba Vox éditeur

(traduction française lue au préalable)

***

Présentation et lecture d’extraits

de « Cœurs, comme livres d’amour »

d’Hélène Dorion

éditions Bruno Doucey, 87 p, 14,50 €

***

Présentation et lecture d’extraits

de « Quarante clics à curitiba suivi de

idéolarmes »

de Paulo Leminski

édition bilingue

poèmes traduits du portugais (Brésil) par

Danièle Faugeras et Lorena Vita Ferreira

érès éditeur PO&PSY, 82 p, 15 €

***

Présentation et lecture d’extraits

de « Comment vivre sur la planète terre »

de Nanao Sakaki

édition bilingue

poèmes traduits de l’anglais (E.U.) par

Danièle Faugeras,

gouaches de Jean-Baptiste Née,

érès éditeur PO&PSY, 80 p, 15 €

***

Présentation et lecture d’extraits

de

« Atelier lumière où se joue une physique poétique »

poèmes et photographies de

Marina Kramer

érès éditeur PO&PSY, collection a parte

115 p, 25 €

(un véritable livre d’artiste !)

***

 

 
 

28-05-2024

04-06-2024

 

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Invité :

Patrice Teisseire-Dufour

 

journaliste reporter-randonneur pour « Pyrénées Magazine »

écrivain (de beaux livres sur les lieux, en particulier

d’Occitanie et Catalogne), lauréat de l’Académie des jeux floraux de Toulouse

en 2020 pour « Corbières, la frontière cathare »,

nouvelliste (« Nuits sur la Brèche et autres récits haut perchés »,

poète

venu parler de trois livres :

« Cahier d’un illusionniste » préface de Marc Court

éditions Vox Scriba, collection Poesis, 100 p, 15 € ;

 

« Derniers Chants Faydits » préface de Michel Roquebert

Prix du livre de la Malepère 2020,

éditions Vox Scriba, collection Poesis, 44 pages, 10 € ;

 

« Montagne Noire - En eaux passagères »

poèmes sur des photographies de Brigitte Fort,

Empreinte éditions, 57 p, 22 €.

***

Dernier cri avant la nuit

 

Souviens-toi de moi

Quand tu t’enfonceras

Dans les Corbières

Et que tu te croiras seul

Sache que nous sommes des centaines

A être revenus arpenter nos collines

S’emparer de l’esprit du maquis

Et goûter au sang des étoiles

Nous suivons le ciel

Les pas des bonhommes et de leur socis

Esprit pensant juste et droit

Donne-moi de croire en toi

 

Souviens-toi de moi

Quand tu t’enfonceras

Dans les Corbières

Sans espoir sans terre

Et pour un bout de pain

Ce sera comme un festin

Et une dernière course

Termes déjà est sans source

Et avant que ne soit pris à revers

La cour d’amour de Puivert

Accepte la part qui t’échoit

Esprit pensant juste et droit

 

Je m’enfonce dans mes Corbières

J’y reviens toujours en prière

Sur les traces des absents

Du Congost à Aguilar

De Lagrasse à Quéribus

Chaque rocher se souvient

Chaque rocher est un cri

Un appel avant la nuit

Et mon sang coule

Du Verdouble à l’Orbieu

Prends la part qui te revient

Et apprends à reconstruire demain

 

Patrice Teisseire-Dufour

Derniers chants faydits, ed. Vox Scriba.

***

 

 

 

 

21-05-2024

 

 

 Annie Briet

 

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Invitée de l’émission Annie Briet

écrivaine, poète

membre du comité de rédaction de la revue

Encres Vives

qui fut la compagne de Michel Cosem qui partageait sa vie

et qui vient parler de ce grand poète disparu le 10 juin 2023

pour lequel sera rendu un hommage le jeudi 23 mai à 18 h

à l’Hôtel d’Assézat siège de l’Académie des jeux floraux de Toulouse.

Entretien avec Christian Saint-Paul sur l’enfance,

la vie et la posture poétique

de Michel Cosem

 

HOMMAGE A MICHEL COSEM

ET ENCRES VIVES

par l’Académie des Jeux Floraux 

Jeudi 23 mai à 18 h

salle Clémence Isaure

de l’Hôtel d’Assézat

7, place d’Assézat 31000 TOULOUSE

Michel Cosem (1939 - 2023) fut l’infatigable éditeur de la revue et des éditions Encres Vives créées à Toulouse en 1960 et qu’il poursuivit sans faille 63 ans.

Romancier, poète, auteur pour la jeunesse et animant des ateliers d’écriture il rassembla un temps les poètes à Escalasud et publia un grand nombre de poètes qui marquèrent l’histoire de la poésie de ces deux derniers siècles. Lui-même était déjà rentré dans l’histoire de la poésie du XXème siècle avec l’anthologie de Robert Sabatier qui loua son imagination créatrice fondée sur le réel.

 

Une braise. Un mot. Silence attentif et comestible tout autour. J’invite toutes mes idées mes personnages mes rêves, mes autres moi-même à partager le langage des connivences et des éternités. On a plaisir à tremper nos lèvres dans l’élixir de l’écriture et l’on se fait de petites offrandes dans la tiédeur du feu. Dehors l’hiver commence à hurler ses litanies déraisonnables entre les arbres décharnés et les herbes brûlées, mais c’est sans importance. On a tous pris de bonnes résolutions : une braise, un mot.

 

La revue Encres Vives continue après la disparition de son fondateur.

 

Bruno Ruiz lira le recueil posthume de Michel Cosem et Stéphane Amiot, Elisabeth Aragon, Sabine Aussenac, Annie Briet, Catherine Bruneau, Eric Chassefière, Michel Ducom, Régine Ha-Min-Thu, Gilles Lades, Cédric le Penven, Francis Pornon, Christian Saint-Paul, témoigneront de la vivacité de cette œuvre.

 

 

 

 

14-05-2024

 

 

 

Yves CHARNET

 

 

 

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La presse en parle
 

 

 

 

 

Poursuite de l’émission de la semaine précédente

Entretien avec Yves Charnet

à propos de son dernier livre :

« Lettres à Juan Bautista

(Vingt ans après) »

éd. Le Diable Vauvert, 392 p, 22 €.

Le mot de l’éditeur :

Été 2023. Yves Charnet replonge dans les lettres

adressées à Juan Bautista de 2001 à 2006,

avant qu’il ne devienne l’une des grandes figures

de la tauromachie française.

Les turbulents débuts du torero :

brusque interruption de sa carrière en 2003

puis retour miraculeux en 2005.

Un destin hors-normes s’écrit à la pointe des cornes.

Jusqu’au triomphe du 15 août 2006

et sa légendaire faena sous le déluge de Dax.

Que reste-t-il de nos Années Bautista ?

Vingt ans après, pareille recherche du temps perdu

prolonge le geste littéraire de

l’écrivain-matador Yves Charnet.

L’afición est le fil rouge du poète égaré

dans le dédale des temporadas d’après l’an 2000.

À la poursuite de Juan B., le double impossible.

De la crise de la quarantaine aux angoisses de la soixantaine,

chaque vie d’homme finit par ressembler à une grande corrida.

 

Un livre « d’autruifiction » près de 400 pages

de « proésie », une merveille du genre

dans la continuité ininterrompue de l’œuvre

d’autofiction entrepris sans relâche

par ce poète de la prose depuis la révélation

que fut son premier livre :

« Proses du fils »

(La Table Ronde et coll. poche La Petite Vermillon)

 

Entretien avec Christian Saint-Paul

et lecture d’extraits du livre.

***

La deuxième partie de l’émission

est dévolue au dernier livre

d’Abdellatif Laâbi

« A deux pas de l’enfer »

éd. Le Castor Astral, 160 p, 16 €.

L’auteur, poète marocain

a reçu le 3 mai 2024 à Toulouse

salle des Illustres au Capitole

le Grand Prix de Poésie d’expression française

Georges Mailhos, de l’Académie des jeux floraux.

Né en 1942 à Fès, il a notamment reçu le Goncourt de la poésie,

le Grand Prix de la francophonie décerné

par l’Académie française et

le prix Mahmoud-Darwich pour la création et la liberté.

 

Brève présentation de l’auteur

et lecture d’extraits.

Le mot de l’éditeur :

 

Abdellatif Laâbi ouvre grand les portes

de son univers poétique. Dans une langue

à l’imaginaire inépuisable, ses poèmes donnent

corps aux souffrances humaines qui agitent le monde.

Ils distillent les réflexions d’un homme qui a traversé

de multiples combats et connu de nombreuses épreuves.

Son regard universel nourrit, en retour, sa propre expérience.

Témoin de son existence, il décrit avec humour

le vieillissement du corps, le sien, et les désillusions

qui l’accompagnent. Il chante aussi la disparition

des personnes qu’il a connues et son amour

pour celles encore présentes.

 

Loin d’être l’aboutissement d’une œuvre,

ce nouveau livre tend une main

pleine d’espoir vers un avenir meilleur.

 

 

07-05-2024

 

 

 

Yves CHARNET

 

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L’émission est entièrement consacrée à

Yves Charnet

pour la parution de son dernier livre :

« Lettres à Juan Bautista

(Vingt ans après) »

éd. Le Diable Vauvert, 392 p, 22 €.

 

Le mot de l’éditeur :

Été 2023. Yves Charnet replonge dans les lettres

adressées à Juan Bautista de 2001 à 2006,

avant qu’il ne devienne l’une des grandes figures

de la tauromachie française.

Les turbulents débuts du torero :

brusque interruption de sa carrière en 2003

puis retour miraculeux en 2005.

Un destin hors-normes s’écrit à la pointe des cornes.

Jusqu’au triomphe du 15 août 2006

et sa légendaire faena sous le déluge de Dax.

Que reste-t-il de nos Années Bautista ?

Vingt ans après, pareille recherche du temps perdu

prolonge le geste littéraire de

l’écrivain-matador Yves Charnet.

L’afición est le fil rouge du poète égaré

dans le dédale des temporadas d’après l’an 2000.

À la poursuite de Juan B., le double impossible.

De la crise de la quarantaine aux angoisses de la soixantaine,

chaque vie d’homme finit par ressembler à une grande corrida.

 

 

Un livre « d’autruifiction » près de 400 pages

de « proésie », une merveille du genre

dans la continuité ininterrompue de l’œuvre

d’autofiction entrepris sans relâche

par ce poète de la prose depuis la révélation

que fut son premier livre :

« Proses du fils »

(La Table Ronde et coll. poche La Petite Vermillon)

 

Entretien avec Christian Saint-Paul

et lecture d’extraits du livre.

Cet entretien pour un livre aussi dense

ne pouvant se terminer en une seule émission

sera poursuivi la semaine suivante.

 

 

 

 

 

 

 

30-04-2024

 

 

 

 

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Lecture d’un long poème : «  Rue Révolution »

d’Alain Lasverne

extrait du n° 78 de la revue

Nouveaux Délits

Revue de poésie vive

le n° 7 € + frais de port

abonnement 40 € pour 4 n°

à commander à :

Association Nouveaux Délits

Letou 46330 Saint Cirq-Lapopie

 

des poètes enroulés dans les limbes

pleurent pour des rimes folles

dans leurs coffres dans leur BAL dans leurs cages ç vivants

ils les cacheront ces rimes sans nom

 

car les noms il en est qui ouvrent les portes

à qui ne devrait pas

les portes décident in fine elles ont vocation

les rimes folles mènent aux serrures inviolables

pas d’entrée désignée

pas de porte pas de nom

 

au pays sans nom

qui peut dire où il se trouve

qui peut se dire vivant

au pays sans nom

qui a pénétré

un pays sans nom

là où le nom est tu

même les fleurs chuchotent

écoutez les murmures et vous saurez le tourment

des poètes sans noms

***

Lecture in extenso de :

« Atma heurt »

de Christophe Lévis

 

publié à « L’Âne Qui Butine » coll. troglodyte

w.w.w. anequibutine.com

Cet auteur qui publia à Encres Vives nous

livre un bref récit baroque comme un rêve éveillé

d’un amour nostalgique dans le temps brûlant

de l’adolescence. Mais est-ce un prétexte pour que

parole se fasse ?

 

Soudain, elle se tait.

- Tu attends quoi ?

Le tabouret du bar grince en reculant.

Mes lèvres sur les siennes, je suis adolescent.

Qu’est-il advenu de ce lointain si proche ?

L’orbe s’est estompé en ourlant le ligneul recouvrant chaque

heurt d’une charpente de feu.

Oh... les mensonges iniques des satyres, nous ne les voulons plus !

Seulement le rire franc et clair de nos cœurs mêlés.

***

Evocation de la continuité de la revue et

des éditions Encres Vives qui paraissent depuis 1960.

A lire sans tarder les n° consacrés à Michel Cosem

« Une vie consacrée à la poésie » 529 ème Encres Vives

et « L’heure de la tourterelle » préface d’Annie Briet

œuvre posthume de Michel Cosem

530 ème Encres Vives

le n° 6,60 €, abonnement 40 €

à adresser à

Eric Chassefière, 232 av. du Maréchal Juin, 34110 Frontignan

 

L’eau de la rivière

verte et ensoleillée en ce lieu

glisse entre les feuillages

les peupliers fidèles

et la falaise soudain muette

Un reflet animal glisse

le long d’un coup d’aile

comme le mot à jamais universel

***

 

23-04-2024

 

 

 

 

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Évocation du poète marocain : 

Abdellatif Laâbi 

qui sera présent à Toulouse le vendredi 3 mai 2024

pour le 7ème centenaire des jeux floraux à l'Académie des jeux floraux

Hôtel d'Assézat siège des académies savantes.

Lecture d'extraits de :"L'espoir à l'arraché"

Le Castor Astral éditeur 2018, 112 p, 14 €.

***

diffusion d'un poème de Jean Sénac

mis en musique et chanté par 

Gilles Méchin accompagné au piano

par Alain Bréheret pianiste toulousain.

***

Emission consacrée à l'oeuvre d'une des grandes voix

de la poésie algérienne d'expression française :

Samira Negrouche

à partir de son anthologie (2001 - 2021) :

"J'habite en mouvement" 

Poésie

préface de Nimrod

éd. barzaakh, Alger 2023, 282 pages.

 

 

09-04-2024

 

 

 

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L’invité de l’émission est le

Capitaine SLAM

alias Thierry Toulze

poète

qui pratique depuis longtemps

la scène Slam de Toulouse et d’ailleurs.

 

Au cours de son entretien avec Christian Saint-Paul,

le Capitaine Slam tente par des textes inspirés

d'expliquer ce qu'est le slam.

Il évoque l'histoire toulousaine de ce mouvement dynamique,

parle du militantisme comme d'une impasse artistique

et invite les auditeurs à tuer symboliquement (ô sacrilège !) :

Éluard, Prévert, Grand Corps Malade et Lamartine

pour leur préférer Artaud, Nada, Céline et Novarina.

Dans la lignée directe du Docteur Cachou, il suggère

aux Troubadours de se jonglariser

et met le doigt là où ça fait mal :

encore une fois, il nous enchante par son génie cosmique,

sa verve poétique, sa fureur satirique,

sa fougue indomptée, son humour volontiers clownesque

(il faut bien que le peuple exulte) et l'acuité de son regard d'artiste.

 

Un artiste qui honore Toulouse et que nous suivrons avec passion.

 

Lire les textes lus au cours de l’émission

 
 

02-04-2024

 

 

 

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Diffusion de « En un vergier »

(« Dans un verger sous une feuille d’aubépine »)

canson d’une dame troubadour (trobairitz)

typique de l’amour courtois,

extrait du CD « Voix de Femmes Troubadours »

chanté par Sandra Hurtado-Ròs, Tròba Vox éditeur.

 

Invités :

- Manijeh Nouri

femme de lettres Iranienne, traductrice de la littérature persane,

auteure de nombreux ouvrages sur la littérature

et la poésie persane et iranienne contemporaine.

 

- Alem Surre-Garcia

écrivain, essayiste, librettiste, poète

auteur de nombreux ouvrages sociologiques,

historiques, poétiques en langue française

et en langue occitane.

 

L’objet de leur entretien porte sur la Rose et la Violette.

En effet, une exposition « Violette et Rose » au-préalable préparée à Toulouse par les deux artistes invités aura lieu

en août 2024, en Vendée  à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

C’est toute une symbolique sur ces deux fleurs qui est révélée par les deux invités.

Toulouse et les jeux floraux qui fêtent cette année leur septième centenaire sont au centre de ces deux fleurs mythiques,

la violette de Toulouse et Toulouse Ville Rose.

 

Voir le texte de Manijeh Nouri sur l'exposition
 
 

Origines persanes de la Rose

exposition violette et rose

 

Violette et rose

 

Fleur rouge, fleur d’eau de rose, fleur de Mohammad, ou encore Vard, sont des noms différents, attribués à une fleure (la rose) dont les origines sont persanes dont l’Iran aujourd’hui encore offre au monde ses meilleurs extraits et produits.

Qamsar, dans la province d’Ispahan, dans la commune de Kâchân, appelée la capitale de la rose, est la plus important producteur des eaux floraux et l’essence de rose.

 

Les différents aspects de la rose ont un rôle important dans la culture et les coutumes iraniennes.

Le parfum de la rose est calmant et apaise les nerfs. C’est pour cette raison que dans les lieux publics et pendant les rassemblements de deuil ou religieux, on distribue l’eau de rose aux convives ; ou encore aux personnes qui ont eu des chocs affectifs importants on donne le sirop à l’eau de rose à boire.

Une des raisons les plus importantes de la relation entre la rose et la culture persane est sa présence fréquente dans la poésie des plus grands poètes persans.

L’exemple le plus évident est une partie de prologue du Jardin de rose du poète Saadi XIV° qui dit :

Une nuit, avec les amis, nous étions réunis dans un verger. C’était un endroit fort agréable et verdoyant, avec les arbres bien abondant. les brises d’emails semblaient recouvrir son sol

Et le collier des pléiades était suspendu sur ses vignes.

 

La poésie

 

À l’aube, quand l’envie de repartir domina le besoin de rester, je l’ai vu m’apporter un plateau de rose et d’hyacinthe. J’avais envie de repartir en ville. J’ai dit : « Comme tu le sais, la rose est éphémère et le jardin de rose infidèle. Le sage dit : il ne faut pas attacher son cœur à ce qui ne dure pas.

Il me demanda : que faut-il faire ? J’ai répondu : « Afin de purifier le cœur de ceux qui observent et rendre éloquent les convives, je peux composer le livre du Jardin de Rose. Le vent d’automne ne pourra pas dérober ses feuilles et le temps qui passe ne pourra transformer le plaisir de le lire à l’ennuie.

 

Poésie :

À quoi te servent les roses du jardin,

Prends quelques feuilles de ma roseraie.

La rose ne dure que 5-6 jours,

Ce jardin de rose est toujours vivant et agréable.

 

La passion du rossignol et son amour pour la rose sont proverbiaux dans la culture des persanophones. La poésie persane en témoigne incontestablement.

Dans la littérature religieuse, on raconte que le Prophète transpirait, au moment de son ascension. Les gouttes de sa transpiration sentaient le parfum de rose. Le poète Khaqani compare dans son Divan, les sueurs du Prophète avec l’eau de rose.

 

La violette en Iran est le nom d’une fleur qui à l’origine était sauvage et en grappe. Dans le nord de l’Iran, au bord de la mer Caspienne, cette fleur de couleur bleue-violette pâle poussait.

 

 

26-03-2024

 

 

 

 

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Signalement du livre :

Eric de Rus

« Cet Amour inconnu d’où monte la Parole » poèmes

éditions Saint-Léger, 200 pages, 16 €

 

Éric de Rus est professeur agrégé de philosophie, enseignant au centre pédagogique Madeleine Daniélou (Rueil-Malmaison) et associé au groupe de recherche « Éthique et personnalisme » de la faculté de philosophie de l'Institut Catholique de Toulouse. Sa thèse de doctorat avait trait à Edith Stein, sœur Thérèse Bénédicte de la Croix, née dans une famille juive en 1891, convertie au catholicisme et assassinée pour son peuple à Auschwitz en 1942.

Les poèmes d’Eric Rus sont d’une naturelle simplicité, éclairés par la Lumière d’une incessante et heureuse quête spirituelle qui illumine tout le recueil.

Extrait :

La Parole Absolue

Je l’ai trouvée la Parole absolue,

Eternelle vibration de l’Amour

Portant de l’intérieur toute chose

Tel un océan de lumière et de vie.

 

Verbe éternel d’ardent Silence

Inaltérable en son rayonnement,

Parole d’amour substantiel

Incessamment prononcée.

 

Douce comme un zéphyr d’aube entre les fleurs

d’amandier

L’offrande de la Parole

Au cœur

Surpasse les mots.

***

Le poète invité est Gilles Baudry

Gilles Baudry est un poète et ecclésiastique français né le 27 avril 1948 à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu en Loire-Inférieure. Il est moine à l'abbaye de Landévennec.

Son œuvre poétique publiée en grande partie aux éditions Rougerie lui a valu le Prix Antonin Artaud en 1985 pour « Il a neigé tant de silence » (réédité en 2021) et en 2005 le Prix de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire.

Il présente son dernier livre :

« Le chant du balancier »

éditions Ad Solem

En liminaire il écrit :

Le temps est une ombre. Tout passe. Nous passons aussi comme fleurs des champs, mais en Celui qui ne passe pas, en « Dieu jeune ensemble qu’éternel. » (Péguy)

Déjà ici-bas, la lumière fait son miel de tout ce qu’elle touche. Prière et poésie se pollinisent…S’instaure au cœur de l’écriture le temps intérieur. Temps sans temps où affleure l’éternel, comme soustrait à l’écoulement des heures…Pour avoir offert l’hospitalité à l’invisible, l’évènement est quotidien et le mystère semble presque naturel. Des petites épiphanies du réel le poème fait une métaphore voilée de la Présence. Humble artisanat des mots silencieux, il suggère, en filigrane et en aparté, qu’on ne devrait pas évaluer notre vie en termes de pesanteur mais en mesure de grâce.

 

L’entretien avec Christian Saint-Paul a trait à l’expérience poétique et métaphysique du poète, à son parcours de créateur, ses amis poètes, son vécu dans sa quête spirituelle incessante et dont ce livre n’est qu’un des reflets. Le temps, cette durée qui doit finir mais s’inscrit dans un temps inaltérable celui de l’Esprit divin, est au centre des poèmes.

Un moment de bonheur car ces poèmes de Gilles Baudry portent l’Espérance à son niveau d’incandescence qui illumine notre vie sans rien retirer du réel et de la grâce du quotidien.

L’entretien est ponctué de lecture d’extraits du livre.

 

Le soleil

ce matin

ne s’est levé que sur un coude puis

s’est recouché.

Sous leur housse de brume translucide

on eût dit que le ciel et la mer

étaient parole

à double sens.

Lors, j’ai marché le long de l’Aulne

rêvant que le bruit de mes pas

allait sortir le paysage

de ses pensées.

***

L’éclat de l’ombre

« Le rouge-gorge est une tache de chant »

Jean-Claude Albert Coiffard

Si l’oiseau rêve de racines

et l’arbre d’ailes

poète n’es-tu pas

parmi les gens de plume

l’oiseau venu de nulle part

nidifier dans la langue

allumer quelques vers luisants

dans le demi-jour du sous-bois

en dormance ?

 

Toi pareil au rouge-gorge

par la seule magie

de sa faible lueur

de luciole

et du frisson d’un arpège perlé

tu cherches à moduler

en sa furtive compagnie

l’imperceptible éclat de l’ombre.

***

Couleur du temps

 

Pour la paix esseulée du paysage

de grâce

n’ajoutez rien à la couleur du temps

au bruit de la mer dans les arbres

au ciel qui tremble à la fenêtre

quand écrire avec un cristal

sur une vitre c’est

comme si vous touchiez du doigt

la réalité

de l’invisible

 

N’ajoutez rien

n’enlevez rien

de grâce

puisque pour nous

parmi les choses périssables

le quotidien

a la couleur de l’éternel.

***

 

 
 

19-03-2024

 

 

alem surre garcia

 

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Diffusion de « Matin verd » poème de Franc Bardou chanté et mis en musique par Gérard Zuchetto avec Sandra Hurtado-Ros, extrait du CD « Chemin tournant - Poètes du Sud » éditions Troba-Vox.

***

Signalement :

- du numéro 529 « Spécial Michel Cosem » de la revue Encres Vives, « Une vie consacrée à la poésie », sous la supervision de Annie Briet.

Lecture d’un extrait : « Un poète au service des poètes » de Gilles Lades.

- du 530 ème Encres Vives consacré au recueil posthume de Michel Cosem

« L’heure de la tourterelle » préface d’Annie Briet, poèmes dédiés au Lot

où il passa la plupart de ses étés et ses deux dernières années.

Chaque volume : 6,60 € (+ frais de port)

abonnement 1 an : 40 € chèque à adresser à Eric Chassefière

232 avenue du Maréchal Juin 34110 Frontignan

correspondances : encres.vives34@gmail.com

***

L’invité de la semaine est Alem Surre-Garcia

poète, essayiste, librettiste, romancier, conférencier, écrivant aussi en langue d’Oc.

Il vient présenter son dernier livre :

« La Convivencia » un guide très pédagogique du concept de la Convivencia commun aux cultures castillane, catalane, portugaise et occitane, repris dans les années 80 du siècle dernier par le milieu associatif occitan et repris aujourd’hui par la mairie de Toulouse.

Entretien avec Christian Saint-Paul et lecture d’extraits.

Un livre qui devrait figurer dans toutes les bibliothèques des hommes (et femmes pour ceux qui croient encore que le mot hommes au sens général exclut les femmes de l’humanité) de bonne volonté et dans toutes les bibliothèques des collèges et lycées.

 

12-03-2024

 

 

 

 

 

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Diffusion de trois poèmes de Jean Sénac

chantés par Gilles Méchin avec au piano

Alain Bréheret

***

Présentation et lecture d'extraits de 

"L'espoir à l'arraché"

du poète franco-marocain

Abdellatif Laâbi

éd. Le Castor Astral, 2018, 118 p, 14 €.

***

Retour sur Stanislas Rodanski (1927 - 1981)

avec le signalement de :

"Je suis parfois cet homme" poésie

édition établie et présentée par François-René Simon

nrf Gallimard, 2013, 169 p, 17 €

***

A la suite de la cérémonie de l'inauguration de

la plaque de nom de rue :

Claude Barrère  (1946 - 2021)

à Lisle-Jourdain dans le Gers le 9 février 2024,

présentation et lecture d'extraits de son livre posthume :

"Spicilège poétique"

éditions N&B, Toulouse 2024, 52 p, 10 €

Dévoilement de la plaque portant 

le nom du poète et peintre

Maître ès-jeux de l'Académie des jeux floraux

Claude Barrère (1946 - 2021)

le 9 février 2024

à Lisle-Jourdain dans le Gers.

Dessous la plaque de gauche à droite :

Bruno Ruiz, Elisabeth Aragon, 

Philippe Dazet-Brun (Secrétaire perpétuel )

Christian Saint-Paul

de l'Académie des jeux floraux de Toulouse

 

 

 

 

***

 

 

5-03-2024

 

 

 

Michel COSEM

 

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Emission du (12/04/2007)  rediffusée en hommage à Michel Cosem (28 mai 1939 - 10 juin 2023).

Christian Saint-Paul reçoit Michel COSEM poète, romancier, éditeur.

C’est une figure emblématique de la poésie contemporaine, entrée déjà dans l’histoire de la poésie des XXème et XXIème siècles, qui vient dire son enthousiasme toujours grandissant pour la création littéraire et l’édition de la poésie.

Né en 1939, il fonde en 1960 à Toulouse dans les locaux de l’AGET rue des Lois, la revue Encres Vives qui n’a cessé de paraître et en est aujourd’hui à son 415ème numéro. Un exploit quand on connaît la précarité des nombreuses revues qui ont vu le jour sur la même période. Il publie les auteurs reconnus de la poésie d’aujourd’hui qui aiment à intervalles réguliers, faire paraître un recueil comme pour marquer l’évolution de leurs œuvres, mais aussi, il donne sa chance aux poètes pas ou peu connus, qui laissent percevoir une voix de qualité. Car, l’ouverture de ce poète éditeur qui a su réunir un si impressionnant catalogue, est toujours subordonnée à son exigence visionnaire de la qualité. Être publié à Encres Vives est, en effet, un label de qualité. Cette activité assez exceptionnelle sur une si longue durée lui a permis de tisser un vrai réseau fraternel des poètes de notre époque.

Bien sûr, c’est l’ouvrage d’un poète passionné et assidu à une création qui n’a jamais ralenti et lui vaut d’être parmi les poètes les plus prolifiques. Déjà dans les années quatre-vingts Robert SABATIER dans son anthologie des poètes du 20ème siècle, lui consacrait de nombreuses pages et le saluait comme « le poète du bonheur intérieur »Jean-Marie Le Sidaner dira, il y a déjà trente ans, qu’il est un poète « de l’imaginaire susceptible de bouleverser nos rapports avec le monde ». Plus tard, Gilles LADES verra en Michel COSEM un « voyageur contemplatif dans l’aveuglant paradis ».

Lauréat des prix Méridien, Artaud et Malrieu en poésie, il poursuit inlassablement sa démarche exigeante.

Il construit en même temps une œuvre romanesque chaleureusement remarquée par la critique ; cette œuvre fait l’objet d’études universitaires et il prend place dans les ouvrages et anthologies de littérature contemporaine. Il est aussi l’auteur de nombreux livres pour la jeunesse qu’il considère comme des livres destinés, de la même manière, aux adultes.

Dans l’ensemble de cette grande œuvre de fiction, l’imaginaire sera toujours le centre. Mais cet amateur des mythes et des légendes regarde les paysages qu’il traverse avec l’éclairage de l’Histoire et la grâce du poète.

Ce regard aigu sur les lieux où il s’attarde, va nourrir en profondeur son inspiration poétique. A propos de son livre « Le Sud du soleil » paru aux éditions de l’AtlantiqueGaëlle JOSSE écrit : « Michel COSEM ne cherche pas l’inspiration, elle vient à lui car il regarde le monde. Il y a en lui quelque chose d’un Monet arpentant la campagne, chevalet et boîtes de couleurs en bandoulière, célébrant le jour en guettant ses plus infimes nuances de lumière ».

C’est précisément des textes sur ces lieux qui le fascinent et l’enracinent durablement au monde, que Michel COSEM choisit de lire pour cette émission. Il rappelle qu’il a créé dans les éditions Encres Vives une collection lieu  qui  rassemble des auteurs cernant un ensemble de poèmes sur un lieu déterminé. (Voir le catalogue général des éditions sur ce site)

Le dernier né de cette collection est le 275ème Lieu dont l’auteur est Paul BADIN et le titre « La flânerie aux Alyscamps » et concerne Arles et la Camargue  (6,10 € à commander aux éditions).

Alternant un entretien avec Saint-Paul portant sur sa démarche personnelle poétique et des considérations plus générales sur la poésie, Michel COSEM lit de longs extraits de ses recueils ayant trait aux Corbières et à la Galice et Mancha : « La ria du cygne noir » (272ème Lieu, 6,10 € à commander aux éditions). Georges CATHALO  a écrit à propos de ces poèmes : « Et puis, comme « on sait enfin que rien ne finit », on cherche toujours à voir plus loin même dans l’ici ou le « je » s’efface devant la simple majesté des paysages rencontrés car « l’imaginaire est là, perché entre les plantes rares » et l’on est sûr que « tout recommence à l’instant où l’on croit que tout va s’apaiser », un peu comme ce vent, présent d’un bout à l’autre du livre ».

 

L’eau nourrit l’eau

et les algues du monde

le frisson au geste fou

et cette origine du vent

Ce soleil

 

Le corps de l’oiseau

sans un cri sans la moindre parole

boit tout ce qui reste

 

(La ria du cygne noir)

 

Un poète dont on souhaite recevoir aussi régulièrement les livres qui nous font voyager et au fond, nous font nous découvrir à travers ce regard jamais habitué.

 

Abonnement à Encres Vives 34 €, chaque numéro 6,10 €, à commander 2, allée des Allobroges  31770 Colomiers.

 

 

27-02-2024

 

 

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Emission entièrement consacrée à la lecture

de "La Montgolfière du Déluge 

Poèmes

précédés d'une 

Lettre à l'astrologue

suivis de

A cela près"

de Stanislas Rodanski

éditions Deleatur 1991

 

Né en 1927, Stanislas Rodanski habita le plus souvent

à Lyon, dans le quartier des métiers des canuts qui fonctionnaient encore.

Poète ayant appartenu au mouvement surréaliste

dont il fut exclu, il s'inscrit dans la lignée des poètes minés par le désespoir

et la révolte comme Antonin Artaud ou Gherassim Luca.

Il fut hospitalisé d'office en 1949 à Perray-Vaucluse puis à Villejuif jusqu'en 1952.

Puis de 1954 jusqu'à sa mort en 1981 il fut hospitalisé à l'asile

Saint-Jean-de-Dieu près de Lyon.

 
 

20-02-2024

 

 

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Signalement de :

« Une vie consacrée à la poésie »

sous la supervision de Annie Briet

spécial Michel Cosem

Encres Vives n° 529, 6,10 € abonnement 40 €

chèque à l’ordre de Encres Vives à adresser à

Eric Chassefière, 232 av. du Maréchal Juin, 34110 Frontignan

***

« L’heure de la tourterelle »

préface de Annie Briet

Encres Vives n° 530, 6,10 € abonnement 40 €

chèque à l’ordre de Encres Vives à adresser à

Eric Chassefière, 232 av. du Maréchal Juin, 34110 Frontignan

***

Présentation de :

Pierre Ech-Ardour

« Vespérales élégies » pérégrinations poétiques et cosmologiques

de Sète à Ceret

éditions Levant, 70 p, 15 €.

Pierre Ech-Ardour réside à Sète (France). En son rapport intime aux lettres, sa poésie, « tours de mots » où interfèrent extrinsèques lumières et clartés profondes, incarne la parole d’une utopie propice à l’approche des sources du monde. Sa poésie traduit ce battement, cette trame discrète où s’orfèvre le poème ; chaque mot porte le déplis d’une pensée poussée à l’orbe des confins. L’écriture, jouant de sa lumière et de sa contre lumière, laisse doucement à l’entente la palpitation du froissement et du défroissement des mots, conservant perpétuels leur vastité et leur respir. Ce sont dans ces amples et discrètes variations que la parole trouve son surgissement de visage, cette force particulière d’être elle-même l’envol de ce qui d’un coup se dévoile à la vue et à la pensée et aussitôt se dérobe, insoluble. Et si se laisse saisir par la peau que donne la traverse des langues, des souffles terrestres, des sensualités et des mémoires d’une certaine intimité, sa poésie est une voix portée, une entière adresse à l’humain et à son tremblement d’infinité.

Les Editions Levant publient en janvier 2024 le premier recueil d'une trilogie, titré "Vespérales élégies", recueil de 60 poèmes dédiés à la Vie, à la Liberté, à la Femme et à l'Amour. Il est orné de trois œuvres de Chantal Giraud Cauchy , « Pigments outremer et blanc sur Velin d’Arche – Reliefs 1, 2 et 3 », conçues pour l'ouvrage. La présente publication a été rendue possible grâce au mécénat de Sète Agglopôle Méditerranée.

***

Christian Viguié

« Comme une lune noire sur ma table » Poésie

éditions La Table Ronde, 176 p, 17 €.

 

Comme une lune noire sur ma table

Il y a l’ombre d’un arbre

l’ombre d’une montagne

mais je préfère une ombre plus grande

celle de mon bol

Elle est comme une lune noire

sur ma table.

 

Cela me fait du bien de dire

le ciel est le ciel

une pomme est une pomme

Il suffit d’ouvrir ma porte

de regarder ce qui est

 

Pourtant quelque chose se détériore

à l ’intérieur du regard et des mots

les serrures du silence

le jour dépouillé

n’importe quelle sentence

la cérémonie du vent

comme si la première définition du réel

était de nous faire tenir

au bord du vide

Pourquoi le réel ne serait-il pas un enfant

qui danse quand il danse

un enfant qui dort quand il dort

un enfant que nous pourrions nommer

uniquement avec nos lèvres perdues ?

 

***

Sabine Garrigues

« rien n’est su »

éditions Le Tripode, 125 p , 13 €

Originaire de Châlons-en-Champagne, Sabine Garrigues est comédienne et professeure de yoga. Des années après la mort de sa fille au Bataclan en 2015, elle écrit rien n’est su. Une première version de ce texte est devenue en 2022 une pièce radiophonique pour France Culture avec la comédienne Audrey Bonnet sous le titre : Nuit de guerre à Paris.

rien n’est su est un récit grave, lumineux, habité par l’amour entre une mère et sa fille. Que faire quand le monde s’écroule et que la vie demeure ? Sabine Garrigues raconte la brutalité de la mort, le manque, la réinvention de soi. Les mots, émancipés des majuscules et de toute ponctuation, disent l’insoutenable absence, mais aussi la beauté d’un monde qui comprend le vide et la douleur : « la mort nourrit la vie / avant je ne le savais pas / maintenant je le sais ».

rien n’est su est le premier livre de Sabine Garrigues. Écrit au fil des ans après la disparition de sa fille au Bataclan en 2015, il a donné naissance à une pièce radiophonique diffusée en 2022 sur France Culture sous le titre : Nuit de guerre à Paris. L’interprétation était menée par l’autrice et la comédienne Audrey Bonnet, que le Tripode remercie pour la découverte de ce texte.

***

 

13-02-2024

 

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Casimir Prat

 

   

 

Dévoilement de la plaque portant 

le nom du poète et peintre

Maître ès-jeux de l'Académie des jeux floraux

Claude Barrère (1946 - 2021)

le 9 février 2024

à Lisle-Jourdain dans le Gers.

Dessous la plaque de gauche à droite :

Bruno Ruiz, Elisabeth Aragon, 

Philippe Dazet-Brun (Secrétaire perpétuel )

Christian Saint-Paul

de l'Académie des jeux floraux de Toulouse

 

 

 

 

06-02-2024

 

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Diffusion de « Ma vieille France » de Gérard Blua

chanté par Jean-Claude Ettori

extrait du CD « Vivre » (AGIC diffusion, 20 €)

***

Lecture de poèmes de Michel Eckhard Elial

extraits du livre de Ronny Someck et Michel Eckhard Elial :

« Cristal Blues »

illustrations de Giraud Cauchy (verre) et Ferrante Ferranti (photographies),

avant-propos de James Sacré

éditions Ségust, 40 p, 15 €

***

Présentation et lecture d’extraits

de « Cette enfance à venir » poèmes de

Gilles Baudry, dessins de Nathalie Fréour

éditions L’enfance des arbres, 15 €

***

Présentation et lecture d’extraits

de « René Guy Cadou La fraternité au cœur »

de Jean Lavoué

préface de Ghislaine Lejard, postface de Gilles Baudry

éd. L’enfance des arbres, coll. Poésie et intériorité, 298 p, 20 €

***

Présentation et lecture d’extraits

de « Ecrits de l’arbre dans le soleil »

de Jean Lavoué

éd. L’enfance des arbres, 134 p, 15 €

***

L’éternité est-ce autre chose

que cette épiphanie

entre déclivité nativité

le seul sésame

qui nous ouvre la porte des humbles ?

 

Celle-ci déjà

 

d’air et de bleu

qui gît en nous inentamée

et se tient à l’orée des merveilles

 

Gilles Baudry « Cette enfance à venir »

***

Se laisser traverser simplement

Par la splendeur muette

De la vie qui se cache

Dans l’évidence de sa victoire

Qu’aucune menace n’altère vraiment !

 

Pour cela, s’en tenir à la confiance

De ce qui s’élève en nous

Même si nous tombons lourdement.

 

C’est à partir du sol que s’élance la sève,

C’est dans le tremblement des racines

Que partout s’élève la terre vers la lumière.

 

Nous serons guidés dans ce frémissement

De feuilles et de branches

 

Vers ce ciel qui nous accepte tel que nous sommes

Dans notre fragilité arrachée aux verrous de la peur.

 

Jean Lavoué « Ecrits de l’arbre dans le soleil »

***

 

 

 

 

30-01-2024

 

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L’émission « Les Poètes » présente ses condoléances au poète chanteur

toulousain Bruno Ruiz pour le décès de son épouse, l’artiste plasticienne

Kathy Ruiz-Darrasse.

Est diffusé de Bruno Ruiz son poème chanté « Hom-Louve » extrait

de son CD « Après ».

***

Lecture d’un poème de Ioulia Fridman, poète, écrivain et traductrice qui vivait à Moscou

et qu’elle a dû quitter dès l’agression de l’Ukraine par les troupes russes. Ce poème est extrait du recueil « Non à la guerre ! » Poètes contre la guerre des éditions Caractères (9 €).

***

Présentation enthousiaste de la réédition en format poche de l’œuvre de

Jacques Ellul (1912 - 1994)

écrivain, philosophe, théologien, Résistant, dans la collection « La petite vermillon »

des éditions La Table Ronde. Parmi les titres publiés Christian Saint-Paul invite à lire particulièrement :

« L’espérance oubliée » 398 p, 10,50 €

« Politique de Dieu, politiques de l’homme » 304 p, 8,90 €

« Le livre de Jonas » Préface de Sébastien Lapaque, 192 p, 7,30 €

***

Le reste de l’émission est consacrée à l’œuvre poétique toujours continuée de

Gilles Lades

avec trois de ses dernières publications :

« Ouvrière durée » éd. Le silence qui roule, 2021, 100 p, 15 €

« Le poème recommencé » éditions Alcyone, coll. Surya, 90 p, 20 €

Lecture d’extraits.

Un poète ancré dans son pays Le Quercy et par là-même dans la terre, celle de nos campagnes et la Terre universelle.

***

As-tu regardé l'insigne maison

er les lieux du poète ?

 

Le vent parcourt les chemins et les chênes

tu reconnais ton ancien passage

aux champs abolis par l'hiver

à la cabane de pierre

qui n'est qu'un tas aveugle

 

une feuille tombe à tes pieds

la dernière à rejoindre l'humide

 

un buis demeure

dans la niche d'un fourré

comme un chevreuil vigilant

 

Noël cahote dans ta mémoire

avec les larmes de joie de l'enfance

 

l'on a tant fait pour que tu vives

et puisses dire

 

tu mets le cap à l'inconnu

en quittant la vue du village

rajeuni de soleil au fond de la vallée

 

Gilles Lades (extrait de Pays perpétuel)

 

 

 
 

 

23-01-2024

 

Jean-Louis Clarac

 

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Signalement réitéré du livre de

Jean-Michel Maulpoix

« Sous la neige »

éditions Mercure de France, 116 p, 16 €

***

Christian Saint-Paul reçoit son invité :

Jean-Louis Clarac

venu informer les auditeurs de la continuation

de la revue et éditions Encres Vives

abonnement 45 € à adresser à Encres Vives ,

232 avenue du Maréchal Juin

34110 Frontignan

 

et parler de son dernier livre

« La rumeur et le fracas »

Jacques André éd. 92 pages, 14 €

 

 

 

 

 

16-01-2024

 

 

 

 

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Emmanuel Savy

 

 

Elizabeth Aragon

 

 

Signalement de la parution de

Nouveaux Délits

Revue de poésie vive

numéro 77

Un très bon sommaire comme toujours, à découvrir.

Lecture de l’éditorial de Cathy Garcia Canalès :

Aucune vie ne ressemble à une autre et la douleur n’est pas toujours visible, quantifiable, sauf quand elle est si collective qu’on ne peut plus l’ignorer. Aucune vie ne ressemble à une autre, certaines sont tellement pleines de ces épreuves qui jettent à terre, rouent de tant de coups que cela semble n’avoir plus aucun sens. Les épreuves cependant qui nous tordent, nous forgent de l’intérieur jusqu’à parfois toucher la grâce. Toujours au bord pourtant de basculer, grâce ou folie, la frontière est si fine. En ce début d’année où il est de coutume de souhaiter et s’entre souhaiter, mes pensées vont vers toutes celles et ceux qui souffrent dans leurs corps, dans leurs têtes, dans leur vies, dans le corps des êtres qui leur sont chers. Mes pensées se ruent vers celles et ceux qui vivent dans la peur, la terreur, l’horreur, celles et ceux qui sont accablé-e-s par les injustices, celles et ceux qui éprouvent une solitude inhumaine, celles et ceux qui ont le cœur en miettes, l’âme mutilée, celles et ceux qui sont oubli-é-e-s, piétiné-e-s, humili-é-e-s, écrasé-e-s, broyé-e-s, perdu-e-s, poussières… Et je me souhaite — car qui suis-je pour dire à d’autres ce qui leur est nécessaire ? — je me souhaite, donc, le courage de garder dignité quoiqu’il arrive et le sens du respect, la volonté d’être juste, d’accepter ce qui en moi est fragile et blessé, ce qui chemine dans les ténèbres et la force d’endurer ce qui me tord, me forge, me polit et qui, peut-être à la longue, finira par me sublimer. Aucune vie ne ressemble à une autre mais la vie est une seule et même énergie qui nous traverse, nous anime, qui que nous soyons, où que nous soyons : humains, animaux, végétaux et même, à leur façon, les pierres de cette Terre qui n’en peut plus de nous. C’est ce que je ressens au plus profond de moi. Tout est vibration, tout porte un message alors je voudrais veiller toujours mieux à celui que moi-même je porte et transmets à travers mes pensées, mes choix, mes actions, mes mots, mes cellules… Veiller sur les causes car il est toujours trop tard quand il s’agit de réparer de néfastes conséquences… J’essaie de ne pas me décourager trop vite ou trop longtemps. Aucune vie ne ressemble à une autre, que chacune soit belle et sereine comme un lever de soleil, un chant d’oiseau à la nuit tombée, un vin d’amour à partager.

CGC

Étant donné que nous avons des cellules qui sont les filles des premières cellules de la vie, nous avons en nous de façon singulière toute l'histoire de la vie... nous avons l'univers en nous.Edgar Morin

Abonnement 40 € (4 numéros) chèque à adresser à Association Nouveaux Délits

Létou 46330 Saint Cirq-Lapopie

***

Entretien de Christian Saint-Paul avec les invités :

Elizabeth Aragon, poète directrice de collection des éditions az’art atelier de Pamiers (Ariège)

et

Emmanuel Savy, poète

à propos de ses deux publications :

« Point de départ » az’art atelier éditions, 88 pages, 16 €

Qu’il ne se passe rien…

Voilà, un bien grand risque !

La pulsation dedans notre corps rougeoyant est un rappel constant de la valse du temps

Rien n’est fixe…

Rien n’est fixe…

et

« A la limite » az’art atelier éditions, 100 pages, 16 €

Epuisement.

 

Voir la limite , c’est voir à travers

 

On ne s’évade pas des geôles qu’on construit

On n’ouvre rien…

On est ouvert.

 

 

 

 

09-01-2024

 

 

 

 

 

Joël Vernet

 

 

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Signalement des livres de :

 

Cercamon  Cherche Monde

troubadour du XII° siècle 

"Chansons de Cercamon"

Présentation et adaptation d'Yves Leclair

édition bilingue occitan-français

éditions Pierre Mainard, coll. Littérature occitane "Troubadours"

118 p, 15 €

***

Jean-Luc Aribaud

"En cela" 

poèmes

éditions Abordo, 85 p, 15 €

***

Emission ensuite consacrée à

 

Joël Vernet

évocation de la démarche d'une des plus grandes voix

de la poésie française

rappel d'une publication antérieure

ayant fait l'objet d'une précédente émission

"Marcher est ma plus belle façon de vivre"

Notes éparses

éd. La rumeur libre, 110 p, 16 €

et signalement de sa dernière parution

qui fera l'objet d'une prochaine émission

"Journal d'un contemplateur"

dessins de Vincent Bebert

éd. Fata Morgana, 77 p, 18 €

***

lecture d'extraits avec digressions d'une brève publication

de Joël Vernet qui est un vrai chef d'oeuvre

"Lettre ouverte à un marcheur"

éditions le Réalgar, 21 p, 5 €

***

 

 

 

 

 

 

 

 

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Michel

Eckhard-Elial

 

 

Signalement de :

Cercamon - Cherche Monde

"Chansons de Cercamon"

troubadour (1110-1152)

poète inventeur en langue moderne du "Poème débat"

Chansons présentées et traduites de l'occitan

par Yves Leclair

édition bilingue occitan-français

Pierre Mainard éditeur 2023, coll. Littérature occitane "Troubadours"

118 p, 15 €

***

Jean-Michel Maulpoix

"Le jardin sous la neige"

en exergue : "Une tristesse en forme d'homme" Paul Valéry

éd. Mercure de France, 2023, 120 p, 16 €

 

"Après L’hirondelle rouge (2017) et Le jour venu (2020), Le jardin sous la neige est le troisième temps d’un parcours lyrique en prose où se fait pas à pas plus poignante l’angoisse du vieillissement et de la disparition. Les mêmes motifs s’y recreusent et les coups de boutoir du temps contre le désir y sont plus cruels. Une tristesse plus noire y rôde jusqu’aux Enfers. Mais l’écriture ne s’en tient pas à ces chemins désolés : elle ramène de l’espérance et de la lumière en faisant tomber sur le papier une neige apaisante, longtemps espérée, et comme revenue du fond de l’enfance. Cette blancheur couvre la terre noire du jardin où la mort travaille sourdement ; elle épure et éclaire. D’autant qu’elle ne vient pas seule : en même temps que l’enfance, elle apporte avec elle le souvenir de poètes aimés, dont les voix se font écho tout au long de ce livre.Comme dans Une histoire de bleu (1992) et dans L’hirondelle rouge, ce sont ici de nouveau quatre-vingt-un textes répartis en neuf chapitres qui disposent en miroir les petits tableaux où se succèdent les figures de ce cheminement."

Jean-Michel Maulpoix.

***

Invité:

Michel Eckhard-Elial

Professeur de littérature comparée, Michel Eckhard Elial 

est poète et traducteur de la littérature hébraïque : Yehuda Amichaï, 

Aaron Shabtaï, David Vogel, Ronny Someck, Miron C. Izakson,

Hagit Grossman, Diti Ronen, Eliaz Cohen, Shimon Adaf, 

Lali Tsipi Michaeli. 

Il dirige la Revue « Levant-Cahiers de l’Espace Méditerranéen »

qu’il a fondée en 1988 à Tel Aviv, aujourd’hui à̀ Montpellier, 

dont la vocation est de promouvoir un dialogue pour la paix

 entre les trois rives de la Méditerranée. 

Entretien avec Christian Saint-Paul

à partir des publications suivantes :

"L'arbre lumière"

éd. Levant, 2017, illustration de Robert Lobet, 47 p, 20 €

La poésie est un des noms purs de l’amour, et l’arbre d’amour, 

comme l’arbre de vie, sa flamme parlante.

***

"Crier à l'étoile"

oeuvre de couverture de Denis Zimmermann

éditions de l'Aigrette, 2021, 55 p, 13 €

poèmes adressés à son fils Mathia Eckhard disparu à 19 ans

Nous sommes les héritiers d'une plus haute

absence

 

de l'arbre chu en ses racines

il reste la lumière pour remonter

aux cimes

 

le monde est-il la langue de

la perte ou de la naissance

 

du temps et de l'espace

le monde persiste et signe

 

l'orient de la naissance

attend une autre nuit

échappée à la foudre qui

ose le jour et l'instant

 

 

de quelle lèvre embrasser le monde

à l'origine de l'amour

l'éternité est

tienne

***

et de deux livres avec les poèmes de Michel Eckhard-Elial 

 

et de Ronny Someck  poète Israélien :

 

"Cristal Blues"

 

Avant-propos de James Sacré

illustrations de Giraud Cauchy / Verre 

et de Ferrante Ferranti / Photographies

éditions Ségust, 2022, 41 p, 15 €

"Deux voix pour dire (et pas forcément chanter) 

le blues du vivre".

***

et 

"La poésie n'est pas une métaphore"

avec les dessins de Ronny Someck

éditions Levant, 2023, 45 p,

La poésie est le plus court chemin de l’homme au monde,

Alain Suied

 

"Habitée par le monde la poésie n’est pas une métaphore filée

dans l’antre des dieux et des astres. La poésie ne dit rien que ce

qui pousse en elle, comme l’arbre de vie, de ces racines qui ont la

nostalgie du ciel et la force tellurique des volcans en gésine sous la

langue.

Elle signe cette vérité du Livre de la Création que le monde

a été créé dans une parole. Bereshit, in principio, Elohim n’a pas

simplement créé, il a dit. Et si le monde a été créé par la parole, la

poésie a été créée dans les fragments d’une parole une et nue, à la

fois intime et universelle.

En d’autres termes, dans le poème c’est l’esprit de Dieu qui

plane et souffle dans chacun de ses vers. Le poème devient ainsi

le signe de ralliement du temps et de l’espace à la mémoire du

commencement renouvelé. C’est dans cette lumière de l’origine

désormais, qui a la pureté du cristal et de la foudre, que le poème

connaît les déplacements de la vapeur d’eau ou des orages : il sème

la prophétie des matins clairs et habille l’obscurité de fontaines

creusées dans les airs. Que de métaphores s’ouvrent pour transporter

les effusions du chant dans la rotation de la terre et interroger le

mystère de l’esprit et des sentiments, comme autant de méridiens

mûris en l’ultime retour de l’éveil solaire : dans ses mains flambe

l’œil du rêve et la présence au monde de la clarté souveraine."

 

 

Michel Eckhard-Elial

 

et de Ronny Someck :

 

Hermès

Aussitôt après avoir été embauché au service des coursiers de

l’Agence Centrale de la Banque de Prêt et d’Epargne, mes

nouveaux collègues de travail m’ont entouré et m’ont demandé

mon nom. J’étais sûr qu’il n’existait personne au monde qui n’ait lu

la Mythologie, et sans le moindre sourire, j’ai répondu : Hermès, en

ajoutant intérieurement : le Messager des Dieux. Chaque homme,

a écrit la poétesse, possède un nom que Dieu lui a donné et que

lui ont donné les murs de la banque et le calcul des taux d’intérêt.

Mon dieu à moi s’est transformé en sculpture grecque. Quand le

directeur a demandé : Hermès, pourquoi n’es-tu pas arrivé à temps

chez l’avocat ? La lettre était urgente. J’ai failli répondre que je

n’avais pas trouvé dans sa cage d’escalier une place pour le cheval

de la guerre de Troie. La fille du comité d’entreprise, qui distribuait

du vin à chaque fête, je l’ai appelée Mme Dionysos. Comme les

coursiers s’émerveillaient à la vue de mon amie et me demandaient

son nom, j’ai dit, au visage étonné de Dina, Aphrodite. Je savourai

alors, goutte à goutte, le nectar de la vie. A la cime des feux de

circulation de la ville flottaient des couronnes de laurier, des sandales

de cuir étaient cousues aux racines des arbres qui défilaient dans

les avenues, mes poumons respiraient l’air de l’Olympe, gonflant

la roue des vélos de service. Dans les cafés au bord de la mer j’ai

bu de l’ouzo, comme on peut l’imaginer, avec Poséidon. Sur mon

lit j’ai aiguisé les flèches de Cupidon, et j’ai souhaité les diriger

vers le cœur de celle qui a finalement accepté de déboutonner sa

chemise. Puis d’un seul coup, devant les mamelons de la vérité, la

tempête de la mer a cessé. La porte des Amazones a été balayée par

les rochers, et mes doigts ont fait ruisseler les sources intarissables

de l’inimaginable.

 

****

 

  
 

 

 

 

 

 

 

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Michel

Eckhard-Elial

 

Signalement de la parution de :

"Farfulaisons" conjugaisons poétiques et farfelues

de Stéphane Amiot

illustrations de Jordelina Militon

éd. Unicité 92 p, 14 €

Un très beau livre de poèmes pour les petits et les grands

merveilleux cadeau de Noël

***

et de :

"Écrits de l'arbre dans le soleil"

de Jean Lavoué

illustration d'Isabelle Simon

éditions L'enfance des arbres, 134 p, 15 €

Encore un très bel ouvrage d'une facture très soignée de cet éditeur

et des poèmes d'une intériorité percutante toujours 

dans cet humanisme qui caractérise cet auteur.

***

Entretien de Christian Saint-Paul avec

le poète traducteur éditeur

Michel Eckhard-Elial

fondateur de la revue et éditions Levant à Montpellier

qui a pour vocation de jeter des ponts entre les rives

de la Méditerranée et de promouvoir un dialogue

pour la paix.

 

Ce poète qui a enseigné longtemps dans les universités israéliennes

nous communique ce message d'espérance :

"Dans ces jours dramatiques, il est presque incongru

 d'adresser à nos amis la banale question:

comment allez-vous? Nous vivons, éloignés mais proches,

 dans l'écoute et le spectacle d'une épreuve impossible à nommer.

De cette douleur la poésie peut-elle dire quelque chose, et consoler?

Probablement pas, car nous sommes désarmés devant

l'insupportable violence et la barbarie, mais elle doit nous aider

 à résister et retrouver, au-delà de la compassion,

 une unisson d'humanité, et l'esquisse renouvelée d'un rêve de paix.

Sur cette voie étroite,

LEVANT

reste fidèle à sa vocation : aux jours terribles de l'indicible blessure,

 osons saluer le soleil des jours suivants, dont la voix des poètes,

 comme des amandiers en plein hiver, porte les prémices !"

***

Lecture d'extraits d'un livre écrit à quatre mains 

La poésie n'est pas une métaphore

de Ronny Someck et Michel Eckhard-Elial 

 
 
 

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