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27/12/12

Victor SERGE

 

 

L’émission est entièrement consacrée à Viktor Lvovitch Kibaltchich qui a pris le nom de Victor SERGE (1890  1947).

Christian Saint-Paul explique ce choix de rendre hommage à un poète disparu dans la première moitié du XXème siècle et qui est aujourd’hui très peu lu. D’abord parce que c’est la vocation de cette émission de contribuer à la sauvegarde de notre mémoire collective des grandes voix que l’on entend plus, tant elles sont couvertes par le fracas de l’évènementiel. Ensuite parce que la poésie qui sait décrypter son histoire, se moque éperdument des modes et que dans cette émission le passé et le présent ont toujours convergé vers un avenir culturel à créer. Enfin parce que Victor SERGE fait partie de ces figures mythiques qui ont influencé l’éthique d’une génération, celle justement qui nait ou s’éveille, alors que ce poète meurt. L’estime que lui porta Albert CAMUS ne peut qu’inciter à lire l’œuvre d’un homme qui eut un destin exceptionnel et qui compte parmi les très rares poètes qui ont su mettre leur vie au niveau de leur conviction politique. CAMUS était proche des milieux libertaires. C’est Rirette Maîtrejean qui était correctrice à Paris Soir où Camus était journaliste, qui initie ce dernier au monde libertaire. CAMUS y nouera de solides amitiés et sera aux côtés des anarcho-syndicalistes espagnols. Une grande figure éthique qui fût proche de ce mouvement est la philosophe Simone WEIL. Son engagement alla jusqu’à combattre au sein des redoutables hommes de la Colonne DURRUTI durant la guerre d’Espagne. Les survivants après leur déroute furent internés prés de Toulouse au camp du Vernet. Saint-Paul fait entendre « Post Scriptum » texte sur l’héritage du combat de DURRUTI. Et puis, car l’idéologie ne saurait être un aveuglement, Saint-Paul donne lecture d’un passage de la lettre de Simone WEIL à Georges BERNANOS où elle s’effare de la cruauté de ses compagnons d’armes. Elle quittera très vite le front et renoncera finalement à une action politique au profit d’une œuvre marquée par une spiritualité digne des plus grands mystiques.

Victor SERGE lui, ne renonça jamais à son action politique même dans la persécution. Saint-Paul brosse alors une biographie de Victor SERGE. En résumé voici ce qu’indique une archive Victor Serge :

Ecrivain, né en Belgique de parents russes réfugiés. En 1910, il s'est installé à Paris et milite dans les rangs anarchistes. A ce titre, il côtoiera le groupe autour de Jules Bonnot et sera condamné à 5 ans de prison. A sa libération, il s'installe en Espagne. En 1917, il tente de rejoindre la Russie via la France mais est arrêté. Il n'arrivera à Moscou qu'en 1919 et rejoint immédiatement le Parti Communiste. Il est alors un proche collaborateur de Zinoviev à l'I.C. Lors du soulèvement de Cronstadt, Serge se prononce contre les excès de la Tcheka et en 1923, il est des fondateurs de la première opposition dirigée par Trotsky. C'est en 1928 qu'il est exclu du P.C. et il est incarcéré en 1933. Une campagne internationale initiée par Trotsky et l'Opposition de Gauche arrache sa libération en 1936. Mais il rompt rapidement avec Trotsky, en désaccord sur nombre de question - notamment son "sectarisme" vis-à-vis du P.O.U.M. espagnol. En 1940, il quitte l'Europe pour Mexico où il meurt dans la pauvreté.

Ce fût un écrivain engagé et responsable mais qui ne prit jamais fait et cause pour un dogmatisme fabriqué par des dirigeants politiques et ne se départit jamais de sa conscience, ce qui lui valut l’inimitié agissante d’Aragon.

Lecture d’extraits de « Résistance » (1938), « Messages » (1945-1946), « Mains » (1947), « Destins » 1912-1947).

Victor SERGE est de ceux qui furent toujours du côté des plus faibles et qui parla pour ceux qui ne pouvaient le faire.

 

Ouvrages indiqués par Wikipedia :

Romans, nouvelles et poésie

  • Les Hommes dans la prison, Rieder, 1930 rééd. Climats, 2004
  • Naissance de notre force, Rieder, 1931 rééd. Climats, 2004
  • Ville conquise, Rieder, 1932 rééd. Climats, 2004
  • Mer Blanche, dans Les Feuillets bleus no 295, mai 1935 rééd. François Maspero, 1972
  • L’Impasse Saint-Barnabé, dans Esprit no 43-44, avril-mai 1936
  • Résistance, Cahiers Les Humbles, 1938 rééd. sous le titre Pour un brasier dans un désert, François Maspero, 1972
  • S’il est minuit dans le siècle, Grasset, 1939 rééd. Le Livre de Poche, 1976 et dans Les Révolutionnaires, Le Seuil, 1980
  • Les Derniers Temps, L'Arbre, 1946 et Grasset, 1951
  • L’Affaire Toulaev, Le Seuil, 1948, rééd. Zones/La Découverte et Lux, 2010
  • Les Années sans pardon, François Maspero, 1971 rééd. La Découverte, 2003, Agone, septembre 211
  • Le Tropique et le Nord, François Maspero, 1972 rééd. La Découverte, 2003
  • Les Révolutionnaires, Le Seuil, 1980
  • Mémoires d'un révolutionnaire (1901-1941), Le Seuil, 1951

Essais et études historiques

  • Pendant la guerre civile : Pétrograd mai-juin 1919, Bibliothèque du Travail, 1921 - Publié dans Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques (1908-1947), Paris Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001
  • Les Anarchistes et l’expérience de la révolution russe, Cahiers du Travail, 1921 - Publié dans Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques (1908-1947), Paris Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001
  • La Ville en danger : l’an II de la Révolution, Librairie du Travail, 1924 - Publié dans Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques (1908-1947), Paris Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001
  • Lénine 1917, Librairie du Travail, 1925 - Publié dans Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques (1908-1947), Paris Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001
  • Les Coulisses d’une sûreté générale : l’Okhrana, Librairie du Travail, 1925 rééd. sous le titre Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression, François Maspero, 1970 - Publié dans Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques (1908-1947), Paris Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001 - Rééd. Zone/La Découverte et Lux, 2010
  • La Lutte des classes dans la révolution chinoise, dans Clarté, 1927 rééd. sous le titre La Révolution chinoise, Savelli, 1977
  • Soviet 1929, Rieder, 1929 (publié sous le nom de Panaït Istrati comme le troisième volume de sa trilogie Vers l'autre flamme)
  • L’An I de la Révolution russe, Librairie du Travail, 1930 rééd. Delphes, 1965 et François Maspero, 1971 (en 3 volumes) ; réédition La Découvert (1 volume), Paris, 1997
  • Littérature et révolution, Libraire Valois, 1932 rééd. François Maspero, 1976 et 1978
  • Seize fusillés : où va la révolution, Cahiers Spartacus, 1936 et 1972
  • Destin d’une révolution : URSS 1917-1937, Grasset, 1937 - Publié dans Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques (1908-1947), Paris Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001
  • Portrait de Staline, Grasset, 1940
  • Le Nouvel Impérialisme russe, Cahiers Spartacus, 1947 et 1972
  • Vie et mort de Léon Trotsky (avec Natalia Sedova), Amiot-Dumont 1951 rééd. La Découverte 2003
  • Le Tournant obscur (extraits des Mémoires), Les Îles d'or, 1951
  • Carnets, Julliard, 1952 rééd. Arles, Actes Sud, 1985
  • Victor Serge et Léon Trotsky : La lutte contre le stalinisme (textes de 1936-1939), François Maspero, 1977
  • Note d'Allemagne (1923), Montreuil, La Brèche, 1990
  • Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques (1908-1947), Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001
  • Retour à l’Ouest - Chroniques (juin 1936 - mai 1940), Agone, 2010
  • Mémoires d'un révolutionnaire 1905-1945, Lux, 2010
  • L'extermination des Juifs de Varsovie et autres textes sur l'antisémitisme (édition préfacée et annotée par Jean Rière), Nantes, Joseph K., Collection « métamorphoses » no 3, 2011
  • Carnets (1936-1947), Agone, coll. « mémoires sociales », 2012
 

20/12/12

Claude BARRERE

 

 

 

   

Christian Saint-Paul annonce la parution du n° 28 de la revue bimestrielle perméable aux idées Pages Insulaires ; l’éditorial de Jean-Michel BONGIRAUD conclut « qu’aucune vérité n’est donnée, il importe de savoir que le chemin suivi n’est pas celui de l’injustice ni de l’oppression ». Des poèmes, des notes de lecture, des articles de fond font de cette revue un outil privilégié de connaissance de la poésie et de la littérature d’aujourd’hui. S’abonner pour 20 € / an : 3, Impasse du Poirier  39700  Rochefort-sur-Nenon.

Saint-Paul informe les auditeurs de la parution du dernier livre de Marcel MIGOZZI « Derniers Témoins » Tarabuste éditeur, 81 pages, 11 €. Ce poète chevronné, à l’art maîtrisé, excelle dans ce recueil dans la dérision de soi, l’économie des mots et l’éloquence du silence qui les isole. Une beauté sombre à l’apogée de la perfection du verbe migozzien.

pas d’histoires

avec nos traces

de poussière  sur la page

 

celles que posent les oiseaux

sur nos fenêtres  ou nos paupières

s’effaceront elles aussi

 

ne te crois pas en écrivant  sauvé

 

 

et toi   ombre verbale

 

essaie de te faire aimer 

 

L’émission « les poètes » reviendra sur ce livre d’un auteur qui marque l’histoire de la poésie d’aujourd’hui.

 

Saint-Paul invite les auditeurs à se rendre à Carcassonne admirer l’exposition de Fred DEUX « Le dessin et le livre » au Centre Joë Bousquet et son Temps  53, rue de Verdun, jusqu’au 16 février 2013.

 

L’invité de la semaine, le poète et plasticien Claude BARRERE est précisément un connaisseur de l’œuvre de cet artiste qui a réalisé des milliers de dessins au cours d’une vie intense de création.

BARRERE qui dessine et grave avec la même volonté qu’il écrit, est conscient de ce qu’il doit à Fred DEUX. Il s’en explique dans un long article rédigé pour la revue Filigranes Revue d’écritures n° 82 ayant pour titre « Où va la poésie ? ».

 Il est né en 1946, dans le Gers. Enseignant retraité, Formateur en IUFM pour la Littérature-Jeunesse. Il fût animateur pendant 15 ans à l’Atelier K « Pour l’écriture ».

Parallèlement à l’écriture poétique, il pratique le dessin et la gravure et participe à des Salons régionaux (St Orens, Launaguet, Fronton… Toulouse pour Les 111 des Arts)) et expositions en Galerie (Roger Betti à Toulouse ; D’Argiles à St Bertrand de Comminges ; Estivales Lagorre à Seix en Ariège).

Cet artiste aime faire dialoguer poésie et peinture (et d’autres formes d’expression aussi) en des écrits variés relevant parfois de la critique.

 

ŒUVRES LITTERAIRES, POETIQUES ET CRITIQUES :

= Vue probable (avec dessins de l’auteur) - Ed. Subervie, 1981 (épuisé)

PRIX VORONCA 1980 - Journées de Poésie de Rodez.

= Du graphe à l’expression graphique (en coll. avec Jacques Placès, graveur)

Milan, 1983.

= Le Fils (autour des stations du Chemin de Croix, 8 poèmes ornés de 16 eaux-fortes de Jacques Placès, typo à la main de François Da Ros).

Livre de Grande Bibliophilie à tirage limité, 1990 (chez les auteurs).

Ex. de tête consultable Bibliothèque de Toulouse, Département des livres d’artiste.

= Pour saluer le Dessin. Préface-poème pour Catalogue d’exposition.

Musée Ingres (Montauban), 1991.

= Florilège 96 : Anthologie des poètes contemporains de Midi-Pyrénées - ADEF, 1996.

= Paroles des poètes d’aujourd’hui (en coll. avec Michel Piquemal)

Choix de poèmes pour les Jeunes - Albin-Michel (Coll. « Paroles »), 1999.

= Lumière d’Outre Lumière (inspiré par les vitraux de Pierre Soulages à Conques)

Ed. Trames, 2000 (avec gravure originale de Gérard Truilhé)

= « Matière à regard » in Panorama 2001 : 27 Poètes du Midi toulousain, n°18.

(réunis par Jean-Pierre Metge)

= Paroles d’entre-vue - Multiples n°62, 2003.

= Esprit de sel - Ed. Cadratins Coll.XIII, 2003 (épuisé)

= Sait-on le blanc Sait-on le noir. Hommage à l’œuvre du peintre Marfaing.

Mis en musique et interprété par le chanteur-poète Philippe Berthaut.

In « Poèmes pris au chant » CD - Toulouse Action Chanson, 2004.

= Traits Attraits - Poèmes de Marie Bauthias sur six dessins à l’encre.

Ed. Trident Neuf, 2005 (épuisé)

= Landes’Art Rivaginaires n°31, 2007.

= « A la lumière d’un feu de sarments » in Spécial Jean-Louis Clarac.

Encres vives n°354, 2008

… et de nombreuses parutions en Revues (souvent accompagnées d’illustrations) :

Les Cahiers de la Rue Ventura, Cahiers Froissart, Encres vives, Haut Pays, Filigranes, Friches, Multiples, Tribu

 

PARUTIONS 2011 / 2012 :

= Dossier Henri Heurtebise : « Parce que l’Un est Multiple(s) » Poème et Dessin.

Les Cahiers de la Rue Ventura n°12, juin 2011.

= Une poétique de l’espace - Catalogue autour de l’œuvre peint d’Alain Besse. 2011

= « Une géo-poétique pensive » à propos de l’oeuvre peint de Martine Trouïs

in Catalogue L’Art dans le ruisseau, juin 2011.

= Anne Vautour. Peintures. Catalogue d’expos. Galerie Tiny Factory Toulouse, 2011.

= Feuillets d’Amour offerts à la Cave-Poésie René Gouzenne de Toulouse - déc. 2011.

= « Où va la poésie ? » in Filigranes « Si rien de radical n’advient » n°82, avril 2012.

= « 13 haïkus de saison » in Filigranes « Nouvelles bouteilles à la mer » n°83, juill. 2012.

= Vers les confins poèmes de Jean-Louis Clarac, ornés de 5 dessins à l’encre.

Ed. Encre et Lumière (J-Cl Bernard), 4ème trim. 2012.

= Déterrement de la Lumière poème en regard d’une acrylique originale d’Anne Vautour.  Les Cahiers du Museur (Alain Freixe), Coll. A côté, 2012 (limité à 21 ex.)

L’entretien avec Saint-Paul porte sur l’articulation du texte et du travail plastique.

Il veut être un véritable « laveur de mots », il se sent proche du poète André Du Bouchet qui favorise dans ses poèmes les silences, les blancs, l’effacement.

Il faut apprendre « poésophiquement » de l’écriture de certains philosophes et écrivains ; il cite en particulier Gaston Bachelard.

La poésie c’est tenir parole avec les autres.

Il évoque les Journées de poésie de Rodez, la figure bienveillante de Jean DIGOT, les conseils de Marie-Claire BANCQUART et de Gaston PUEL.

Le prix Voronca en 1980 pour « Vue probable » a été un départ significatif pour une forme d’écriture proche de l’aphorisme à la manière de René CHAR.

Mais aujourd’hui le dépouillement se veut plus raisonné, plus modéré. Il faut que la chair du poème remplisse l’espace sans retenue excessive. Mais sans s’éloigner de la pensée de Lao ZI : « Le peu obtient, le nombre égare ».

Claude BARRERE évoque aussi René NELLI qui disait que le poème était par nature transitif. Il rappelle l’expérience d’ESCALASUD qui rassembla un temps les forces poétiques de ce Sud mythique. Il révèle combien il adhère à l’essai de Lorand GASPAR « Approche de la Parole ».

Le Je et le Moi en poésie doivent tendre vers le Nous. Le poème doit être le « poème-émotion » préconisé par CHAR.

Enfin, il évoque le travail d’Henri MESCHONNIC qu’il considère comme un des grands poètes du XXème siècle.

En conclusion, il reprend à son compte, le vœu de Paul CELAN : se retrouver dans la langue.

L’entretien alterne avec la lecture de poèmes par Claude BARRERE. 

revue FILIGRANES, 1, allée de la Sainte-Baume 13470 Carnoux-en-Provence

le n° 10 €, abonnement 4 n° : 30 €

 

 

13/12/12

Mélanie COURTEILLE

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo DDM Joël Boyé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En ces temps où l’attention des poètes est attirée par les difficultés accrues du financement public des publications ou actions poétiques, Saint-Paul se souvient de ses aînés qui lui ont toujours montré le chemin de l’indépendance. Il lit un poème de Pierre BOUJUT qui fit partie des premiers sommaires de la revue Poésie Toute dans les années soixante dix et répondit toujours présent à toutes les sollicitations de l’amitié :

CONSEILS AUX POETES

Refuse tout rapport avec le monde officiel

avec ceux qui représentent

d’une façon même infime

le pouvoir sur la terre

le droit de crime sur autrui

la haine et ses charniers.

 

Tout officiel traîne avec lui

l’odeur des casernes

la couleur des prisons

les récompenses d’après-mort

 

Toi qui vivras plus longtemps qu’eux

Poète

Toi dont le nom rebondira sans honte

dans l’écho des siècles

donne enfin le signal

de la séparation.

Retire-toi de l’immonde.

 

Mais ne va pas croire que je t’enseigne

une nouvelle impassibilité.

Je ne puis rester froid

le cœur hautain et l’œil lointain

au dernier étage d’une tour d’ivoire

pendant qu’on tue dans l’escalier.

 

Si je refuse de saluer l’histoire et ses partisans

le drapeau et ses courtisans

je ne manque pas une occasion de les insulter

de les maudire, de les brûler.

 

C’est pourquoi je t’enseigne

le feu

au centre d’une tour invisible

qui répand dans la nuit

les mots purifiés.

 

(poème paru dans La Tour de Feu n° 69)

 

Un autre poète de la pureté et du feu est sans aucun doute Nicolas DIETERLE dont il faut lire d’urgence « L’Aile pourpre » aux éditions Arfuyen (95 pages, 13 €) les inédits déjà parus dans le n° 57 de la revue Diérèse et commander le prochain numéro de cette revue qui sera consacrée à ce poète qui éclaire la nuit de son feu de joie intérieur. (DIERESE   Daniel MARINEZ, 8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière  le n° 15 € abonnement 40 €)

Saint-Paul présente le recueil de Christophe LEVIS « ONIROMANCE » paru dans la collection Encres Blanches d’ENCRES  VIVES 16 pages A4  6,10 € (2 allée des Allobroges   31770 Colomiers) ; ce texte est l’exorcisme d’un moment donné, conte philosophique où comme Igitur on descend on glisse le long d’une paroi rugueuse avertit P. Lévis. Lecture d’un extrait.

Enfin Saint-Paul invite les auditeurs à lire le livre de Monique SAINT-JULIA « On n’invente pas la neige » Prix Troubadours 2012,  13 € à commander à Cahiers de Poésie Verte  Le Gravier de Glandon  87500  Saint-Yrieix-la-Perche. Saint-Paul qui voit souvent l’auteure réalisera une émission prochainement avec elle.

 

L’émission est ensuite consacrée à un témoignage courageux et bienfaisant avec Mélanie COURTEILLE invitée de l’émission qui vient de Bagnères-de-Bigorre (65) rendre compte de son livre « Journal d’une faim de vivre » (éditions Beaurepaire  122 pages, 17 €) et de son combat gagné contre un mal répandu dans notre société de l’abondance, l’anorexie.

 (Voir couvertures du livre . Voir article Dépêche Tarbes . Voir article Dépêche Bagnères de Bigorre .) Le livre est référencé dans le réseau dilicom et à la FNAC, Amazone, Chapitre.

« Anorexique. Ça commence comme anorak, mais ça finit en hic. Dix pour cent en meurent à ce qu’il paraît. Par inadvertance peut-être. Sans s’en rendre compte. De solitude, sûrement. », avertit Delphine de Vigan qui triompha, elle aussi de ce mal pernicieux qu’elle raconte dans « Jours sans faim » (J’ai lu éditeur).

L’amour peut tout à la fois détruire et sauver chacun d’entre nous ; c’est là tout son paradoxe constate Mélanie COURTEILLE qui volontairement, pour obéir et rassurer ses parents, est hospitalisée et aussitôt mise en isolement, n’ayant durant ce séjour d’autres distractions, à l’exception des quatre repas, que la lecture d’ouvrages sélectionnés par le médecin et l’écriture puisqu’on lui avait fourni un cahier et un stylo.

C’est donc ce journal que l’auteure exhume quinze ans après sa rédaction, car il témoigne au jour le jour d’un combat pour la vie ; cette lutte aujourd’hui disséquée et comprise par celle qui a triomphé de ses propres ténèbres, est dite pour être lue par d’autres malades comme une garantie d’espoir.

En exergue une citation de Khalil GIBRAN : « Nous sommes comme les noix, nous devons être brisés pour être découverts ».

Mélanie COURTEILLE s’étonne tout d’abord d’être affectée par ce mal douloureux alors qu’elle a objectivement tout pour être heureuse. Matériellement, oui incontestablement, mais affectivement, elle est choyée par ses parents et grands parents, mais effectue des va et vient du père à la mère qui se sont séparés alors qu’elle avait trois ans.

Au cours de l’entretien avec Saint-Paul, la jeune auteure explique le malaise profond qui la submergeait, la honte de soi, l’impression de gêner l’ordre établi. Peu à peu, au cours en particulier des lectures dont son thérapeute la nourrit aussi, elle va deviner les leviers de son inadaptation à la réalité sociale. Sa génération regarde à la télévision les feuilletons « Hélène et les garçons » ou « Premiers baisers » qui dépeignent une vie lénifiante sans aucun rapport avec la dure réalité d’un quotidien têtu comme les faits. De la même manière, les magazines féminins renvoient une image irréelle de la femme, d’une beauté glacée parfaite et inaccessible.

La musique et la pratique de la clarinette ont été des facteurs d’apaisement et en définitive d’épanouissement. En direct dans le studio Mélanie COURTEILLE qui joue dans un orchestre à Bagnères de Bigorre, interprète un morceau de Schumann.

Elle lit un extrait de son livre faisant référence à « Moira » de Julien GREEN qu’elle découvre par la volonté de son thérapeute. Elle y voit l’enfance, sa difficulté de la quitter, le mépris du corps, la religion comme un refuge. Elle perçoit le mal être de Joseph Day, et en le comprenant, s’identifie au même mal. « Le grand Meaulnes » d’Alain FOURNIER est également un des livres qu’on lui remet. Elle y retrouve les délices de l’enfance, mais elle avait déjà lu ce livre.

Il faut finir par admettre combien l’affection est importante dans ce monde de cruauté, tellement instable.

Elle obéit à toutes les instructions du thérapeute en jeune fille sage, qui ne veut pas déranger, et cette attitude qui lui a coûté, car se forcer à manger n’est pas simple lorsque l’inconscient rejette la volonté de la raison, va produire ses fruits bénéfiques. Elle prend du poids, dépasse le quota du contrat passé avec le médecin. Mais au fond d’elle-même, elle sait qu’elle n’est pas guérie, elle ne se sent pas mieux ; c’est même pire. Le combat va devoir continuer.

Antigone, personnage extravagant de la pièce d’Anouilh est un autre modèle psychologique qu’elle étudie, repérant d’emblée le parallèle avec Joseph du roman de Green. Elle voit dans le suicide d’Antigone, un aveu de lâcheté. On ne peut désirer vivre en rejetant toutes les contraintes, dans un soi disant  liberté qui n’est éclairée que par l’aveuglement des pulsions.

A l’inverse, le livre « Mon vagabond de la lune » du père Mansour LAKABY lui ouvre les voies splendides de l’altruisme et de la spiritualité. Communier avec l’autre plutôt que s’isoler faisant fi de son orgueil mortifère.

Lecture d’extraits du « Journal d’une faim de vivre ».

« …j’ai envie de comparer la femme à une rose. Au départ, c’est encore un bouton, elle n’est pas encore ouverte à la vie extérieure, puis lentement, pétale après pétale, la rose va s’ouvrir au monde extérieur jusqu’à l’apogée de son éclat, de sa jeunesse. Enfin, elle va flétrir peu à peu, jaunir et se faner jusqu’à l’atteinte de sa véritable mort. Pour la femme, c’est presque la même chose, en simplifié. Au début, c’est une petite fille qui a tout à apprendre de la vie. En grandissant, elle va s’ouvrir au monde extérieur et découvrir ce qui l’entoure. En d’autres termes, elle va s’épanouir jusqu’au sommet de sa jeunesse. Et les premiers signes de la vieillesse font leur apparition, le déclin va commencer jusqu’à l’achèvement de la vie. »

Lecture d’un poème de sainte Thérèse de Lisieux.

Enfin l’évocation d’Adrienne Mesurat de Julien Green va parfaire l’intuition de Mélanie COURTEILLE qui distingue dans ce dernier personnage balloté par les évènements de la vie, un narcissisme qui finit par l’anéantir. Sortir de soi-même, de l’obsession de soi, sans se renier, voilà le but. Les dangers mortels de l’isolement apparaissent sans fard. Il est temps de s’ouvrir à l’autre, d’accepter aussi la trivialité de la vie que l’intelligence ne peut mépriser sans risque.

Et c’est précisément l’intelligence et la raison qui triomphent de la maladie avec l’aide inestimable de la littérature, ce qui est particulièrement réjouissant.

L’émission s’achève sur la lecture des toutes dernières pages du livre, écrites quinze ans après le Journal. Pages denses de vie, d’espoir. Le style se fait plus mûr.

Un deuxième livre est en route.

 

06/12/12

Colette ELISSALDE

 

 

Christian Saint-Paul reçoit Colette ELISSALDE ; elle écrit de la poésie assez tardivement dans sa vie. Elle a attendu d’être libre de toute activité professionnelle et la mort de son père fût pour elle un élément déclencheur décisif. Elle vit à Albi et se trouve proche des milieux poétiques en particulier de Toulouse. Elle a publié deux recueils aux Dossiers d'Aquitaine-" Bouquet d'écume" et "Sable et silence"- et deux autres à la Librairie Galerie Racine à Paris-"Une heure une île" et "Assez de bleu dans l'ombre-"

 

Poésie intimiste, proche de la nature, de ses saisons, des âges de la vie. C'est souvent une contemplation, une méditation. Il y a plus d’automnes et d’hivers dénudés que de printemps et d’étés dans l'abondance. Le verbe est léger, rythme et musicalité. Rimes et ponctuation ont disparu.

Sa poésie contemplative se nourrit de moments de silence, de calme, mais ce n’est pas une poésie éthérée loin du réel, au contraire, le quotidien y est toujours présent. 

Ses différents recueils offrent aux lecteurs une vision heureuse de la vie ; cependant et surtout pour le dernier « Assez de bleu dans l’ombre », se dessine en filigrane une certaine nostalgie.

La vision de la mer la comble de joie. Elle a vécu dans ces décors marins immenses d’intenses moments de bonheur. Une petite île au large de Cannes lui revient en mémoire et le simple fait de dire les choses en les écrivant apaise le cœur. Elle aussi, comme le poète Lorand GASPARD qu’elle admire, a été marquée par le thème de l’insularité.

Elle acquiesce à la phrase de Hölderlin « L’homme habite poétiquement le monde » et s’efforce de correspondre à cette belle définition.

Sa poésie comme celle de beaucoup de nos poètes contemporains, est aussi une poésie du lieu. « Si l’on prend le temps d’admirer un lieu, le paysage, on l’intériorise » dit-elle.

Répondant à une réflexion de Lorand GASPAR selon qui la beauté n’existe que du fait de notre regard et de notre volonté de la définir comme telle, Colette ELISSALDE  est convaincue qu’il existe malgré tout et malgré nous, une beauté objective, universelle.

L’entretien avec Saint-Paul alterne avec de longues lectures d’extraits de recueils ci-dessus indiqués.

Après une pause musicale où Colette ELISSALDE a tenu à exprimer sa passion de la musique et de l’opéra en particulier, elle lit un poème « Anniversaire » dédié à sa mère aujourd’hui centenaire.

Une voix sereine qu’avait découverte et aimée Henri HEURTEBISE qui l’a publiée dans « Multiples ». A connaître et à suivre.

 

 

 

 

 

29/11/12

Etty HILLESUM.

 

Monique-Lise COHEN poète, écrivain, essayiste, docteur en littérature qui devait rejoindre les studios de Radio Occitania pour l’émission de ce jeudi, n’a pu quitter son domicile en raison de son état de santé. Elle est jointe cependant par téléphone par Christian Saint-Paul.

Elle rend compte de la journée de conférences et de débats du jeudi 22 novembre qui a eu lieu à Toulouse sur Etty HILLESUM.

L’éditeur Arfuyen relate brièvement la vie de cette intellectuelle juive qui laisse sans l’avoir prévue une œuvre bouleversante :

     Esther Hillesum (dite Etty) (1914 - 1943) est née le 15 janvier 1914 à Middelburg (Pays-Bas) dans une famille juive non pratiquante. Son père, Louis Hillesum, est professeur de langues anciennes, sa mère Rébecca est née en Russie.
     En 1932, Etty commence des études de droit à Amsterdam et étudie le russe. Elle s’installe en 1937 dans la maison d’un comptable, Han Wegerif, veuf, dont elle devient la maîtresse. Le 10 mai 1940, les Pays-Bas sont envahis. Le père d’Etty est démis de ses fonctions. Sur 140 000 juifs néerlandais, 104 000 seront assassinés. Le 3 février 1941 Etty consulte pour la première fois Julius Spier. Elle commence peu après à tenir son journal.
     En juillet 1942, Etty présente sa candidature comme membre du Conseil juif, puis part travailler au service des personnes placées en transit au camp de Westerbork. Elle y effectue quatre séjours, entre lesquels elle vient reprendre des forces à Amsterdam.
     Le 5 juin 1943, elle confie ses cahiers à l’une de ses amies. Assignée à résidence au camp, elle est embarquée avec les siens sur un train le 7 septembre. Elle meurt à Auschwitz le 30 novembre 1943. 

Monique-Lise COHEN insiste sur le fait que cette œuvre, contrairement à ce qu’écrit son traducteur en français Philippe NOBLE, n’est pas la relation d’une foi très personnelle, teintée de mysticisme, en marge de toute religion établie, mais s’inscrit au contraire dans une parfaite et étonnante continuité de la tradition juive.

Son amour pour Julius SPIER, son mentor, doit être vu comme un amour sublime authentique après les atermoiements qu’Etty HILLESUM a décrits au fil de si nombreuses pages.

C’est donc cet éclairage précis sur le sens de la démarche de cette jeune femme qui écrivait à 27 ans, qui est donné, un peu à contre-courant d’une lecture œcuménique qui semble prévaloir, par Monique-Lise COHEN qui a lu l’intégralité des écrits laissés et maintenant traduits en français.

Cette conviction est partagée par Claude VIGEE  qui a bien analysé la vie, la pensée et l'action de cette femme, qui a fini par apprendre à prier adoptant le précepte d'Hillel l'Ancien des Principes des Pères mis en exergue : « Là où il n'y a pas d'êtres humains, toi, efforce-toi d'être un homme ».

Saint-Paul poursuit ensuite l’émission par la lecture d’extraits du Journal d’Etty HILLESUM.

Le grand crâne de l’humanité. Le puissant cerveau et le grand cœur de l’humanité. Toutes les pensées, si contradictoires soient-elles, proviennent de ce grand cerveau unique, le cerveau de l’humanité, de toute l’humanité. Je pressens son existence comme celle d’un grand tout, et c’est peut-être la source de mon sentiment d’harmonie et de paix, en dépit de toutes mes contradictions. Il faut connaître toutes les pensées, s’être senti traversé de toutes les émotions, pour savoir tout ce qui est sorti de cet immense cerveau, tout ce qui est passé par ce grand cœur.

Ainsi la vie est-elle un trajet d’un moment de délivrance à l’autre. Et je devrai peut-être souvent chercher ma délivrance dans un méchant morceau de prose, de même qu’un homme parvenu au fond de la détresse peut rechercher la sienne auprès de celles qu’on nomme si vigoureusement des putes, parce qu’il est des moments où l’on soupire après une délivrance, n’importe laquelle.

Une lecture d’une œuvre dont on ne sort pas indemne, mais fortifié.  

 

22/11/12

Nicolas

 Dieterlé

  autoportrait

 

 

 

Christian Saint-Paul attendait son invitée Monique-Lise COHEN qui devait venir parler du colloque qui s’est tenu à Toulouse le même jour sur Etty HILLESUM ; or, l’invitée n’a pu se libérer à la suite du colloque. Elle viendra dans les studios le jeudi suivant. Les auditeurs sont invités pour mieux profiter de l’émission de la semaine prochaine, à lire « Une vie bouleversée  suivi de Lettres de Westerbork » (éd. POINTS 400 pages, 7,70 €) de cette intellectuelle juive née en Zélande en 1914 qui vivait au Pays Bas et qui à 27 ans écrivit un journal d’une qualité littéraire époustouflante révélant une foi indéfectible en l’homme dans les circonstances historiques pendant lesquelles il accomplissait ses crimes les plus abominables. Elle écrit de 1941 à 1943 ce journal et des lettres magnifiques à ses amis, du camp de Westerbork où les juifs attendaient leur départ pour les camps. Elle en partira, elle, le 7 septembre 1943 pour Auschwitz où elle mourra le 30 novembre de cette même année. 

Saint-Paul nous invite aussi à découvrir le poète Nicolas DIETERLE.

« La Poésie a cet étrange pouvoir d’appréhender l’indicible en l’effleurant de son aile pourpre et doucement insistante »

 

 « Légèreté et transparence, voilà ce qui me caractérise, moi, le poète

Rien ne m’arrête, tout est perméable à mon approche aisée

Comme un nuage, je traverse en dansant

l’épaisseur inquiète des choses »

 

            « La joie est ma demeure nuptiale   Mais comme j’en suis

 éloigné !  Ô joie, fleur de l’espace »

 

C’est du livre « L’Aile pourpre » (Arfuyen  2004, 95 pages, 13 €) que Saint-Paul lit des extraits de la postface de Régis Altmayer qui s’attache à cerner le parcours initiatique indéniable de ce poète qu’il nomme « Moine poète » selon l’expression même de Nicolas Dieterlé. Une œuvre d’une intense et exclusive spiritualité. Une contemplation mystique du monde. Extase devant les lieux qui l’engloutissent comme ces paysages du Var. L’écriture comme un élan qui le saisit dès l’enfance et façonnera sa vie. Le dessin comme le prolongement de cet élan vital. L’impossibilité dès lors de vivre à Paris, loin de ces lieux où la nature le fascine et l’apaise provisoirement de sa soif inextinguible d’Absolu.

Lecture d’extraits de « L’Aile pourpre ».

Ce n’est qu’à la fin de l’émission que Saint-Paul, qui voulait que les auditeurs écoutent cette parole de haut vol en quête incessante d’une spiritualité rassurante, sans aucun apriori, révèle la biographie de Nicolas Dieterlé. Né le 28 août 1963 dans une vieille famille protestante, il passe son enfance en Afrique où son père est chirurgien dans un hôpital de brousse. Il quitte l’Afrique (Ghana, Cameroun) à dix ans. Il poursuit ses études secondaires à Grenoble, découvre avec sa passion coutumière l’Irlande en 1981, étudie d’abord l’histoire de l’art pour finalement bifurquer sur les Sciences Politiques en souhaitant pragmatiquement être journaliste et critique littéraire et d’art. Il prend des cours du soir en dessin à Paris et expose en 1991 au Foyer de la rue Vaugirard. Il est rédacteur adjoint du journal écologique « Valeurs Vertes » en 1994 – 1995 et collabore ensuite avec bonheur à « Témoignage Chrétien ». En 1995, il fait la connaissance de R. qui le suivra jusqu’à la fin. Il s’installe en 2000 avec R. dans le sud-est de la France, travaille à une biographie de Novalis et finalement le 25 septembre 2000 se donne la mort, vaincu par une maladie dépressive qui le terrassait sans qu’il en sache l’origine.

Une œuvre à découvrir en priorité.

La revue Diérèse va consacrer à ce poète magnifique un numéro spécial que vous pouvez retenir dès maintenant en s’adressant à Daniel MARTINEZ  8, avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière  (le n° 15 €, abonnement  40 €).

 Vous pouvez également cliquer sur le lien ci-dessous qui est le site d'Arfuyen (cet éditeur essentiellement l'a publié, après sa mort, rien n'a été publié de son vivant): http://www.arfuyen.fr/html/ficheauteur.asp?id_aut=1040

 

 

 
 
 
 

15/11/12

 

Claude VERCEY

 

 

 

Christian Saint-Paul signale et présente brièvement  la parution de 4 excellents numéros de la revue Encres Vives :

409 : « Les cendres de Claes battent sur mon cœur » de Werner LAMBERSY

410 : « Feu et glace » d’Eric CHASSEFIERE

411 : « Au clair d’Octobre » de Jacqueline SAINT-JEAN

412 : « Dans les yeux des fruits verts » de Béatrice LIBERT

Chaque n° 6,10 € ; abonnement 34 € à adresser à « Encres Vives » 2, allée des Allobroges 31770 Colomiers.

 

Il présente ensuite le livre de Monique SAINT-JULIA qui a remporté le prix Troubadours 2012 organisé par la très bonne revue FRICHES, « On n’invente pas la neige » 45 pages et une illustration en couleurs de l’auteur, 13 € à commander à Cahiers de Poésie Verte  Le Gravier de Glandon  87500  Saint-Yrieix-la-Perche.

Une émission sera consacrée prochainement à Monique Saint-Julia.

 

Saint-Paul invite les auditeurs à lire « Une vie bouleversée suivi de Lettres de Westerbrork » d’Etty HILLESUM  400 pages, 7,70 € collection POINTS ; en effet une journée de conférences lui sera consacrée à Toulouse le 22 novembre et ce sera le thème de l’émission de ce même jour.

 

L’invité de la semaine Claude VERCEY est, après quelques incidents techniques, joint au téléphone depuis sa Bourgogne qu’il affectionne.

D’abord enseignant puis administrateur du Théâtre de Saône-et-Loire de 1974 à 1984, l’écrivain, né en 1943 à Dijon, écrit une dizaine de pièces jouées par la compagnie. En 1984, il se met au service exclusif de la poésie en créant un emploi dans l’association Impulsions. Son activité professionnelle va désormais de l’activité de lectures publiques à celle de metteur en scène de spectacle de poésie, et se confond grandement avec celle de son association. Il appartient au comité de rédaction de la revue Décharge. Responsable de la collection Polder. Chronique sur internet : les I.D sur  www.dechargelarevue.com .  

Voir sur Claude Vercey : la revue Friches n° 107  (Mai 2011).

BIBLIOGRAPHIE :

Théâtre : Top fragile, suivi de Le Clou de la vie, P.J Oswald, 1971 ; Paroles de voyages dans la maison immobile, Théâtre Ouvert, 1980 ; L’Echange, entrée de comédiens, L’Avant-Scène, 1981. Cette même année, il obtient une bourse du C.N.L
A la demande du théâtre de l’Index, de Dijon, il écrit les spectacles Songe d’une vie, spectacle Romain Rolland, 1994 ; et Contes du Pays d’à-côté, 1992.

Poésie : Déplacé en pays d’abondance , Chambelland, 1971 ; Accident sur planète provisoire, le Dé bleu, 1974 ; L’Etrangère, Le Pont de l’Epée, 1974 ; Ralentir passage de troupeaux, Hors collection , le Dé Bleu, 1974 ; Les 100 Papiers, Du Guichet, 1984 ; repris dans Décharge, coll. Re, - 1996 ; L’Animal le Géomètre, Bremond, 1985 ; Episode de feuilles de l’Arbre à Sec, Le Dé Bleu, 1988 ; Ce qui va, Le Dé Bleu – 1997 ; Le bonheur m’attend, Climat, 2001 ; aiMe ta joie, le Dé Bleu, 2004.

Présence dans diverses anthologies dont La Nouvelle Poésie française, de Bernard Delvaille, Seghers ; L’Histoire de la Poésie française de Robert Sabatier, Albin Michel ; Pleine lucarne, Littérature et football, Cadex éd., 1998 ; 101 poèmes contre le racisme, ed. Le Temps des Cerises.

Chroniques dans diverses publications dont régulièrement Les Ruminations dans Décharge (3 route d’Auxerre - 89560 - Courson les Carrières) et depuis quelques années les I.D. sur le site Internet de Décharge.

Après la présentation du poète, suit un entretien avec Saint-Paul sur le sens qu’il donne à sa création personnelle et à son infatigable action collective en faveur de la poésie. Il lit des poèmes parmi les derniers parus :

1 - Toboggans  à l'Arbre à paroles – 5 € - Maison de la Poésie d'Amay – B.P 12 – 4540 – Amay Belgique).

Ou chez Claude Vercey - « La Frégate » - 25 bis rue de Lattre de T. - 71100 – Chalon-sur Saône.

Les toboggans sont bien des rampes où dévalent les enfants, les mots et animaux de Vercey, dans une fabuleuse fantaisie pour petits et grands. Ici, les espèces se croisent, se métamorphosent dans un «tourbillon de vie» plein de clins d’oeil (que cache ce loup ?) et d’humour, tendre ou grinçant (ce n’est pas par hasard qu’on s’y réfère à «l’oncle Norge») , car si en matière d’affection, le poète (aussi homme de théâtre) n’est pas chien, il découvre en l’humain du chien-dent, bien qu’après une longue métempsycose aboutissant à l’abeille, il retrouve la femme, hourra ! parmi les rayons de miel. Mais sous la drôlerie primesautière percent des avertissements d’une réelle gravité. À bon entendeur…

                                                           Préface d'André Doms

 2 - La Bonne Cause (précédé de Pages de garde et suivi de Les triolets) chez Gros Textes éd. - Fontfourane -   05 380 – Châteauroux les Alpes . 6€ + 1€ de port

 voir http://grostextes.over-blog.com/ à la date du 30 octobre 2011.

 3 - Une affaire de Chaperon rouge  - Illustrations Yves Barré. À « La Renarde Rouge » -  28, rue Germain Bedeau - 89510 VÉRON – 18€ + 2,50€ de frais de port.

 L’affaire, dans ses grandes lignes bon !, est connue, et sans doute il suffit : en ces sortes d’affaire on en sait toujours assez, croyez-moi. Affaire classée donc il semble, - dans la mesure où affaire il y eut, ce qui n’est pas le plus facile à établir. Car enfin, au bout de conte, pour m’exprimer comme les malins (toujours il y en a, et de plus malins encore), que s’est-il pour de vrai passé ?

Et s’est-il vraiment passé quelque chose ?

 

Toujours disponibles :

 Si ça se trouve : 8 € éditions Corps Puce –  27 rue d'Antibes – 80090 – Amiens.

Mes Escaliers Photographies Georges Curie – 12€ Les Carnets du dessert de Lune éd. - 67 rue de Venise – 1050 – Bruxelles – Belgique.

Une prochaine émission complètera celle-ci pour le plus grand plaisir des auditeurs.
 

 
 
 
 

08/11/12

 

 

 

 

Manijeh Nouri

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Christian Saint-Paul présente le dernier recueil publié par la toulousaine Simone ALIE-DARAM qui après « Des Ephélides plein les poches » et « Ellipsoïdes  Ou ce qu’on dit et ce qu’on ne dit pas » fait paraître « Paradis ébouriffés » ; ces poèmes se lisent d’un trait comme un roman. On pénètre dans l’univers intime du poète avec une facilité jubilatoire. Impression de tout comprendre immédiatement et d’être en permanente empathie avec ce regard porté sur la vie qui passe, qui est passée, sur les choses bonnes à prendre ou à contempler pour demeurer blessé certainement, mais jamais anéanti. Une profonde humanité se dégage de ces textes où l’abandon est contenu par une pudeur qui en font des œuvres d’art.

Des hommes et des femmes rêvent d’une fleur

Et ne sauront jamais la vérité sur leur enfance ;

Est-ce que les jeunes gens meurent toujours dans les plaines

Comme des plantes épuisées ?

Pour ceux-là qui rêvent ou qui ne sont plus là

Ecrire un vers soufflé comme une bulle

Ou sec comme un bâton de réglisse

Ensuite aller voir Bruges,

Les deux pieds enfoncés dans le mythe de l’eau,

Où maintenant est déjà passé.

 

Et sur le canal du Midi :

 

Je vais bader le canal vert

Entre les vieux arbres qui

Amoureusement penchent

Leurs feuilles pour le caresser,

Le vent s’amuse dans mes mèches,

Un canard hiératique

Danse.

Egrenant sur son cou

Des reflets mordorés.

L’ombre fanée doucement lèche

Les piles du pont envasées.

Penche la tête oh ! Ma colombe,

Toute de gris emperlée

Que de ma bouche à ton long cou

Le vent y dépose un baiser.

 

Une poésie puissante qu’il nous appartient de faire connaître.

 

« Paradis ébouriffés »  95 pages 12 € à commander à : [email protected] 

Simone Alié-Daram sera une prochaine invitée de l’émission « les poètes ».

 

C’est de la revue Pages Insulaires n° 27          (le n° 5 €, abonnement 20 € à adresser  3 impasse du Poirier  39700 Rochefort-sur-Nenon)  qu’il est fait l’éloge ensuite. Saint-Paul lit le bref éditorial de Jean-Michel BONGIRAUD  « Les mots justes », qui résume à la perfection notre époque de soumission absolue à la « libre-concurrence non faussée ». « Bien entendu, conclut BONGIRAUD, vous n’entendrez pas un poète parler de cela ou alors par défaut. Il préfère encore passer pour celui qu’on égorge à coup de réduction de subventions ! Mais c’est pour son bien, car quand les poètes ne pourront plus rien dire, peut-être trouveront-ils enfin les mots justes ? »

Un éditorial qui prend tout son sens à l’heure où circule la pétition en faveur de l’augmentation de la subvention pour « Le Printemps des Poètes ».

C’est un texte de Michel BENARD : « En ce siècle… »  qui fait l’apologie de l’Amour, « L’Amour est une fenêtre ouverte sur le bleu de l’infini, il vibre comme une symphonie printanière dans les premières lueurs de l’aube ou les irisations d’un vitrail au soleil couchant. », que Saint-Paul accueille son invitée, la traductrice, écrivaine et enseignante Manijeh NOURI, spécialiste de la littérature persane et présidente de l’association ARIANA/regards persans qui propose une rencontre des deux cultures occitane et persane à travers la calligraphie et au tour du mot AMOUR.

·         12 & 13 novembre 2012 : Ecole Calandreta Saint-Cyprien

Christel Llop  anime des ateliers de calligraphie avec des classes de maternelle Gs, CP, CE1

·         13 novembre 2012 : 18h -20h Ostal d’Occitània 11 rue Malcousinat

Performance : Calligraphies, poésie, musique

Vernissage de l’exposition des calligraphies

Christel Llop : calligraphie des lettres latines en langue occitane,
Abdellatif Yaqoubi : calligraphie des lettres arabo-persanes.
Alem Surre-Garcia : récitation des poèmes en occitan / français
Manijeh Nouri : récitation des poèmes de Rumi en persan/ français
Brahe D. del liwizi : mise en espace sonore



Source jaillissante d’émotions

Voici en quelques traits ce qui se dégage de l'œuvre calligraphique d’Abdellatif EL YAGOUBI

     Artiste marocain diplômé universitaire en droit international et traducteur interprète. Sa passion pour la calligraphie l’emmène et nous porte avec lui dans le monde du rêve et de la beauté. Son cheminement artistique est d’abord influencé par le travail de son père, maître artisan de zellij (mosaïque) qui lui a transmis le goût du travail de la matière avec la simplicité du geste et de l’outil. Plus tard, Abdellatif rencontre les mots et s’inspire des paroles d’auteurs aussi divers que Prévert, Khalil Gibran, Ibn Arabi ou Omar Khayyam, pour les traduire par le trait « Al Khatt ». Il s’initie ensuite à la musique et au chant, y puise de nouvelles mélodies pour faire danser les mots, leur donne vie et grâce, avec son « Calame » (roseau taillé pour écrire).

La démarche artistique et spirituelle d’Abdellatif est loin d’être individualiste, il aime faire partager et enseigner ses connaissances.

Manijeh NOURI lit des poèmes sur l’Amour en persan et fait écouter un enregistrement d’un syncrétisme des musiques persanes et hindoues qui se répondent dans une unité retrouvée.  En persan, il existe une multitude de mots pour traduire tous les sens du mot Amour, de l’amour filial à l’amour érotique jusqu’à l’amour sublime du Créateur pour les poètes mystiques comme RUMI.

 

Pour la partie occitane, Saint-Paul lit un stupéfiant poème adressé à la Garonne de Fernand BARRUE (1891 – 1956) qui fût professeur de mathématiques dans divers collèges des environs de Toulouse, et resta, semble-t-il, un solitaire. Vingt ans de séjour en terre languedocienne ne lui avaient pas fait oublier, écrivait-il, son gascon natal.

 

 
 

25/10/12

 

Claude ESTEBAN

 

Dans la continuation de la culture occitane qui est avant tout une éthique, l’émission « les poètes » proclame avec Bruno DUROCHER : « hommes de toutes langues et de toutes les couleurs / je me déclare votre frère ».

La fraternité des langues appelle la fraternité des hommes. C’est la vocation morale de Radio Occitania. Et du Café TROBAR qui en est l’émanation sous l’égide de la Fondation Occitane. Un iraquien, une occitane, un juif polonais écrivant en langue française ont inauguré avec bonheur cette volonté dans des lieux toulousains où a soufflé l’esprit. La voie est ouverte.

Grand admirateur depuis fort longtemps de Claude ESTEBAN  (1935 – 2006) né de père espagnol et de mère française, Christian Saint-Paul lui consacre son émission.

La langue a été une préoccupation fondamentale de ce poète, traducteur, critique, amateur d’art. Il dirigea longtemps la collection « Poésie » des éditions Flammarion.

En 2006 parut l’anthologie de ses textes publiés de 1967 à 1992 sous le titre « Le jour à peine écrit » aux éditions Gallimard 340 pages 21 €.

De cette anthologie qui trace une belle trajectoire de la démarche poétique de son auteur, Saint-Paul s’attarde sur les derniers textes de « Conjoncture du corps et du jardin » où la fascination et l’effroi de la mort apparaît :

J’aimais la mort. Je le disais. Je l’écrivais sur chaque feuille blanche. La mort était un mot, rien d’autre. Un mot très pur. Je l’écrivais sans que mon corps comprenne. Quand il a vu, il a crié. Il a chassé ce qui n’était pas lui, les mots, les fables. Le soir venait.

Une respiration musicale fait place à la guitare flamenca de Vicente PRADAL gloire toulousaine qui porte haut la culture musicale et poétique espagnole.

Puis ce sont les textes extraits de « Elégie de la mort violente » qui sont lus et qui font allusion à la mort accidentelle de son épouse le peintre Denise Esteban. Dans ce recueil la langue espagnole s’invite et prend la parole pour porter plus loin encore les mots de la langue française qu’elle prolonge. C’est un chef d’œuvre où le poète dépasse sublimement son désespoir, son chagrin devant l’irrémédiable, par le souvenir littéraire mais devenu réalité vécue, de la mort de Mozart et celle de Gérard de Nerval.

Une des plus belles œuvres du XXème siècle.

 

Frères, hommes humains, un autre

vous appelait ainsi et vous l’avez laissé

mourir très loin de son amour, frères,

faut-il encore

qu’on s’adresse à vous dans la hâte,

dans le tourment des os, frères, n’êtes-vous là

que pour cet unique regard

sur ceux qui partent, qui sont

là, qui ne sont plus là,

et vous devant, frères vivants, qu’on aime encore.

 

 
 

18/10/12

 

 

Jean-Pierre CRESPEL

 

 

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Christian Saint-Paul reçoit le poète Jean-Pierre CRESPEL venu de Paris pour parler des acteurs poétiques qui interviendront le lendemain pour la première manifestation du Café TROBAR. En effet, JP CRESPEL est un des fondateurs de la revue « Périmètre » créée dans les années soixante dix par Michel ECKHARD-ELIAL et de la revue LEVANT créée par le même en Israël en 1988. C’est cette revue dont le siège est aujourd’hui à Montpellier, et les auteurs qui se retrouvent publiés par LEVANT qui sera honorée à Toulouse par ce premier Café TROBAR.

CRESPEL lit des textes du poète druze, maintenant ambassadeur de l’Etat d’Israël, Naïm ARAYDI ; ces textes sont publiés dans un des deux petits fascicules édités par les éditions LEVANT à l’occasion du festival des Voix de la Méditerranée de Sète : « L’échelle de Babel » et « L’échelle du Levant ».

Il poursuit par la lecture de poèmes de Salah Al HAMDANI (voir plus bas l’émission qui lui a été consacrée récemment) ; Saint-Paul lit également des textes de ce poète iraquien extraits de « Bagdad – Jérusalem   A la lisière de l’incendie ». Crespel poursuit avec la lecture de poèmes de la poétesse bulgare Temenouzhka DIMOVA, Saint-Paul fait entendre la voix de la poétesse espagnole Chantal MAILLARD. La poétesse occitane Aurélia LASSACA (en français Aurélie Lassaque) est aussi citée et ses textes lus. Elle sera présente comme Salah Al Hamdani à la soirée du Café TROBAR.

Puis, le second Café TROBAR qui se déroulera le jeudi 25 octobre 2012 est évoqué. Entièrement consacré à l’œuvre de Bruno DUROCHER (voir plus bas les émissions qui le concernent) des textes sont lus. Rappelant que le directeur de la revue LEVANT, le poète Michel ECKHARD-ELIAL a été publié en 1982 par DUROCHER sur ses presses mythiques, Saint-Paul lit quelques textes de cette publication historique  « Parole d’Ecriture » d’un auteur majeur d’une discrétion absolue qui réserve les projecteurs de la diffusion aux poètes de cette Méditerranée qui nous nourrit.

Nous nous ferons ensuite l’écho de cette soirée du vendredi 19 octobre et vous ferons entendre les voix de Salah Al HAMDANI et d’Aurélia LASSACA.

 

 

 

 

 
 

11/10/12

Jacques CANUT

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Christian Saint-Paul rappelle que les premières manifestations du Café TROBAR sont lancées et auront lieu à Toulouse le vendredi 19 octobre à 18h 30 à la librairie Ombres Blanches où se produiront Salah Al Hamdani et Aurélie Lassaque avec une présentation de la revue de l’espace méditerranéen LEVANT ; puis le jeudi 25 octobre à 19 h à la librairie TerraNova et à 21 h à la Maison de l’Occitanie pour une soirée de présentation de l’œuvre poétique de Bruno DUROCHER (1919 – 1996) éditée à Caractères.

Saint-Paul indique que les manifestations en poésie sont nombreuses puisque cette même période auront lieu les journées 2012 de l’Atelier Imaginaire à Lourdes et à Tarbes. C’est ainsi que ce même jeudi 25 octobre Vénus KHOURY-GHATA sera à Lourdes pour une soirée à 21 h 15 au Palais des Congrès. Voir le programme sur http://www.atelier-imaginaire.com 

Pour dire son amour des poètes, Saint-Paul choisit de lire le poème de Christian Da SILVA (1937 – 1995) « Poètes » qu’il avait lu lors d’une de ses dernières apparitions publiques en 1993 à la salle Nougaro à Toulouse pour le récital d’ESCALASUD.

Et c’est sa tendresse intacte depuis tant d’années pour ce poète discret et atypique qu’est Jacques CANUT(né en 1930) que Saint-Paul évoque avec la figure de cet auteur fidèle à lui-même et à la poésie qui vient, avec son humilité familière de faire paraître son 37ème Carnet confidentiel  « COPIE BLANCHE - 4 » et « Le bestiaire en émoi » avec des illustrations de Claudine GOUX à commander directement chez l’auteur ( 4 € chaque recueil ) 19, allées Lagarrasic  32000 AUCH.

Jacques CANUT a construit une œuvre remarquable, mais fragile car dispersée en de multiples recueils pour la plupart aujourd’hui épuisés. Il serait bon qu’un éditeur rassemble tous ces textes diffusés très vite dans de petits tirages et dans de minces plaquettes, en une anthologie qui ferait apparaître le souffle poétique continu de cette création.

Jacques CANUT a écrit également en langue espagnole avec sa propre traduction en français. C’est le cas par exemple pour « INDOMABLES PALABRAS » « Indomptables paroles » aux éditions espagnoles Càlamo. Et Saint-Paul a fait remarquer à CANUT que le texte espagnol revêtait une force supérieure à la traduction française, l’auteur répondant que d’autres lui avaient fait cette observation.

D’un ton simple, sans fioritures, direct et en prise constante avec le réel vécu telle est cette longue création poétique d’un sceptique ayant foi en la vie qu’il aime et qui sait dépasser la souffrance d’une nostalgie tout en l’énonçant, avec cette humanité tendre qui se tourne vers les êtres les plus humbles comme nos animaux familiers.

Une bonté à fleur de peau ayant horreur de l’ostentation. L’art de le bien dire fait la force des poèmes de CANUT. Il atteint l’universel dans ces pensées où l’émotion qui peut submerger une âme sensible comme la sienne, est contenue dans une pudeur de style. Il faut écouter cette voix qui interroge sans relâche.  Et les contradictions des réponses possibles n’attestent que de l’extrême complexité des choses et de la nécessité de s’en remettre au destin alors même qu’il est insondable.

Lecture d’extraits de « Indomptables paroles » de « COPIE BLANCHE – 4 » de « Bestiaire en émoi ».

Saint-Paul, de son tout récent entretien avec Jacques CANUT, est heureux de savoir qu’il écrit toujours et a des projets éditoriaux.

 

 

 
 

04/10/12

 

 

 

 

 

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Christian Saint-Paul, avant de consacrer l’émission à son invité, évoque la figure regrettée de Bernard MAZO. Jean-Max TIXIER disait à son propos en 2008 : « La poésie de Bernard MAZO tente de se frayer un chemin salutaire entre l’angoisse et la nostalgie. Elle est la réponse, toujours remise en question, à une blessure intime qui ne cicatrise pas. La douleur de vivre s’exprime ici au plus près, sans abus de langage, en des poèmes lapidaires dont l’incandescence touche par son authenticité. MAZO dit les vertiges contre lesquels il dresse, dans la patience des mots, le pouvoir du langage en son aire la plus nue, et nous les offre en partage. »

Le n° 364 de la revue ENCRES VIVES (6,10 € l’exemplaire et 34 € l’abonnement à adresser 2, allée des Allobroges 31770 Colomiers) publiait en novembre 2008 un recueil de Bernard MAZO : « L’hostilité mortelle de l’inconnu ». Textes d’une densité pathétique et qui aujourd’hui font figure de prophéties.

 

C’est toi

ma vie

que j’écris

depuis

tant d’années

 

mais

que je ne parviens pas

à travers mes pauvres mots

à retenir un seul instant

 

emporté que je suis

dans le tourbillon

vertigineux

des jours

 

Marcel MIGOZZI est ensuite joint par téléphone à son domicile du Cannet des Maures dans le Var. Il parle de son enfance dans une famille ouvrière d’origine corse ; il est né une année qui a marqué la première moitié du XXème siècle : 1936.

Il explique ce que fût pour lui, la découverte de la langue et de la poésie. Mais celle-ci n’a de sens que si elle véhicule une émotion vécue dans laquelle il peut s’identifier et se reconnaître de même que ses lecteurs. Loin de la poésie de laboratoire, il expérimente une vie pauvre matériellement mais riche de sensations. Enfant souvent livré à lui-même, la liberté sera sa façon d’exister face à l’adversité. Pendant la seconde guerre mondiale, qui va le marquer fatalement, sa famille se réfugie dans une ferme d’Isère :

 

je me rappelle   en 44

nous étions des réfugiés

 

en Isère   vus un peu

de travers   tant pis   car

 

je rencontre des étables

pour le reste de ma vie

 

et les vaches et le fumier

et la neige   la beauté

(extrait de « Quels âges as-tu ? » 336ème Encres Vives)

 

Migozzi pose la question :

« après la guerre   les enfants

qui ont vieilli   ils ont quels âges »

dans ce recueil publié en 2006 ; quand Saint-Paul lui pose sa propre question, il oublie le contexte et indique l’âge de ses enfants. En réalité, ce poète a su privilégier une vie faite d’observation heureuse des choses de la nature et de la vie, avec une volonté de conserver malgré tout une sérénité et une intelligence rare du bonheur. Bien sûr, sa lucidité n’est jamais entamée et il n’échappe pas aux tourments du temps perdu et de l’impuissance devant l’injustice.

A ce jour, il a publié une soixantaine de recueils, a collaboré à la revue  Action Poétique et à la revue Sud, compte de nombreux amis parmi les poètes reconnus de notre époque, a été honoré de nombreux prix dont le prix Antonin Artaud en 1995.

Il vient de publier « A la fenêtre sans rideaux » aux éditions de L’Atlantique, collection Phoïbos 50 pages, 14 €. Il s’explique sur ce livre composé de quatre parties qui forment un tout, une unité, celle du regard de l’enfant qui a vieilli et se tient devant la fenêtre, avec son dénuement, sa transparence, sur un temps désorienté, passé-présent passant dans l’immobilité silencieuse des souvenirs. Vivre-écrire à la fin n’est-ce pas se regarder au-delà de la page (de son corps, de sa rue, de sa maison, de l’amour…) dans un visage où les rides ne vont pas tarder à disparaître ?

Il lit des extraits de « A la fenêtre sans rideaux » en avançant dans les quatre parties.

L’émission s’achève sur la citation de Paul CELAN reprise dans un des poèmes :

            Dire alors

            comme Paul Celan   bientôt on se retrouvera dans la

langue   on aura une voix   et répéter avec un souffle

à partager jusqu’à la chambre   on ne sacrifiera pas nos

éclats de draps   n’oublie pas mes caleçons de coton

n’oublie pas mon pyjama de laine   répétant ce mot   vivre

pour retrouver le souffle et l’espace de la chambre du désir

            n’entends-tu pas déjà l’imprononçable écho   bientôt on

se retrouvera

 

Un livre à lire absolument !

A commander chez votre libraire ou à Editions de l’Atlantique  B.P.  70041  17102 Saintes cedex.

E-mail : [email protected]

Site : http://mirra.pagesperso-orange.fr/EditionsAtlantique.htlm
 

 
 

27/09/12

 

Abdelmadjid KAOUAH

 

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Christian Saint-Paul annonce que la première animation du Café TROBAR aura lieu le vendredi 19 octobre à 18 h 30 à Toulouse à la librairie Ombres Blanches. A cette occasion Michel ECKHARD-ELIAL poète, directeur de la revue LEVANT présentera dans l’attente du n° 12 de sa revue, une publication « L’échelle de Babel » textes du poète hébreu Naïm Araydi (traduction de Michel Eckhard-Elial) suivi de « L’échelle de Levant » textes de Salah Al Hamdani (traduit de l’arabe par Isabelle Lagny) et de Chantal Maillard (traduit de l’espagnol par Josette Gourinchas) et Temenouzhka Dimova (Bulgarie).

 

Lecture d’extraits dont : Jérusalem séparée d’elle-même

Jérusalem séparée d’elle-même

n’est plus la même,

devenus mosquée, puis église

ou synagogue,

les lieux de prière

ne le seront plus.

Sous la coupole du Dôme

on ignore le sens

des mots glissés

dans les fentes du Mur.

La voix des fidèles

se tait.

Sur le chemin de la Douleur

de grandes croix

passent sur d’autres épaules.

Au fond de son ciel

sous la pleine lune

Dieu n’a plus de regret

pour Babel

ni pour Jérusalem.

Naïm Araydi

 

La lumière, l’air, l’oiseau

Cette lumière d’aujourd’hui

boutonnée à la doublure engourdie

du ciel,

je la voudrais plus austère

et non moins poétique,

oui plus immédiate,

dépouillée des limites rhétoriques

qui, en dilatant l’espace,

retiennent, cependant, le regard

au cercle appauvri

des comparaisons.

Cette lumière d’aujourd’hui je la voudrais

brume entre mes doigts,

serrée dans les replis de la peau,

souffle au faîte des pins,

mais, plus encore, je la veux

en son infini captive et en même temps dilatée,

simplement lumière

et que la portent

le croassement d’un corbeau en son battement d’aile,

le roucoulement d’une alouette, au loin,

et le frôlement biseauté des cigales

qui rendent plus compact l’air

à mesure que le soleil avance

vers le zénith.

Chantal Maillard

 

Vœux pluriels

Mes vœux endoloris

ont un goût d’inhumain

la pâleur d’une aumône retardée

et le vide d’une langue martyre.

Ai-je pris l’habitude d’incliner leurs revanches ?

Mes vœux pluriels

pour effrayer le sommeil des cloches.

Je ne peux plus rivaliser avec toi

terre de mon outrance

flambeau de mes organes

Temenouzhka Dimova

 

L’émission est ensuite consacrée à l’invité, le journaliste et poète algérien Abdelmadjid KAOUAH, auteur sur ce site de nombreuses chroniques (voir rubrique Chroniques) et d’une anthologie de la poésie algérienne d’expression française parue récemment aux éditions POINTS 295 pages, 7,80 € « Quand la nuit se brise ».

Il revient sur la genèse de cette publication à fort tirage et en poche, en indiquant que les éditions POINT ont repris le panorama de la poésie algérienne paru sous le titre Poésie algérienne francophone contemporaine aux éditions Autres Temps.

Il présente longuement dans cet ouvrage les origines et l’histoire au fur et à mesure que le temps se déroule, des poètes qui écrivent en français. Elle obéit à la définition de Rimbaud : « la poésie ne rythmera plus l’action, elle sera en avant ». La patrie est chantée par les poètes de la génération de SENAC, qui succède à une puissante poésie de combat avant l’Indépendance. Puis viennent les poètes de la période troublée des années 90, et la période apaisée actuelle. C’est une longue explication que donne A. KAOUAH sur cette création originale dont beaucoup de textes avant 1962 sont aussi restés à l’état de manuscrits ou publiés dans des éditions à très petit tirage, leur publication étant entravées à l’époque.  Aujourd’hui l’essor de la poésie d’expression française est totalement décomplexée et l’avenir assurée, même si l’engouement pour le roman relègue maintenant la poésie à une diffusion bien plus modeste.

A noter qu’une « mini » anthologie de poètes algériens de langue française a paru également aux éditions Amandier sous le titre de « Quand l’amandier refleurira » établie par Samira NEGROUCHE avec des encres du poète plasticien Hamid TIBOUCHI, 58 PAGES 10 €. Cette poésie algérienne est bien vivace.

 

KAOUAH conclut l’émission en lisant des poèmes dont les siens et en indiquant qu’une manifestation autour de Mahmoud DARWICH aura lieu à Toulouse du 6 au 14 novembre 2012. Nous en reparlerons plus tard.

 

                     

 

 
 

20/09/12

 

Salah Al Hamdani

Photo de

© Isabelle Lagny 2012

 

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Christian Saint-Paul revient sur les annonces de la semaine dernière très rapidement car il doit libérer du temps pour l’invité de l’émission.

Pages Insulaires n° 26 est dans la lignée d’excellence des numéros précédents. Eclectique, « perméable aux idées » comme le revendique Jean-Michel BONGIRAUD et fraternel. Les poètes sont le plus souvent ceux que l’on lit avec passion et qui sont au panthéon des auteurs reconnus, mais aussi des découvertes dont le ton augure des lendemains où ils deviendront familiers. Certainement, la poésie qui se crée au jour le jour et qu’il est malgré tout bien difficile de cerner dans son essence véritable, ne peut être diffusée que par des revuistes passionnés et philanthropes et par des éditeurs tout aussi passionnés et suffisamment courageux pour prendre des risques financiers, même si de nos jours, l’Etat ou les collectivités locales, par leurs subventions, évitent cette prise de risques. Ce qui entraîne une dépendance aux « notables » qui composent le CNL ou autres CRL. Mais la revue de Bongiraud est une revue libre, qu’il assume sans aide publique, comme beaucoup d’ailleurs. Les 24 pages au grand format de cette publication se terminent par un « épilogue » d’humeur du directeur quelque peu harcelé et critiqué par les esprits forts qui gravitent quelquefois aussi dans ce microcosme improbable de la poésie d’aujourd’hui. Rien ne justifie ce découragement, disais-je la semaine dernière, et Jean-Michel BONGIRAUD depuis m’a confirmé avoir reçu d’éclatantes preuves d’attachement à sa personne et au travail réalisé. C’est le contraire qui eût été étonnant. Les grincheux sont bien minoritaires, mais authentiquement dérangeants (c’est la stratégie de toute minorité) et les poètes réels sont généralement généreux. En tout cas, nous assurons Jean-Michel de notre soutien et de notre solidarité. Lire ce n° 26  5 € à commander 3 Impasse du Poirier  39700 Rochefort-sur-Nenon ; abonnement 20 €.

Dans ce n°, Patrick JOQUEL signe une bonne note de lecture du livre de notre invité de la soirée Salah Al Hamdani de son livre « Le balayeur du désert ».

La deuxième revue signalée est celle de Daniel MARTINEZ « DIERESE » n° 57 consacrée entre autres à Nicolas DIETERLE et André VELTER 255 pages  12 € le n°, 38 € l’abonnement à faire parvenir à Daniel Martinez  8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière. Encore un coup d’éclat ce numéro (voir la page d’accueil) sur lequel l’émission « les poètes » reviendra.

 

L’invité de l’émission le poète iraquien Salah Al HAMDANI est joint au téléphone à son domicile parisien.

Personnalité exceptionnelle, véritable force de la nature (Saint-Paul se souvient qu’il y a quelques années après un récital donné à Grabels où ils s’étaient retrouvés, Salah poursuivit la nuit avec la fougue affectueuse dont son entourage bénéficie), sa vie est un roman vrai, plein de terreur et de fureur. Il la raconte à partir de son enfance pauvre à Bagdad où il naît en 1951, l’école découverte à onze ans et seulement pour quatre ans, l’armée, la répression violente, cruelle, des kurdes qui le révolte tellement qu’il quittera les armes qui l’ont toujours embarrassées, l’emprisonnement dans les geôles d’un régime dictatorial qui aurait bien voulu l’assassiner, mais qui n’y est pas parvenu, la révélation, en prison justement, de la poésie par un codétenu ancien qui récitait à voix murmurée des poèmes, car l’Irak est et a toujours été le pays de la poésie. Il explique comment cette fascination des mots et de l’émotion qu’ils engendrent l’a alors habité pour ne jamais s’éteindre. Il dit sa fuite en France, parce que c’était le pays d’Albert CAMUS qu’il avait lu et qui lui paraissait détenir la vérité qu’il cherchait. Il dit l’apprentissage de la nouvelle langue, le français qu’il vénère comme sa propre langue maternelle, son travail de comédien, puis d’écrivain, de poète. Il fût publié par Bruno Durocher aux éditions Caractères dans les années 80. A ce jour, il cumule des publications en français et en arabe. « Bagdad mon amour » réédité a été un franc succès. C’est un poète reconnu qui commente ses deux dernières parutions chez Bruno Doucey : « Le balayeur du désert » et « Bagdad – Jérusalem A la lisière de l’incendie » avec le poète israélien Ronny SOMECK né comme lui en 1951 à Bagdad. Il décrit cette rencontre à Sète, la fulgurance d’une complicité, la conversation au téléphone avec la mère de SOMECK qui lui a dit, d’une voix tremblante d’émotion : « Inch Allah, un jour vous irez lire ensemble vos poèmes en Irak ».

Salah AL HAMDANI finit l’émission en lisant ses textes en français et en arabe.

Un moment de dense émotion, les propos de Salah dont Michel ECKHARD-ELIAL disait à Saint-Paul : « une belle pâte d’homme, une belle pâte de poète ». Assurément !

Il sera à Toulouse le 19 octobre pour la première animation du Café TROBAR (voir page d’accueil).

Vous pouvez consulter le blog de Salah AL- HAMDANI :   http://salah.bleublog.lematin.ch/
 

 
 

13/09/12

 

 

Michel COSEM

RETOUR

 

Christian Saint-Paul signale la parution du n° 26 de « Pages Insulaires » août 2012  revue bimestrielle de Poésie et de Réflexion le n° 5 €, abonnement 20 € à adresser à Jean-Michel Bongiraud  3 Impasse du Poirier  39700 Rochefort-sur-Nenon. Cette excellente revue « perméable aux idées » au même format A4 qu’Encres Vives, recèle une vraie richesse de textes qui en fait une des revues attendues du monde poétique et littéraire. La densité des textes, leur éclectisme ne nuit ni à la présentation matérielle de cette revue militante, ni à l’intérêt renouvelé de leur contenu. C’est avec émotion que l’on retrouve dans ce bon numéro des poèmes du regretté Jacques SIMONOMIS. On y lit avec délice les rubriques salubres d’Alain FREIXE,  de Daniel GIRAUD et de Christophe LAKOMY qui vitupèrent l’époque, comme aurait dit Aragon, et nous vengent un peu de nos humiliations sociales. Le florilège des poèmes est toujours de haute volée et on y reconnaît là aussi les noms familiers qui nous enchantent comme notre voisine Monique SAINT-JULIAN. Bref toujours la même qualité de l’exigeant Jean-Michel BONGIRAUD dont on lit avec stupeur, qu’il envisage d’arrêter sa publication en fin d’année ! Les poètes sont aussi, souvent, des monstres narcissiques qui ne sont mobilisés que par la parution difficile de leurs élucubrations géniales. Alors, il faut tout simplement ne rien en attendre et tracer sa route, imperturbable, en ayant à l’esprit cette volonté d’un des plus grands poètes français Pierre REVERDY : « Je travaille avec le fol espoir qu’aucune récompense ne me sera jamais donnée. »

Que Jean-Michel BONGIRAUD sache qu’il a, au contraire l’estime de beaucoup qui savent ce qu’il en coûte de porter à bout de bras, avec une telle générosité, une revue si utile à la diffusion hypothétique de la poésie et même de la réflexion. Cela, Saint-Paul n’a pas voulu le dire à l’antenne, car il serait scandaleux que « Pages Insulaires » s’arrête pour ces raisons là. L’irresponsabilité de certains créateurs n’est pas nouvelle. Il ya trente ans, Saint-Paul s’étonnait de recevoir de jeunes « auteurs » qui voulaient être publiés et qui ne lisaient pas leurs contemporains. S’il y a une lassitude, que le revuiste arrête, c’est normal, mais pas à cause de la bêtise prétentieuse de certains poètes.

En tout cas, ce numéro, comme tous les précédents est une mine de trésors à lire avec sérénité, pour affronter la rudesse du vulgaire.

 

C’est un autre poète revuiste auquel l’émission est consacrée : Michel COSEM.

En 1960, à Toulouse il crée la revue « Encres Vives » qui sera suivie par les éditions du même nom. Il rédige en même temps une œuvre personnelle impressionnante, multipliant les parutions de recueils de poésie et de romans. Un travailleur infatigable qui avance sans tapages mais avec le pied ferme des paysans du Sud qui ne s’en laissent pas compter par leur passion. Un sage ce COSEM que le temps n’a jamais débordé, qui a ravi les prix Artaud et Malrieu parce qu’il fallait bien en passer par là, mais qui persiste dans une posture exemplaire depuis les premiers jours, et avec la générosité naturelle des bons revuistes nous donnent à lire, avec une régularité époustouflante, les meilleurs poètes de l’époque.

C’est ainsi qu’il vient de faire paraître 2 numéros d’Encres Vives dans un registre très différent mais chacun d’un énorme intérêt : le 407ème Encres Vives : Colette GIBELIN « Dans le doute et la ferveur » et le 408ème Ioan TEPELEA     (1949 – 2012)  textes et dossier rassemblé par Jean PONCET.

Michel COSEM qui réside en ce mois de septembre dans sa maison du « Fenoul » dans le Lot est joint par téléphone après que Saint-Paul ait lu un poème écrit sur ce lieu si cher à l’auteur. Un dialogue s’engage avec Saint-Paul sur la démarche d’éditeur et d’auteur.

Les lieux traversés sont aussi traversés par l’esprit et se figent dans le poème qui leur rend hommage et en montre toute la noblesse.

Après « Les herbes de safran » COSEM récidive chez le même éditeur (éditions de l’Atlantique  85 pages, 19 €) avec « Le Sud du Soleil » textes sur les lieux dont il extrait l’âme enfouie et souvent insoupçonnable. Une cascade de plaisirs pour le lecteur qui va fatalement reconnaître un lieu et s’y reconnaître. Michel COSEM s’explique sur cet attachement imprescriptible aux lieux. Il est passé maître dans ce saisissement par le langage de la fulgurance de l’ineffable que projette le lieu dans notre conscience.

Son dernier recueil est un feu d’artifice de lieux brûlants de passion, l’Andalousie, et porte le titre bienvenu de « Le Bouquet Andalou ». Lecture de larges extraits par Saint-Paul.

On y retrouve la voix parfumée du destin à accomplir de LORCA. Un très grand art ! Merci à COSEM de nous donner ce bonheur à lire.

Chaque numéro 6,10 € à commander à Encres Vives, 2, allée des Allobroges 31770 Colomiers ; abonnement 12 n° 34 €.

 

 

 
 

06/09/12

 
Bertrand de
 
 la Farge

RETOUR

 

 

Les poètes ne sont pas des êtres éthérés indifférents à la vie de la cité même si leur engagement prend des formes originales, celles de l’écriture de la parole, de l’art au service d’une humanité qu’ils incarnent par leur action d’artiste. C’est en ce sens que l’émission « les poètes » a souvent traité de sujets philosophiques, sociaux au sens noble du terme. L’artiste exprime toujours une éthique ; c’est d’ailleurs en cela qu’il puise sa grandeur, dans son témoignage d’une vérité et d’une réalité du monde.

C’est pourquoi ce soir, Christian Saint-Paul reçoit

Bertrand de la Farge, Président du Cercle Raymond Lulle, fondateur de la Convergéncia Occitana et de la Maison de l’Occitanie à Toulouse. En effet, ce scientifique (il est docteur-ingénieur, consultant pour l’environnement) est un grand passionné d’Histoire, défenseur de la diversité culturelle et de la culture occitane. Il est l’instigateur à Toulouse les 12 et 13 septembre 2012 d’un colloque : « Convivencia : l’art de vivre ensemble ». Voir le document énumérant les sujets abordés.

Bertrand de la Farge développe et explique les thèmes qui seront traités ces 2 jours. La dimension humaniste et l’élévation spirituelle ne s’opposeront pas mais se complèteront par les exposés de conférenciers français, catalans, portugais et danois. Les trois religions du Livre et leur dérivés : catharisme, soufisme, kabbale, se répondront au fur et à mesure de la succession des communications. Le public pourra dialoguer dans une table ronde concluant chaque journée.

Le thème est une préoccupation universelle et constante qui se pose et se posera aux peuples, celui de leur devenir dans la confrontation de leur riche diversité. L’acceptation de l’autre, l’échange garantie de richesse ne sont pas des évidences et la culture occitane a été une des premières civilisations à prôner le « paratge » c'est-à-dire la reconnaissance de l’étranger comme son pair, comme un autre soi-même source de progrès. La répression a été terrible et l’uniformité de langue, de religion, de pensée a été cruellement imposée. Il a fallu des siècles pour renverser cet ordre des valeurs et la difficulté d’intégration de communautés différentes est toujours un écueil à la sérénité de notre société. Les auditeurs sont donc invités à participer à ce colloque. Les interventions feront l’objet le jour même d’un succinct résumé, puis au début de 2013, d’une publication intégrale.

 

Saint-Paul dans son dialogue avec Bertrand de la Farge n’oublie pas la vocation primordiale poétique de son émission et fait écouter des poèmes de Thierry METZ (voir émissions antérieures) mis en musique par le chanteur, poète, écrivain toulousain Philippe BERTHAUT ; il s’agit d’extraits du recueil « Terre ».

Puis l’émission se termine par la lecture par Saint-Paul d’extraits du dernier recueil de Michel COSEM « Le Bouquet Andalou » 263ème Lieu : Andalousie des éditions Encres Vives  2, allée des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 €.

 

 

 
 

30/08/12

 

TAHA MUHAMMAD ALI.

RETOUR

 

 

Christian Saint-Paul reprend avec son vieux complice Claude Bretin, technicien de grand talent sans lequel rien ne serait possible, l’émission hebdomadaire après de longues vacances. Il dit sa joie de se retrouver dans ce studio qui symbolise l’espace de liberté d’expression propre à la tradition de la culture occitane. De retour d’Andalousie, terre de passion qu’il vénère et où il retrouve sa famille par alliance, il évoque sa joie d’avoir pu participer cette année encore au « Mercado de las tres culturas :  Judia – Arabe – Cristiana » de Lanjaron prés de Grenade, Azocaque Medieval, dans le soleil éclatant d’août. C’est la voix du chanteur Mohamed KHAZNADJI de l’orchestre de musique Arabo-Andalouse « çana’a » d’Alger qu’il choisit pour préparer par cette pause musicale, les auditeurs à l’écoute d’une voix universelle d’Orient.

En effet, l’émission est consacrée au poète palestinien :

TAHA MUHAMMAD ALI.

 Né en 1931 dans le village de Saffouriyya en Galilée, sur le site de la ville antique de Sepphoris, Taha Muhammad Ali fut forcé d’émigrer, à l’âge de dix-sept ans, avec toute sa famille, au Liban, après que l’armée israélienne eut assailli son village lors de la guerre de 1948. Un an plus tard, il repassa la frontière : constatant la destruction complète de leur village, il finit par s’installer à Nazareth, qu’il n’a pas quitté jusqu’à ce qu’il s’éteigne le 2 octobre 2011. Saffouriyya, ou en tout cas le village de son enfance, où convergeaient mythe et réalité, étincelait dans l’esprit du poète comme le lieu de l’innocence d’avant la Chute et incarnait, selon la formule palestinienne, la période d’avant la « grande catastrophe », al-nakba, provoquée par la guerre israélo-arabe de 1948, et la dislocation et l’exode de la communauté palestinienne qui s’ensuivirent. Peut-être du fait de la brièveté de sa formation scolaire – il n’est allé que quatre ans à l’école et c’est une sorte d’autodidacte, la poésie lui est venue lentement. Il devait nourrir sa famille et a vécu, comme toute la communauté arabe d’Israël, sous la loi martiale jusqu’en 1966 ; pour lui, la fin des années cinquante et les années soixante sont celles où il vendait des souvenirs aux touristes chrétiens pendant la journée et étudiait la littérature arabe classique le soir. Il découvrit aussi les poètes romantiques anglais, Poe, Tchékhov, Maupassant, Steinbeck, Erskine Caldwell,O.Henry.

Taha Muhammad Ali utilise un arabe littéral auquel il incorpore, ou « greffe » comme il dit, des formes classiques d’arabe dialectal. Sa poésie étant tendue vers le quotidien, son originalité est entière et son ton a le souffle d’un Nazim Hikmet ou d’un Yehuda Amichaï ou d’un Louis Aragon.

Pacifiste à la manière d’un Ghandi ou d’un Martin Luther King pour la pensée révolutionnaire, sa bienveillance et son humour ont forgé une œuvre d’une force humaniste considérable. Souhaitons qu’il soit lu avec autant de succès qu’un M. Darwish et qu’il soit entendu pour qu’enfin règne la paix !

Lecture de larges extraits de « Une Migration sans Fin » préface de Gabriel LEVIN, traduite de l’anglais par Guillaume VILLENEUVE, édition bilingue arabe, français traduction d’Antoine JOCKEY ,  éditions Galaade 220 p, 21 €.
 

 

26/07/12

 

RETOUR

 

 

En préambule à l’émission, Christian Saint-Paul fait écouter la voix sublime de Yasmin LEVY « Ygdal » de son album « Sentir ».

Parmi les nombreuses publications à lire pour les vacances d’été, Saint-Paul renvoie à celles mentionnées sur ce site et insiste sur le n° 56 de la revue DIERESE consacré à Thierry METZ (le n° 15 €, abonnement 4 numéros 38 € à adresser à Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière), sur les recueils d’Isabelle LEVESQUE dont « Ossature du silence » (voir page d’accueil) et signale la dernière publication de Charles JULIET « Moisson » Choix de poèmes aux éditions P.O.L, 230 pages, 9 €. Il lit un extrait de la préface de Jean-Pierre SIMEON et quelques poèmes dont :

oublie ta fatigue

refuse de convenir

que tu as marché

en vain

jusqu’à ce jour

 

oublie ta fatigue

 

étouffe la voix

qui t’invite

à renoncer

et sache faire

meilleur accueil

à ton besoin

du retour

 

oublie ta fatigue

 

dresse-toi

à nouveau

 

chemine

à nouveau

 

Comme prévu, l’émission est ensuite entièrement consacrée à la lecture de textes de Bruno DUROCHER dans la continuation de l’émission de la semaine précédente réalisée avec Nicole GDALIA. Rappel de l’épopée de la vie de cet écrivain poète atypique (1919 – 1996) qui symbolise aujourd’hui l’Histoire tragique de la seconde moitié du XXème siècle. Né à Cracovie en 1919, il ne connaît pas son père soldat dans l’armée autrichienne qui venait d’être fauché par une balle perdue juste après l’armistice de la guerre 14-18. A 14 ans, il opte et cela va orienter toute sa vie, pour la religion juive de sa mère.  A dix sept ans il publie en polonais un premier recueil de poèmes remarqué immédiatement par la critique qui le considère comme le Rimbaud polonais. A l’invasion de la Pologne par les hordes allemandes, il est arrêté pour faits de résistance et déporté au camp de Sachsenhausen puis de Mauthausen et y survivra prés de 6 ans : « Six années de guerre furent pour moi six années de séjour dans la gueule de l’épouvante. J’ai pourtant échappé au broyage de ce moulin à viande qui a anéanti tout l’univers de mon enfance et de mon adolescence. »

A sa libération, il choisit la France comme pays de résidence. Il y connaîtra un destin exceptionnel. En un an, il apprend à écrire en français et Pierre SEGHERS dés 1949 publie son premier recueil dans cette nouvelle langue « Chemin de couleur » et est aussitôt reconnu par la société poétique et littéraire de l’époque. « Vous êtes l’un des nôtres » lui affirme Paul ELUARD. Puis avec Jean FOLLAIN, André FRENAUD et Jean TARDIEU, il crée la revue CARACTERES qu’il dirigera bientôt seul en y adjoignant les éditions du même nom. Il poursuit alors un travail acharné et publie tous les grands noms de la poésie. En 1958, il ne peut revenir d’un voyage en Pologne, retenu dans le pays six années par les autorités communistes. A son retour à Paris, tout est à refaire. Et il le fait ! En 1968 il rencontre la poétesse Nicole GDALIA qui illuminera sa vie et lui permettra de continuer son œuvre d’éditeur et d’écrivain. L’incessant travail l’occupe loin des mondanités littéraires mais dans le resserrement d’une vérité qu’il n’a jamais cessé de traquer, jusqu’à sa mort en 1996. Il repose aujourd’hui au cimetière du Mont des Oliviers à Jérusalem. Nicole GDALIA qui a repris avec la même force et le même courage, les éditions Caractères, publie l’intégralité de l’œuvre universelle de Bruno DUROCHER ; le 1er tome 1040 pages, 39 € consacré à la poésie « à l’image de l’homme » est paru (voir bon de commande sur ce site).  

Lecture d’un extrait de l’interview rédigée en 1956 par lui-même « de Bronislaw Kaminski par Bruno Durocher » « …Je regarde avec une sorte d’étonnement les chasseurs de nazis. Il y a tellement de hargne là-dedans. L’homme se trouve souillé par la haine. Si je me trouvais devant un S.S. qui m’a battu, je ne pourrai pas le battre à mon tour. Je ne suis pas pour l’oubli. On ne peut pas pardonner l’assassinat de sa famille, de sa mère, de ses proches. Mais j’exclus la vengeance ».

Lecture de sa propre présentation : « Mon nom est Kaminski, ce qui signifie en français de la pierre ou du rocher. De là découle ma signature.  … »

Lecture d’extraits de ses différents recueils qui jalonnent un itinéraire intense de spiritualité. Une œuvre humaniste comme il en existe peu de ce niveau mystique, ésotérique.

 

Ne me viole pas, murmure-t-elle, je suis blanche

immaculée

tu vas mettre des signes noirs sur ma peau

tu me blesseras

tu me tueras

 

ainsi se plaint la feuille blanche du papier

 

mais si tu dois me tuer

au moins que les signes que tu écris

soient purs comme moi je suis pure

 

Le prix de la Mémoire du Mémorial de la Shoa lui a été décerné à Paris le 2 juillet 2012.

 

 

 

19/07/12

 

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Christian Saint-Paul consacre l’émission entièrement à la publication aux

 éditions CARACTERES  7, rue de l’Arbalète 75005 Paris   www.editions-caracteres.fr      

du tome 1 « POESIE » « à l’image de l’homme » de l’œuvre complète de Bruno DUROCHER « les livres de l’homme » 1040 pages 39 €.

Rassembler cette œuvre publiée pour l’essentiel dans la deuxième moitié du XXème siècle dont elle constitue une part ineffaçable de l’histoire de ce siècle de tourmentes, est un évènement heureux attendu depuis la disparition en 1996 de cet auteur atypique qui fit tant pour les poètes et fût d’une discrétion et d’une humilité dangereuses pour lui-même. La réalisation de cette publication considérable aussi sur le plan du volume des créations de Bruno DUROCHER, est le résultat du travail accompli par celle qui fût sa femme, la poétesse Nicole GDALIA qui après une carrière universitaire, a repris avec courage le flambeau laissé incandescent par son mari qui créa les éditions CARACTERES.

Nicole GDALIA est jointe à Paris, au téléphone.

La vie exceptionnelle de Bruno DUROCHER est rapidement rappelée : il naît Bronislaw Kaminski le 4 mai 1919 à Cracovie et à l’âge de 17 ans publie son premier recueil, en langue polonaise « Contre » qui attire aussitôt l’attention de la critique littéraire de l’époque qui le qualifie du « Rimbaud polonais » ; il ne connaîtra pas son père catholique mais à 14 ans adopte avec fougue la religion juive de sa mère. Dès le début de la guerre en 1939, résistant, il est arrêté et déporté aux camps de Sachsenhausen puis de Mauthausen dont il sera libéré, miraculeusement parmi les rares survivants en 1945. Il choisit alors de quitter la Pologne et de s’établir en France ; il apprend à écrire le français en quelques mois seulement. Dès 1949 Pierre SEGHERS publie ses premiers textes en français : « Chemin de couleur ». Il est alors vite reconnu dans le milieu poétique et littéraire en effervescence à ce moment là. Paul ELUARD l’assure qu’il est « l’un des nôtres », en même temps que CHAR, REVERDY, CENDRARS etc. Avec Jean FOLLAIN, André FRENAUD, Jean TARDIEU il fonde en 1949 la revue « Caractères »  qu’il finira par diriger seul et qu’il complètera par les éditions éponymes. Les plus grands noms de la poésie du XXème siècle seront publiés par Bruno DIROCHER ; en 1958 il se rend en Pologne mais ne peut en repartir, bloqué pendant six ans par les autorités communistes. A son retour à Paris, il reprend ses anciennes activités avec difficulté car tout était à refaire. En 1968, dans l’explosion de mai, il rencontre celle qui allait l’accompagner pour toujours Nicole GDALIA ; il poursuit ensuite ses activités d’éditeur en s’installant en 1973 au 7, rue de l’Arbalète dans le 5ème arrondissement de Paris où il recevait poètes, peintres, écrivains et travaillait lui-même à la presse, imprimant les livres.

L’extrême lucidité dont ne pouvait plus se départir Bruno DUROCHER, après avoir échappé « à la gueule de l’épouvante », lui signalait qu’il n’avait pu contribuer au rayonnement de son œuvre comme elle le méritait, étant happé par « le combat quotidien ». Car si le poète était discret, volontiers mutique et étranger aux mondanités de la vie littéraire, il n’a jamais ignoré que son œuvre était importante et devait être diffusée. L’entretien entre Saint-Paul et Nicole GDALIA nous éclaire sur cet aspect de DUROCHER. Elle dit le rapport constant et très personnel qu’il entretenait avec Dieu, qu’il interpelait « avec presque arrogance » nous dit Nicole GDALIA, d’égal à égal et auquel il osait demander des comptes. Mais sa création poétique s’illumine de cette passion mystique et de ses interrogations. Il se fait jour, dans tout écrit de Bruno DUROCHER de cette recherche de l’autre, qui est l’autre part de soi-même. Le questionnement de cet homme indépendant est indissociable de la révélation dont il va témoigner. Il recherche l’unité en toute diversité. Le UN voilà la finalité.

Nicole GDALIA lit un extrait de sa « dédicace » à ce tome et qui relate sa visite au cimetière du Mont des Oliviers à Jérusalem où repose Bruno DUROCHER.

Une œuvre mystique, ésotérique au sens le plus noble du terme, travail acharné d’un immense humaniste doué d’un génie poétique puissant, dont « l’enseignement » universel est éternel. A lire absolument !

 

 

Bernard MAZO

12/07/12

 

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Christian Saint-Paul signale la parution du dernier livre de poèmes de Charles JULIET : « Moisson » aux éditions P.O.L 230 pages, 9 € avec une préface de Jean-Pierre SIMEON ; poésie d’une forte spiritualité, mais d’un mystique sans Dieu, qui a connu la mort pour la vie qui est la condition nécessaire du processus initiatique qui aboutit à la seconde naissance. La mélancolie foncière de JULIET nous dit SIMEON, explique le goût pour les musiques qui tremblent du souvenir des ténèbres traversées : blues, flamenco, lamento tzigane. Celui qui a pénétré sa nuit en porte à jamais les stigmates, la part de l’ombre au front et dans la voix.

Finies les longues errances

sous des ciels éteints

Finis ces combats truqués

où j’étais toujours vaincu

Fini ce temps installé

dans la misère du non

J’ai déposé le poids mort

qui obscurcissait ma via

Long a été le chemin

qui m’a permis

de quitter mon enfance

 

Autre publication remarquable dont l’émission « les poètes » se doit de faire connaître, même avec retard, celle de Tôge SANKICHI « Poèmes de la bombe atomique » traduit du japonais par Ono MASATSUGU et Claude MOUCHARD précédé d’un essai de ce dernier, aux éditions « Bruits du temps » 170 p, 18 €.

L’auteur est mort à 36 ans en mars 1953 des suites de son irradiation par l’explosion de la bombe atomique à Hiroshima le 6 août 1945. Ces poèmes, sont les plus admirables qui aient été écrits sur les drames causés par le bombardement atomique et la dignité de l’homme qui ne capitule pas devant eux affirme le prix Nobel Ôé KENZABURÔ ; lecture d’un extrait en fin d’émission.

 

L’émission est ensuite consacrée à Bernard MAZO qui s’était confronté au silence dans toute son œuvre et qui savait que « la mort était embusquée dans chaque pulsation du cœur », disparu soudainement le samedi 7 juillet 2012 à Gassin où il séjournait comme chaque été. Le poète né en avril 1939 à Paris où il demeurait, avait publié une douzaine de recueils et était lauréat du prix Max Jacob et membre du jury international du prix Max-Pol Fouchet. Avec son épouse, il devait rejoindre cette semaine la région toulousaine pour se rendre chez ses amis les Baglin avant de se rendre à Sète animer le festival des Voix de la Méditerranée. Son décès soudain a laissé sous le choc, l’ensemble du monde littéraire et poétique, et en premier lieu, Michel BAGLIN poète, romancier, essayiste, membre comme MAZO du prix Max-Pol Fouchet.

Michel BAGLIN est joint par téléphone. Il dit sa stupeur devant cette mort imprévisible, précise que Bernard MAZO est mort, les pieds dans la Méditerranée et apparemment sans souffrir. Il brosse le portrait attachant de cette figure de la poésie d’aujourd’hui, qui avait au plus haut niveau le sens de l’amitié, bon vivant et à l’écoute de l’autre, mais dont le ton de son œuvre révélait une constante gravité ; il était hanté par la dépossession de soi, par le temps métaphysique, par l’impossibilité de saisir la signification du monde. Face à ses interrogations de plus en plus denses, et les réponses inachevées, Bernard MAZO s’est dépouillé comme un arbre pour affronter l’hiver et a confié de plus en plus son angoisse au silence. Le lecteur sort changé de la mélodie maîtrisée des textes de ce poète dont le scepticisme n’avait jamais entamé sa volonté de fraternité à l’égard des hommes et de leur destin tragique.

Michel BAGLIN rappelle que Bernard MAZO a eu « vingt ans dans les Aurès » qu’il a été marqué toute sa vie par cette sale guerre d’Algérie, mais qu’en poète il n’a cessé de suivre et d’aimer les auteurs algériens et maghrébins qu’il connaissait parfaitement. Il confiait à Baglin sa joie de voir publier la biographie de Jean Sénac au Seuil.

Michel BAGLIN, réagissant devant la douleur, en poète, a écrit pour son ami Bernard MAZO un poème qu’il lit à l’antenne.

Il lit ensuite des extraits de « La cendre des jours » publié aux éditions Voix d’encre et qui avait valu à Bernard MAZO le prix prestigieux Max Jacob.

Saint-Paul lit l’hommage écrit par Abdeldmajid KAOUAH (dont le texte est disponible sur ce site) suivi  d’un article sur Jean ROUSSELOT (1913 – 2004) « L’effervescent » paru dans « Sur les sentiers de la poésie » essai aux éditions MELIS  270 p,  22 €, et enfin d’extraits du recueil « Cette absence infinie » publié aux éditions le dé bleu L’Idée Bleue 120 p, 12 €.

Un auteur qui a rejoint les voix éternelles de la poésie et qui va grandir avec le temps, apanage des grands !

A lire aussi les articles de Michel BAGLIN sur  http://revue-texture.fr

 

 

 
 
Isabelle LEVESQUE
 
05/07/12
 

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Christian Saint-Paul dit l’émotion qu’il a eue à relire le recueil de Sylvaine CERNOIS « PAVILLON VERLAINE – CHAMBRE 102 » Prix Max-Pol Fouchet 2012 et publié par L’Atelier Imaginaire au Castor Astral www.castorastral.com ; l’auteure qui vit dans le Gers avait publié aux éditions dirigées par Josette Ségura et Eric Dazzan « L’Arrière-pays » « Geste suivi de Rosaire » et aux éditions de L’Arbre « Le chemin du Foulon » et « Le Soupir des mains ». La poésie de Pavillon Verlaine – Chambre 102, précise l’éditeur, ne juxtapose pas une suite de poèmes mais laisse filer en une longue coulée ce qui, de la folie maternelle, fait retour dans une langue qui oscille entre la pointe du couteau et le non-dit. A la folie intime répond la folie de l’Histoire. Pour Mira de Bock comme pour d’autres femmes aux identités interchangeables, l’auteur se souvient que la vie peut soudain être rayée. Le paysage marin de Zeebrugge vient là inquiéter, alors que d’autres paysages exotiques du Sud laissent entrevoir une issue d’où perce la pulsion de vie.

J’ai perdu maman.

Vidée par la nuit, blottie dans le trou du souvenir.

*

Elle était arrivée en retard, le regard navré,

l’ourlet de sa robe défait

         gorge en attente de baisers

sa voix s’impose, elle dit « Maman c’est Léa »

 

mourir à mon âge, simple soldat, mité de poux

au camp, les buses d’alimentation en air pulsé,

le collecteur de cendres

les cercueils à l’étage inférieur

 

         mon corps plein de fumée qui puait

la rampe de déchargement des juifs

l’enfant accroché à la jupe de maman

*

Saint-Paul signale la parution du n° 25 de la revue bimestrielle « perméable aux idées » « Pages Insulaires » qui publie un important dossier sur le peintre poète Salvatore GUCCIARDO, des articles de fond et des notes de lectures qui rendent compte de la richesse de la poésie d’aujourd’hui. Le numéro 5 €, l’abonnement 20 € à adresser à Jean-Michel BONGIRAUD 3, Impasse du Poirier  39700 Rochefort-sur-Nenon.

 

L’émission est ensuite consacrée à  Isabelle LEVESQUE poète, critique de livres de poésie, collaboratrice à la revue DIERESE qui a fait paraître aux éditions Les Deux-Siciles collection Poésie « OSSATURE DU SILENCE » préface de Pierre DHAINAUT  avec des encres de Claude Lévesque 46 p, 12 € (voir rubrique « Parutions » de ce site).

Née en Normandie, vivant aux Andelys, elle publie ses premiers poèmes dans les revues : Friches, L’Arbre à paroles, N4728, Diérèse, Arpa, Contre-Allées, Lieux d’Être, Voix d’encre, Les Hommes Sans Epaules

Ses premiers recueils sont publiés par Michel COSEM dans sa collection Encres Blanches à Encres Vives. Dès la lecture de « D’ici le soir » Saint-Paul lui prédit une création poétique remarquable. Aujourd’hui il est établi qu’Isabelle Lévesque a répondu à tous les espoirs contenus dans ses premiers textes et que sa voix fait partie du paysage de la poésie française. Elle n’a en effet cessé de travailler et de publier ; « La Reverdie », « Trop l’hiver » à Encres Vives, codirection avec Daniel MARTINEZ des numéros de la revue Diérèse 52/53 et 56 consacrés à Thierry METZ : une réussite éditoriale exceptionnelle, mais aussi « Or et le jour » textes publiés dans l’anthologie Triages (éditions Tarabuste), « Ultime Amer » éditions Rafaël de Surtis, « Terre ! » éditions de L’Atlantique.  

Isabelle LEVESQUE révèle la genèse de ce livre « Ossature du silence ». Elle parle du lien entre l'ossature, ce qui résiste au temps (à tout), et la démarche de Pierre Dhainaut son préfacier, qui cherche toujours, dans la nuit même, les points d'accroche de la lumière. Elle lit plus loin un extrait de la note de lecture qu’elle a rédigé et publié dans Diérèse 56 sur « La Nuit, la nuit entière » recueil de poèmes de Dhainaut et un extrait de ce livre. Elle acquiesce lorsque Saint-Paul  souligne combien les encres de son père et les poèmes se répondent en un même écho ; c'est le projet du livre. Pour elle, nous portons chacun une part (père/mère), ces sentiments qui nous rendent plus forts et nous inspirent. Le dire, le vivre.
Lecture par Saint-Paul de la préface de Pierre Dhainaut.

Explications d’Isabelle LEVESQUE des ancrages de son livre : ancrage géographique Les Andelys, ancrage géologique, les falaises de craie, et le château Gaillard ancrage historique avec Richard Cœur de Lion. En réalité, c’est toute l’enfance et les apprentissages du lieu qui ressort dans ce recueil. Elle précise qu’il existe Le Petit Andely et Le Grand Andely. L’ancienne demeure royale et la bourgade moderne. Claude Lévesque, son père l’a initié à la beauté fantomatique du lieu. Ses encres, ses esquisses comme transparentes laissent deviner la fluidité du silence que renferme les pierres ouvertes au vent et au rêve. Et c’est encore l’enfance qui se cache dans le silence, rompu parfois par les poèmes de Paul FORT qu’elle cite dans son recueil. Lecture par Isabelle Lévesque de « Les bribes » poème de cet auteur qu’affectionnait Brassens.

Lecture par l’auteure d’OSSATURE DU SILENCE.

Retour sur la quête de la lumière chez Dhainaut comme chez Thierry METZ à partir de la nuit. Pour Isabelle LEVESQUE c’est l’écriture qui permet d’accéder à une forme d’existence plus forte, à une lumière plus vive.

C’est ce qu’elle proclame dans les poèmes à paraître dont elle lit quelques uns pour les auditeurs de Radio Occitanie qui en ont ainsi la primeur.

Ces textes nous les retrouverons dans les revues à paraître « Les Cahiers de la rue Ventura » de Claude Cailleau, « Voix d’encre » d’Alain Blanc ainsi que dans Diérèse n° 57 de Daniel Martinez et dans la revue « Bacchanales » éditée par la Maison de la Poésie de Grenoble. Enfin, un recueil paraîtra aux éditions Rafaël de Surtis « Vivant nu ».

Nous avions dit que nous suivrions Isabelle LEVESQUE dés la parution de son premier recueil, et c’est avec joie aujourd’hui que nous nous essoufflons à la suivre tellement l’allure est vive et soutenue. Quel bonheur !

 

 

 
 
Manijeh Nouri
 
 
28/06/12
 

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Ce jeudi 28 juin 2012 est mort Robert SABATIER, écrivain, poète membre de l’Académie Goncourt. Christian Saint-Paul rappelle le travail exceptionnel qu’a réalisé cet auteur à succès, parisien né en 1923, résistant, qui a rédigé l’anthologie de la poésie française, en particulier les 2 derniers tomes consacrés à la poésie du XXème siècle qu’il connaissait dans les moindres détails. Lecture  de « Les feuilles volantes » extrait de « Icare ».

Christian Saint-Paul signale que la revue « Filigranes » revue d’écritures

(1, allée de la Sainte-Baume  13470 Carnoux-en-Provence  www.ecriture-partagée.com le n° 10 €, abonnement 4 n° 30 €) publie dans son n° 82 un article de fond remarquable du poète toulousain Claude BARRERE « Où va la poésie ? ». L’auteur viendra au micro de « les poètes » développer cette réflexion dont il est recommandé de prendre connaissance.

La parole est ensuite donnée à l’invitée de l’émission Manijeh NOURI enseignante, traductrice, spécialiste de la littérature persane qui vient de traduire au bout de huit années de travail passionné « Le langage des oiseaux » de FARÎD-UD-DÎN ‘ ATTAR. Manijeh Nouri est née à Téhéran, en Iran. Sensible, depuis son adolescence à la mystique persane, après les études universitaires en Suisse et à Paris, elle a traduit et publié plusieurs livres, de ‘Attâr et de Rumi, du persan en français.

Elle explique la genèse de ce livre  Le langage des oiseaux, Manteq ut-Tayr, paru aux éditions du Cerf 2012 :

Le langage des oiseaux, ou encore la conférence des oiseaux, traité soufi persan en poésie (4729 double vers), du poète Farid ud-Dîn ‘Attâr de Nishabour, XIII° siècle, est connu, dans sa traduction française depuis 1863.

Une nouvelle traduction de cette œuvre majeure de la poésie soufie persane s’imposait :

-          Parce que la nouvelle édition persane du professeur Shafi’i Kadkani est parût en 2004 à Téhéran,

-          Parce que les outils scientifiques, tels les encyclopédies et dictionnaires, sont  aujourd’hui à notre disposition.

-          Enfin grâce à l’accompagnement des trois savants et professeurs : Shafi’i Kadkani, Ravan Farhadi et J.H.Tisin.

La traduction actuelle, une nouvelle proposition pour la lecture de cette poésie,  respecte l’ensemble du texte dans sa forme d’origine. Sans vouloir versifier la poésie persane en français, il rend les stiques tels qu’ils sont en persan.

Une large annotation élucide le texte. Cette annotation concerne : le vocabulaire et la terminologie mystique, les références coraniques et littéraires, les différences avec les traductions précédentes en français, en anglais, en italien et en allemand.

Le propos de ce traité est en apparence l’histoire des oiseaux qui vont à la recherche de leur roi. Ils traversent sept vallées (recherche, amour, connaissance, se-suffire-à-soi-même, unicité, stupéfaction et pauvreté et anéantissement). Ils arrivent au sommet de la montagne Qâf, là où ils rencontrent le roi Simorgh.

A travers ce conte allégorique, le poète ‘Attâr exprime sa philosophie et son expérience mystique dans une poésie de haute qualité é littéraire.

De portée universelle, ce « conte » est accessible aux enfants, comme il peut tracer le chemin initiatique pour un adulte.

Les savants et historiens de littérature y verront un document précieux qui reflète la langue et la situation politique et sociale du XIII° siècle au nord-est de la Perse.

 

Lecture d’extraits des versets du Langage des oiseaux en persan et en français ; le dernier morceau toutefois est lu seulement en persan pour s’imprégner de l’exceptionnelle musicalité de cette poésie.

Une version de ce livre mythique renouvelée et facilement accessible qui fait partie de cette culture poétique universelle et intemporelle.

Le  prochain projet de Manijeh NOURI porte sur « Le mémorial des Saints » de ‘Attâr.

 

 
 
Jean-Louis
 
 KERANGUEVEN
 
21/06/12
 

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Christian Saint-Paul rappelle que la revue DIERESE poésie & littérature a fait paraître son n° 56 consacré pour sa majeure partie à Thierry METZ. Deux émissions seront réservées pour cette publication qui met en exergue une œuvre majeure de la poésie du XXème siècle. Le n° 15 €, abonnement 38 € à adresser à Daniel Martinez  8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière. Lecture de poèmes jusqu’alors inédits de Thierry METZ.

Travail remarquable aussi des éditions Bruno Doucey (voir annonce page d’accueil).

Lecture d’un texte de Salah Al HAMDANI  « Le Balayeur du désert » 104 p, 14 €.

Hommage aussi à Daniel COHEN l’éditeur de Orizons qui ne cesse de publier des livres de poésie ou sur la poésie en sus d’ouvrages littéraires, philosophiques ou de témoignages. Un éditeur qui sort toujours des sentiers battus, prend des risques pour ses auteurs. A citer quelques livres qui feront bientôt l’objet de cette émission :

de Charles DOBZYNSKI « Je est un juif, roman » recueil de poèmes 133 p, 13,50 € ;

de Rainer Maria RILKE « Sonnets à Orphée » édition bilingue traduit de l’allemand par Charles DUBZYNSKI  138 p, 12 € ;

de Emily DICKINSON « Menus abîmes » poèmes traduits et commentés par Antoine de VIAL 240 p, 22 € ;

de Antoine de VIAL « Obéir à Gavrinis » textes poétiques illustrés par Gilles ALFERA  54 p, 10 €.

Lecture d’extraits de ces livres.

Les éditions de L’Atlantique sont à l’honneur aussi dans cette émission ; il est rappelé l’important travail accompli par Silvaine ARABO et l’appel à s’abonner à sa collection (voir page d’accueil de ce site).

Lecture d’extraits de « A la fenêtre sans rideaux » de Marcel MIGOZZI 48 p, 14 €.

C’est d’ailleurs un recueil paru à ces éditions, même collection PHOIBOS qui est choisi pour l’émission ; en effet, Jean-Louis KERANGUEVEN qui a fait paraître « Au silence consenti » 70 p, 17 € qui est joint au téléphone depuis sa résidence dans la région de Montpellier.

Il s’explique sur sa biographie (né en 1942, d’origine bretonne, exerçant son métier à Montpellier, il publie dans différentes revues (Décharge, Multiples, Revue des Archers, Lieux d’Être, la revue montpelliéraine Souffles) avant de s’astreindre à plusieurs années de silence qui vont ensuite orienter son travail vers un dépouillement  rigoureux. L’ascèse orientale influencera également ce poète qui écrit des textes concis, minimalistes, mais toujours préoccupé par le souffle et le rythme qui leur donne un caractère musical.

Une poésie à lire et à écouter.  Un concentré d’émotions.

 

j’ai apporté

mes mots

 

m’ouvriras-tu

tes vagues

 

Lecture par l’auteur de ses textes et lecture également de poèmes plus spécialement engagés dans la dénonciation des maux de notre monde, textes qui constitueront une publication prochaine.

Un auteur scrupuleux et fraternel à suivre.

 

 

 
 
Michel ECKHARD-ELIAL
 
14/06/12
 

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Christian Saint-Paul annonce quelques évènements qui vont rythmer la vie poétique et musicale à Toulouse : « Fidèles d’amour »  le mercredi 20 juin en soirée à l’Ostal d’Occitania 11, rue Malcousinat à Toulouse précédée le matin d’un colloque « Chemins de l’esprit » à 9h30 à l’Espace Culturel Algérien à Toulouse 23 rue Arnaud Vidal (voir le détail de ces manifestations sur ce site).

Le nouvel album du groupe Oc « Paratge Symphonie Occitane » a été présenté à l’Ostal à Toulouse et se verra remettre par le président du Sénat Jean-Pierre Bel le Disque d’Or Oc. Voir sur ce site et sur : www.ocmusic.org 

Michel ECKHARD-ELIAL poète, directeur de la revue LEVANT et des éditions éponymes est joint au téléphone depuis Montpellier. Il vient parler d’un évènement dont il est l’instigateur à Montpellier avec l’Espace Averroès : « L’Echelle de Babel » diwan poétique autour de Naïm ARAYDI qui aura lieu le jeudi 28 juin 2012 à la Maison des Relations Internationales de Montpellier (14, rue Descente en Barrat).

Michel ECKHARD-ELIAL présente ce poète druze et précise le contenu de cette manifestation emblématique de l’œuvre de paix qui anime aussi bien les auteurs de la revue LEVANT que les membres de l’Espace Averroès.

Lecture par Michel ECKHARD-ELIAL de poèmes d’ARAYDI ; interruption à la suite d’une difficulté technique de la liaison téléphonique. Diffusion d’un extrait de l’album de l’ensemble iranien NOUR et lecture d’un extrait du recueil de Salah Al HAMDANI « Le Balayeur du désert » (éditions Bruno Doucey 14 €) pendant cette interruption.

Retour de la liaison et lecture de textes d’ARAYDI, présentation du livre de  Salah Al Hamdani et Ronny Someck qui vient de paraître Bagdad-Jérusalem, À la lisière de l’incendie  chez  Bruno Doucey (voir sur ce site). Présentation du contenu du n° 12 de la revue LEVANT qui va paraître. Lecture d’extraits.

Revue LEVANT : http://revue.levant.free.fr/index.html 

Michel ECKHARD-ELIAL  avec Naïm ARAYDI

 

 

 
 
 
MARAM-AL-MASRI
Mohammad AFIFI MATAR
 
07/06/12
 

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Christian Saint-Paul introduit l’émission par ces mots de Paul CELAN adressés alors à Hans BENDER : « Je ne vois pas de différence entre une poignée de main et un poème ». Le poème est le fait de parler à l’autre, comme l’écrit CELAN il « concède à l’autre une parcelle de sa vérité : le temps de l’autre ». C’est la lecture du recueil de Marcel MIGOZZI « A la fenêtre sans rideaux » (éditions de L’Atlantique 50 pages 14 €) qui cite CELAN qui a inspiré cette réflexion. Lecture du poème de MIGOZZI.

Saint-Paul annonce que Daniel MARTINEZ et Isabelle LEVESQUE ainsi qu’Alain HELISSEN et Bruno SOURDIN dédicaceront leurs livres parus aux éditions des Deux-Siciles (8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière) à l’occasion du marché de la poésie à Paris du 15 juin au 17 juin. A ce propos il lit des extraits des livres de Daniel MARTINEZ « Terre entière » et d’Isabelle LEVESQUE « Ossature du silence ».

Le numéro 56 de la revue DIERESE a paru. Epoustouflant ! Il faut se le procurer toutes affaires cessantes ! Consacré à Thierry METZ les plus grands noms de la poésie s’impliquent dans cet hommage qui prolonge l’exceptionnel n° 52/53. Une émission particulière sera entièrement réservée à cette publication qui fera date dans l’histoire de la poésie pour avoir révélé intimement le parcours de cette lumière noire chère à HUGO de Thierry METZ ; (le n° comporte 350 pages pour seulement 15 €, bon de commande en page d’accueil).

Saint-Paul rappelle que le 1er tome de l’œuvre de Bruno DUROCHER (voir page d’accueil) a paru et lit un poème de DUROCHER d’un de ses recueils paru en 1976, et certainement repris dans l’anthologie.

Une pause musicale permet d’écouter un chant soufi de l’Ensemble Ibn Arabi pour introduire les deux poètes de la soirée, un égyptien et une syrienne.

Mohammad AFIFI MATAR est né en 1935 dans un village du delta du Nil en Egypte. Il fût professeur de philosophie en Egypte et fonda une revue culturelle (Les Epis) vite interdite par le régime de l’époque (1969  1972). Son œuvre fût longtemps de ce fait publiée à l’étranger (Damas, Beyrouth, Bagdad). Lauréat de nombreux prix dont le prix Cavafy. Récompensé enfin en Egypte : prix de l’Etat Egyptien. Biographie développée par Saint-Paul avant de lire des extraits de « Festivités de la momie sauvage » (éditions La Différence  141 pages 15 €).

MARAM-AL-MASRI  est née à Lattaquié en Syrie et s’est exilée à Paris.

En 2009 elle bénéficie d’une résidence d’écriture dans le Nord de la France. Son regard de femme du soleil sur ces terres brumeuses et froides sera celui d’une femme conquise aux autres qui connaissent eux aussi les crises économiques et la fragilité sociale. Elle rapportera de ce séjour de tendresse et de fraternité « La robe froissée » paru chez Bruno Doucey 90 pages, 13 € un livre qui réchauffe comme le soleil de Syrie. Lecture d’extraits.

 

 

 
 
 
Hélène MOHONE
 
 
31/05/12
 
 

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Christian Saint-Paul relate son désarroi à l’écoute des vociférations d’un « poète » lors de la journée Félix CASTAN du samedi 26 mai 2012 à la Maison de l’Occitanie à Toulouse, le « poète » en cause hurlant que les poètes vivants sont les seuls à devoir être écoutés, que les morts ne nous intéressent plus !

Ce contresens énorme est à corriger. Une large place sera faite lors de cette émission aux poètes disparus mais dont les mots résonnent toujours aussi justes. Nietzsche a pertinemment écrit : « certains écrivains naissent posthumes ».

Et quel regard crédible peut-on avoir sur les créateurs qui vivent aujourd’hui à nos côtés ? A cette question, une réponse peut être avancée à la lecture de l’essai de Jean-Michel BONGIRAUD « La poésie et nous » Editions Corps Puce 11 p, 10 €  qui écrit (page 89) « qu’on serait donc bien en peine de définir véritablement quelles sont les sources poétiques actuelles tant elles sont diffuses, diverses et diluées les unes dans les autres. » Auparavant, il expliquait que si la poésie actuelle était née de Rimbaud et de Mallarmé, ceux-ci de leur temps (années 1850) étaient des quasis inconnus du public. La prudence est donc de mise et le temps est un crible où l’histoire littéraire finit par se révéler. Il n’importe nullement que l’auteur soit vivant ou mort pour que son texte livre sa part de vérité. Car, c’est toujours cette part ineffable de vérité que recherche le poète sous toutes ses formes. Cette vérité, prétend Albert CAMUS « est à construire comme l’amour, comme l’intelligence. Rien n’est donné ni promis en effet, mais tout est possible à qui accepte d’entreprendre et de risquer. C’est ce pari qu’il faut tenir à l’heure où nous étouffons sur le mensonge, où nous sommes acculés contre le mur ».

Marcel MIGOZZI bien vivant lui, né à Toulon en 1936, a derrière lui une œuvre abondante qu’il complète par la parution aux éditions de l’Atlantique 48 p, 14 €, d’un nouveau livre de poèmes : « La fenêtre sans rideaux ». C’est celle « devant laquelle se tient un enfant qui a vieilli donne, avec son dénuement, sa transparence, sur un temps désorienté, passé-présent passant dans l’immobilité silencieuse des souvenirs. Vivre-écrire à la fin n’est-ce pas se regarder au-delà de la page (de son corps, de sa rue, de sa maison, de l’amour…) dans un visage où les rides ne vont tarder à disparaître ? »

Lecture d’extraits du recueil. Ce poète accompli (prix Malrieu, prix Artaud) nous enveloppe dans ce livre prenant, d’une mélancolie sereine qui rend plus doux l’affrontement avec le temps qui passe pour nous emporter ; des textes d’une grande force, celle de la maturité d’un poète qui a beaucoup vécu qui méritent d’y consacrer une émission spéciale, ce qui sera fait prochainement.

Une émission sera aussi réalisée sur « Ossature du Silence » (Les Deux-Siciles éditeur 48 p 12 € à commander à Daniel MARTINEZ  8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière) d’Isabelle LEVESQUE qui s’inscrit dans la génération des auteurs qui assureront la continuité de la poésie pour de nombreuses années. Pierre DHAINAUT le vieux routier de la poésie, n’a pas laissé échapper lui non plus, cette voix « qui rompt constamment avec l’ordre prévisible de la syntaxe et de la versification, délie les mots, les régénère, dégage leur énergie ». Lecture d’un extrait.

Lecture d’extraits de l’anthologie personnelle de Michel BAGLIN parue au Castor Astral,  112 p, 13 € (voir page d’accueil). La somme de ces textes par la charge émotionnelle qu’ils dégagent  d’une écriture simple et limpide qui est l’apanage des plus grands, confirme que Toulouse abrite une voix intemporelle de la poésie. A lire absolument !

Pour en revenir à notre responsabilité de ne pas rater ces voix intemporelles, même si elles ont disparu, Saint-Paul cite le travail exemplaire de la revue Diérèse (abonnement 38 € à adresser à Daniel MARTINEZ  8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière) qui publie dans son n° 55 des textes d’Hélène MOHONE morte d’un cancer en 2008 (voir : helene.mohone.free.fr) ; lecture d’extraits.

Saint-Paul salue le fantastique travail qu’a réalisé Nicole GDALIA directrice des éditions CARACTERES qui publie l’œuvre complète de

Bruno DUROCHER (voir page d’accueil); le 1er tome est consacré à la poésie : « à l’image de l’homme » 1000 p, 39 € ; une édition prodigieuse au service d’une œuvre épique à ne pas manquer !

Lecture de la présentation de Xavier HOUSSIN, lecture d’extraits.

Saint-Paul qui a rendu visite à Collioure à Antonio MACHADO dans ce cimetière du bord de la Méditerranée où il repose depuis 1939, lit un extrait de « Juan de Mairena » (éditions Du Rocher collection Anatolia  440 p, 22 €) « …l’on ignore que le courage est une vertu des faibles, des natures pacifiques - jamais celle des tueurs -, et qu’à la fin des fins ce sont toujours les hommes de paix qui gagnent une guerre, jamais ses hommes liges. Seul est courageux l’homme capable de se payer le luxe de cette animalité nommée amour de son prochain, c’est d’ailleurs ce qui fait sa spécificité humaine. »

Le dernier hommage à un poète disparu est celui à Pierre GAMARRA écrivain occitan enterré à Bessens en mai 2009. Lecture du témoignage de son collègue à la revue EUROPE, Charles DOBZYNSKI, lecture de son poème « Toulouse » extrait de « Le sorbier des oiseaux » publié chez Seghers en 1976.   

 

 
 
 
 
 
 
Amina TAZI
 
 
Jean-Claude SOLANA
 
24/05/12
 
 

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Christian Saint-Paul rappelle que ce dimanche 27 mai 2012 se tiendra place du Capitole à Toulouse « Le FOROM DES LANGUES » ; c’est sa 20ème édition.  C’est une certaine philosophie occitaniste (au-delà de la langue, la culture occitane est une éthique) qui a inventé et qui organise ce forom. « Chaque langue est une langue-culture » disait Henri Meschonnic.

La veille, le samedi 26 mai sera organisé « L’évènement CASTAN : l’œuvre et la pensée de Félix Castan, des idées pour demain » à l’Ostal d’Occitanie 11, rue Malcousinat (prés de la place Esquirol) et le soir place du Capitole.

 

Ce même dimanche 27 mai, le poète Gaston PUEL donnera une lecture de ses poèmes à Andillac dans le Tarn, sur des tableaux d’Anne SLACIK (voir page d’accueil).

 

Saint-Paul invite à lire le dernier recueil de Michel COSEM « Le Sud du soleil » qui vient prolonger « Les herbes de safran », textes sur les lieux qu’a traversés le poète (Editions de l’Atlantique 85 p 19 €).

Isabelle LEVESQUE, pour notre plus grand bonheur, poursuit sa destinée de poète depuis la publication à Encres Vives « D’ici le soir » en nous offrant un nouveau livre : « OSSATURE DU SILENCE » préface de Pierre DHAINAUT , encres de Claude LEVESQUE aux éditions  « Les Deux-Siciles » Collection Poésie, OSSATURE en 48 pages, 12 €. « Isabelle Lévesque, qui rompt constamment avec l’ordre prévisible de la syntaxe et de la versification, délie les mots, les régénère, dégage leur énergie, écrit Pierre Dhainaut, les poèmes n’expliquent jamais : « à partir du vide », avec le « silence », ils érigent cette « ossature » précaire, vacillante, qui accueille les vents, qui ne les retient un instant que pour les rendre à l’infini ». Cette auteure, aujourd’hui reconnue comme une des voix de la poésie de notre époque, est l’instigatrice avec Daniel MARTINEZ de la revue Diérèse des deux numéros consacrés à Thierry METZ.  Elle est prolixe et un prochain recueil « Vivant nu » va paraître chez Rafael de Surtis. « Les poètes » lui consacreront une émission spéciale très bientôt.

 

A NOIR  B BLANC, ce titre rimbaldien est celui du meeting poétique qui aura lieu le samedi 2 juin 2012 de midi à minuit, place Arnaud Bernard à Toulouse et qui est organisé par l’association PASSATGE ; c’est une première et un nouvel espace de liberté qui est offert dans la ville de Toulouse.

« Les poètes » se devaient donc d’en rendre compte et de participer à ce meeting poétique.

C’est Amina TAZI une des dirigeantes de l’association qui vient en parler avec l’écrivain poète Jean-Claude SOLANA.

Il s’agit de faire écouter les voix des poètes qui viendront dire leurs textes sur la place Arnaud Bernard de midi à minuit. Les poètes chevronnés côtoieront ceux qui oseront prendre la parole et proposer d’autres styles. Un évènement ouvert à toutes les créations : « nous ne sommes pas là pour juger qui est bon et qui ne l’est pas » précise Jean-Claude SOLANA. C’est la volonté de Monique CHABBERT autre instigatrice de cet évènement qui n’a pu être présente ce soir, confirme Amina TAZI ; cette initiative courageuse, qui n’est pas sans risques (mais surtout celui d’étonner) est à encourager et le public doit se trouver au rendez-vous car c’est lui qui fera le succès.

Jean-Claude SOLANA déclame de mémoire un long poème sur l’interrogation d’une époque et sur la tragédie qui ensanglanta Toulouse lors de l’explosion d’AZF le 21 septembre 2001, dix jours après la destruction criminelle des deux tours à New-York.

On écoute aussi un enregistrement avec le poète chanteur écrivain Claude SICRE et un enregistrement d’un texte de SOLANA avec un génial accompagnement de guitare.

Rendez-vous le samedi 2 juin de midi à minuit place Arnaud Bernard à Toulouse !

 Texte récité par Jean-Claude SOLANA

Amina TAZI & Jean-Claude SOLANA

 
 

 


 
 
 
 
 
 
 
 
10/05/12
 
 

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Christian Saint-Paul recommande la lecture des revues suivantes :

Pages Insulaires n° 24 couverture de Cathy GARCIA sommaire d’une haute tenue comme toujours, articles de fond et notes de lecture soignées qui rendent compte de l’effervescence des parutions poésie actuelles.  Le n° 5 €, l’abonnement  (6 numéros) 20 € à adresser à Jean-Michel BONGIRAUD,  3 Impasse du Poirier  39700  Rochefort-sur-Nenon. Lecture de l’éditorial de Jean-Michel BONGIRAUD.

404ème  Encres Vives numéro consacré à Jacques LOVICHI qui y publie un recueil fourni : « Au Revoir et Merci » ; lecture d’extraits.

405ème  Encres Vives consacré à Michel CAZENAVE qui y publie « Le Pas de la Colombe ».

406ème Encres Vives numéro spécial de la nouvelle collection créée par Michel COSEM « Arrêt sur image » et ayant pour sujet Chantal DAJOU « Des îles et des montagnes ou Chemins de poésie et de prose » poèmes/romans avec Yves Artufel, Michel Baglin, Roger Gonnet, Claude Haza, Jacmo,Gaelle Josse, Jean Joubert, Gilles Lades, Monique W. Labidoire, Jean-Claude Villain. Un éclairage radieux sur l’œuvre de ce membre du comité de rédaction d’Encres Vives.

Chaque revue 6,10 €, abonnement 12 volumes 34 € à adresser à Michel Cosem, 2 allée des Allobroges, 31770 Colomiers.

 

En clin d’œil à Michel COSEM et à Gilles LADES, entre autres, très attachés aux lieux qui sont pour eux sources de création, Saint-Paul signale la parution aux éditions Gallimard du dernier livre de poèmes de Xabi MOLIA « Le contraire du lieu » ; La poésie est le contraire du lieu proclame-t-il. Lecture d’extraits.

 

Enfin Saint-Paul attire l’attention sur la création poétique en langue espagnole, passionnante et recommande la lecture d’un recueil enfin traduit en français de Juan Antonio GONZALES IGLESIAS « Ceci est mon corps » Circé éditeur 175 p, 15 €. Lecture d’extraits.

 

L’émission est ensuite consacrée au dernier livre de poésie du poète écrivain marocain de langue française, membre de l’Académie Goncourt,

Tahar BEN JELLOUN « Que la blessure se ferme » Gallimard  135 p, 14 €.

Rappel rapide de la biographie de cet auteur mondialement connu : né à Fès au Maroc le 1er décembre 1944, études au lycée français de Tanger, à l’Université Mohammed V de Rabat en philosophie ; enseignement de cette matière au Maroc jusqu’en 1971 et exil dès 1971 en France à Paris où il poursuit des études jusqu’à un doctorat de psychiatrie sociale.

Nombreuses publications, Prix Goncourt en 1987 pour « La Nuit sacrée » qui prolongeait son roman précédent « L’Enfant de sable ». Poète contestataire au Maroc sous Hassan II, il est aujourd’hui traduit dans la quasi-totalité des langues du monde. Il poursuit inlassablement son combat pour la liberté et contre le racisme.

Ses derniers poèmes le renouvellent et contiennent la même violence émotionnelle que ses précédents recueils. Lecture d’extraits en particulier le poème « Le désamour » véritable règlement de compte avec son épouse, lecture précédée de « Que serais-je sans toi » poème d’Aragon chanté par Jean Ferrat cité dans ce texte ; lecture de « Amine, mon fils trisomique ».

Un livre génial ! A lire d’urgence.

 

 
 
03/05/12

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Christian Saint-Paul consacre l’émission exclusivement à Thierry METZ.

Deux précédentes émissions avaient permis à Isabelle LEVESQUE et à Daniel MARTINEZ d’informer les auditeurs sur la publication de deux livraisons de la revue DIERESE (les n° 52/53 et 56) recensant textes, lettres, poèmes, entretiens et analyse de l’œuvre majeure de ce poète prématurément disparu (1956  1997).

Ce soir c’est la lecture de larges extraits de :

Journal d’un manœuvre, préface de Jean Grosjean  Gallimard collection L’Arpenteur, qui est choisie.

Au préalable Saint-Paul lit un extrait de l’entretien accordé par Thierry METZ à la revue Festin le 17 juillet 1990 à Agen « Propos d’un manœuvre » en écho à ce livre et reproduit pages 113 et suivantes dans le n° 52/53 de la revue DIERESE.

Ces deux volumes de DIERESE (le n° 15 € abonnement 38 €) sont à commander à Daniel Martinez 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière ; lecture hautement recommandée comme tous les livres de Thierry METZ !

(voir bon de commande)

 

 

 
 
26/04/12
 
 

Daniel MARTINEZ

 
 
 

Christian Saint-Paul rappelle que les éditions Caractères vont publier l’œuvre complète de Bruno DUROCHER (voir page d’accueil ou rubrique « Parutions »). Le 1er tome « A l’image de l’homme »  1040 p, 36 € regroupe la création poétique de l’auteur et sera disponible dès le 30 avril. Lecture d’un poème extrait du recueil « effacement du cercle ».

Daniel MARTINEZ, poète, éditeur, revuiste est joint au téléphone. Il vient parler du travail réalisé avec la collaboration d’Isabelle LEVESQUE pour la parution du n° 56 de la revue DIERESE

(voir bon de commande) qui est consacré pour la deuxième fois (n° 52/53) au poète Thierry METZ (1956  1997).

En effet, il est aujourd’hui établi que l’œuvre de ce poète est une œuvre majeure dans l’histoire de la poésie du XXème siècle. Les auteurs (Sophie Avon, Gérard Bocholier, Raymond Bordes, Michel Bourçon, Lionel Bourg, Gérard Bourgadier, Denis Castaing, Jean-Pierre Chambon, Éric Dazzan, Bertrand Degott, Pierre Dhainaut, Bernadette Engel-Roux, Christian Estèbe, Gilles Lades, Isabelle Lévesque, Daniel Martinez, Lionel Mazari, Gaetano Persechini, Hervé Planquois, Nathalie Riera, Jean-Marc Sourdillon, Joël Vernet, Muriel Verstichel, Christian Viguié…) qui ont participé à cet important dossier dirigé par Martinez et Lévesque  publié dans ce n° 56, le démontrent. Mais il importe de donner à lire cette œuvre car, elle n’aura sa consécration que par le lecteur selon la pensée de Pierre REVERDY : « L’œuvre est un rendez-vous. Ce n’est pas son âme que l’auteur vous doit mais sa présence – si vous y ajoutez la vôtre et du vôtre l’œuvre vivra. Car il n’y a pas seulement la sincérité de l’auteur que l’on exige- il y a aussi celle du lecteur à laquelle on ne pense pas. »

Certainement de son vivant Thierry METZ aura été un grand poète méconnu. Et pour reprendre la pensée de REVERDY répondant à la question de BAUDELAIRE : « Qu’est-ce que c’est qu’un grand homme méconnu ? » : « C’est comme un arbre dont les branches constamment taillées et retaillées le laisseraient se développer d’abord tout en racines. L’épanouissement en hauteur n’en serait que plus luxuriant après – mais ceci n’est dit que pour l’œuvre. De l’homme, autant dire, évidemment, que ce n’est rien. »

Daniel MARTINEZ lit la carte manuscrite de Christian BOBIN qui figure en tête du n° 52/53 de DIERESE :

Cher Daniel Martinez

                        la mort,

parfaite lectrice, secoue les

livres afin qu’en tombe ce

qui les encombrait. Ce travail du crible, Thierry

Metz l’a fait de son vivant.

Ses mots ont l’éclat d’une

poignée de sel – comme à

cette époque ancienne où

le sel était la monnaie

qui ne ment pas.

            Amicalement,

signé Christian Bobin

Lecture ensuite de poèmes de Joël VERNET extraits du n° 56 dédiés à T. METZ.

Lecture de la préface d’Isabelle LEVESQUE du Carnet d’Orphée et autres poèmes (éditions Les Deux-Siciles 12 € 73 p à commander à la même adresse que la revue Diérèse). Daniel MARTINEZ explique la genèse de cette publication.

Lecture de poèmes inédits de Thierry METZ qui figurent dans le n° 56 de la revue.

Puis en évocation de Thierry METZ :

Lecture de poèmes d’Isabelle LEVESQUE «  C’est tout c’est blanc » qui figurent dans le n° 56 de la revue.

Lecture d’un poème de Françoise HAN « Le temps ne lui a pas creusé une absence » paru dans le n° 52/53.

Lecture d’un poème de Lionel BOURG « Salut public » extrait du n° 56.

Toutes ces voix affirment que la parole de Thierry METZ ne se taira plus désormais puisqu’elle est universelle et éternelle.

Un numéro de la revue DIERESE à ne pas manquer !

(Le n° 15 € abonnement 38 € à Daniel Martinez 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière)

 

 
 
12/04/12
 
 

Bruno DUROCHER (1919 – 1996)

 

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Christian Saint-Paul signale la parution d’une autre anthologie de poètes algériens de langue française : « Quand l’amandier refleurira » établie par Samira NEGROUCHE publiée aux Editions de L’Amandier  www.editionsamandier.fr collection Poésie, avec des encres de Hamid TIBOUCHI, 59 P, 10 € ; aux côtés des anciens nés dans les années 30, cette petite anthologie (11 auteurs) fait entendre des voix qui sont celles de l’Algérie d’aujourd’hui qui fera l’Algérie de demain. Ces poètes de la jeunesse développent une grande vitalité en étant néanmoins les descendants des voix incontournables comme Mohamed DIB ou Tahar DJAOUT ou même Jean SENAC. Lecture de poèmes de Samira NEGROUCHE.

On retrouve trois de ces poètes dans l’épaisse anthologie de la poésie algérienne en langue française « Quand la nuit se brise » dirigée et présentée par Abdelmadjid KAOUAH éditions POINTS www.lecerclepoints.com 295 p, 7,80 €. Les deux ouvrages se complètent et une émission leur sera bientôt consacrée.

 

L’essai de Jean-Michel BONGIRAUD « La poésie et nous » (voir annonce page d’accueil) est paru aux éditions Corps Puce  http://corps-puce.org collection L’Art du mot 11 p, 10 €. Dans sa préface Jean FOUCAULT se réjouit que l’auteur à propos de la poésie, sache « en dévoiler les enjeux, loin des poses convenues et des clichés ». «Il nous montre comment la poésie est notre moteur intérieur, le mouvement intime avec les mots, qui nous fait être. »

Lecture d’un extrait du livre. Le directeur des Pages Insulaires sera bientôt notre invité. Mais un essai à la simplicité de ton à lire sans attendre.

 

Les éditions CARDERE www.cardere.fr  poursuivent leur difficile travail de diffusion et font paraître deux livres de poésie dont nous recommandons la lecture aux auditeurs ; chacun coûte 12 € et l’achat peut se faire directement sur le site de l’éditeur.

Le premier est celui de l’infatigable revuiste, artiste, photographe et surtout poète Cathy GARCIA « Les mots allumettes » richement illustré par elle-même. Un appel à la sérénité, une quête spirituelle où la révolte n’appelle qu’à la tendresse, à la fraternité des êtres, tous en mal d’absolu :

Les mots en gravats dans ma tête. Des tonnes.

 

Je retiendrai celui qui brise l’encerclement, dégage une spirale et m’élève jusqu’au ciel.

Jusqu’au grand, grand ciel. N’avoir que celui-là en bouche.

 

Lecture d’extraits du recueil.

Le second « Triptyque du veilleur » est celui de Louis RAOUL poète connu des abonnés des éditions Encres Vives qui l’ont publié dès 1992, qui totalise aujourd’hui une quinzaine de recueils et a obtenu en 2008 le Prix de la Librairie Olympique pour son livre « Logistique du regard » publié chez N&B/Pleine Page. Ecriture délicate et pudique qui semble effleurer mais imprègne sa trace durable dans les esprits. Il faut lire ce poète discret. Lecture d’extraits du livre.

Vous abordez

Au pied de la tour

Qui est vous

Il vous faut rejoindre la hauteur

Où veiller

Dans l’éternité d’une heure

La rouille d’un jour

Qu’on aurait oublié.

 

C’est un autre poète discret et économe de ses œuvres qui est cité en dernier par Saint-Paul : Jean-Claude CAËR dont il recommande la lecture de « En route pour Haida Gwaii » paru aux éditions Obsidiane, 69 p, 14 €. C’est son 4ème livre de poèmes toujours chez cet éditeur. Ce poète parcimonieux se lit d’un trait tellement son ton est clair et puissant. On retrouve dans ce recueil l’ombre de Malcolm Lowry qui a hanté le Maine avec Kerouac, Emerson et quelques autres, que traverse l’auteur avant de s’embarquer depuis Vancouver pour l’île de Haida Gwaii, à l’autre bout du continent. Et les textes de CAËR font songer à ceux de Malcom Lowry. La même force émotive et narrative des poèmes de l’auteur de « L’amour de mourir ». Lecture d’extraits du livre.

Seul sur la route, au volant d’une automobile bleu ciel,

Je traverse la forêt en feu.

Des Blue Hills jusqu’à Castine.

Et Castine fut tour à tour française et allemande et anglaise.

Nombreuses batailles :

Fort de Madison, fort George, fort de Pentagoët

Jusqu’au plus bas des cieux.

 

L’émission est ensuite consacrée à une voix majeure de la poésie du XXème siècle : Bruno DUROCHER (1919 – 1996). Né en 1919 à Cracovie sous le nom polonais (sa mère juive y a veillé) de Bronislaw Kaminski, son père l’a élevé dans la religion catholique. Mais très vite, il se convertit avec passion au judaïsme dont l’étude l’accompagnera toute sa vie. Dès l’âge de 17 ans, il publie un recueil de poésie en polonais « Contre » qui le fait remarquer et lui vaut d’être considéré comme le Rimbaud polonais. Mais il est arrêté pour activités politiques dès 1939 et est interné à Sachsenhausen puis à Mauthausen. Il gardera de ces 7 années terribles un voile dans l’étincelle de ses yeux et un regard changé sur le monde. Il décide, à sa libération des camps, de s’installer à Paris et de devenir écrivain français. Il apprend la langue et en 1950 se présente à Claude Couffon de « Lettres Mondiales » sous le nom de Bruno DUROCHER et entend faire partie intégrante des forces vives de la jeune poésie française de l’époque. Pierre SEGHERS le publie dés 1949 et Paul ELUARD le reconnaît comme « un des nôtres ». La même année il fonde avec Jean FOLLAIN, André FRENAUD et Jean TARDIEU la revue « CARACTERES » dont il deviendra l’unique responsable et poursuivra ce travail en fondant les éditions éponymes. Les grands auteurs de la poésie qui marqueront le XXème siècle comme Pierre Jean JOUVE, Fernando PESSOA, Tristan TZARA ou Raymond QUENEAU se retrouvent dans le prestigieux catalogue des éditions qu’il dirige, participant lui-même à l’impression et au façonnage des ouvrages. Son expérience humaine exceptionnelle et son génie de la langue, vont donner naissance à un travail de création qui sera dorénavant le sens de sa vie. Dans la deuxième moitié des années soixante dix, Saint-Paul commencera à lire cette œuvre qui était à l’époque, unique dans son genre ; il en restera marqué durablement et partagera ce sentiment avec quelques amis poètes dont Monique-Lise COHEN, Michel ECKHARD-ELIAL  et les poètes aguerris comme Gaston PUEL qui fût aussi publié par DUROCHER dans sa revue. Ce témoignage de ce survivant des camps, demeuré poète prolixe, mais aussi dramaturge, essayiste et auteur de récits est à découvrir pour tous ceux pour lesquels il ne saurait y avoir de grande œuvre sans la recherche inépuisable d’une spiritualité valorisante pour l’humanité. Et c’est bigrement le cas pour Bruno DUROCHER !

Lecture de très larges extraits de son recueil « gagner la lumière » paru aux éditions Caractères en 1976 et en particulier d’un poème où il s’interroge sur la signification réelle de la poésie :

………………………

Tu es la chanson et la plainte et l’arme et la clef

de la porte du mystère

tu vas comme le murmure des vents les plus lointains

proche comme la terre inconnue comme

            les nébuleuses

tu es entrée dans la maison du fils de l’homme

il t’a accueilli

et il est devenu maudit

…………………………..

 

Le 1er tome de l’œuvre complète de Bruno DUROCHER est un gros volume de 1040 pages (36 €) ; c’est une somme de poésie qui ouvre un ciel à gagner sur des ténèbres envahissantes. En cela, la poésie est peut-être le salut de l’homme ici bas.

A lire absolument !

 

 
 
12/04/12
 
 
 
Thierry METZ
 
 
Isabelle LEVESQUE

 

 

Christian Saint-Paul annonce un évènement éditorial qui doit mobiliser les acteurs culturels chacun dans leur domaine : la publication de l’œuvre complète de Bruno DUROCHER (1919 – 1996). Tous ceux qui ont connu DUROCHER se réjouissent de cette parution et ceux qui ne l’ont jamais lu pourront désormais avoir accès à cette pensée humaniste qui est l’honneur de la poésie. Un nombre considérable de poètes aujourd’hui « reconnus » ont été édités par Bruno DUROCHER soit dans sa revue, soit dans ses éditions « CARACTERES » www.editions-caracteres.fr . Son opiniâtreté, son courage hors du commun et son génie poétique font de lui une figure mythique de la poésie du XXème siècle. Saint-Paul se souvient du charisme de cet homme dont on pressentait l’écorchure, d’une sincérité désarmante, doué d’une parole au lyrisme envoûtant mais qui savait être laconique et n’utilisait les mots qu’avec précaution. Il aimait montrer aux visiteurs qui étaient souvent ses auteurs, les locaux du 7 de la rue de l’Arbalète dans le 5ème arrondissement de Paris, où il exposait aussi ses amis peintres. C’est là que Saint-Paul a lu, sous les tableaux d’UBAC le dernier recueil de Luc BERIMONT qui venait de mourir : « Le Grenier des Caravanes ». L’émission « les poètes » rendra compte, comme il se doit, de cette œuvre à l’image de son créateur, d’une bouleversante humanité tournée vers la lumière même dans les plus cruelles circonstances. Le 1er tome de cette œuvre considérable « A l’image de l’homme » sera disponible le 30 avril 2012 (1040 p, 36 €) ; à commander à votre libraire ou aux éditions CARACTERES. Merci à Nicole GLADIA qui fût son épouse et est poète elle-même, d’être venu à bout de ce travail. (Voir sur ce site l’annonce de cette parution à la page d’accueil et plus tard à la rubrique « Parutions »)

L’émission est ensuite consacrée à l’évocation de l’œuvre d’une voix plus fulgurante de la poésie du XXème siècle : Thierry METZ (1956 – 1997).

Si cette œuvre rejoint dans les consciences l’œuvre de créateurs majeurs, c’est qu’elle reflète, comme pour DUROCHER, l’expression d’une humanité universelle dans ce qu’elle a de tragique, mais également tournée vers la lumière par la maîtrise des mots qui surgissent des ténèbres. C’est Isabelle LEVESQUE, poète prolixe qui, jointe au téléphone, s’exprime sur la vie et les ouvrages de Thierry METZ.

En effet, elle a, avec Daniel MARTINEZ, entrepris un long travail sur ce poète atypique et génial en publiant un n° spécial de la revue Diérèse (52/53 15 € à commander à Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière). Cette volonté de contribuer à faire connaître les textes de cet auteur très attachant, se traduit également par des animations (à Bordeaux, à Reims) et le projet d’un nouveau n° de la revue également consacrée entièrement à Thierry METZ, ce qui prouve la richesse de cette œuvre.

Isabelle LEVESQUE présente la personnalité du poète, brosse en quelques phrases sa vie : né à Paris en 1956 dans un milieu chaleureux mais modeste, il s’installe, après son service militaire effectué en Allemagne, dans la maison de ses parents acquise  pour leur retraite prés d’Agen. Il gagne sa vie durement dans des métiers physiques et écrit le soir des poèmes. C’est le regretté Jean CUSSAT- BLANC alors directeur de la revue Résurrection qui le premier aura la révélation du génie de Thierry METZ. Il s’emploiera à le faire publier. Lecture d’un article de ce directeur de revue paru dans Diérèse 52/53.

Thierry METZ est publié dès 1989 : « Dolmen » aux Cahiers Froissart puis repris par les éditions Jacques Brémond qui font paraître également la même année «Sur la table inventée » qui lui vaudra le prix Voronca. Lecture d’un extrait de ce dernier recueil.

Il rencontre ensuite Jean GROSJEAN qui va préfacer « Le journal d’un manœuvre » paru chez Gallimard  en 1990. Lecture d’un extrait de lettre de Grosjean paru dans Diérèse 52/53.

Mais alors que Thierry METZ vient d’apprendre que Gallimard va le publier, son fils Vincent est victime d’un accident mortel, heurté par une automobile sous les yeux de son père. Il ne se remettra jamais de cette perte qui sera désormais en filigrane dans ses poèmes et leur confère ce ton tragique, mais tourné vers la lumière.   

Il poursuit son travail d’écriture et publie en 1991 « Entre l’eau et la feuille » chez Arfuyen, puis en 1995 « Lettres à la bien aimée » chez Gallimard, « Le drap déplié » à L’Arrière-Pays, et « Dans les branches » aux éditions Opales. Isabelle Lévesque évoque la figure de Denis CASTAING et lit un extrait de « De l’un à l’autre » et de « Dans les branches ».

Opales/Pleine Page l’éditeur de Bordeaux publie « Terre » et « L’homme qui penche » en 1997, « Dialogue avec Suso » en 1999, année qui verra également l’édition posthume chez Brémond de « Sur un poème de Paul Celan ».

Isabelle LEVESQUE revenant sur « L’homme qui penche » précise que le poète était alors en séjour volontaire de désintoxication dans un hôpital, et que l’homme penche parce que peut-être sa marche est mal assurée, mais aussi parce qu’il penche vers le cahier pour écrire. « L’homme qui penche est un être encordé. Encordé mais pas lié » dit-il. Jamais Thierry METZ ne s’écarte d’un ton terriblement fraternel lorsqu’il évoque ses compagnons tant dans « Le journal d’un manœuvre » que dans « L’homme qui penche ».

Isabelle LEVESQUE insiste sur la nécessité qu’il y avait de faire entendre cette voix avec la possibilité de publier des inédits, de retracer l’histoire personnelle de Thierry METZ avec des témoignages. D’où la réalisation de cet énorme numéro 52/53 de Diérèse. Puis, alors que le manuscrit du « Carnet d’Orphée » avait été reproduit dans ce numéro, les éditions Les Deux-Siciles ont fait paraître ces textes en restituant les doutes sur le déchiffrement des mots et en y ajoutant quelques poèmes parus seulement en revue. Lecture d’extraits du « Carnet d’Orphée » dont Isabelle a rédigé la préface.

Mais le chantier n’est jamais terminé et Diérèse réalisera un nouveau numéro Thierry METZ qui devrait voir le jour en mai 2012. Bien des auteurs ont contribué à la réalisation de cette dernière publication dont Lionel BOURG et Hervé PLANQUOIS  (lecture des poèmes écrits pour Thierry METZ).

Diérèse et Les Deux-Siciles seront présentes au marché de la poésie à Paris en juin pour présenter ce numéro 56 à paraître et le « Carnet d’Orphée ».

Saint-Paul remercie Isabelle LEVESQUE pour son intervention. Un grand merci aussi à Françoise METZ qui a permis ces publications en confiant les manuscrits de Thierry.

   

 

 

 
 
05/04/12
 
 
 

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution du livre de Michel COSEM  « Le Sud du Soleil » aux éditions de L’Atlantique collection PHOIBOS    http://mirra.pagesperso-orange.fr/EditionsAtlantique.html   84 p  19 €. Ce recueil complète le précédent « Les herbes de safran » dans la même collection. Ce sont les lieux qui nous parlent encore dans ce beau livre. Gaëlle JOSSE dit de ce poète voyageur : « Il y a en lui quelque chose d’un Monet arpentant la campagne, chevalet et boîte de couleurs en bandoulière, célébrant le jour en guettant ses plus infimes nuances de lumière. » Lecture de textes sur des lieux de la Haute-Garonne. 

Rappelant la parution de « Quand la nuit se brise » anthologie de la poésie algérienne de langue française dirigée et présentée par Abdelmajid KAOUAH aux éditions POINTS 295 p 7,80 €, Saint-Paul lit un poème de Mourad BOURBOUNE, auteur qui avait fait l’objet d’une émission radiophonique.

Le gros recueil de Michel HOUELLEBECQ « POESIE » aux éditions « J’ai lu » 345 p  8 € est également signalé ; « les poètes » lui consacreront une émission plus tard.

Enfin, Saint-Paul rappelle une fois encore que 2 émissions vont être prochainement consacrées à Thierry METZ et il lit des poèmes extraits du riche n° 52/53 de la revue Diérèse (ce n° 15 € par chèque à Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la Ferrière) qui réunit des textes du poète disparu et une multitude de documents et articles en hommage ou sur cet auteur, qui revêt ainsi l’importance qui est aujourd’hui incontestablement la sienne parmi les voix majeures du XXème siècle.

L’émission est alors consacrée à un poète surtout connu pour ses romans Jérôme LEROY http://feusurlequartiergeneral.blogspot.fr   ; c’est en effet l’auteur de deux livres de poésie : « Le déclenchement muet des opérations cannibales » (Equateur 2006) et « Un dernier verre en Atlantide » La Table Ronde 2010 121 p 14 €.

C’est ce dernier recueil qui est choisi pour l’émission. Sa forme narrative se prête parfaitement à une lecture à la radio. Une poésie faite pour l’oralité ; un souffle à la fois épique et maîtrisé. A connaître. Plaisir assuré.

 

 
 
 
 
 
 

 

Pierre ESCUDE

 

Christian Saint-Paul annonce la parution du livre de Michel COSEM  « LE SUD DU SOLEIL » aux éditions de L’Atlantique collection Phoibos 85 p 19 € qui complète le précédent recueil « Les herbes de safran » chez le même éditeur.  Le poète poursuit sa traque des lieux, à défaut d’arrêter le temps, il immobilise l’espace, mais un espace bien défini, limité, identifié, le temps fugitif du poème qui le restituera comme une photographie terriblement subjective et subversive.  Et l’on se complaît à le suivre dans ses itinéraires que l’on reconnaît souvent et pourtant que l’on découvre.  Un plaisir assuré jaillit de ces courtes proses poétiques, ciselées comme COSEM sait faire depuis des décennies, sans se lasser et en nous régalant de ces photographies changeantes comme des états d’âme. A lire absolument ! Une émission sera consacrée à ces deux recueils.

La revue EUROPE (le n° 18,50 €) a consacré son n° 983 de mars 2011 à Georges PERROS. C’est une voix majeure du XXème siècle, qu’il faut lire et faire lire.  Les articles très divers sur PERROS nous renseignent encore mieux sur cet écrivain qui vivait la poésie dans sa vie ordinaire avec une passion et une humilité qui est l’apanage des plus grands.

Le poète algérien  Abdelmadjid KAOUAH qui signe les chroniques reprises sur ce site (voir rubrique « Chroniques ») fait paraître dans la collection POINTS www.lecerclepoints.com  son anthologie de la poésie algérienne de langue française « Quand la nuit se brise » 295 p 7,80 €. Un livre indispensable pour tous ceux qui sont intéressés par la poésie francophone. Un diaporama contrasté qui reflète la société et la culture algérienne d’aujourd’hui. L’auteur de cette anthologie sera prochainement invité à l’émission « les poètes ».

William CLIFF le poète belge qui a été la révélation des années soixante et qui depuis a constitué une œuvre poétique et romanesque de qualité en sus de quelques traductions, voit enfin deux de ses recueils : « America » et « En Orient » publiés dans la collection Poésie/Gallimard  210 p 9,50 €. Ainsi CLIFF est reconnu comme un poète entré dans l’histoire de la poésie contemporaine. Le voilà un des classiques de notre période. Saint-Paul a toujours été convaincu de l’exceptionnelle valeur littéraire de cet auteur qu’il est allé rencontrer en Belgique (voir document sonore sur ce site) et se réjouit de cet évènement, en regrettant toutefois que ce livre ne comporte ni préface, ni biographie de l’auteur, mais connaissant CLIFF, cela aussi lui ressemble.

Enfin, Saint-Paul invite les auditeurs à se rendre le dimanche 1er avril 2012 à 15 h 30 à Gruissan dans l’Aude  (à l’amphithéâtre du Palais des Congrès) assister au récital « Chemins de résistances » du poète écrivain, cantaire (chanteur) Claude MARTI ; l’entrée est libre et le récital sera suivi à 17 h 30 de la projection du film « Armand Gatti » réalisé dans la série « Un siècle d’écrivains » en présence du réalisateur Stéphane Gatti.

Saint-Paul reçoit alors Pierre ESCUDE professeur à l’Université, écrivain, traducteur, qui a été l’auteur de nombreuses publications universitaires (voir : http://w3.elire.univ-tlse2.fr/pescude.htm ) et a notamment fait paraître aux éditions Privat à Toulouse Pière GODOLIN œuvres complètes (commentées et expliquées). Ce soir il vient parler d’un ouvrage édité chez Arfuyen : Cardinal SALIEGE « Menus propos » préface de Pierre Escudé 150 p, 14 €.

 

CE QUI SE PASSE

 

Il y a des montagnes qui glissent.

Il y a des nuages noirs qui crèvent.

Il y a des violences qui s’usent.

Il y a des maisons qui s’effondrent.

Il y a des races qui disparaissent.

Il y a des colosses qui sombrent.

Il y a des tremblements de terre qui engloutissent.

Il y a des brimades qui trahissent la faiblesse.

Il y a des radios qui mentent.

Il y a un Dieu qui demeure.

                                             1er septembre 1940

 

  Cardinal SALIEGE

 

Voilà un des « menus propos » de l’archevêque Jules-Géraud Saliège né dans le Cantal à Mauriac le 24 février 1870 et décédé à Toulouse le 5 novembre 1956. Une longue vie consacrée à son diocèse et à vivre sa foi pour cet homme d’exception atteint dès 1932 d’un ictus cérébral qui le laissera quasi paralysé. Compagnon de la Libération, De Gaulle lui a remis la médaille de la Résistance et en 1969 il a reçu à titre posthume la médaille et le diplôme d’honneur de « Juste parmi les Nations » décerné par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem.

Pierre Escudé lit la Lettre pastorale sur la personne humaine qui a été lue dans toutes les églises du diocèse de Toulouse le dimanche 23 août 1942  et qui a été immédiatement censurée par le préfet.

Pierre Escudé explique la genèse de ces « menus propos », leur style d’une concision éblouissante en parfaite harmonie avec la personnalité rustique et hautement spirituelle de cet ascète humaniste dont la pensée intemporelle peut servir de guide dans las convulsions de notre monde moderne.

Lecture de nombreux « menus propos » par Pierre Escudé, de « L’homme à la manière de Saint-Exupéry » par Saint-Paul. Citations commentées par Pierre Escudé permettant de mieux cerner la démarche universelle de ce religieux loin de la rigidité dogmatique.

Bref intermède musical avec un extrait de carillons de l’église des Minimes de Toulouse avec Bernard Ollé .

Un enseignement à suivre pour tout homme ce cardinal !

 

 
 
15/03/12
 
 
 
 

 

Patrick CAUJOLLE

 

Christian Saint-Paul rappelle que les œuvres d’Olympe de GOUGES éditées à Montauban par Cocagne sont en souscription en ligne à www.cocagne-editions.fr   ; le quatrième volume consacré aux positions et propositions révèle un sens visionnaire admirable (30 € en souscription, prix public 36 €).

Saint-Paul signale également la parution dont il n’a pas parlé à ce jour faute de temps de : « Voyageurs de l’absolu »  de Jacques COLY ;  55 poètes qui ont choisi de disparaître De Victor Escousse à Roland Giguère ( éditions Les Deux-Siciles), une galerie de portraits de poètes « en dérive vers l’absolu » pour reprendre le titre d’un des recueils de Jacques PREVEL, qui ont choisi de disparaître envers et contre tous. Le livre de Jacques COLY est un témoignage unique sur la destinée tragique de ces poètes, fauchés le plus souvent en pleine jeunesse.  Vous pouvez vous procurer cet ouvrage en adressant un chèque bancaire de 22,50 € à : Daniel MARTINEZ  8, avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière.

Enfin, le DVDrom pédagogique : « Camps d’internement du Midi de la France : entre histoire et mémoire (1939-1944) » a paru et est disponible (voir page d’accueil bulletin de souscription). Un document qui éclaire les zones d’ombre de cette période tragique de notre histoire.

C’est encore la culture et l’histoire de notre région qui sont à l’honneur cette semaine avec l’accueil dans les studios de Patrick CAUJOLLE, poète, écrivain qui a fait paraître après le vif succès de ses « Mystères de Haute-Garonne » : « Les nouveaux mystères de Haute-Garonne  Histoires insolites, étranges, criminelles et extraordinaires » chez De Borée 416 p 24,90 €.

Cet auteur a été récemment lauréat du prix Baudelaire de la Société des Poètes Français ; on lui doit « Lignes d’horizons » éditions Abrax, 2006 (grand prix de poésie des Jeux Floraux du Béarn), « Racines » éditions du Salon des poètes de Lyon, 2008  (prix René Laplace).

En exergue des Nouveaux mystères il écrit : « Le talent, ce n’est pas écrire ce que l’on sait, c’est écrire ce que l’on va savoir ».

Il explique que son ouvrage qui a demandé un long travail de recherches, est conçu comme une mosaïque. Ainsi le lecteur peut en découvrir les morceaux au fur et à mesure de ses envies, ce qui en fait un livre de chevet par excellence. Saint-Paul se réjouit de ce qu’il y ait des auteurs qui prospectent ainsi la culture populaire de notre région pour nous en livrer la quintessence pour notre plus grand plaisir. Il a retrouvé dans ce livre les « histoires » dont il entendait parler au cours des années soixante et apprécie d’en lire aujourd’hui la synthèse avec les certitudes historiques maintenant acquises. Les récits, toujours passionnants sont répartis selon cinq domaines : les affaires judiciaires, les histoires insolites, les mystères, croyances et religion, les énigmes historiques, les destinées.

Connaître ses récits, c’est progresser dans la découverte du sens profond de ce département de la Haute-Garonne tellement riche en évènements et personnalités.

Quelques faits ou croyances sont évoqués comme par exemple le « suaire de Toulouse ».

L’émission se clôt par la lecture de ses poèmes par l’auteur et par l’audition d’un texte de Jean-de-La-Croix mis en musique par Vicente PRADAL, cela pour rendre hommage à une personnalité exemplaire qui a marqué Toulouse pendant les heures sombres de l’Occupation : le Cardinal SALIEGE.

Le livre de Patrick CAUJOLLE ne peut manquer dans la bibliothèque de l’honnête homme (qui comprend aussi les femmes) de tout bon occitan et partant, de tous.

 

 

 
 
08/03/12
 
 
 
 

Olympe de Gouges

   

Christian Saint-Paul signale la parution du n° 23 de la revue

Pages Insulaires  dirigée par Jean-Michel BONGIRAUD  (abonnement 6 n° 20 € à adresser 3 impasse du Poirier 39700 Rochefort-sur-Nenon) ; numéro d’une grande richesse éditoriale avec comme invité Eric SIMON et qui s’ouvre sur trois textes de poètes chers récemment disparus : Michel HEROULT, José MILLAS-MARIN, Jean L’ANSELME ; une revue originale qui fait la part belle à l’homme et recèle de nombreuses notes de lecture sur les publications de poésie.  

Pour célébrer la Journée Internationale de Défense des Droits de la Femme Radio Occitania rend hommage à Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des Droits de la Femme et de  la Citoyenne.

Christian Saint Paul reçoit Béatrice DAËL, présidente de l’association des éditions COCAGNE à Montauban www.cocagne.fr, qui publient les œuvres complètes de cette Montalbanaise née en 1748.

Montée à Paris à vingt ans, elle témoigna passionnément de cette époque par ses écrits qui ont pris toutes les formes : pièces de théâtre, pamphlets, réflexions philosophiques, romans...

Beaucoup de monde dans le studio :

Philippe SAHÜC et sa compagne Laura qui ont lu les textes.

Monique-Lise Cohen que l’on connaît bien à Radio Occitania, extraordinaire d’intelligence et de culture, écrivain et poète de sensibilité et d’érudition, qui, un beau jour, a décidé de se faire publier par Cocagne : deux livres ont vu le jour de cette collaboration qui reste ouverte : «Vie de la Joselito selon les paroles de Carmen» et «La fontaine de la rosée soudaine»

Claude Campa qui promet de devenir une véritable femme de lettres avec la publication chez Cocagne de son journal du chemin de Compostelle, très original et captivant.

Les Femouzes T Françoise Chapuis et Rita Macedo, incontournables lorsqu’on évoque Olympe de Gouges avec leur chanson éponyme qui a fermé l’émission.

Et quelques autres personnes qui étaient aussi là pour fêter la «libération» de Christian Saint Paul qui vivait son premier jour de retraite, événement qui fut dignement arrosé au champagne.

Hors studio, il y a eu quatre correspondants téléphoniques :

Olivier Blanc, historien d’Olympe de Gouges. Son premier livre, paru dès 1981 a permis à tous ceux qui ont ensuite travaillé sur Olympe de Gouges d’avoir accès à toutes les informations nécessaires - et au premier chef l’équipe des éditions Cocagne. Cet ouvrage a été déjà deux fois réédité (en 1989 et en 2006). Il nous a dit combien la figure d’Olympe était d’actualité de nos jours pour les générations les plus jeunes.

Catherine Marand-Fouquet, professeur d’histoire à la retraite, fortement impliquée dans la défense des droits des femmes au sein de plusieurs associations à Marseille. Elle nous a raconté son épopée, encore inaboutie, pour obtenir l’entrée d’ Olympe de Gouges au Panthéon. Rendez-vous a été pris pour le 3 novembre prochain, jour anniversaire de la décapitation d’Olympe pour manifester devant le Panthéon...

Monique Cara, journaliste, productrice de télévision sur une chaîne publique, puis en indépendante, qui travaille depuis quatre ans sur un récit romanesque de la vie d’Olympe destiné à devenir un scénario de film. Sa passion pour Olympe était contagieuse...

Carlo Corsetti professeur d’histoire et de français à Rome, qui prépare un ouvrage sur Olympe de Gouges. Il nous a dit comment le 13 février 2011, Olympe l’avait accompagné manifester contre Berlusconi. Il nous en a envoyé les photos que vous pouvez découvrir sur notre site.

« Tout » n’a pas été dit, loin de là. Mais le but était atteint : donner aux auditeurs, qui n’avaient jamais entendu parler de cette femme, l’envie de la découvrir. Tous ces textes seront accessibles au téléchargement sur le site des éditions Cocagne www.cocagne.fr, avant la fin de l’année. Les deux derniers tomes des œuvres complètes seront également publiés. Il est possible d’y souscrire dès maintenant sur www.cocagne.fr. En sachant que c’est là la condition de leur parution : de nombreuses souscriptions...

 

 
 
 
 
 
 

 

 

La revue Diérèse vient de faire paraître son n°55, 270 p 12 (Dominique SAMPIERO, Fabio SCOTTO, Isabelle LEVESQUE, Jacques COLY). Un nouvel exploit éditorial ! Présentation soignée au cordeau, illustrations, photographies, récits, notes de lecture, chroniques, poèmes de haut vol se succèdent dans ce numéro qui est une vraie mine de plaisirs poétiques. L’émission « les poètes » devant se consacrer à son invité, reviendra sur cette publication qui démontre l’incroyable bonne santé de la poésie grâce à l’opiniâtreté et le talent de nos revuistes et éditeurs. Abonnement 38 € à commander par chèque à Daniel Martinez  8 avenue Hoche  77330  Ozoir-la-Ferrière.

C’est en qualité d’auteur que Daniel MARTINEZ fait paraître à ses éditions Les Deux-Siciles « Terre entière  Trois contes pour mémoire » ( 15 € à commander à l’adresse mentionnée plus haut) dans une pochette illustrée par Jacques COLY qui illustre également chacun des contes. Un ouvrage d’art qui ravira tous les esthètes et les bibliophiles par sa présentation, le génie créatif de COLY, mais aussi et surtout par la verve littéraire de MARTINEZ. A lire d’urgence pour tous ceux qui aiment la Tunisie puisque les trois récits ont pour paysage : Sousse, Tunis, Djerba.

Nous interrogerons directement Daniel MARTINEZ sur ces récits lors d’une future émission.

 Christian Saint-Paul annonce la parution aux éditions Bruno Doucey du dernier recueil de poèmes de Maram al-MASRI  « La robe froissée » 96 p 13 €. Voir communiqué de presse. Née en Syrie elle est actuellement exilée à Paris. C’est de là, qu’elle fait reconnaître sa voix comme une des plus puissantes de la poésie féminine arabe et est traduite en de nombreuses langues. Après « Par la fontaine de ma bouche » recueil publié chez Bruno Doucey, l’éditeur récidive pour notre plus grand plaisir avec ce recueil : « La robe froissée ». L’émission « les poètes » reviendra sur cette publication qu’il faut absolument lire.

On retrouve d’ailleurs Maram al-MASRI dans l’anthologie publiée toujours chez Bruno Doucey et qui a trait au thème du printemps des poètes 2012 : « Enfances Regards de poètes » 208 p 17 € Voir communiqué de presse . Un livre jubilatoire à offrir !

 

Précisément l’invité de ce jour Michel BAGLIN figure aussi dans cette anthologie.

Il vient parler de sa dernière publication qui ravit ses nombreux fidèles (l’attachement à ce poète toulousain étant naturellement très fort),son anthologie personnelle publiée au Castor Astral 13 € « De chair et de mots ».

Ce poète heureux, membre du jury international de poésie Max-Pol Fouchet (dont il fût lui-même lauréat), écrivain, essayiste, longtemps journaliste et revuiste qui anime un site littéraire aujourd’hui de premier plan www.revue-texture  franchit avec sérénité l’étape de sa première anthologie. C’est une consécration certes de son long parcours d’écriture à ce jour, mais cela signifie aussi, qu’il poursuit sa route après tous ces jalons.

Michel BAGLIN explique aux auditeurs la genèse de cet important ouvrage, comment il a sélectionné les textes, ajouté des inédits ou des textes n’ayant été publiés qu’en revues. Le tout est un livre éclatant de la réussite poétique de ce militant aussi de la poésie, à son image, réaliste, serein dans une nostalgie maîtrisée et une inassouvie fraternité pour ses semblables les hommes.

Dialogue avec Saint-Paul sur la forme des poèmes, sont-ils des « aposiopèses » (en grec ancien silence brusque), une rupture du discours ? Le lecteur complète le sens du poème, d’après Baglin, mais dans le tracé qu’il en a donné. Il ne saurait y avoir autant de sens que de lecteurs. Il s’explique en outre sur la réserve qui est la sienne à propos de ceux qui emploient le mot « contradictions » et qui croient souvent que la pensée est figée. Dans une large mesure il faut savoir contenir l’essentiel d’une pensée dans ce qu’elle a d’immutable. S’expliquant sur le titre de son anthologie,  il adhère aux propos de Charles DANTZIG : « les mots, c’est pour la communication. Il y manque la communion. Outils mal conçus ne servant qu’à transmettre des opinions communes et des ententes sournoises, ils ont marché dans la banalité et la transportent. Les mots sont les semelles merdeuses de l’humanité. C’est sous les mots, malgré les mots, sans les mots qu’on doit lire les livres. » C’est à cette condition et à cette condition seulement que les mots réussiront alors à laisser passer l’esprit. 

Lecture de larges extraits de l’anthologie par Michel BAGLIN et écoute d’un poème mis en musique par Martine CAPLANNE : « Pour ou contre ».

 

 
 
23/02/12
 
 
 
 

 

 

 

 

 

Christian Saint Paul reçoit Béatrice DAËL présidente des éditions COCAGNE à Montauban www.cocagne.fr et Philippe SAHÜC romancier et fondateur de CARAMBOLINGUE www.carambolingue.com qui offre une pluralité de cultures en diverses langues.

Un bref historique permet de définir les éditions Cocagne, fondées en 1984 par Félix-Marcel CASTAN au service de l’ensemble des activités culturelles qu’il a initiées, principalement à Montauban. Par ces actions, il a  sorti «l’idée d’Occitanie de ses ornières conceptuelles et montré à la France la voie libératrice de la pluralité qui passe par l’équilibre parfait de l’identité». «Loin des idéologies et des slogans, c’est une approche qui part du réel que la pensée de Castan analyse et évalue avant d’œuvrer à sa transformation».

Deux grandes priorités dans les choix éditoriaux immédiats de COCAGNE sont énoncées :

1 - La diffusion de l’œuvre intégrale de CASTAN : il a multiplié les actions en faveur des écrivains, des poètes, des plasticiens et de tous les artistes et créateurs auxquels il consacrait tous les moyens financiers - toujours modestes et insuffisants - dont il disposait. En conséquence, il n’a pas pu éditer ses propres écrits qu’il a, néanmoins, pris le temps de préparer. La première publication est celle qui était sur le point de paraître au moment de sa disparition : «Epòs Ethòs» en langue d’Oc, 170 pages - 30 €, poème épique de quatre mille vers (per dintrar dins lo sègle XXI) (pour entrer dans le 21e siècle). Lecture d’un extrait par Philippe SAHÜC.

Vient ensuite «Occitanisme pédagogique» 150 pages, 30 €. «La littérature occitane peut tout dire au nom de tous, à la fois ceux qui sont de son pays et ceux qui n’en sont pas, au nom de toutes les provinces d’une nation qui veut ressusciter à la vie culturelle, au nom même des hommes qui partout cherchent les moyens les meilleurs d’habiter leur planète». Lecture d’un extrait par Philippe SAHÜC. La personnalité singulière de CASTAN est ensuite évoquée avec la lecture des extraits de la pensée intemporelle et universelle de ce militant infatigable de la pluralité culturelle.

En préparation : «Au temps de la France plurielle» soustitré : L’Occitanie, le Baroque et la France... Réflexion personnelle à partir du travail accompli pendant quarante ans à Montauban au sein du Centre International de Synthèse du Baroque.

Et une histoire, en français, de la littérature occitane, «Hétérodoxies».

Alain Daziron qui a publié «Félix CASTAN ou l’équilibre parfait de l’identité» 430 pages, 20 € (àn commander à la Maison de la culture 82700 - Larrazet) reconnaît que « l’on est très loin d’avoir fait le tour d’une pensée tout à la fois ciselée et plastique qui se déploie, se démultiplie, se projette tellement loin dans sa quête qu’elle donne parfois le sentiment de se dérober ou de donner le vertige».

2 - La publication des œuvres complètes d’OlyMPe de Gouges.

Son œuvre théâtrale et ses écrits philosophiques (tomes 1et 2) sont publiés et d’ores et déjà disponibles aux éditions COCAGNE.

Une émission spécifique le 8 mars, Journée Internationale de la Femme sera consacrée à cette Montalbanaise qui a remis en cause le statut de la femme au prix de sa vie.

Enfin, Béatrice DAËL lit un extrait d’une publication de mai 2011 et disponible sur le site des éditions «Le sentiment de soi ou l’accomplissement» de Paule CAYSSIAL-VERN.

         

Béatrice DAËL-CASTAN    Philippe SAHÜC                   http://www.carambolingue.com/

 

 

 
 
16/02/12
 
 
 
 
 
 
 
 

Jean Michel BONGIRAUD

 

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Christian Saint-Paul présente le dernier livre de l’écrivaine belge Corinne HOEX, un recueil de poèmes qui constitue le 20ème ouvrage des éditions Bruno Doucey www.editions-brunodoucey.com  collection Embrasures : « Rouge au bord du fleuve » 55 p 6,10 €. Bruno Doucey dans son mot de l’éditeur qui introduit le recueil et qui se lit en réalité comme une véritable préface puisqu’il émane d’un éditeur qui est, avant tout, un poète, cite des vers de René –Guy CADOU :

Comme un fleuve s’est mis

A aimer son voyage

Un jour tu t’es trouvée

Dévêtue dans mes bras

Ce fleuve qui n’est jamais nommé par Corinne HOEX est toutefois identifié car elle évoque l’île de Barthelasse, la plus grande île fluviale de France, sur le Rhône. « Sans que l’on sache toujours qui du fleuve ou de l’île invente l’autre, constate Bruno Doucey, Corinne Hoex confie à la poésie le soin de dessiner les cadastres d’une absence ».

tu fermes les yeux

car tu es la nuit

le noir de la nuit

qui confond

les terres

les eaux

et les airs

 

L’émission est ensuite consacrée à Jean-Michel BONGIRAUD poète, essayiste, directeur de la revue « Pages Insulaires » (abonnement 20 €  à adresser 3 Impasse du Poirier 39700 Rochefort-sur-Nenon) qui vient de faire paraître aux éditions de L’Atlantique collection Phoibos  http://mirra.pagesperso-orange.fr/EditionsAtlantique.html : « Je n’en dirai guère plus » 44 p 14 €.

Un entretien s’instaure entre Saint-Paul et Jean-Michel BONGIRAUD joint dans le Jura par téléphone.

Le dialogue, toujours ponctué de lecture de poèmes par l’auteur, reprend les thèmes familiers du poète exprimés dans son essai paru chez Editinter 153 p 17 € « L’empreinte humaine ». Comment comprendre le monde ? La poésie est-elle un moyen d’appréhension du monde ? Y-a-t-il un remède à l’aliénation technologique ? Comment lutter contre l’atrophie de la parole ? Telles sont les questions auxquelles ce poète humaniste répond avec vivacité, soutenu par un enthousiasme pour la poésie qui redonne au fond toute sa dignité et liberté à l’homme.

La lucidité indécrochable de ce poète éloigné de tout artifice, l’amène à jeter sur le monde un regard que sauve un espoir absolu en la fraternité humaine. C’est en ce sens, que ce recueil remarquable, est un antidote au poison d’un pessimisme nihiliste.  Au premier rang du constat positif, la capacité de l’homme à créer. Ainsi Jean-Michel BONGIRAUD fait une large part dans son recueil à l’analyse de sa propre création poétique ; comment se fabrique le poème ? Il y répond avec un émerveillement qui ne se départit jamais de l’humilité, par plusieurs poèmes lus à l’antenne. L’éthique est fatalement une préoccupation du poète qui observe les princes qui nous gouvernent. Bongiraud nous assure que « nul ne demeure / sur son trône » même si on a hissé l’homme sur un trop haut piédestal. Le poète explique quelle est son attitude à l’égard du doute, comment s’assurer que « ce que l’on fait est juste ou pas ». Les textes de BONGIRAUD se livrent immédiatement, ils sont d’une clarté redoutable. C’est la confirmation d’un grand art poétique : « j’ai voulu parler simplement / au plus près de l’émotion » précise-t-il. Mais l’émotion ne saurait se confondre avec la poésie, une méfiance aussi à son égard est nécessaire. Il faut savoir l’habiter pour l’amener où il faut, même si le poète ne découvre le chemin qu’à la fin de son propre texte. Mais le poète n’est pas un simple passage entre les lignes. Il doit devenir poète « un vrai, un incontournable ».  La chose est difficile mais la volonté est acquise chez BONGIRAUD ; il sait, avec sa lucidité coutumière, que la phrase de Georges PERROS est vérifiée : « Entre ce que tu écris, publies – quand on veut bien – et ce que l’autre va lire, il y a un monde ». Mais la poésie ne peut éviter de rendre compte du côté inéluctablement tragique de la vie. « Qui marche sur sa détresse, grandit » disait Hölderlin. Et c’est vrai approuve BONGIRAUD que la poésie conduit à dépasser une certaine forme de détresse. Il est fait alors allusion à la dernière publication posthume de Thierry METZ « Carnet d’Orphée et autres poèmes » aux éditions des Deux Siciles 70 p 12 €. Mais comme « désirer un monde, c’est le feu, mais l’obtenir, rien que la fumée » selon Roland Jaccard, la poésie est simplement le témoignage de l’infini chemin à parcourir, sans se soucier de l’issue.

« Je n’en dirai guère plus » : un recueil à lire de toute nécessité !

 

 

 
 

 

 


 
 
09/02/12
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

RETOUR

 

Christian Saint-Paul rappelle qu’il est avéré aujourd’hui que les femmes occupent une place prépondérante dans la poésie contemporaine. En 1996 c’est une femme poète polonaise qui a été couronnée du prix Nobel de littérature : Wislawa SZYMBORSKA qui vient de mourir après avoir laissé une œuvre à lire qui dénonce la haine, la bêtise, le terrorisme et la torture dans l’évocation d’un monde où règnent l’horreur et la souffrance. L’humour, l’ironie et la langue étaient les armes que cette poétesse  opposait à la brutalité dominante. A lire, en particulier son anthologie traduite en français « De la mort sans exagérer » parue chez Fayard.

A propos d’anthologie on écoute Jean-Pierre FAYE lire « Fleuve renversé » extrait de « Choix de poèmes lus par l’auteur » livre audio paru à L’Harmattan dans la collection Notes de nuit 147 p 25 € avec un DVD.

La dernière publication de Jean-Michel BONGIRAUD « Je n’en dirai guère plus » recueil de poèmes aux éditions de l’Atlantique 43 p 14 € est de nouveau citée cette semaine ; c’est l’œuvre d’un poète viscéralement humaniste qui avait poussé un cri d’alerte dans son essai « L’empreinte humaine » paru aux éditions Editinter 153 p 17 € ; lecture d’un extrait de ce livre sur « la déshumanisation du langage » et lecture d’un poème.

On pourrait croire que la poésie

ne vaut pas son pesant d’or

mais on en a déjà débattu

de cela ou de celle-ci

rien n’y fait ni ne change

si je dis connaître sa valeur

on va me prendre pour un menteur

ou alors je serai la risée de tous

mais je n’avouerai rien

certains secrets sont faits

pour demeurer secrets

je ne dirai rien

quand bien même

on me traiterait de poète

 

La revue FRICHES Cahiers de Poésie Verte a fait paraître son n° 109 (12 € le n° abonnement : 3 n° 25 € à adresser à Le Gravier de Glandon 87500 Saint-Yrieix ) Cette excellente revue trace imperturbablement sa route en mettant en exergue dans cette dernière livraison deux poètes Jean-François MATHE et Jean-Paul KLEE ; des notes de lecture riches nous renseignent sur les nouvelles parutions après la lecture d’un florilège de textes qui rend compte du ton de la poésie actuelle.

« Ecrire malgré l’horreur » est le thème retenu dans son n° 154 par la revue l’Arbre à paroles (7,50 € le n° abonnement : 25 € pour 4 n° à adresser à la Maison de la poésie d’Amay  B.P. 12 4540 AMAY Belgique) ; quels sont les enjeux de l’écriture poétique après Auschwitz ? Les poètes répondent à cette interrogation fondamentale. Auschwitz n’a pas tué la poésie mais a rendu insupportable un « lyrisme factice qui ne peur qu’être tenu pour naïveté si ce n’est même mensonge » selon Yves Bonnefoy. On trouve dans ce numéro remarquable un choix de poètes à connaître et des notes de lecture dont celles sur « Les Carnets d’Orphée » de Thierry METZ et « Diadème du regard » de Daniel MARTINEZ, lues à l’antenne.

Toujours égale à elle-même la revue « NOUVEAUX DELITS  Revue de poésie vive » fait paraître son n° 41 (6 € abonnement 25 € pour 4 n° , chèque à adresser à Association Nouveaux Délits Létou -  46330  Saint-Cirq-Lapopie) avec des illustrations originales de Karolinda ( http://karolinda.pagesperso-orange.fr)     , un recueil de haïkus du cercle japonais Seegan sur l’Après Fukushima, des textes d’Alain GOURHANT, de Basile ROUCHIN, du belge Timotéo SERGOÏ. Une poésie militante et pertinente qui réchauffe l’amitié des peuples comme Cathy GARCIA, inlassable revuiste, en a le talent. La présentation est réussie avec une économie de moyens et s’améliore encore puisque les exemplaires sont maintenant massicotés. Un moment agréable et fort assuré à la lecture de cette revue.

Fernando D’ALMEIDA  africain d’origine brésilienne enseigne les littératures française, belge et québécoise à l’université de Douala au Cameroun. En 2008, il obtint le prix de poésie Léopold Sédar Senghor. Il vient de faire paraître aux éditions L’Harmattan « La Fable de l’Ineffable  - Tombeau de Gaston Miron (1928 – 1996) » 270 P 27 €.  Gaston MIRON qui incarne au Québec la stature du poète national, reçoit dans ce livre de poèmes d’un auteur majeur de la francophonie, l’hommage dû à son gabarit d’écrivain ayant exercé un langage où prédomine le paysage nord-américain.

A l’hospice de l’ouragan

L’été retourne vers la mer

 

Au ras du sol le jour

Perfore toute chose

A la pointe d’une mer

Que souille le feu

 

Les éditions L’Harmattan publient également dans la collection Approche littéraire un essai sur « GHERASIM LUCA, le poète de la voix : ontologie et érotisme » de Yannick TORLINI (voir : http://tapages.over-blog.fr) 200 p 21 €. D’après l’auteur, poète lui-même,  « ce que semblent dire les textes de LUCA, c’est que le sujet, et ses relations à l’Autre, se réinventent perpétuellement grâce à la réinvention perpétuelle de la langue, dans un monde désormais totalement instable. Nous nommerons « érotisme » cette instabilité ».

« La poésie de LUCA ne peut atteindre son but et n’être entière que sous la forme du récital : elle est une poésie du corps, du corps amoureux, comme l’expriment les poèmes « Prendre corps »ou « L’écho du corps » ».

Les éditions Bruno Doucey (www.editions-brunodoucey.com) ont une intense activité éditoriale et publient l’anthologie personnelle du grand poète haïtien Antony PHELPS : « Nomade je fus de très vieille mémoire » 240 p 18 €. Les textes repris couvrent une période s’étalant de 1961 à 201. Comme le constate son éditeur qui est aussi le préfacier, « qu’il évoque son enfance heureuse en Haïti ou l’Amérique métisse qui l’a accueilli, qu’il dénonce les dictatures ou célèbre l’amour, Antony Phelps est le poète d’un chant profond dont le souffle ne s’est jamais épuisé ».

Un évènement éditorial à coup sûr aussi cette publication !

Enfin, l’édition est consacrée au poète mexicain Jaime SABINES (1926-1999)

qui est une des voix majeures de la poésie mexicaine du 20ème siècle. On doit à Nicole GDALIA  http://www.paperblog.fr/4433565/quand-la-poesie-ne-fait-plus-partie-de-la-litterature/     qui dirige après la disparition de Bruno DUROCHER les éditions Caractères (www.editionscaracteres.fr ) la publication d’un panorama de l’œuvre de SABINES sous le titre « LENT ANIMAL AMER » dans une édition bilingue présentée et traduite par Jean-Clarence LAMBERT et illustrée de dessins de l’artiste mexicaine Cristina RUBALCAVA 195 p 25 €. Jaime SABINES est né le 25 mars 1926 à Tuxtla Gutierrez d’un père d’origine libanaise et d’une mère chiapanèque, appartenant à la famille Gutierrez dont le patronyme est adjoint au nom de la capitale du Chiapas : Tuxtla Gutierrez. C’est là qu’il a passé une enfance et une adolescence heureuse. Venu à Mexico, il abandonnera ses études de médecine et de philosophie pour suivre sa vocation de poète. Il exercera différents métiers de marchand de tissus à député. Horal, son premier livre paraît en 1950. Il sera suivi d’une dizaine de recueils qui feront de SABINES une sorte de poète national. Il est mort à Mexico le 19 mars 1999.

Lecture de la préface de Jean-Clarence LAMBERT et d’extraits du livre.

 

Ton nom

 

 Dans le noir j’essaye d’écrire ton nom. J’essaye d’écrire que je t’aime. Sans y voir j’essaye de le dire. Je ne veux pas qu’il y ait quelqu’un qui entre pour me regarder à trois heures du matin, déambulant dans l’appartement, fou, rempli de toi, amoureux. Illuminé, aveugle, rempli de toi et te déversant. Je dis ton nom avec tout le silence de la nuit, mon cœur bâillonné le crie. Je répète ton nom à nouveau, encore, je le redis sans me lasser et je suis sûr que le jour se lèvera.

 

 
 
05/02/12
 
 
 
 
 
Régine
 
HA-MINH-TU
 
 
 
 
 

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution aux éditions Bruno Doucey  www.editions-brunodoucey.com  de l’anthologie personnelle d’un des grands écrivains de la Caraïbe le poète haïtien auteur du livre culte « Mon pays que voici », Anthony PHELPS : « Nomade je fus de très vieille mémoire »  240 p 18 € (voir à la rubrique « Parutions ») et du premier livre de poèmes de François –Xavier MAIGRE « Dans la poigne du vent » 112 p 12 € (voir à la rubrique « Parutions »), journaliste au quotidien La Croix qui fait là acte de naissance d’un vrai poète.

Jean-Pierre FAYE fait paraître également une anthologie personnelle de ses poèmes de 1960 à 2010 qui est un livre audio « Choix de poèmes lus par l’auteur » aux éditions L’Harmattan collection Notes de nuit avec un DVD 148 p 25 €. Pour l’auteur le « poème est action de poésie et ce qui se marque sur l’horizon, ou sur le proche, le toucher, et le non visible touché au fond, le goût même dans la douleur, et son histoire, il est marqué de temps et instantané, il demande à ce qui écoute, il est cette histoire même. » Audition d’un texte lu par l’auteur.

Jean-Michel BONGIRAUD animateur de la revue« Pages Insulaires » a fait paraître aux éditions de L’Atlantique collection Phoibos « Je n’en dirai guère plus » 43 p 14 €. On retrouve là, le ton heureux de ce poète humaniste qui a signé un essai aux éditions Editinter « L’Empreinte Humaine » et qui va en publier bientôt un autre aux éditions Corps Puce « La poésie et nous ».

J’aime boire

ce que l’on appelle aimer

plus que boire sans doute

mais cela peut-il vous intéresser

la flamme qui m’anime

n’est peut-être pas la vôtre

je n’en souffre pas

d’autres ont vécu ces moments-là

parfois bien mal

certains se sont pendus d’autres ont déserté

mais qu’importe je m’enivrerai seul

je me brûlerai seul

et je serai grand face au feu

même sans éternité

 

La revue Encres Vives savoure son 400ème numéro dédié à Jean-Max TIXIER et reprenant des textes de Jacqueline Saint-Jean, Jacques Lovichi, Annie Briet, Jean-Louis Clarac, Chantal Danjou, Cédric Le Penven, Gilles Lades, Michel Dugué, Christian Saint-Paul, Michel Cosem. Le n° 401 est consacrée au recueil « Lampe Votive » de Véronique JOYAUX, le n° 402 à un n° spécial « arrêt sur image » consacré à Michel COSEM augmenté d’extraits de son dernier recueil « Ainsi se parlent le ciel et la terre », le n° 403 publie un recueil de Patricia CROS « Sédimentaires suivi de La soif des hirondelles » ; chaque recueil 6,10 € abonnement 12 volumes 34 € à adresser à Encres Vives 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers.

Enfin les éditions toulousaines Hors Limite font paraître un recueil de nouvelles (ils sont rares aujourd’hui les éditeurs qui publient des nouvelles) « Symphonie Vagabonde » (voir rubrique « Parutions » 115 p 12 €.

L’émission est ensuite consacrée à l’invitée Régine HA-MINH-TU qui a publié depuis les années 80 des recueils de poèmes et des textes dans les revues. Née en 1956 à Paris d’un père vietnamien et d’une mère française, elle a vécu de nombreuses années à Berlin où elle était archiviste et traduisait des documents ayant trait à la vie des camps d’internement nazis jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Elle retrouve plus tard le Berry, la campagne qu’elle aime, avant de rejoindre un poste de bibliothécaire à l’université de Toulouse. Elle évoque sa vie, ses origines métissées bien qu’elle n’ait encore jamais été au Vietnam, l’Allemagne, son amour de la campagne, sa passion de l’écriture, de la poésie qui lui a permis de verbaliser et de dépasser une période tragique de sa vie. Elle dit son admiration pour l’éditeur de « Caractères » aujourd’hui décédé Bruno DUROCHER auquel elle dédie son futur recueil. Lecture de textes parus à « Caractères » dans des revues et extraits des recueils d’Encres Vives « Revers d’Encre » et « La Morsure ». Le poète Christian DEGOUTTE dit de ce dernier recueil assez bouleversant : « L’écriture de Régine Ha-Minh-Tu est sans effets de manches ou de religiosités. Au plus près des souffrances et des jouissances du corps et de l’âme. Elle veut faire entendre la voix d’un petit être humain dans le fracas du monde : saisir l’instant / dans ce moi passager.»

C’est en cernant la poésie dans l’humilité, le quotidien, le silence, le vide que Régine Ha-Minh-Tu fait entendre sa voix dans ce qu’elle a d’unique, d’irremplaçable et délivre dans le même temps, parce qu’il s’agit d’une œuvre poétique authentique, un message universel.

 

 
 
26/01/12
 
 

L’émission est consacrée aux poètes cubains qui ont été emprisonnés pour délits d’opinion et délits de poésie.

Evocation de la grande figure du poète :

Armando VALLADARES emprisonné de 1960 à 1982 avec des dizaines de milliers de prisonniers politiques dans les geôles castristes. Lecture de textes extraits de « Prisonnier de Castro ».   Evocation du poète cubain Ricardo GONZALEZ ALFONSO. Il était journaliste indépendant à Cuba. Sa libération est intervenue lundi 12 juillet 2010, avec plusieurs autres journalistes et opposants politiques cubains. Originaire de La Havane, Ricardo González Alfonso avait été arrêté en mars 2003, lors du ‘‘Printemps noir’’, avec 27 de ses confrères. Agé de 60 ans, marié et père de deux enfants, il avait été condamné le 7 avril 2003 à vingt ans de prison pour ‘‘actes contre l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Etat". Il était à l’époque président de la Société Manuel Márquez Sterling, une association de journalistes interdite, et dirigeait la revue De Cuba, la première revue indépendante publiée sur l’île depuis l’instauration du régime castriste. Lecture de poèmes extraits de «Hommes sans visages» Ils ont donné l’ordre. Je n’ai plus ma liberté. Mais je suis libre.   Evocation de Maria Elena CRUZ VARELA arrêtée à La Havane en 1991, emprisonnée 2 ans avant d’être exilée à Madrid. Lecture de ses poèmes extrait de « L’ange épuisé ».   Lecture d’extraits de : « Voix contre la peur » aux éditions BUCHET CHASTEL collection POESIE 10 euros 143 pages.

 

                                                                  

    Armando                          Ricardo                                  Maria Elena

VALLADARES                GONZALEZ ALFONSO             CRUZ VARELA

 

 
 
19/01/12
 
IMASANGO
 
 
 
 
Bruno DOUCEY
 
 

 

 

Comme pour confirmer que les femmes occupent une place prépondérante dans la poésie d’aujourd’hui, la revue Encres Vives (2, allée des Allobroges 31770 Colomiers le n° 6,10 € abonnement 12 volumes 34 €) dans son n° 401 publie un recueil de Véronique JOYAUX « Lampe votive » couverture illustrée par Claudine GOUX, et dans son n° 403 un recueil de Patricia CROS « Sédimentaires suivi de La soif des hirondelles » ; enfin le n° 402 est consacré à une nouvelle série d’Encres Vives « Arrêt sur image » qui comprend un extrait d’une œuvre en cours et différents regards sur une récente publication. Cette fois-ci c’est Michel COSEM qui inaugure le genre avec des extraits d’un livre à paraître : « Ainsi se parlent le ciel et la terre » et des critiques de ses livres de poèmes et romans. Pour ne pas réduire le temps de parole aux invités de l’émission, ces trois publications feront l’objet d’une présentation lors d’une prochaine émission. D’ores et déjà leur lecture est vivement recommandée aux auditeurs.

Christian Saint-Paul reçoit le poète Bruno DOUCEY éditeur des éditions éponymes et Madame IMASANGO qui vient de faire paraître chez cet éditeur  « Pour tes mains sources » 96 p 13 €.

Bruno DOUCEY à partir d’une citation de Pierre SEGHERS :

« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.

Je la tiens pour essentielle à l’homme,

autant que les battements de son cœur. »

raconte son parcours, né en 1961 dans le Jura, professeur de lettres, auteur de critiques d’ouvrages sur Modiano, G.Le Clézio, Ponge, C.Roy, J. Tardieu etc. directeur des éditions Seghers en 2003 puis créateur de sa propre maison d’édition éponyme. L’esprit de résistance cher à Seghers anime fortement Bruno DOUCEY qui a consacré un roman au chanteur chilien Victor JARA , une biographie à LORCA « Non au franquisme » et publie de la poésie de combat comme « Que toute chose se taise » du poète tunisien Moncef OUHAIBI. Bruno DOUVEY accompagne le récit de son aventure créatrice par la lecture de ses poèmes.

IMASANGO dialogue avec Bruno DOUCEY qui révèle les circonstances de la découverte de son auteure dont il a lu des poèmes en Nouvelle Calédonie et qu’il a recherchée pour la publier. Des textes d’IMASANGO figuraient déjà dans l’anthologie « Outremer - trois océans en poésie ». Née à Nouméa, elle séjourne en brousse où elle retrouve les racines de son métissage ; plus tard elle effectue des études littéraires en Europe et en Amérique du Sud. Elle est passionnée de musique, de danse, de calligraphie et a préféré longtemps « exposer » ses poèmes plutôt que les publier. Heureusement Bruno DOUCEY nous fait connaître cette voix singulière, envoûtante par sa sensualité, sa musique et sa légèreté qui témoigne de la sérénité d’une spiritualité heureuse. Elle explique sa démarche, son bonheur d’écrire, de créer, de partager sa joie d’être au monde, et sa passion pour cette terre chaude de Nouvelle Calédonie. Elle lit des extraits de « Pour tes mains sources ».

Un recueil à lire sans attendre !

L’émission « les poètes » rendra compte du cheminement d’IMASANGO et espère faire entendre de nouveau à l’antenne cette voix originale et fraternelle de la francophonie. Les auditeurs sont invités à suivre la publication des livres édités par Bruno DOUCEY qui réalise un grand travail de diffusion de la poésie authentique d’aujourd’hui et accessible à tous du fait de la modicité du coût des ouvrages. 

   

 
 

 
 
12/01/12
 
Taoufik BEN BRIK
 
 

 

 

Christian Saint-Paul invite les auditeurs à assister le vendredi 13 janvier 2012 à 20 h 30 au récital donné par Bruno RUIZ à La Gare aux Artistes route de Lavaur à Montrabé ayant pour titre « Ode au temps qui passe » ; c’est un long poème parlé et chanté par Bruno RUIZ, composé et interprété au piano par Michel GOUBIN. Il s’agit là de retrouvailles exceptionnelles des deux artistes vingt cinq ans après leur mémorable Printemps de Bourges. Le spectacle sera ensuite présenté à la CAVE-POESIE RENE GOUZENNE à Toulouse du 28 février au 10 mars 2012. Diffusion de « Hom-Louve » de Bruno RUIZ extrait de son album « Après ».

Cette émission ayant pour vocation fondamentale de contribuer à la connaissance et à la diffusion de la poésie contemporaine, il est nécessaire de rapporter aux auditeurs le travail souvent exceptionnel auxquels se livrent les éditeurs de poésie dont leur passion est vitale pour que cette forme d’expression artistique spécifique puisse se propager pour le plus grand bien de l’humanité. Les revuistes et les éditeurs sont donc à l’honneur dans « les poètes » et parmi ceux-ci Bruno DOUCEY poète, éditeur des éditions éponymes qui nous livre régulièrement des ouvrages qui ancrent la poésie d’aujourd’hui dans l’Histoire littéraire.  Vous pourrez constater sur ce site à la rubrique « Parutions » que les publications de cet éditeur sont nombreuses, d’une haute volée de qualité et à la pointe de l’actualité poétique. Ce travail magnifique, alors que le marché est toujours fragile bien que les poètes de qualité soient nombreux, est l’œuvre d’un fou de poésie qui est poète lui-même. Il sera l’invité de Saint-Paul dans le studio toulousain de Radio Occitania la semaine prochaine. En avant première, on écoute un extrait de son « Oratorio pour Federico Garcia Lorca et autres poèmes » avec Pedro SOLER à la guitare ; ce CD est diffusé par les éditions « Sous La Lime » http://souslalime.free.fr  ; le morceau choisi est « Exhumation suivi de Epilogue ». Dans ce dernier poème Bruno DOUCEY évoque MACHADO :

Pour Antonio Machado mort en exil à Collioure

Homme fier dont le romancero offre à l’Estrémadure

Le plain-chant de l’amour et des chansons de France

A capella de Soria banni

MACHADO qui a laissé un des chefs d’œuvre de la littérature du XXème  siècle « Juan de Mairena » dont la traduction française intégrale a enfin été publiée par les Editions de Rocher collection Anatolia 440 p 22 €. Lecture d’un bref extrait : Machado se souvenant des vers du poète Enrique Paradas

L’homme, pour être un homme vrai,

a besoin d’avoir vécu,

d’avoir dormi dans la rue,

de n’avoir pas mangé parfois.

voit dans ce couplet un échantillon sincère de l’âme espagnole.

 

Bruno DOUCEY a fait paraître à ses éditions « Que toute chose se taise » de Moncef OUHAIBI  (voir sur ce site l’annonce commentée à Page d’accueil ou plus tard à « Parutions ») poème écrit à la gloire de ce vendredi 14 janvier 2011 qui marqua le début de la révolution arabe. « Ce poète tunisien s’inscrit dans la tradition des poètes, lyriques et insoumis, qui donnent un visage à l’avenir » nous dit son éditeur. Nous aurons l’occasion la semaine prochaine d’en reparler, mais les poètes sont toujours les précurseurs des grands mouvements et leurs cris alertent l’humanité de leur colère.

Avant  Moncef OUHAIBI un poète tunisien avait hurlé sa rage de voir son peuple courber l’échine et être bâillonné par le régime dictatorial de Ben Ali, c’était Taoufik BEN BRIK ; ce rappel historique est important.

L’émission lui est en conséquence consacrée. Journaliste, écrivain, poète il est né le 9 novembre 1960 à Jérissa, localité minière du nord-ouest de la Tunisie. Il s’illustre par son opposition violente à Ben Ali et par ses grèves de la faim et sa peine de six mois de prison. En 2010 il publie dans un hebdomadaire tunisien un pamphlet sur Ben Ali. L’hebdomadaire est censuré et l’évènement est nié par les autorités tunisiennes. Mais le cri a été entendu. Les éditions Exils/Aloès poésie publient en 2000 « Et maintenant tu vas m’entendre » en bilingue arabe français. Ce poète de combat offre là une chronique de ces années de plomb de la Tunisie. Ben Ali y est présent sous les pseudonymes de l’Ogre, du maître d’école, de Khannibal. Mais la poésie éternelle de l’Orient arabe rayonne aussi dans ce recueil dont l’édition arabe fût aussitôt interdite en 2000 par le gouvernement tunisien.

Lecture de larges extraits du livre.

Enfin, Saint-Paul annonce la venue la semaine prochaine avec Bruno DOUCEY de Madame IMASANGO qui a publié chez lui « Pour tes mains sources »  90 p 13 €. Née en Nouvelle-Calédonie elle a passé son enfance entre Nouméa et la brousse avant d’effectuer des études en Europe et en Amérique du Sud. Trois de ses poèmes avaient déjà été publiés dans l’anthologie Outremer – Trois océans en poésie souvent signalée dans l’émission « les poètes ».    

 

 
 

 
 
06/01/12
 
Emanuel CARNEVALI
 
 

 

 

Christian Saint-Paul signale que le n°22 de la revue bimestrielle Pages Insulaires   a paru ; son thème bien représenté sur la 1ère de couverture par un collage de Cathy GARCIA a pour titre : « Les armes ou l’écriture ? » « Comme si l’écrit n’était pas une arme… » rappelle  Christophe LAKOMY un des nombreux talentueux auteurs  qui ont participé à ce sommaire où on retrouve les acteurs reconnus de la poésie d’aujourd’hui tels, entre autres, Georges CATHALO, Christian DEGOUTTE, Anne MOUNIC, François HUGLO, Alain FREIXE et le philosophe toulousain Robert REDEKER ; voir sur ce site  (page d’accueil et plus tard « Parutions ») l’éditorial de Jean-Michel BONGIRAUD et les deux couvertures. A lire pour le moral !

5 € le n° abonnement 20 € à adresser 3 Impasse du Poirier 39700 Rochefort-sur-Nenon.

 

Saint-Paul dit aussi son enthousiasme à la lecture du livre de Philippe MATHY « Barque à Rome » aux éditions L’Herbe qui tremble 186 p 15 €.

« Pour peu que nous soyons réceptifs, tout ici-bas nous interpelle, requiert l’attention de nos sens. Mais plus nous sentons, plus nous tentons de vivre notre appartenance, et plus s’insinue en nous l’impression d’être exilés, comme si le monde lui-même nous confiait qu’il n’est pas de ce monde. » écrit cet auteur belge né en 1956 et qui a obtenu le prix Georges Perros en 2009 pour son recueil chez le même éditeur « Un automne au creux des bras ». Voir signalement de ce livre sur ce site page d’accueil et plus tard à « Parutions ».

 

L’émission est consacrée ensuite à un poète italien qui a beaucoup écrit en anglais Emanuel CARNEVALI (1897  1942).

Peu traduit en français, ce poète qui a vécu dans une foi douloureuse de la poésie doit être lu et connu. Sa vie tragique ne doit pas rester vaine alors qu’elle a nourri une des créations  poétiques parmi les plus spontanées et les plus originales du XXème siècle. Cette œuvre d’une grande oralité est faite pour être lue à voix haute comme un témoignage social et spirituel d’une époque, celle où les U.S.A. dans les vingt premières années du siècle dernier accueillaient en masse les immigrants. Fuyant la brutalité de son père il débarque à New York et très vite apprend la langue anglaise, l’Amérique devenant pour lui le lieu emblématique de la création poétique, seule chose qui l’ait vraiment intéressée.  Sa vie matérielle fût pourtant une vie de misère mais il se lia d’amitiés durables avec ceux qui allaient signer cette époque : le cercle d’Ezra POUND, William CARLOS WILLIAM, Sherwood ANDERSON etc.

Syphilitique, frappé d’encéphalite, il quitte brutalement les U.S.A. en 1922 pour l’Italie et pour une vie de souffrances à l’hôpital et il meurt vingt ans plus tard sans être oublié de ses amis américains.

Sherwood ANDERSON témoin privilégié de la vie de CARNEVALI qu’il hébergea chez lui à Chicago, raconte ce personnage tourmenté dans sa quête dolosive d’une sérénité poétique qu’il pressentait sans jamais l’atteindre.

Lecture de textes d’Emanuel CARNEVALI extrait de la seule traduction française « Mensonges en couleurs » publiée aux éditions du Rocher collection Anatolia  135 p 16,90 €. 

 

 
  29/12/2011
 

 

 
 
   

Dans le prolongement de l’émission de la semaine dernière, on écoute « Lettre à Jules Supervielle » poème de René-Guy CADOU mis en musique avec les arrangements de Christian LABORDE  et chanté par Martine CAPLANNE.

L’émission est ensuite consacrée à deux femmes poètes roumaines francophones qui illustrent parfaitement que les femmes occupent une place majeure dans la création poétique de notre époque.

Ces femmes poètes reconnues aujourd’hui dans le monde entier sont emblématiques de deux générations qui se sont succédées pour illustrer la sensibilité roumaine des années 80 aux années 2000.  Toutes les deux sont symptomatiques de l’émancipation sans réserve de la femme et d’une audace verbale qui les a propulsées parmi les auteurs universels de notre siècle.

L’aînée Rodica DRAGHINCESCU est née en novembre 1962 à Buzias en Roumanie ; elle a publié des livres de poèmes, des romans, des essais et a traduit de nombreux auteurs roumains en français et réciproquement.

Dès la chute du régime de Nicolae Ceausescu, elle devient emblématique de la nouvelle génération d’écrivains roumains violemment non conformistes, que l’on a appelés la génération « 90 ». Le ton des écrits (dont ses poèmes écrits en français) de la jeune poétesse est d’entrée provocateur et subversif. Universitaire en Roumanie jusqu’en 2005, elle gagne la France en 2005 pour rédiger à l’Université de Metz une thèse de doctorat. Depuis, très active dans la diffusion de la poésie, elle se produit dans des lectures performance et des ateliers d’écriture. Elle est lauréate de nombreux prix en Italie et en Roumanie.

Lecture de son poème publié en 2004 dans la revue Poésie1 n° 38 : « Ce qui touche à la perfection » (texte avec manivelle et papillons) et d’extraits d’entretiens.

 

La cadetteLINDA MARIA BAROS   née en 1981 en Roumanie a été élève à l’Ecole centrale à Bucarest puis au lycée Victor-Duruy à Paris. Elle a fait ses études universitaires à la Sorbonne et en partenariat avec l’Université de Bucarest pour son doctorat qui portait sur la littérature comparée. Membre de l’Union des Ecrivains de Roumanie, directrice de la revue VERSUs/m de Bucarest elle dirige « le Printemps des Poètes » en Roumanie ; elle est membre du jury international de poésie du prix Max Pol FOUCHET remis chaque année à Lourdes.

Lecture d’extraits de « L’Autoroute A4 et autres poèmes » Cheyne éditeur 68 p 15 €.

 

Deux voix superbes à suivre.

 

  

 

       LINDA MARIA BAROS                              Rodica DRAGHINCESCU

  

 

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