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14/02/2019

 

 


 



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Monique-Lise

 

 Cohen

 

 

31/01/2019

07/02/2019

 

 


 



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Marc TISON

 

 

 

24/01/2019

 

 

 


 



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BÉATRICE

 

BALTI

 

 

17/01/2019

 

 

 


 



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Daniel COHEN

 

 

10/01/2019

 

 

 


 



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Christian Saint-Paul reçoit l’écrivain éditeur Daniel Cohen, accompagnée de Monique-Lise Cohen, poète, écrivaine, essayiste dont une partie de son oeuvre est publiée à Orizons la maison d’éditions de Daniel Cohen.


 

Daniel Cohen est né en 1950, dans un département de la République française, la Saoura, aux confins de l’Atlas et non loin de la mer de sable mouvante du Grand Erg occidental. Daniel Cohen entame, dès l’enfance, sa passion de la littérature au sens le plus fort du mot. Ses grandes lectures appartiennent à sa jeunesse et à la seconde décennie de son existence. Passant outre les conseils de ses amis, il décide, toute affaire cessante, de laisser tomber ses activités afin de se consacrer exclusivement aux soins de sa mère, alors affectée d’un cancer généralisé. De cette expérience, il tirera un désir encore plus fort d’écrire et c’est fortuitement qu’il ouvre une maison d’édition. Il y publiera bon an mal an des auteurs français et européens avant de devoir abdiquer face aux injonctions des banquiers dans la dernière décennie du XXe siècle. Entre 1991 et 2008, il écrira et récrira son œuvre Eaux dérobées qui, amorcée dès les années 80, sera achevée d’imprimer en 2010. Auteur reconnu puisque ses ouvrages ont suscité livres, études et articles, il demeure largement méconnu du grand public. Revenu à l’édition en 2007, il a fondé le comptoir d’édition Orizons ; le centième titre sera publié au printemps de 2011. En avril 2012 est lancée l’épopée Blanche des Oublies qui a inspiré à Ellis A. Ware des centaines de planches en couleurs. Daniel Cohen a publié une quinzaine d’ouvrages, traduit de l’anglais quelques autres, établi des éditions littéraires, notamment Le Maître des eaux amères de Liliane Atlan.
Il prépare 
Au Pays de Blanche ; il espère compléter la tétralogie D’Humaines conciliations et fixer sur un livre ce qu’il entend par l’écrire et le lire.
Il aimerait, éditeur, faire d’Orizons un lieu de rencontre et d’empathie. Si les temps paraissent difficiles pour le livre de prose notamment, si pas mal de rigidité s’est imposée dans les diverses professions éditoriales, si certaine incertitude plane, face au livre électronique, dont on prévoit l’avènement par pure déduction mécanique plutôt que par prophétie, son quotidien d’éditeur est fait d’excitation, d’épuisement et toujours... d’espérance.

Entretien avec Daniel Cohen, autour de trois ouvrages :

Le Trésor familier des rythmes ;

Le Miroir et ses portes. Proust, Gide, Claudel

et L’Argent, sa corde et l’écrivain (éd. Orizons). Monique Lise Cohen intervient également dans cet entretien.

Le Trésor familier des rythmes témoigne de la pulsation de l’écriture à laquelle un jeune garçon a cédé dans un milieu dépourvu de livres.

Pour titrer ce frémissement, Daniel Cohen se réfère à Mallarmé (Symphonie littéraire). Il dégage d’abord une fresque, pittoresque et altière, de son enfance passée au Sahara, alors sous souveraineté française, dans la bonne ville de Colomb-Béchar (appelée aujourd’hui Béchar, en République algérienne) — telle est la première moitié de l’ouvrage.

Il en prolonge le foyer à l’autre point de l’ellipse : Paris — solitude de l’écrivain face à la maladie, à son destin, aux crises qui les transcendent et les réparent — c’est la seconde moitié de l’ouvrage. D’un bout à l’autre, la littérature et ses figures — au premier rang desquelles Proust, œuf solaire — sont des compagnons de vie, lointains certes mais le plus souvent rédempteurs.

Cette autobiographie est un récit. Si elle est inflexible dans sa recherche d’une vérité fuyante et instable, par essence, elle dit avec tendresse le trésor des êtres aimés. Ce livre clôt un quintette mémoriel ouvert avec Psoas et Où tes traces... (parus), poursuivi avec Aux Allemands et Au Pays de Blanche (à paraître).


 

Le Miroir et ses portes Proust, Gide, Claudel


 

La lecture, pour Daniel Cohen, a été et ascèse et affranchissement. C’est auprès des écrivains qu’il a appris à regarder le monde. Dans leur giron, il s’est efforcé de surmonter épreuves et échecs.

Une crise majeure et violente (en 2013) réifia les livres. Passant du sacré au contingent, ils cessèrent d’être ce qu’ils avaient été : des enjeux de vie. L’auteur eut à réfléchir sur le rôle de la littérature en temps tragique. Son livre Le Trésor régulier des rythmes en a fait un axe dans l’ellipse enfance-maturité.

Ce cheminement a été illustré par des analyses littéraires. D’abord intégrées dans le tableau de son Trésor, D. Cohen a décidé de détacher la question de l’argent (voir L’Argent, sa corde et l’Écrivain) et d’autonomiser une réflexion sur le trio prestigieux Proust, Gide, Claudel ; question et réflexion d’abord conçues comme la réparation morale d’une fracture.

Ce livre est un témoignage passionné : comment des écrivains inscrivent leur matricule insigne sur la peau de leur lecteur.


 

L'argent sa corde et l'écrivain

"L'argent, pour l'auteur de ce livre, a été, presque toujours, une expérience pénible. Plutôt que d'en décrire la lèpre en essayiste ou en romancier, il a composé un texte décalé. Il a choisi l'Écrivain comme personnage de sa discussion. Daniel Cohen rapporte de ses lectures et de sa casquette d'éditeur, un texte personnel, court et incisif, sur ce dieu fascinant et mortifère."

***

Au cours de l’entretien, Daniel Cohen développe les précisions suivantes :

Être éditeur, c’est faire face à des difficultés énormes. Les éditions Orizons sont rue des Ecoles à Paris, près du Collège de France, de La Sorbonne, lieux magnifiques où passent les auteurs.

La suppression du h dans Orizons est le fruit des restrictions de la Propriété Industrielle. Mais ce titre est maintenant copié !

Je publie 2 à 3 ouvrages par mois.

Auparavant j’étais éditeur d’Intertextes. Orizons est né de la souffrance d’avoir accepté de publier trop de livres. C’est à 57 ans, que, dans un bus, j’ai décidé de créer Orizons.

Le Trésor familier des rythmes parle de moi, mais surtout de la littérature.

En 2013, j’ai été frappé d’un cancer avancé. C’est pendant les soins que j’ai senti que je devais parler de mon enfance.

Je suis né en Algérie aux confins du Sahara. C’est là que tout a commencé. Par le Larousse et la Bible en hébreu. De quatre à dix ans, j’ai lu ces deux livres. La matrice de l’écriture est venue de là. Devenir éditeur, les livres étant des objets célestes, c’est être le représentant de quelque chose de sacré. C’est ce que je dis dans ce livre.

On ne guérit pas de son enfance. Moi, je ne l’ai jamais quittée. Apprendre les mots du dictionnaire, leur historique ; l’alphabet hébreu a été constitutif de mon destin d’écrivain et d’éditeur.

Arrivé à Marseille, quand nous avons dû quitter l’Algérie, j’étais chez moi. Je regagnais une patrie que l’on m’avait niée de l’autre rive de la Méditerranée.

A dix ans, j’ai découvert les « Mémoires » du Général de Gaulle. C’est un très grand écrivain mais aussi un grand cynique. Comme Jules César et beaucoup d’autres.

De 14 ans à 20 ans, je ne cessais de lire. Je fus marqué par « Isabelle » de Gide dévoré avec l’aide du Larousse. Plus tard avec sa fille Catherine et son mari, nous avons fait de belles choses.

Cette autobiographie est une réflexion sur la littérature. J’ai connu une crise d’identité suraiguë. Des livres comme « La recherche du temps perdu » de Proust ont été une véritable canne, une bougie, un livre qui m’a fait. Puis ce livre m’est devenu insupportable. Et un matin où j’allais mieux, où le ciel était d’une autre couleur, j’ai rouvert « La recherche » et le miracle a été de retrouver le livre tel que je l’avais aimé pendant une cinquantaine d’années.

La subjectivité de la lecture est un fait évident. La littérature c’est la matière du vivant. Il n’ya rien d’autre qui survive aux hommes comme le livre ; même pas les peintures.

La littérature est à la fois témoignage et subversion, contre l’homme lui-même, contre ses idoles, et parfois un retour à ses idoles.

Je ne supportais pas Mallarmé dans mon adolescence mais je l’ai retrouvé à la trentaine et il m’est apparu comme gigantesque !

Villiers de l’Isle Adam, je l’ai découvert quand je fus éditeur. De même Emily Dickinson, quand j’ai publié sa correspondance.

Je vais bientôt publier une anthologie de la poésie Yddish dans une traduction du regretté Charles Dobzinscky. Il fut comme un grand frère pour moi.

Gide a un antisémitisme virulent et sot, même s’il avait des amis juifs. Mais il fut une des étoiles de la littérature française.

Claudel, d’emblée, je l’ai aimé. Il écrit comme un prophète hébraïque, dans une langue impétueuse, océanesque. Il avait publié, à la fin de la guerre, « Sur les juifs » chez Gallimard, et ce livre tombé dans l’oubli pose tout de même un souci. Il aurait aimé que les Israélites, comme il disait, devinssent chrétiens. Pour lui, c’était une logique normale. C’est néanmoins un immense auteur qui me faisait trembler, adolescent. Il a été très connu et mal aimé. Ses commentaires sur la Bible ont fait l’objet d’un colloque publié dans plusieurs milliers de pages.

J’ai écrit « Psaumes » pour ma mère. Je l’ai accompagnée dans sa maladie et j’en parle dans sa plénitude, sans fard.


 

Le petit livre L'argent sa corde et l'écrivain, j’ai eu du plaisir à l’écrire.

L’argent a toujours été une douleur pour moi. Il m’a torturé. Je ne l’aime pas, mais il en faut pour vivre et publier des livres. L’argent, c’est la corde au cou qui nous rattache au puits. Et je regarde le puits comme un miroir. L’argent ne fait entrevoir aucune liberté.

Je décris comment les écrivains se sont perdus dans ce « bâtard ».

Celui qui écrit ouvre toujours une fenêtre d’espoir.

L’écriture, c’est fonder le monde. C’est l’intermédiaire et la pelote qui tient le monde.

Dans les camps, on se souvenait de passages de Proust.


 

Les livres ont passé toutes les frontières, rappelle Monique-Lise Cohen, ancienne bibliothécaire. Parfois, la nuit, dans ma bibliothèque, j’entendais les livres parler entre eux.

Le livre finit par traverser la loi du marché, il triomphe toujours.

Mais aujourd’hui les livres peuvent finir dans les bennes à ordures.

L’écriture est la vie. Elle la fonde et la tient.


 

Je me heurte toujours au mur de l’argent, conclut Daniel Cohen, mais le livre est plus fort que l’idole.


 

 
 

 

 

 

 

Jean-Michel 
 
 
TARTAYRE

 

 

03/01/2019

 

27/12/2018

 

 


 



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