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09/12/2010


Marianne MOORE

En préambule « Cantaré » « Je chanterai »  en Oc d’Eric FRAJ est diffusée après lecture de la traduction française.

Christian Saint-Paul annonce la parution du n° 148 de la revue « Décharge »  Revue en poésie qui fête ses trente ans de publications. Les 127 pages de ce dernier numéro qui ne coûte toujours que 6 € révèlent une intense richesse de textes, de chroniques et de critiques. Les poètes à l’honneur sont Sylvie DURBEC, Isabel PEREZ MONTALBAN, 4 poètes belges : Kathleen LOR, Véronique DAINE, Vincent THOLOME, Antoine WAUTERS et Laurent GRISEL, Thomas VINAU ; Georges CATHALO signale l’excellent travail des éditions « L’Escampette » et Jacques MORIN nous offre un article local paru sur Robert MOMEUX ce poète discret disparu sans crier gare, un poème et une photo parmi ses livres à Sainpuits. Tout lecteur de poésie contemporaine sera comblé par son abonnement à cette revue « Décharge » 22 € à l’ordre des Palefreniers du Rêve  à adresser à Jacques MORIN 4, rue de la Boucherie  89240 Egleny. Lecture de 2 textes de Laurent GRISEL.

Saint-Paul signale aussi de récentes publications d’Encres Vives dont « PRISME » de Bruno MSIKA dans la collection Encres Blanches mais que l’on peut se procurer directement par Internet sur le site des éditions Cardère : http://www.cardere.fr  6,10 € lecture de la 4ème de couverture rédigée par Saint-Paul et d’extraits du recueil ; dans la collection « lieu » c’est Michel COSEM lui-même qui fait paraître chez lui « Vous qui passez par Roncevaux » poèmes sur les Pyrénées 6,10 € à commander aux éditions Encres Vives 2 allée des Allobroges  31770 Colomiers ; lecture d’extraits du recueil ; enfin le n° 388 de la revue Encres Vives (abonnement 12 volumes 34 €) est constitué de la publication d’un recueil du poète Jean DIF « Sous les couteaux des horloges » ; lecture d’extraits. On peut lire certains poèmes de Jean Dif sur son site : http://jean.dif.free.fr  

L’émission est consacrée ensuite à celle qui fut appelée « poète des poètes » parmi la génération des modernes américains : Marianne MOORE ; née en 1887 dans le Missouri elle vécut à Brooklyn et mourut en 1972 dans cette ville de New York. Editrice longtemps du magazine « The Dial » elle reçut de prestigieuses récompenses littéraires mais fût peu traduite en France. Cette voix majeure parmi les grandes voix de la poésie américaine du XXème siècle se devait d’être honorée. Elle disait que la poésie se devait de créer une place pour l’authentique qui ne pouvait se trouver que dans le monde et non dans l’individu. Cette démarche poétique, à rebours des autres poètes n’abandonnant que rarement l’intime et l’individuel, a dérouté et fasciné ses contemporains par la maîtrise d’une écriture toute en technique. Mais ses rapprochements faussement incongrus et son humour vivace et éclairé l’ont imposée comme une artiste incontournable de sa génération. Sa poésie est toutefois difficile et requiert une attention soutenue pour en saisir l’équilibre alors que ses poèmes menacent à tout moment de s’effondrer mais sont retenues de leur chute par d’invisibles fils solides comme le mythique pont de Brooklyn, traversée familière de Marianne MOORE ; une œuvre à relire ou à découvrir (anthologie publiée par José Corti).   




02/12/2010


Gilles LADES



Christian Saint-Paul rappelle aux auditeurs toulousains qu’Eric FRAJ reprend son récital « FAT E FOLS » qu’il avait donné au théâtre Sorano et qui avait fait l’objet d’une émission « Les poètes » à la Cave Poésie 71 rue du Taur jusqu’au 4 décembre chaque jour à 19 h 30 (réservations : 05 61 23 62 00). On écoute « Las agassas an begut lo solelh » « Les pies ont bu le soleil ». L’émission est consacrée ensuite au poète écrivain Gilles LADES venu de Figeac où il vit pour présenter une de ses dernières publications : « Les Vergers de la Vicomté » avec les peintures de Gilles SACKSICK  préface de Michel PEYRAMAURE  éditions TERTIUM 143 PAGES 24 €.

Gilles LADES est né en 1949 à Figeac dans le Lot ; professeur de lettres il obtint le prix Antonin Artaud en 1994 pour « Les Forges d’Abel » (éditions La Bartavelle). Il est depuis l’auteur d’une trentaine de publications essentiellement de recueils de poèmes, mais aussi de prose comme « Dans le chemin de buis » (Tertium 2007) « Sept Solitudes » (le Laquet 2000) « Saint-Cirq Lapopie, lecture d’un site » (Les amis de Saint-Cirq Lapopie 2003)  « Rocamadour, le sanctuaire et le gouffre »  (Tertium 2006), tous ces ouvrages ayant un point commun : la description sensible d’un lieu et ses influences sur l’âme de celui qui y pénètre. C’est encore cette même obsession de cerner au plus près les influences qu’ont exercées, qu’exercent et exerceront un territoire qui est au centre de démarche de l’écrivain poète Gilles LADES quand il aborde cette enclave exceptionnelle que fût la Vicomté de Turenne. L’auteur situe ce territoire au croisement du Quercy, de l’Auvergne, du Limousin et du Périgord. La Vicomté fût quasiment indépendante des années 800 jusqu’en 1 738.  Dans sa préface l’écrivain Michel Peyramaure constate que ce livre de Gilles LADES est le livre le plus digne d’intérêt qui ait paru sur la Vicomté depuis des années et depuis toujours peut-être même. C’est que ce livre dépasse totalement le simple ouvrage historique ou touristique et est un livre de poète ; c’est une œuvre littéraire à part entière où le langage employé et son sens métaphysique sous-jacent constitue la réussite du livre. Un entretien méticuleux s’instaure avec Saint-Paul, conquis de toute évidence par la langue forte des « Vergers de la Vicomté » mais aussi par cette émotion ressentie devant des lieux qui bouleversent la sensibilité. La démarche de LADES est de faire, du territoire qu’il parcourt pour l’enfermer dans les mots (et lui restituer sur le papier l’émotion qu’il suscite), une sorte de compagnon. L’anthropomorphisme du lieu donne à son contemplateur une présence spirituelle qui le porte bien au-delà des regards ordinaires. La beauté des vergers est si emblématique qu’elle incarne l’image du territoire et symbolise sa richesse. La Dordogne, comme un miroir au pouvoir mystérieux, fascine. Le charme des toits de Carennac dans le Lot qui se chevauchent est merveilleusement écrit par Lades et peint par Sacsick. Les matériaux de la Vicomté, les tuiles rouges, le calcaire et l’ardoise selon les lieux, s’harmonisent et la débauche architecturale rassasie le voyageur. Les brebis à lunettes sur le Causse de Gramat, familières à l’auteur complètent l’humanité rassurante du lieu. C’est au hameau de Pinsac que naquit en 1899 l’écrivain et poète surréaliste Roger VITRAC qui retourna dans son pays natal dont il ne se détachera jamais. Le château de Turenne, lieu central de la Vicomté fût le centre de pouvoir. Le magnétisme que dégage sa puissante architecture a contribué à faire admettre l’idée de suzeraineté sur les esprits et sur les volontés. L’écrivaine COLETTE lors de la débâcle de 1940 a rejoint le village de Curemonte. Aussitôt, cette bourguignonne a fait corps avec le lieu, grisée par la vacuité des journées où se glisse la fatalité. Pierre LOTI fit trois séjours d’été à Castelnau et à Bretenoux et Jean LURCAT arrivé sur la Vicomté lors de circonstances entraînées par son action dans la Résistance, y reviendra et créera son fantastique atelier à Saint-Céré. LADES évoque ces « miroirs d’eau captive » que sont les barrages particuliers de la Vicomté, ne se laissant pas voir de loin et qui dégagent une impression de froide mélancolie.

La Vicomté semble avoir eu pour destinée d’unir des territoires différents, contrastés et « rares sont les contrées où se trouvent rapprochées et mêlées tant de beautés naturelles ou créées de la main de l’homme ».

Un livre de poète à la langue savoureuse mais équilibrée et précise, comme les bâtisses de la Vicomté. 

Vient de paraître « les Vergers de la Vicomté » de Gilles LADES

Illusrations Gilles SACSICK préface Michel PEYRAMAURE

éditions TERTIUM voir doc




25/11/2010



Manijeh NOURI



Michel RAJI





Christian Saint-Paul que le prix Max-Pol Fouchet 2010 a été attribué à Josée TRIPODI pour son recueil « Le temps court plus vite que moi » préface de Linda Maria BAROS et Luis MIZON éditions du Castor Astral 112 p 12 €.

L’Atelier Imaginaire a attribué le prix Prométhée de la nouvelle à Claire VEILLERES pour son livre « Le Cavalier de Kladruby » préface de Christiane BAROCHE éditions du Rocher 224 p 14,90 €. Deux femmes dont on retiendra les noms, qu’il faut lire. L’émission « les poètes » en reparlera.

L’émission est en effet consacrée à la relation d’un évènement culturel notable qui va se produire à Toulouse le dimanche 28 novembre 2010 à 17 h 30 à l’Auditorium Saint-Pierre des Cuisines 12 place Saint-Pierre à Toulouse : la représentation de PERSIANAS de l’ombra a la lutz de l’ombre à la lumière, chant, musique et lecture de poèmes persans et occitans.

Manijeh NOURI  et  Michel RAJI sont venus expliquer le contenu et le sens de cette représentation.

L'association « Ariana, regards persans » œuvre depuis sa création à la valorisation de la culture persane et la mise en lumière des liens existants entre l'Occitanie et la Perse.

Traçant un chemin entre Toulouse et Khorasan (région au nord est de l'Iran, berceau de la culture persane), elle réunit aujourd'hui des artistes issus de ces deux mondes pour une rencontre unique, faisant résonner entre elles les cultures occitane et persane au travers du chant, de la poésie et de la musique.

Le chant traditionnel persan a de nombreuses similitudes avec le chant des troubadours. Le rythme, savant ou populaire, élaboré ou simple, est l'axe central de ces deux traditions musicales. La poésie est marquée par le thème de l'amour de la femme, la fin'amor étant un écho du lointain ghazal.

Cette exaltation de l'amour rejoint, par la métaphore du divin, la mystique, cherchant à élever les âmes de l'ombre à la lumière. C'est aussi le point commun de deux spiritualités qui ont marqué ces mondes médiévaux : le catharisme et le zoroastrisme pour lesquels la lumière et son combat contre les ténèbres sont des éléments fondateurs.

Cette rencontre sera l'occasion d'entendre des cultures vivantes grâce aux artistes qui mêlent tradition et modernité dans leurs interprétations mais aussi par les poésies qui seront données à entendre. En effet, les mots des auteurs millénaires (Jaufre Rudel, Hafez,...) feront écho à ceux d'auteurs contemporains : l'auteur iranien Shafi'i Kadkani et l'auteur occitan Alem Surre Garcia (qui a écrit pour l'occasion).

Les artistes présents lors de ce moment de création et d'échange témoigneront par leur talent du dialogue encore possible entre ces deux cultures millénaires et toujours actuelles.

 

Manijeh NOURI traductrice du persan, conférencière, enseignante à l’Institut Catholique à Toulouse récitera les textes en persan. Michel RAJI danseur reconnu sur la scène internationale, également pédagogue, a réalisé la mise en scène de ce spectacle original qui rapproche les peuples et leurs cultures. Il explique quelle a été sa démarche pour donner un ton d’harmonie et de grande spiritualité à ce dialogue d’artistes.  On écoute la voix d’Alem SURRE-GARCIA récitant  en  oc des poèmes dont « Bernat de Ventaborn » « Bernard de Ventadour » ; les textes sont repris en langue persane puis en langue française.

Ces textes seront portés par les rythmes de Djamchid CHEMIRANI virtuose mondialement reconnu du zarb (instrument à percussion), les mélodies de Shadi FATHI et de Jean-Pierre LAFITTE et le chant de Maryam CHEMIRANI fille de Djamchid. A ne pas manquer.

 




18/11/2010




 

Christian Saint-Paul reçoit Gil PRESSNITZER poète, homme de culture qui a dirigé un centre culturel et la salle Nougaro à Toulouse qu’il a rendue mythique, et qui anime un site culturel de premier plan : http:://www.espritsnomades.com C’est du poète chanteur Jacques BERTIN, prix VERLAINE 2010 que Gil PRESSNITZER vient parler car cet artiste exceptionnel va se produire à Toulouse le samedi 27 novembre 2010 à 20 h 30 au théâtre Jules Julien.
La dernière apparition de Bertin à Toulouse fut à la Cave Poésie en décembre 2008, et avec pianiste en 1999 à la salle Nougaro. Cela fait un bail montrant l’état de la chanson à Toulouse et en France.

Depuis un nouveau CD, donc un nouveau répertoire « Comme un pays ».

Jacques Bertin poursuit sa route exigeante, fervente et sachant que le temps est compté va vers la fin des errances.

 Audition de Pour la fin des errances

On retrouve au delà des deltas amers ses thèmes  l’amitié, les souffrances passées, l’attente, les amours qui ont bifurqué, les livres, le temps passé

Audition de  Ah vieil ami
Malgré les essieux brisés des rêves et des illusions Jacques Bertin veut semer quelques graines d’espoir, et non tout n’aura pas été vain. Il reste ses chansons et elle nous aide à vivre dans un monde en gésine.

Jacques Bertin définit clairement  ses chansons :
Je ne fais pas des chansons tristes
Je ne fais que des chansons d’homme.

Ce sont bien des chansons d’homme, s’adressant à la belle part d’humanité en nous non encore réduire en servage, par le décervelage insensé de l’époque. La beauté du monde, la beauté de la poésie sauve pour lui le monde. Jacques Bertin est effrayé par l’oubli du passé, des leçons de l’histoire par nos contemporains. Par l’absence de curiosité, de paroles essentielles.

Audition de Les livres

Jacques Bertin a bâti une œuvre qui restera, vibrante, tendre, parfois mélancolique, toujours à hauteur d’espérance malgré le vent mauvais des jours, et toujours profonde. Quand tant de fausses valeurs s’effondreront un jour, il demeure, pour moi, comme le poète-chanteur le plus important de son époque.

Audition de Le soir

Jacques Bertin, en rêveur, en marge de la vulgarité des « variétés » que l’on assène pour couvrir la parole des gens, a pris la parole pour ceux les sans voix, les humbles, les poètes.

Audition de Le rêveur 

Pour finir s’élève son chant comme un pays. Tout est dit.

Audition de Comme un pays

 Gil PRESSNITZER heureux de son amitié avec Jacques BERTIN lit des poèmes de ce dernier que vous trouverez à la fin d’un article résumant la démarche et l’œuvre de ce grand artiste à connaître et à faire connaître.

Les toulousains pourront se procurer les CD de Jacques BERTIN à la soirée du théâtre Jules Julien le samedi 27 novembre 2010 et même en emprunter quelques uns à la médiathèque José Cabanis.

Les autres peuvent aller sur le site de Jacques BERTIN : http://velen.chez-alice.fr/bertin/ 

Voir doc



04/11/2010

Christian Saint-Paul qui a lu la semaine dernière « Ode pour hâter la venue du printemps » de Jean RISTAT évoque le livre paru en 2009 de ce poète : « Le théâtre du ciel  Une lecture de Rimbaud » (Gallimard 130 p 24,90)Saint-Paul rappelle que le n° 11 de la revue LEVANT qui a été présenté à Toulouse est disponible et peut être commandé 3 place Bouschet de Bernard  34070 Montpellier, le n° 25 €, abonnement  2 n° 40 €. Cette revue de l’espace méditerranéen regroupe les sensibilités des créateurs des trois rives dans un foisonnement de cultures. Salah Stétié y publie une série de poèmes à côté de poètes grec, espagnol, italien, iraquien, israélien, occitan et des articles de fond ou d’histoire.  Lecture de textes de Pascal GABELLONE. Le n°77 de la revue « Multiples » Découverte 16 vient de paraître ; il comprend une narration de la venue d’ADONIS à Albi à l’invitation d’ARPO ; 7 poètes sont à découvrir dans la revue d’Henri HEURTEBISE  à commander  9, chemin du Lançon 31410 Longages 15 € abonnement 3 n° 36 € ; à signaler que la couverture est une gravure du poète plasticien toulousain Claude BARRERE que du reste Heurtebise avait publié dans le n° 62 de « Multiples ». Une publication très originale est à retenir : « Poèmes du Cycle de Rowley » de Thomas CHATTERTON présenté et traduit par Georges LAMOINE éditions ELLUG  Université Stendhal Grenoble 262 p 15 €. Ce livre dévoile le vrai visage de CHATTERTON (1752 – 1770) dont on ne connaît généralement que le nom tiré de la pièce de théâtre d’Alfred de Vigny. Les thèmes de ce poète anglais de génie sont la guerre, la mort, la violence, mais aussi l’amour et la charité chrétienne. Ce recueil traduit est l’œuvre de longue haleine d’un universitaire toulousain passionné qui viendra prochainement en parler aux auditeurs de cette émission. A suivre donc.Succédant à l’Angleterre c’est la Catalogne qui est à l’honneur avec un recueil de nouvelles « Nouvelles de Catalogne » publiées par MAGELLAN & Cie / Courrier International 100 p 12 €. A lire pour connaître le génie contemporain catalan. Retour en France dans un pays typé aux alentours de la Dordogne, le Vicomté de Turenne,  avec la publication de Gilles LADES « Les Vergers de la Vicomté » illustrée par Gilles SACKSIK aux éditions Tertium 142 p 24 €. LADES est convaincu que la découverte du paysage est une aventure et une conquête. Il s’en expliquera lui-même à l’émission du 25 novembre 2010, mais son livre est à savourer sans attendre.Toulouse n’est pas oubliée dans les publications à signaler puisque Michel MATHE vient de faire paraître aux éditions PRIVAT « Vite et bien, Des nouvelles de la Dépêche » un livre qui retrace l’épopée de ce journal mythique à travers de petites histoires quotidiennes, ceci à l’occasion des 140 ans du journal. Michel MATHE sera bientôt l’invité de l’émission. Enfin le poète de la semaine est une femme, une italienne : Patrizia CAVALLI ; elle est née à Todi (Ombrie) et vit actuellement à Rome. C’est une des voix majeures de la poésie italienne de nos jours. La tension de sa poésie naît de la dualité de l’hymne (poésie de célébration) et de l’élégie (lamento poétique). Chez cette poétesse les deux s’identifient et se confondent. Le ton pourtant est celui de l’économie de langage et de son sujet. La langue alors cerne les contours exacts de l’être. Lecture d’extraits de « Mes poèmes ne changeront pas le monde » édition bilingue « des femmes » 490 p 23 €.




28/10/2010

En ce jour de grèves et de manifestations contre la loi sur la retraite, Christian Saint-Paul choisit de s’en tenir à la lecture du recueil « Ode pour hâter la venue du printemps » de Jean RISTAT publié chez Gallimard en 1979 et repris dans la collection Poésie/Gallimard.

Long poème qui se coule dans une oralité à la fois théâtrale et triviale. Son lyrisme demeure au niveau d’une humanité en prise directe avec les écueils du quotidien. Son épopée, crédible, ne s’éloigne pas d’une réalité amère certes, mais tout de même imprégnée d’une espérance ténue. RISTAT a dédié son ode à ses camarades du Parti Communiste Français.

Cet écrivain et poète  né en 1943 dans le Cher, est le directeur des Lettres Françaises et l’exécuteur testamentaire des œuvres de Louis ARAGON.




21/10/2010

Christian Saint-Paul invite les auditeurs à se rendre au prochain concert que donnera Eric FRAJ « GAO une Afrique rêvée » le vendredi 29 octobre 2010 à 21 h à Toulouse à l’Ostal d’Occitania (11 rue Malcousinat station Esquirol). Gao est l’ailleurs lointain, le miroir que le chanteur interroge dans ses langues de cœur : occitan, catalan, espagnol, français. Une représentation unique à ne pas manquer (voir rubrique « Evènements »). Audition de « Milonga del Destierro » d’Eric Fraj.

Saint-Paul rend un long hommage à Robert MOMEUX récemment disparu. Ce poète a marqué de façon indélébile la perception poétique du monde pour Saint-Paul ; il le découvre au début des années soixante dans la revue TRACES de Michel-François LAVAUR. Quand la revue DECHARGE avec Georges CATHALO lui a rendu hommage, Saint-Paul dans son article a cité un poème que MOMEUX avait oublié. La mort a surpris MOMEUX avant que la publication sur laquelle figurait ce texte, cité alors de mémoire par Saint-Paul, puisse être retrouvée. Encore une fois, le temps a manqué. Pour braver ce temps ravageur, Saint-Paul lit un article de Luc DECAUNES écrit en 1973 sur MOMEUX et qui demeure un des meilleurs articles qui rend compte de la force poétique bouleversante dans sa simplicité et son authenticité, de l’œuvre de ce poète discret que fût MOMEUX.

Ce ton qui porte la poésie au niveau de l’humain, de l’accessible tendresse du quotidien et de la vie, ce fût aussi celui des poètes de « l’Ecole de Rochefort » dans leur diversité. Michel BAGLIN perpétue cette même proximité de la vie ordinaire comme dirait PERROS, avec l’émotion poétique. Et Jean ROUSSELOT occupa sa vie entière, qui au contraire de son ami CADOU, fût longue, à perpétuer cette intensité poétique de la simple réalité. Il écrit dans son journal : « Comprendra-t-on que mon prosaïsme est voulu, que je me prive si bien des falbalas que pour mieux montrer en quoi est évidente l’ambigüité de la réalité la plus simple ? Verra-t-on le vrai sens que prennent les mots les plus ordinaires dans ma voix ? »     Saint-Paul brosse la biographie de cet infatigable poète, vie d’une incroyable richesse qui fit de cet orphelin de père à trois ans, d’un tuberculeux en lutte contre le mal, d’un Résistant qui sauva des centaines de juifs, d’un commissaire de police promis à une belle carrière qu’il arrête, d’un père attentif, un des plus grands connaisseurs de la poésie du XXème siècle et une de ses voix majeures. Emporté par les épisodes de cette longue vie, pourtant à peine résumée, le temps, encore lui, manque à Saint-Paul pour lire tous les textes de ROUSSELOT qu’il avait préparés. Il s’en tient donc à son dernier recueil, terriblement émouvant puisque ce sont ses derniers mots qui résonnent avec la lucidité implacable qui habita ROUSSELOT toute sa vie. Ce recueil a été édité par un de ceux qui se vouent, comme le fît, à sa manière Jean ROUSSELOT, à la diffusion passionnée de la poésie contemporaine. Il s’agit de Daniel MARTINEZ directeur de la revue DIERESE et des éditions « Les Deux-Siciles »  (8 avenue Hoche 77 330 Ozoir-la-Ferrière) « TRAJECTOIRE suivi de STROPHES » (12 €).  A commander absolument pour tous ceux qui sont des lecteurs de ROUSSELOT et tous ceux qui pourraient ne pas le connaître). Pour conclure, lecture de quelques poèmes extraits de « Les Moyens d’Existence » parus aux éditions Seghers.





14/10/2010

Christian Saint-Paul annonce la parution du n° 37 de NOUVEAUX DELITS Revue de poésie vive et dérivés (abonnement 25 € chèque à l’ordre de : Association Nouveaux Délits Létou 46330 Saint- Cirq-Lapopie) Cathy Garcia livre avec ce dernier numéro un ensemble de qualité bien illustré toujours dans le ton libertaire et militant de la poésie. Lecture d’un texte de Francis Gast.

Saint-Paul poursuit en indiquant qu’il a reçu de Daniel MARTINEZ de la revue Diérèse (8 avenue Hoche  77330 OZOIR LA FERRIERE abonnement 38 €) 4 recueils des éditions des Deux-Siciles (même adresse) : Patrice Blanc et Jacques Coly « Signes possibles d’une trahison » ; Paul Bowles « Next to Nothing Presque Rien » 6,50 € ; Jacques Coly « J’ai vu » 7 € ; Jean Rousselot « Trajectoire suivi de Strophes » qui constitue sa dernière publication  12 €.  Certains de ces recueils magnifiquement illustrés sont de vrais petits livres d’art. Une collection dont on reparlera à Radio Occitanie. Titres d’ores et déjà fortement recommandés par l’émission « les poètes ». Lecture du poème « Eclatement du temps » de Rousselot.

Deux voix amies ont été écoutées par Saint-Paul dans la soirée juste avant l’émission : celle du poète iraquien Salah Al Hamdani qui se réjouit de participer bientôt à une émission et qui a annoncé que début 2011 il publierait aux éditions Bruno Doucey « De Bagdad à Jérusalem à la lisière de l’incendie » en duo avec le poète arabe israélien Roni Someq et en trois langues : hébreu arabe et français. Saint-Paul lit alors un texte de Roni SOMEQ publié dans le n° 5 de la revue LEVANT ; la deuxième voix amie est celle du toulousain Michel BAGLIN qui sera la semaine prochaine au salon du livre policier à Cognac avec son roman « La balade de l’escargot » Pascal Galodé éditeur 16,90 €. En hommage à cet artiste éclectique qu’est  Baglin Saint-Paul lit les textes publiés dans le n° 104 de la revue FRICHES qui l’ont particulièrement marqué en particulier « En terrasse » par son ton agréablement mélancolique  qui rend compte d’un constat universel, face au temps qui passe son chemin, sourd aux cris du monde qui ne cesse de changer.

Samedi 16 octobre les amis de la revue LEVANT vont venir à Toulouse présenter le dernier numéro de la revue au musée Georges Labit. Une après-midi de poésie,  de musique et d’échanges sur la littérature des rives de la Méditerranée. Lecture de deux poètes français publiés dans un numéro récent de LEVANT : Antoine EMAZ et Frédéric-Jacques TEMPLE.



07/10/2010






Michel Eckhard-Elial , Saïd Mounime et Adonis

Christian Saint-Paul rappelle qu’un évènement historique dans l’histoire littéraire particulièrement riche de Toulouse, se produira le samedi 16 octobre 2010 de 15 h à 17 h 30 au musée Georges Labit. En effet, le numéro 11 de la revue LEVANT cahiers de l’espace méditerranéen sera présenté pour sa sortie des presses.

Michel ECKHARD-ELIAL le fondateur et directeur de cette revue et qui réside à Montpellier est joint par téléphone.

L’entretien porte sur l’historique de cette revue depuis sa création à Tel-Aviv en 1988 et qui a rassemblé les signatures les plus significatives de la littérature des pays des rives de la Méditerranée.

Le sommaire de ce numéro est dévoilé (voir couverture) et réunit des noms prestigieux comme Salah Stétié, Esther Tellermann et des inédits de Paul Celan et Alain Suied.

Une place est faite à l’Egypte dans ce qu’elle représente de symbolique dans le Sacré, le numéro abordant les relations poésie et sacré.

Michel ECKHARD-ELIAL détaille le programme de la prestation qui sera donnée le 16 octobre au musée Georges Labit : présentation de la revue, lecture de textes, moments musicaux, diaporama, évocation du poéte disparu Pedro Heras. Il souligne qu’Esther Tellermann, une des voix montantes de la poésie contemporaine viendra de Paris pour cette présentation. Un moment fort en perspective. On y retrouvera aussi Jean-Pierre Crespel, qui descendra de Paris également et qui a réalisé plusieurs émissions déjà à Radio Occitanie.

Pour finir Michel ECKHARD-ELIAL qui est avant tout auteur et poète lit un de ses textes.

Saint-Paul lit ensuite « Le fleuve Méditerranée » de Claude FROCHAUX paru dans le n° 4 de LEVANT et les textes de Chantal MAILLARD qui seront publiés dans le n° 11 traduits de l’espagnol par Josianne GOURINCHAS ; la voix de Chantal MAILLARD conclut l’émission extrait de Hainuwele y otros poemas (voir aussi émission du 02/09/2010).

 

Abonnement Revue LEVANT :

2 numéros : 40 Euros (le n°: 25 Euros) Institutions : 45 Euros.

Règlements à l’ordre de LEVANT. à l’adresse de la Revue

Revue et Edition

3 place Bouschet de Bernard 34070 Montpellier

E-mail : [email protected]

Site : www.revue.levant.free.fr

30/09/2010

Bulletin de commande pour le tiré à part de

« Passages au jardin » de Jean-Louis CLARAC prix Troubadours 2010
ICI

Christian Saint-Paul annonce que le prix Troubadours / Trobadors 2010 a été décerné à Jean-Louis CLARAC auquel la présente émission est consacrée. Ce prix récompense tous les deux ans, sur manuscrit anonyme, un auteur qui bénéficie ensuite de la publication de son recueil qui constitue alors un numéro de la revue FRICHES. C’est le directeur de FRICHES Jean-Pierre THUILLAT, poète, historien et infatigable artisan de la diffusion de la poésie contemporaine, qui réunit un jury de grande qualité pour attribuer le prix. La moisson des manuscrits a été bonne cette année encore, à en juger par les textes des « nominés », auteurs retenus par le jury dans sa toute dernière sélection. Des extraits de ces textes sont publiés à la suite du recueil du lauréat. Ce sont quatre femmes pour deux hommes qui se retrouvent dans ce palmarès. Isabelle LEVESQUE y figure sans surprise et sa voix devient vite familière de la poésie d’aujourd’hui. Nous avions pressenti dans cette émission que l’expression poétique subtile et douée d’une force d’évocation naturelle retiendrait l’émotion des lecteurs. A ses côtés, les textes de Thomas DURANTEAU, Juliette ESPEROU, Martine MORILLON-CARREAU, Ludmilla PODKOSOVA, Patrick WERSTINK, dans des tons très divers mais tous d’une grande originalité et d’un talent maîtrisé, concourent au grand intérêt de ce numéro 105 de FRICHES.

Jean-Louis CLARAC qui demeure à Aurillac est joint au téléphone. Il dit sa joie d’avoir emporté ce prix, le jury s’étant prononcé sur des textes anonymes et ne découvrant le nom de l’auteur qu’une fois le prix attribué. C’est pourtant, Jean-Louis CLARAC, un poète confirmé qui a publié dès 1978. Né en 1951 à Limoux dans les Corbières qui lui inspireront  «Maquis le feu mis aux sarments » en 1984 (Tribu de Serge Pey éditeur) il devient en 1991 membre du Comité de rédaction de la revue Encres Vives de Michel Cosem. Cette revue lui a consacré un numéro spécial en 2008 (2 allée des Allobroges 31770 Colomiers). A ce jour, ce poète a fait paraître une quinzaine de recueils, quatre livres d’artistes et figure au sommaire de revues de poésie et d’anthologies. Clarac effleure sa biographie, professeur de philosophie à l’UFM d’Aurillac, il s’est bien installé dans cette ville qu’il aime. Dans sa vie universitaire, il a travaillé sur Artaud et sur Nelli. Il est par ailleurs, l’organisateur des « Moments poétiques » d’Aurillac et invite chaque saison des poètes à venir présenter leur œuvre. Il s’explique sur la démarche de ce recueil « Passages au jardin ». Oui, il cultive réellement le jardin de sa maison à Aurillac. La terre se travaille comme les mots. Le langage se récolte comme les semences portent leurs fruits. Cet effort est jubilatoire. La sérénité du poète dans ses passages au jardin fait souvent en effet place à la joie. C’est en épicurien qu’il cueille les mots agencés dans un ordre surprenant, ou les produits de la terre qu’il faut débarrasser de ses scories, les mottes dures, les pierres. L’écriture adopte la couleur rugueuse de la vieille brouette, le son mat du broc. Ce poète philosophe s’ancre à la terre qui n’a jamais été rien d’autre au fond, qu’une incoercible recherche métaphysique sur le temps qui passe à chaque passage au jardin. Un très beau recueil qui nous apprend à espérer le nouveau passage qui nous permettra peut-être de mieux cerner l’éphémère qui est le lot du jardin à cultiver et le lot de toute vie.

Lecture par Saint-Paul de larges extraits du recueil « Passages au jardin » ; audition d’un « cant de trobador » Avinens de Muriel BATBIE ; audition de « Végétale orchestrée » extrait du CD « Lisières » poèmes de Jean-Louis Clarac, musiques de Daniel Costes à commander chez l’auteur 98 rue de l’Egalité 15000 Aurillac.    


23/09/2010



Christian Saint-Paul annonce que le prix Max-Pol Fouchet sera décerné le dimanche 24 octobre 2010 à Lourdes à Josée TRIPOLI pour son recueil de poèmes « Le temps court plus vite que moi » préface de Linda Maria Baros et Luis Mizon. Le prix Prométhée sera lui, décerné le même jour à Claire VEILLERES pour son recueil de nouvelles « Le Cavalier de Klaruby » préface de Christiane Baroche. Le recueil de poèmes nous introduit dans l’univers de la vie urbaine, d’un Paris quotidien, le recueil de nouvelles dans l’univers du cheval et de l’équitation. Ces livres seront disponibles en librairie dans les jours qui viennent.

Saint-Paul recommande ensuite aux auditeurs de s’abonner aux revues Décharge dont le n° 147 vient de paraître et à la revue Diérèse dont il a parlé la semaine dernière (voir émission précédente). Il lit in extenso la critique de Max Alhau (pp241 ; 242) consacrée au livre de François HUGLO sur Jean ROUSSELOT (éditions des Vanneaux, Présence de la Poésie 17 €).

S’inscrivant dans la philosophie éthique de Radio Occitania ouverte à tous les peuples et à leurs cultures sans le moindre ostracisme, il rappelle que l’objectif de l’émission « les poètes » est de faire connaître les poètes du monde entier. C’est une des grandes voix de la Turquie du 20ème siècle qui sera écoutée cette semaine avec Fazil Husnü DAGLARCA ; il est né en 1914 à Istanbul. De 1935 à 1950 il sert comme officier d'infanterie en Thrace et en Anatolie Centrale. De retour d'un voyage en France et en Italie, il entre comme inspecteur au ministère du travail.  En 1959 il ouvre une librairie dans le quartier d'Aksaray à Istanbul et crée, l'année suivante, une revue littéraire, Türkçe, qui paraîtra pendant près de cinq ans. Depuis la parution de son premier livre en 1935, F. H. Daglarca a publié des poèmes très nombreux et de genres très divers. Ses principaux recueils sont Çocuk ve Allah (1940), Uç Sehitler Destani (1949), Toprak Ana (1950), Asû (1955), Gezi - Mevlâna'da Olmak (1958), Vietnam Savasimiz (1966), Haydi (1968).
 D’après Sébastien Labrusse  «il est l’auteur de l’une des œuvres les plus décisives et impressionnantes de la poésie de langue turque du XXe siècle, tant par son ampleur, sa diversité que par la densité de son écriture singulière et la puissance de ses images, qui tout à la fois prolongent et renouvellent la grande tradition ottomane. L’Oiseau à quatre ailes – c’est-à-dire l’ange, selon la mystique musulmane – est la version française de l’anthologie de son œuvre poétique». C’est à partir de 1950 qu’il écrit des recueils à caractère social, dont « La Mère Terre » et des poèmes pour enfants qui ont contribué à accroître sa célébrité. Cependant, DAGLARCA poursuit à part son œuvre profonde et publie de grands livres qui transcendent ses préoccupations : Asu 1955, Le Mal d’Occident 1958, La Taille féminine 1985, Fleurs à Cheikh Galib 1986, Se vêtir avec les lointains 1990, Elle 1923,1998, La Marche de l’image 1999. Pour DAGLARCA la vie des êtres est reliée à celle de la nature ; le soi et le monde s’entrelacent, mais ces poèmes vont bien au-delà d’une sereine célébration du monde, elle témoigne d’une attention tendue pour la vie.

Lecture de poèmes de « L’Oiseau à quatre ailes » traduit du turc par Ahmet Soysal. (Éditions CHEYNE).


16/09/2010

 

 

Le n° 147 de DECHARGE revue en poésie vient de paraître.127 pages à dévorer, textes de Jean-Pascal Dubost, Michel Merlen, chronique « Phares dans la nuit » de Georges Cathalo consacrée aux éditions Rafaël de Surtis à Cordes-sur-Ciel dans le Tarn, dossier sur Manouchian : poète-partisan et 4 poètes tunisiens : Mohamed Ben Ouirane, Moez Maged, Maha Ben Abdeladhim, Aymen Hacen, Yann Miralles, critiques de Jacmo, d’Alain Kewes, illustrations des pages de couverture de Kazem Khalil,  6 € ! Abonnement, attention nouvelle adresse : Jacques Morin  4 rue de la Boucherie  89240 Egleny  22 € à l’ordre des Palefreniers du Rêve.

DIERESE  revue de Poésie & Littérature publie aussi un fort copieux n° 50 « Seuils » 260 pages et un sommaire riche où les noms les plus connus (Jacques Ancet, Claude Pelieu, Pierre Dhainaut, Bernard Noël, Max Alhau, Jean Chatard fraternisent dans la même exigence de qualité avec d’autres voix qui ancrent définitivement la poésie d’aujourd’hui dans son histoire, telles celles d’Isabelle Lévesque, de Daniel Martinez ou de l’allemand Durs Grünbein et du macédonien Nikoma Madjirov. Illustrations pertinentes et émouvantes comme celle du portait de Ginsberg par Mary Beach. Les très nombreuses critiques font de cette revue, en sus du plaisir des textes, un vrai puits d’informations sur les parutions de recueils. Et le tout pour la somme dérisoire de 10 € ! Daniel MARTINEZ son directeur réalise sans aides extérieures cette publication que l’émission « les poètes » recommande à tout lecteur de poésie et de littérature. Abonnement 4 n° 38 € à régler à l’ordre de Daniel Martinez  8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière.

L’émission est ensuite consacrée à Jean-Pierre THUILLAT écrivain, historien, poète, directeur de la revue de poésie FRICHES  Cahiers de Poésie Verte qui fait autorité en la matière depuis 1983 (abonnement 25 € chèque à l’ordre de Cahiers de Poésie Verte à FRICHES  Le Gravier de Glandon  87500  Saint-Yrieix). Saint-Paul s’entretient en direct par téléphone avec cet auteur qui a reçu il y a quelques mois le prix Brandôme (prix prestigieux décerné à un ouvrage d’histoire) pour son livre « Bertran de Born  Histoire et légende » paru aux éditions FANLAC 287 pages 24 € (www.fanlac.com).

Jean-Pierre THUILLAT par ailleurs professeur honoraire, diplômé de Civilisation médiévale de l’Université de Poitiers et qui veille aussi aux avant-postes de la poésie contemporaine a créé le prix de poésie « Troubadours » décerné cette année à Jean-Louis CLARAC pour son recueil « Passages au jardin » qui constituera le n° 105 de la revue FRICHES avec quelques textes d’autres poètes retenus par le jury dont Isabelle Lévesque. Le bon de commande par ailleurs du tiré à part figure dans la page d’accueil de ce site et gagnera dans quelques jours la rubrique « Evènements ».

C’est un long et passionnant exposé de la vie de ce troubadour mythique qu’est Bertran de Born que réalise Jean-Pierre THUILLAT au cours des questions posées par Saint-Paul. L’auditeur apprend ainsi que ce livre donne du seigneur-troubadour une image plus juste donc forcément plus complexe, que c’est le fruit d’un travail de recherches de plusieurs années à partir de documents divers et la plupart postérieurs à la vie de Bertan de Born ; la confrontation de documents (les propres poèmes de ce troubadour, les écrits du prieur de Vigeois et le cartulaire de l’abbaye de Dalon où finit sa vie le sire d’Hautefort)  permet de reconstituer les évènements de l’époque dans leur réalité historique.  C’est cette réalité que retrace ce livre, qui n’en est pas moins passionnante car elle met en scène l’histoire de la grande Aquitaine d’Aliénor et celle de Richard Cœur de Lion, histoire à laquelle il fut associé et se trouva au centre des conflits Plantagenêt. En bon connaisseur de la langue d’Oc, Jean-Pierre THUILLAT explique ce qu’est le « sirventès » poème politique différent de la « chanson » et comment la parole des poètes était au 12ème siècle un média de l’époque. Il aborde ensuite le poète amoureux, l’amour courtois, cette poésie la plus savante depuis l’Antiquité. La légende de Bertran de Born n’est pas oubliée dans les propos de Thuillat  qui rappelle et explique pourquoi Dante qui a d’abord admiré celui qui écrivait en limousin (en oc) l’a plus tard, voué aux gémonies, l’accusant  d’avoir mis le pays à feu et à sang et d’être responsable de la mort du jeune roi, fils de Henri II Plantagenêt.  Bien des poètes ( Aragon, Ezra Pound entre autres) ont admiré les vers de Bertran de Born.

Jean-Pierre THUILLAT lit pour finir un extrait d’une chanson de Bertran de Born.

Un livre qui se lit comme un roman policier a dit un ami à Jean-Pierre THUILLAT en évoquant son « Bertran de Born ». Assurément ;   un livre qui doit être dans la bibliothèque de tout lecteur de poésie, de tout amateur d’Histoire et du Moyen-âge, de tout  occitan.

 

09/09/2010

Alem

Surre-Garcia

 

 

En préambule, Christian Saint-Paul fait l’apologie d’une revue poétique et littéraire « DIERESE » riche d’illustrations sobres et remarquables, de textes forts, d’entretiens et de nombreuses critiques de recueils ; assurément cette revue propage cette culture poétique en définitive abondante, mais reléguée à ceux que Jean-Roger CAUSSIMON appelait « les spécialistes ». A soutenir donc : abonnement annuel 4 numéros 38 €, règlement à l’ordre de Daniel Martinez 8 avenue Hoche  77330  Ozoir-la-Ferrière.  

Christian Saint-Paul reçoit Alem Surre-Garcia, écrivain, essayiste, poète, librettiste, auteur dramatique, conférencier, traducteur en français des grands auteurs occitans, bien connu des auditeurs de Radio Occitania pour s’entretenir de ses deux dernières publications qui constituent tout simplement les deux volumes d’une même œuvre : « La théocratie républicaine  Les avatars du Sacré » (tome 1) et « Archipels et diaspora : essai d’émancipation La théorie républicaine » (tome 2). L’Harmattan éditeur.

Un seul Etat égale une seule Nation égale un seul Peuple égale une seule Patrie égale une seule Histoire égale une seule Langue égale une seule Culture... Cet ouvrage définit la "théocratie" française dans sa continuité monarchique, révolutionnaire, impériale et républicaine. Il démontre comment un tel système a pu engendrer une culture de condescendance et de mépris aussi bien dans ses territoires provinciaux que coloniaux, créant ainsi une dépendance qui se pense définitive.

A la fin de l’année 2005 l’auteur était présent à une manifestation monstre à Carcassonne (avec Saint-Paul du reste) pour défendre l’essor de la culture occitane ; l’évènement n’eut aucun retentissement dans les médias nationaux. En revanche, à la même époque, les violences perpétrées dans les banlieues firent la une. La France apprenait que ceux qui avaient été condamnés au silence et au déni n’étaient pas assimilables. L’entretien porte sur l’Etat-Nation qui caractérise notre pays selon le mot d’André Fontaine : « L’Etat-Nation dont la France est la quintessence ». L’amalgame ente citoyenneté et nationalité est toujours d’actualité. De la même façon notre pays ne peut ^qu’être doté d’un même peuple pur et sublime et surtout unique. Dès lors il n’aura qu’une seule histoire et avec elle, selon la formule de Michelet le monde sera sauvé. La République est une et indivisible, c’est « notre Royaume de France » affirmé par Peguy et repris par Finkielkraut. La France est bien le « Messie » entrevu par Michelet. Cette théocratie républicaine trouve son origine durable dans l’absolutisme exacerbé sous le règne de Louis XIV. A la Révolution la divinité devient simplement l’Être Suprême, mais tous les schémas anciens sont repris et subsistent encore de nos jours. La devise de la République reprend le concept sacré de la trinité, le mode ternaire devient universel : Liberté, Egalité, Fraternité. La Révolution a continué Louis XIV et elle évolue toujours dans cette galerie des glaces de Versailles dans les miroirs de l’absolu. Nous avons été imprégnés de façon indélébile de cette vision du monde à travers la France et Paris est tout naturellement la capitale de ce qu’Alem Surre-Garcia nomme l’équation suprême. A leur tour les capitales des provinces jouent ce rôle par rapport à leurs propres satellites. L’esprit colonial qui n’était remis en cause par personne s’est développé sur ce terreau naturel instaurant sans y penser une civilisation du mépris.

L’époque contemporaine verra les camps de concentration où se pressent les peuples méprisables. C’est à cela que réagit l’auteur de ces ouvrages implacables dans leur argumentation. Mais il ne faut pas croire que le ton des livres est solennel, ennuyeux comme le discours d’un redresseur de torts. Le style est alerte, terriblement vivant, fragmenté pour ne jamais s’habituer, empreint d’ironie et d’humour. Alem Surre-Garcia lit un extrait. L’entretien se conclut sur l’évocation de l’Algérie, de Camus grand humaniste s’il en est mais qui n’a pas fait d’allusion à la culture arabe. Certainement ce grand esprit aurait évolué. La spiritualité et le génie poétique d’Abd-el-Kader aujourd’hui sont reconnus.

Deux livres qui n’en font qu’un à lire absolument pour comprendre le désarroi dans lequel nous a plongé cette théocratie républicaine.    

 

02/09/2010

 

 

Alem Surre-Garcia, écrivain, essayiste, poète, librettiste, auteur dramatique, conférencier, traducteur en français des grands auteurs occitans, bien connu des auditeurs de Radio Occitania vient présenter ses deux dernières publications qui constituent tout simplement les deux volumes d’une même œuvre : « La théocratie républicaine  Les avatars du Sacré » (tome 1) et « Archipels et diaspora : essai d’émancipation La théorie républicaine » (tome 2). Un seul Etat égale une seule Nation égale un seul Peuple égale une seule Patrie égale une seule Histoire égale une seule Langue égale une seule Culture... Cet ouvrage définit la "théocratie" française dans sa continuité monarchique, révolutionnaire, impériale et républicaine. Il démontre comment un tel système a pu engendrer une culture de condescendance et de mépris aussi bien dans ses territoires provinciaux que coloniaux, créant ainsi une dépendance qui se pense définitive. S’entretenant avec Christian Saint-Paul, l’auteur explique sa démarche qui a mûri pendant des années, nourrie de ses nombreuses expériences, en particulier celle de chargé de la culture au Conseil Régional de Midi Pyrénées et qui lui a permis d’accumuler une large argumentation pour démontrer comment s’est fabriqué ce sentiment tenace de détenir une vérité intemporelle. La culture n’est pas une et indivisible, mais au contraire plurielle et à la périphérie de ces centres qui retiennent le pouvoir. Pour Alem le territoire de la culture occitane par exemple n’est pas celui dressé par une carte aux contours définis comme peut l’être une nation, mais plutôt un archipel de territoires que l’on visite en faisant du cabotage. Devant l’importance de ces ouvrages, Alem Surre-Garcia sera l’invité de l’émission la semaine prochaine. A suivre donc mais dores et déjà les auditeurs peuvent se procurer les volumes en librairie. L’Harmattan éditeur.

 

L’émission est ensuite consacrée à la lecture ininterrompue de poèmes de femmes. Christian Saint-Paul veut ainsi leur rendre hommage à une époque anniversaire de la création des mouvements féministes et constater que 40 ans après le M.L.F. beaucoup de travail reste à faire. Il est scandaleux que les puissances démocratiques réagissent si peu et si mal lorsqu’un état livre aux bourreaux dans les conditions les plus infâmes d’exécution, une femme condamnée pour adultère. L’émission est dédiée à Sakineh Mohammadi-Ashiani qui risque elle aussi la lapidation en Iran. Sa photo sera la photo de la semaine, et les auditeurs sont appelés à se manifester de toutes les manières possibles, à signer la pétition suppliant d’interrompre cette parodie atroce de justice.

Lecture de poèmes de : Talisma NASREEN, qui incarne l’essence même de la militante de la liberté des femmes ; de Muriel SPARK dont les poèmes racontent la vie quotidienne ; d’Anna AKHMATOVA qui s’adresse à sa « Muse » dans la Russie de la terreur ; d’Isabelle LEVESQUE qui rend hommage à deux hommes, le poète Thierry METZ et Claude Lévesque ; d’Antjie KROG militante des droits de l’homme qui s’opposa à l’apartheid et qui écrit en afrikaan, démontrant par là la vérité de la thèse de Surre-Garcia ; et enfin l’émission se conclut sur l’écoute de Chantal MAILLARD une des voix poétiques les plus intenses de la poésie espagnole, qui lit des poèmes extraits de « Hainuwele y otros poemas » (Tusquets editores Barcelona).

 

08/07/2010

 

Christian Saint-Paul recommande aux auditeurs de s’abonner à « Nouveaux Délits Revue de poésie vive et dérivés » 25 € 4 n° chèque à adresser à l’ordre de l’Association Nouveaux Délits  à Létou  46330 Saint-Cirq-Lapopie ; excellente revue née des moyens de bord et d’infortune, judicieusement illustrée, parsemée de citations à retenir et au sommaire toujours de qualité. C’est un texte de Silvaine ARABO « Dîtes, mon sel… » qui est choisi comme exemple de la haute tenue des textes publiés dans cette revue.

Puis, reprenant une citation d’Henri BOSCO : « La poésie, c’est cette réincarnation. Orphée chante et les Ombres accourent. Il marche et les traîne après soi, des ténèbres à la lumière. Ce sont des foules d’Eurydice. » parue dans le n° de mars avril de la revue Fontaine en 1 942, Saint-Paul rend hommage au directeur de cette revue mythique et à son épouse Jeanne qui a péri en mer cette année 1 942 aux larges des Baléares. L’émission est donc consacrée au poète, essayiste, critique, homme de culture à la radio et à la télévision que fût Max-Pol FOUCHET (1913  1980).                      

Brièvement est résumée la biographie de ce grand voyageur qui a vulgarisé au sens le plus noble du terme la culture sous toutes ses formes. Le n° spécial de Fontaine de mars avril 1942 avait pour thème : « La Poésie comme exercice spirituel » ; en 1968, celui qui soutint activement les revendications des travailleurs et des étudiants, s’est expliqué sur ce choix de 1942, inattendu en pleine occupation de la France. Lecture de ce texte. Lecture du dernier poème écrit par Max-Pol FOUCHET « Hymnes à la seule » et lecture de « La mer intérieure » poème dédié à «Jeanne, Noyée ».

Saint-Paul avise les auditeurs que Claude BRETIN et lui, vont prendre des vacances et reviendront à l’antenne le jeudi 2 septembre 2010. Ils souhaitent un bel été à tous les auditeurs.

 

01/07/2010

 

 

Christian Saint-Paul invite les auditeurs à se rendre à l’exposition « les chemins de l’exil » qui se tient à Castelnaudary dans l’Aude du 3 juillet au 19 septembre 2010 ; on y découvre entre autres des œuvres du peintre Joan Jordà. Toujours dans l’Aude, à Montolieu, au Musée des Arts et Métiers du Livre, on pourra admirer du 10 juillet au 25 septembre 2010 une exposition : Gaston PUEL Outre-livres/autres livres. A voir absolument !

Saint-Paul lit ensuite in extenso une critique du poète Jean-Pierre LASSALLE sur un livre de Jacques LAYANI : « Les chemins de Léo FERRE » paru aux éditions Christian Pirot. Lassalle s’attarde sur les relations Breton Ferré et incite à la lecture de cet ouvrage en rappelant que Léo FERRE aura marqué l’histoire de la poésie du 20ème siècle et l’histoire de la poésie française en général. A l’issue de cette lecture du texte de Lassalle, on écoute Léo : « Métamec 2000 ».

C’est une poésie de combat qui suit l’enregistrement de Ferré, celle du poète africain BEN OKRI. « Nous valons plus que la somme totale de nos succès et de nos échecs », « nous sommes plus grands que notre désespoir » et « notre avenir est plus grand que notre passé » assure ce poète qui nous délivre un message réconfortant de foi dans l’homme et dans les temps futurs. Lecture d’extraits de « Combat mental » (traduit de l’anglais par Jean Guiloineau).

 

24/06/2010

Jean-Pierre LASSALLE

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution du n°32 de « Nouveaux Délits » revue de poésie vive et dérivés 5 € (abonnement 40 € - chèque à adresser à Cathy Garcia  Létou  46330 Saint Cirq-Lapopie) Un numéro particulièrement riche et soigné, illustré par Cathy Garcia qui y reprend quelques textes de son recueil « Mystica Perdita ». Ce numéro fera l’objet d’un commentaire dans une des prochaines émissions.

Saint-Paul reçoit Jean-Pierre LASSALLE professeur émérite des Universités, poète, essayiste, critique, Mainteneur des Jeux Floraux. Grand spécialiste de LAUTREAMONT, remarqué très jeune par André BRETON dont il devint l’ami, Jean-Pierre LASSALLE connu pour ses ouvrages critiques et historiques, est aussi l’auteur d’une œuvre poétique d’une totale originalité. Ce surréaliste écrit dans un style inimitable qui allie au souffle souvent épique, à l’image aussi inattendue qu’éblouissante, une érudition naturelle qui incite parfois le lecteur à la recherche mais l’enrichit durablement.

Cette œuvre est regroupée dans : « La Fuite Ecarlate » poèmes 1998 éditions M.C.P. Toulouse, « Poèmes Presques suivis de La Grande Climatérique » poèmes  M.C.P. 2000, « L’Ecart Issolud suivi d’Agalmata » poèmes M.C.P. 2001 et « Les Petites Seymour » collection Encres Blanches aux éditions Encres Vives (2, rue des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 €) voir : http://www.paperblog.fr/135102/les-petites-seymour-de-jean-pierre-lassalle

 Le poète revient sur sa relation avec Breton et le groupe des surréalistes. Saint-Paul au cours de l’entretien cite Camus qui dans « L’homme révolté » aborde le surréalisme en ces termes : « Par ses outrances comme par ses reculs, le surréalisme a donné sa dernière et somptueuse expression à une théorie pratique de la révolte irrationnelle, dans le temps même où, sur une autre voie, la pensée révoltée fondait le culte de la raison absolue. Ses inspirateurs, Lautréamont et Rimbaud, nous apprennent en tout cas par quelles voies le désir irrationnel de paraître peut amener le révolté aux formes les plus liberticides de l’action ». Lassalle réagit à cette citation en évoquant la divergence de point de vue qui existe entre la notion de la liberté chez Breton et celle de Camus. De toute évidence, c’est celle de Breton qui emporte l’adhésion de Jean-Pierre LASSALLE.  Le poète lit des extraits des ouvrages cités ci-dessus et Saint-Paul un court extrait des « Petites Seymour ». Le poète explique le sens des titres de ses recueils, la Grande Climatérique est par exemple la peur du cap des 63 ans, un poème presque est un poème qui vise la perfection qui par définition est inaccessible mais aussi presque représente le latin priscus, ancien, d’où le s à poèmes presques ; le Puy d’Issolud c’est Uxellodunum ville gauloise à quelques encablures du lieu de naissance du poète ; les Agalmata regroupe un ensemble de collages, de dessins qu’il avait confiés au poète surréaliste Adrien DAX . Voici ce que Saint-Paul écrivit à propos de cette publication : 

 Restez enchanteresse

 

Jean-Pierre Lassalle met en exergue dans un poème : « La fuite écarlate » qui donne son titre à un de ses recueils, cette préconisation de Lautréamont : il n’y a pas lieu de délayer…Ce qui peut être dit dans une demi-douzaine de strophes, il faut le dire et puis se taire.

Précepte que Lassalle respecte. Ce poète qui siège aux côtés de Bernard Manciet à l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, allie la concision à la discrétion.

Remarqué très tôt par André Breton, Jean-Pierre Lassalle utilise les arcanes du surréalisme dans un style in transposable.

Cet universitaire manie le lexique et la grammaire avec une gourmandise fortifiée par l’expérience. Il s’en suit une poésie inimitable peuplée d’un langage luxuriant, gravissant les marches nobles de l’émotion, dans une savante ascension de mots érudits mais méticuleusement justes.

Après avoir exorcisé la première pesanteur de l’âge, à 63 ans, celui de  « La Grande Climatérique », dans un recueil qui nous apprend qu’il garde au front la massue de la fulgure et qu’il profite de l’occasion pour publier quelques poèmes anciens : « Poèmes Presques », Jean-Pierre Lassalle poursuit sa démarche hermétique avec « L’Ecart Issolud suivi d’Agalmata », ouvrage couronné par l’Académie Française.

Lassalle écrit autant avec les matériaux de ce qu’il a vu  - en l’occurrence le Puy d’Issolud qui marqua l’enfant et l’adolescent en éveil qu’il fût, et dont on sait aujourd’hui que dans ce lieu fort les gaulois ont résisté, pour la dernière fois, aux romains -   que de ce qu’il a lu  - en l’occurrence Charles Fourier qui se prévalait de « l’écart absolu » qui le plaçait au delà d’une réalité visible et le rapprochait du grand messager Hermès.

Lassalle accourt dans cette lignée familière, avec pour l’essentiel des poèmes en prose et un regard poétique du monde, croisé de mystère et de miracle permanent.

Il admire, en amoureux puissant, la beauté compulsive de l’amour dans ses poèmes de célébration, d’épiphanie.

La compulsion, ce sont les mots qui l’animent : Nous descendons dans le puits des mots, survivants des hordes de rappel. L’auteur remonte le puits en ambitionnant, peut-être, que ses lecteurs y disparaissent, plutôt que de s’égarer dans l’incommensurable puits du réel. La chute dans le puits des mots favorise l’accès à d’autres vérités, celles justement de Lassalle : Mes vérités sont nues sous leurs manteaux d’absconse. 

Ce poète rêve d’une Chevalerie de la poésie, Don Quichotte surréaliste, Sisyphe heureux de la quête du secret, de la clé du monde.

Mais le rêve se referme sur les femmes : Quand les femmes sont vaines, il reste à les rêver. Alors Lassalle vaque dans l’ombre plombée des femmes en désir,  Charmed par les seins dressés d’une jeune caissière. 

L« Agamalta », qui prend son sens chez Plotin =  signes, conclut à la perfection l’érotisme affirmé de Lassalle, en illustrant ce bel ouvrage, d’une collection de dessins, de collages, de cartes postales détournées de l’Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme de 1959 1960 (E.R.O.S).

 

La lecture de ce livre édifiant, invite à ordonner à la femme universelle, comme la vignette postale de l’exposition : « Restez enchanteresse ».

Les ouvrages de Jean-Pierre LASSALLE peuvent être commandés en écrivant à : l’émission « les poètes » radio Occitania 60, rue d’Assalit 31500 Toulouse, chaque exemplaire 10 € par chèque à l’ordre de Jean-Pierre LASSALLE.

 

17/06/2010

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution du n° 146 de la revue Décharge, revue en poésie 6 € (abonnement 22 € à l’ordre des Palefreniers du Rêve  Jacques Morin, 20, rue du Pâtis  89130 Toucy) qui rend hommage au poète récemment disparu Serge WELLENS. « Un goût de liberté, d’irrespect et de jeunesse » titre Claude Vercey dans les belles pages qu’il lui consacre. Lecture d’un extrait. Lecture également de la page de Georges CATHALO « Phares dans la nuit » qui, lui, rend hommage à ceux qui œuvrent pour les poètes, en l’occurrence dans ce numéro Michel COSEM et la revue et les éditions ENCRES VIVES qui depuis 1960 n’ont cessé de faire connaître les poètes à découvrir aux côtés des poètes déjà reconnus (Michel COSEM, 2, allée des Allobroges 31770 Colomiers). 

L’émission ensuite est entièrement réservée à la pensée et à la création du poète, artiste et critique

Alain LACOUCHIE ; lecture de 2 témoignages sur cet auteur qui a déjà fait l’objet d’une émission (voir plus bas), celui d’Andrée Marik, femme poète de Cognac qui dit de LACOUCHIE : « c’est un ami » car elle éprouve toujours ce sentiment de complicité affectueuse à chaque rencontre. Dans les textes de LACOUCHIE dit-elle, « une angoisse, une mélancolie, même entrecoupées d’humour bercent agréablement ». Lecture du poème que ce vieux militant de la poésie qu’est le poète, plasticien (comme Lacouchie) et animateur de la revue « TRACES » Michel-François LAVAUR, a écrit sur son ami Alain LACOUCHIE ; ces témoignages sont extraits du numéro spécial de la revue ENCRES VIVES consacrée à LACOUCHIE (n° 310). Lecture de poèmes extraits du recueil « Debout, malgré tout » qui constitue le n° 358 de la revue Encres Vives. Puis Alain LACOUCHIE appelle au téléphone depuis son Limousin tant aimé, et le dialogue s’instaure avec Saint-Paul sur la sensibilité jamais lassée du poète à transformer en art par le langage et le dessin, les émotions qui ne peuvent être tues lorsque l’injustice sévit dans le monde proche ou lointain. « Poésie ouverte, poésie vivante entre tragique et ferveur » résume à merveille Jean JOUBERT pour cerner la posture de LACOUCHIE dans sa préface au recueil « écorché vif et cris » Editinter éditeur www.editenter.fr  15 €.

Alain LACOUCHIE lit des textes inédits. Un poète qui réfléchit les rayons de l’ombre et de la lumière qui n’est pas toujours celle d’un soleil noir, en particulier quand la femme apparaît pour apaiser ce monde hostile.

Un poète à suivre !  Doc

illustration de Lacouchie   Doc

 

03/06/2010

JEAN-PIERRE LASSALLE

 

 

Christian Saint-Paul reçoit le poète écrivain essayiste :

Jean-Pierre LASSALLE.                                

 Il fut l’ami d’André BRETON qui le remarqua et appartint au mouvement surréaliste.

Agrégé et docteur d’Etat ès lettres, il enseigna longtemps à l’Université de Toulouse Mirail et est aujourd’hui professeur émérite des Universités. Grand spécialiste de LAUTREAMONT, Jean-Pierre LASSALLE connu pour ses ouvrages critiques et historiques, est aussi l’auteur d’une œuvre poétique d’une totale originalité. Ce surréaliste écrit dans un style inimitable qui allie au souffle souvent épique, à l’image aussi inattendue qu’éblouissante, une érudition naturelle qui incite parfois le lecteur à la recherche mais l’enrichit durablement.

Cette œuvre est regroupée dans : « La Fuite Ecarlate » poèmes 1998 éditions M.C.P. : 5, rue Etienne Dolet 31500 Toulouse, « Poèmes Presques suivis de La Grande Climatérique » poèmes  M.C.P. 2000, « L’Ecart Issolud suivi d’Agalmata » poèmes M.C.P. 2001 et « Les Petites Seymour » collection Encres Blanches aux éditions Encres Vives (2, rue des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 €) voir : http://www.paperblog.fr/135102/les-petites-seymour-de-jean-pierre-lassalle

Mais Jean-Pierre LASSALLE est aussi un « vignyiste » passionné et participe depuis 1978 aux activités des « Amis d’Alfred de Vigny ».

Il vient de faire paraître aux éditions Fayard « Alfred de Vigny » 435 p 25 €, vaste biographie sur cet auteur mythique, qui se lit comme un roman.

L’intérêt exceptionnel suscité tout au long de ses 400 pages naît certes de la saga de la vie de Vigny, mais plus encore du talent d’écrivain de ce pédagogue accompli qu’est Lassalle. On ne peut que recommander la lecture de ce livre, même à ceux qui s’estiment éloignés du romantisme français, car les épisodes des tribulations du personnage nous entraînent dans une fresque historique de cette période un peu ratée du 20ème siècle, la vie de Vigny s’étendant de 1797 à 1863.

Le travail réalisé par Lassalle est certainement un des plus complets jamais entrepris sur Vigny. Il s’en explique en faisant valoir qu’il est nécessaire pour bien appréhender une œuvre et une des figures emblématiques de la littérature française, de tout connaître des générations qui l’ont précédé, car les « secrets de famille » expliquent souvent une posture singulière. C’est ainsi que Lassalle remonte le temps sur six générations pour mieux cerner l’entourage familial de Vigny. Et il découvre le « secret de famille » qui justifie qu’Alfred de Vigny, né à LOCHES dans les Charentes, ait ensuite évité de retourner dans cette ville, car elle était celle où son oncle Joseph-Pierre qui commandait un navire « l’Hébé » se rendit aux anglais le 3 septembre 1782, fut déféré devant un Conseil de Guerre et emprisonné dans le château de Loches jusqu’en mai 1785.

Jean-Pierre LASSALLE après avoir révélé son engouement depuis l’enfance pour les poésies d’Alfred de Vigny que lui lisait son père, revient sur les évènements qui jalonnèrent la vie de ce poète. On peut soutenir que Vigny mena jeune, une existence décourageante et envahie d’une morne désespérance à laquelle il résista, à l’opposé d’autres romantiques, virilement. Lassalle évoque les débuts littéraires du poète qui fut également un dramaturge à succès et un romancier (Cinq Mars).

« Chatterton » lui assura une gloire durable, et cette pièce qui caractérise par excellence le romantisme, est toujours jouée de nos jours. Pourtant cet homme de théâtre que fut Vigny qui considérait ce genre littéraire comme « notre chaire la plus puissante », cessa subitement d’écrire des pièces.

« Servitude et grandeur militaires » en sus d’une exceptionnelle qualité littéraire est toujours un ouvrage de référence dans les écoles militaires. Lassalle évoque l’amant passionné qui collectionna les belles conquêtes dont l’actrice Marie Dorval. Ceci ne l’empêcha point d’être un mari préoccupé de la santé de sa femme, « la blonde anglaise » rencontrée à Pau mais qui le laissa sans héritier et vécut très vite dans un état de santé défaillante, pour finir impotente. Mis Vigny ne l’abandonna jamais.

Après cinq échecs, Vigny fut élu en 1845 à l’Académie Française mais la cérémonie de sa réception est restée dans les annales de cette distinguée institution, car le comte MOLE lui réserva une allocution cruelle jusqu’à l’ignoble. Vigny, qui était un écorché vif, en souffrit terriblement. Vigny fut reçu grâce à son beau-père dans la société aristocratique anglaise de haute lignée. Il vécut comme un gentleman-farmer dans une propriété de Vendée soucieux de la santé de sa femme et des gens du village. Un chapitre est consacré à Louise LACHAUD,  fille naturelle de Vigny « la fille parfaite ». La biographie se conclut par une interrogation sur la philosophie religieuse de Vigny, catholique convaincu certes, d’une grande spiritualité de toute évidence mais qui s’interrogeait sur « le silence de Dieu ». De Jésus sur la croix, le poète constate : « le fils de l’Homme n’eut point de réponse ». Dans ses derniers moments, comme son père qui lui inspira « La mort du loup », Alfred de Vigny eut l’attitude stoïcienne qui au fond, est sa plus authentique signature.

Un livre passionnant à lire sans attendre !

 

03/06/2010

Jacques-Constant POUEYO

 

Christian Saint-Paul annonce que le groupe musical « mosaïca » vient d’éditer un nouveau CD « Oc Chaâbi » qui intègre et fond pour notre plus grand plaisir la musique occitane et la musique nord-africaine. Fouiller, mélanger, épicer, c’est dans cette sauce culturelle que s’expose le répertoire du concert Oc Chaâbi qui sera donné le  11 juin à Graulhet dans le Tarn (voir rubrique « Evènements ». Audition d’un morceau créé par « mosaïca » au rythme arabo-andalou. Dominique BARES fondateur en 1995 du groupe « mosaïca » avec Claire BONNARD est joint au téléphone. Il explique la démarche originale du groupe, comment des musiciens joignent leurs pratiques musicales en se répondant mutuellement chacun dans ses sources culturelles. Pendant cinq siècles, du 8ème au 13ème  siècle, les vallées pyrénéennes ont vécu au contact septentrional de la brillante civilisation d’Al-Andalous. « Mosaïca » revendique cet héritage culturel trop longtemps occulté d’interférences culturelles romano-wisigothiques.  Le groupe produit des CD et des spectacles et a même organisé une tournée au Yémen. Son dernier CD « Oc Chaâbi » est à écouter absolument ! (vente sur le site de « mosaïca » et pour les toulousains à l’Ostal d’Occitania 11 rue Malcousinat).

Christian Saint-Paul reçoit ensuite l’écrivain et poète toulousain Jacques-Constant POUEYO qui vient présenter son dernier recueil de poèmes paru aux Editions Hors Limite (5 rue Georges Courteline 31100 Toulouse) « Le temps d’une rime » 60p12 €. « Nouvelliste et romancier toulousain Jacques-Constant POUEYO s’affirme avant tout comme un poète débordant d’amour. Ecorché vif, inspiré d’expériences douloureuses et d’idéalisations, il nous livre dans ce recueil les mouvances de son cœur. Convaincu que l’universalisme de la poésie se singularise par les blessures de l’âme, il interprète avec pudeur et subtilité la musique des rimes, des allitérations, des assonances sans ménagement, sans en sortir lui-même indemne. Sa poésie renvoie le lecteur à un questionnement permanent sur lui-même, de la désespérance de trop aimer à la richesse de s’ouvrir à l’autre. » peut-on lire sur la 4ème de couverture de l’ouvrage. L’auteur revient sur le découpage du recueil en 5 chapitres et lit au fur et à mesure de l’avancement dans ces chapitres des extraits. Un poète emporté par la passion d’un amour aveuglant qui retrouve aussi dans d’autres textes une lucidité douloureuse. Exaltation, amertume mais aussi effondrement sont les sentiments qui traversent ce recueil né au fil des ans. Dans la dernière partie, le poète adopte la forme du sonnet en hommage à Baudelaire et Rimbaud qui demeurent des modèles indépassables pour lui.

Saint-Paul termine son émission en rappelant que la revue Diérèse 48-49 printemps été 2010 (abonnement 4 n° 38 € à régler à Daniel Martinez 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière) a publié des textes d’Isabelle Lévesque qui a été remarquée par l’émission « les poètes » et qui représente un des talents en marche de la poésie française. Il lit « Le rendez-vous de neige » un poème extrait des textes à découvrir dans cette très bonne revue.

 

27/05/2010

 

Christian Saint-Paul reçoit le poète Casimir PRAT ; cet auteur qui vit à Toulouse où il est libraire, fils de réfugiés politiques espagnols, s’est fait connaître dès 1983 en publiant dans la revue Multiples dirigée par Henri Heurtebise, un recueil « L’Horreur ou la Merveille » préfacé de Francis PONGE. Depuis, une quinzaine de recueils ont suivi qui lui ont valu d’être lauréat du prix Antonin Artaud en 1989 pour « Elles habitent le soir » (L’Arbre éditeur) et le prix Max-Pol Fouchet en 1995 pour « Tout est cendre » (Le Dé Bleu éditeur).

Avant d’aborder l’entretien, Saint-Paul lit un extrait d’un texte écrit par Casimir PRAT en hommage à Léo FERRE que le poète avait lu au TNT à Toulouse pour les dix ans de la mort de Léo.

L’entretien débute sur l’évocation du poète italien Fabio PUSTERLA pour lequel Casimir PRAT a rédigé la préface d’un recueil bilingue « Ultimes Paysages » publié à L’Arrière-Pays.

Casimir PRAT se livre ensuite sur sa posture personnelle en poésie, sur sa démarche qui l’amène à écrire dans une sorte d’éthique du langage, se voulant « narratif » ayant au moins quelque chose à raconter, le plus prés possible de la trivialité d’un réel quotidien, pour mieux lui faire rendre gorge, nous le livrer dans sa vérité qui nous avait échappé. Des textes qui s’approchent parfois de la prose, sans jamais pouvoir être confondus avec elle, et délivrant des « secrets » dont on constate qu’ils sont aussi les nôtres. Un charme mélancolique parfois, une vision lucide toujours, mais jamais de ton de déploration dans les textes de Casimir PRAT qui atteignent toujours la cible de l’émotion.

Le poète lit des extraits de « L’Horreur ou la Merveille », de « S’éloigner de la flamme », de « Aujourd’hui encore », de « De temps en temps », de « Sait-on jamais » en expliquant brièvement la genèse du recueil, et enfin termine par la lecture d’un long texte inédit.

Un poète à lire et à suivre ; recueils : L'horreur ou la merveille (Multiples, 1983) ; La lampe et le ravin (Le Dé bleu, 1984) ; Elles habitent le soir (L'Arbre, 1988) ; Aujourd'hui encore (Rougerie, 1988) ; S'éloigner de la flamme (l'Arrière-Pays, 1993) ; Tout est cendre (Le dé bleu, 1995) ; Vers la nuit (L'Arrière-Pays, 1996), Sait-on jamais : poèmes 1995-2004. - L'Arpenteur Gallimard, 2005....  A coordonné Une ferveur brulée : anthologie de poèmes de Jean Malrieu (L'Arrière-Pays, 1995).

 

L’émission s’achève sur le signalement de la parution de « Parfum de nuit » de Michel DRUEZ 10 € à commander à l’auteur 16 rue Latapie  64000 Pau et de la revue DIERESE n°48-49 consacré au journal de Pasolini de 1948 à 1953 et qui publie également des poèmes d’Isabelle Lévesque dont Saint-Paul parlera lors d’une prochaine émission

 

 

20/05/2010

 

Christian Saint-Paul annonce qu’à Alan, dans la Haute-Garonne, Eric FRAJ le poète chanteur, accompagné de ses musiciens : Guillaume Lopez, Thierry Roques et Rémi Vidal donnera un concert-hommage au poète uruguayen Mario BENEDETTI le mercredi 9 juin 2010 à 21 h à Notre Dame de Lorette (réservations 05 61 98 98 84).

 

L’émission est ensuite consacrée au poète Alain LACOUCHIE.

Poète et plasticien qui a publié une vingtaine de recueils souvent illustrées par lui-même, « militant » de la poésie par son action en Limousin qui est sa terre natale où il s’est établi, critique et fervent soutien à la revue de poésie  FRICHES, reconnu par ses pairs les poètes dont certains témoignages sont recueillis dans le n° spécial (310) que lui a consacré la revue Encres Vives, traducteur, c’est l’écrivain poète Jean JOUBERT (prix Renaudot, prix Mallarmé) qui a préfacé son dernier recueil : « Ecorché vif et cris » paru aux éditions Editinter  illustré d’encres de l’auteur.

Saint-Paul s’entretient longuement par téléphone avec Alain LACOUCHIE. Celui-ci s’exprime sur la posture du poète, la sienne propre, ce qui mobilise son talent de créateur à la fois du langage et des formes.

En particulier il commente la phrase de René CHAR : « Le poète est la partie de l’homme réfractaire aux projets calculés. Il paut être appelé à payer n’importe quel prix ce privilège ou ce boulet. »  Homme et artiste infiniment « désintéressé » au sens calculateur du terme, Alain LACOUCHIE n’est pas arrivé à la maturité d’une vie bien remplie pour être un homme « habitué » mais au contraire, ressent toujours avec la même violence les injustices du monde et de la vie. Sa compassion tourmentée, fortement vécue transpire dans ses textes, ciselés au millimètre, dans un style unique, syncopé, qui traduit bien ses émotions d’homme révolté au sens où l’entendait Camus. D’ailleurs, un quotidien a titré en parlant de Lacouchie : « Révolté, artiste et poète », une définition qui le résume bien.

Amoureux de la femme, cet artiste exigeant pour lui-même et par extension pour les hommes ses frères, est aussi un amoureux de la vie, passionné par « son » Limousin qui ne tolère pas les monstruosités qui entachent la dignité humaine. Alain LACOUCHIE, à la fin de l’entretien lit deux poèmes dont un rappelant l’horreur commise à Oradour sur Glane qui se situe non loin de chez lui.

Une voix à bien connaître et à suivre !  (Voir doc pour les références de ses ouvrages)

 

06/05/2010

 

 

Christian Saint-Paul fait part de son enthousiasme à l’issue du spectacle d’

Eric FRAJ « Pep el Mal » donné le mercredi 5 mai au théâtre Daniel Sorano à Toulouse. (Se reporter à l’émission de la semaine précédente annonçant ce concert.) Diffusion de « Cantarè » du CD « Fat e fols » d’Eric FRAJ.

En continuité de cette œuvre du poète chanteur, Saint-Paul a voulu réaliser la présente émission en hommage à un artiste espagnol, peintre, sculpteur et poète qui, comme le grand père d’Eric FRAJ pouvait répondre à la question « tu es espagnol ou français ? » - « Les deux » : Manolo VALIENTE.

Si « Pep el Mal » a fui l’Espagne pour échapper à la misère et à l’enrôlement dans l’armée pendant la guerre du Rif au Maroc, Manolo VALIENTE lui, a fui l’Espagne lors de la retirada de février 1939 avec des centaines de milliers de ses compatriotes chassés de leur pays par la victoire des armées de Francisco Franco.

Manolo VALIENTE avait alors 30 ans. Il connut la terrible dureté de trois camps, appelés d’abord de concentration puis, en 1941 « d’hébergement ». Malade, il fut transporté dans deux hôpitaux mais à la fin de la seconde guerre, on le retrouve exténué mais vivant. Lecture de ce que dit Valiente au souvenir de cette période : « Je remercie le sort qui m’a permis de vivre auprès de mon peuple ces années de souffrance et d’espoir sur le sable et dans les hôpitaux de l’exil véritable, pas celui du luxe et des rémunérations officielles, l’exil de l’âme et du corps, au contact du danger et de la misère ». Et il ajoute : « Je remercie la France d’avoir ouvert ses frontières à celui qui n’avait pas de passeport, ni d’identité, et qui, sans cet accueil, aurait perdu la vie de l’autre côté, parce que les responsabilités politiques et militaires qu’il avait exercées assurément le condamnaient et surtout parce que sa tête était celle d’un homme sachant lire et écrire ».

Toute sa vie, Manolo VALIENTE qui habitait Collioure, a entretenu la tombe du poète Antonio MACHADO et organisait tous les ans une cérémonie d’hommage. Lecture de poèmes de Manolo VALIENTE dont celui dédié à Machado ; ces poèmes avaient été publiés pour la plupart du vivant de Manolo VALIENTE qui est décédé en 1991, dans un recueil ayant pour titre « Arena y viento » « Sable et vent » qui fait allusion aux camps de la côte du Roussillon, Argelès et Barcarès. Ils ont été repris dans une publication posthume que l’on doit à Jacques ISSOREL qui fut à la fois l’éditeur et le traducteur : Manolo VALIENTE « Un vilain rouge » dans le Sud de la France  suivi de Sable et vent  édition bilingue  mare nostrum éditeur 248 pages 14 €.

 

29/04/2010

 

 

Christian Saint-Paul reçoit Eric FRAJ chanteur poète selon l’expression de Bruno RUIZ qui va donner un concert à Toulouse au théâtre Daniel Sorano le mercredi 5 mai 2010 à 20 h (réservations 05 34 31 67 16).

Le titre de ce spectacle est Pep el Mal en hommage à son grand père. On écoute la chanson « Pep el Mal ».

Eric FRAJ explique qu’il raconte l’histoire de José dit Pep el Mal son grand père « marrane » qui est parti à pied de la région de Valence en Espagne en 1920 pour fuir la misère et la dictature politique et rejoindre à pied la France. C’est à cette époque la guerre du Rif dans laquelle Franco va s’illustrer, et le service militaire obligatoire était de 3 ans. Pep el Mal échappe à cette fatalité guerrière et atteint Lavelanet en Ariège. Là, il se fixera et son histoire sert de prétexte émouvant et emblématique pour affirmer que l’identité humaine n’est pas la crispation sur un lieu ou un héritage, mais l’invention et le trajet d’une aventure.

On écoute « Foc de Paper » extrait comme tous les autres morceaux qui suivent du dernier CD d’Eric FRAJ « Fat e fols » (le fou et les fous) qui sont lui-même et ses musiciens. (Voir rubrique « Evènements »à la date du 19/03/2010  pour les modalités d’acquisition de ce CD 15 €).

Eric FRAJ s’entretient avec Saint-Paul sur les circonstances qui l’ont amené à la chanson ; à 14 ans et demi précise l’artiste, il chantait déjà au cours d’une tournée de Claude MARTI ; il n’a pas arrêté depuis, mettant en musique dans une des quatre langues qu’il utilise français, espagnol, catalan, occitan les poètes Boudou, Caballero Bonald, Brecht, Rutebeuf etc. La liste est longue et s’enrichit des poètes d’aujourd’hui qu’il rencontre et qui savent déclencher chez lui cette envie de composer une musique pour mettre les textes en scène.

Musicien inné, d’une grande humilité devant ce don qu’il n’explique pas, toute l’œuvre de FRAJ est en réalité empreinte d’une tenace spiritualité et d’une gravité sans ostentation et grandiloquence, mais qui touche à l’essence même de l’être. On écoute, émaillant l’entretien : « Dame la Mano » (espagnol séfarade)  « Marinièr » « La Fraisse » « Yabumbe ». Un régal ! On peut se procurer une publication écrite d’Eric FRAJ « Liens » à la bibliothèque municipale de Carbonne en Haute-Garonne.

Avant de conclure l’émission Saint-Paul ajoute une précision sur les journées Larrazet (82) consacrées à Félix CASTAN qui auront lieu les 15 et 16 mai : Laurent ABRATE auteur d’une Histoire de l’occitanisme interviendra dans la table ronde le samedi 15 mai 2010 à 16 h 30 aux côtés de C.SICRE et B.FERRE.

 

22/04/2010

 

Alain DARIZON

 

Christian Saint-Paul joint au téléphone dans sa maison du Lot où il travaille à son prochain roman,

Michel COSEM qui vient de publier aux éditions De Borée

« Le bois des Demoiselles », épopée romanesque sur la lutte des paysans d’Ariège écrasés d’impôts au 19ème siècle et qui se camouflaient dans l’action de leur révolte sous des vêtements de femmes ou sous des draps, d’où leur nom de « demoiselles ». Cosem fait vivre avec ce talent coutumier qui fait le succès de ses nombreux précédents romans, des personnages attachants comme le paysan ambitieux amoureux de la belle institutrice, comme le mauvais drôle, le colporteur contrebandier, le dompteur d’ours ou le conteur. L’auteur s’explique à l’antenne sur ce roman qui se situe dans une France très centralisée et sous tutelle de Paris. Le rapprochement avec le combat mené par Félix CASTAN naît tout naturellement de cet entretien avec Saint-Paul.

Un roman pour se délecter à lire sans tarder. (Voir rubrique « Evènements »).

 Saint-Paul annonce qu’Eric FRAJ donnera à Toulouse une représentation au théâtre Sorano le mercredi 5 mai à 20 h ; il sera l’invité de la semaine prochaine. Diffusion à l’antenne de « Companhs ». Le 5 mai, un évènement à ne pas manquer en réservant au théâtre (voir rubrique « Evènements ».

Puis Saint-Paul reçoit Alain DARIZON arrivé essoufflé dans le studio, au sortir d’une conférence de presse à Arnaud Bernard à Toulouse, sur les deux journées « L’Actualité de Félix CASTAN » qui se dérouleront le samedi 15 mai et dimanche 16 mai 2010 à Larrazet dans le Tarn et Garonne. L’historique de cette animation culturelle hors norme est brossé par son organisateur heureux.

Cette année des publications des colloques antérieurs et des CD seront en vente pour le plus grand bonheur du public. Les précisions sur le programme de ces journées et les publications sont exposées par Alain DARIZON (tout ceci figure dans la rubrique « Evènements » de ce site). La personnalité aujourd’hui mythique de

Félix-Marcel CASTAN est évoquée. Ses œuvres vont enfin être rééditées par les éditions COCAGNE reprises par Betty Daël-Castan. Le premier volume sera en vente à Larrazet mais la souscription est possible (voir toujours rubrique « Evènements » et même page d’accueil de ce site.

Pour conclure Saint-Paul lit « La langue et le royaume » de Félix-Marcel CASTAN poème épique écrit en français le 18 mai 1944.

 

14/04/2010

 

 

Christian Saint-Paul souhaite un très prompt rétablissement à Alain LACOUCHIE et à Jean-Pierre THUILLAT tous deux actuellement hospitalisés à Limoges. Ces poètes sont le fer de lance de la revue FRICHES et seront prochainement à l’antenne de l’émission « les poètes ».

Le prix TROUBADOURS de la revue FRICHES a été décerné à Jean-Louis CLARAC pour son recueil à paraître « Passages au jardin ». On écoute CLARAC dire « Lisières » sur une musique de Daniel COSTE.

Saint-Paul évoque la figure aujourd’hui mythique de Félix-Marcel CASTAN dont l’œuvre va être publiée et invite les auditeurs à se rendre les 15 et 16 mai 2010 à LARAZET (82) aux journées CASTAN (voir rubrique « Evènements » sur ce site).

Le reste de l’émission est dédié à deux amis très chers de Christian Saint-Paul : Stéphane Janson et Alain Robert, globe-trotters habitués des avions longs courriers, le dernier étant lui-même pilote de ligne.

C’est Charles DANTZIG qui est retenu pour incarner cette atmosphère particulière des voyages en avion et l’esprit cosmopolite qui permet d’échapper à la pesanteur des lieux.

« Il n’y a pas de sujet poétique par nature » affirme DANTZIG qui ajoute : « un sujet par nature poétique s’appelle un cliché, c'est-à-dire une image morte ». Aucun cliché dans les poèmes extraits du recueil « A quoi servent les avions ? » écrit en 2001, avant le 11 septembre, qui sont lus à l’antenne.

 

08/04/2010

Monique

SAINT-JULIA

Trois œuvres de Monique Saint-Julia voir

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Christian Saint-Paul reçoit Monique SAINT-JULIA poète et peintre.

Les toulousains ont été familiarisés aux œuvres chatoyantes de cette artiste qui exposait comme à Paris, à Nantes ou à Londres, à la galerie « Le Biblion » ; la poésie, la gaité apaisante des toiles et des gouaches étaient la signature à nulle autre pareille, où la sensibilité extrême de Monique Saint-Julia éclatait dans toute sa générosité. C’est avec ce talent, mais comme resserré, concentré dans un effort de langage qui recherche la concision, l’image juste et pas plus, pudique mais allant toujours au-delà des apparences, qu’elle peint la vie qu’elle rencontre dans la Nature et qu’elle confronte avec son paysage intérieur. Cette confrontation qui est la plupart du temps un ajustement, est l’essence même des poèmes de Monique Saint-Julia. Lors de l’entretien avec Saint-Paul, elle revient sur son enfance heureuse ; née à Perpignan, elle a très tôt été marquée par la beauté hospitalière du Roussillon, du port de Port-Vendres, du soleil, de la mer et de la montagne toute proche. Elle quitte ce havre de bonheur pour monter à Paris, très jeune, pour suivre des cours d’Art dramatique et de piano au Conservatoire de musique. Puis c’est le retour à Perpignan et en 1958 elle publie quelques textes dans « Entretiens sur les Lettres et les arts » à Rodez aux éditions Subervie du regretté Jean Digot. En 1973, c’est Guy CHAMBELLAND éditeur et poète mythique du 20ème siècle qui la publie à son tour: « Des mains pigeonnières et d’herbes libres », puis en 1977 «La grippeminaude », en 1988 « Belles Saisons ». En 1984 ce sont les éditions Saint-Germain-des-Prés qui font paraître « In « Le Coffret à Poèmes ». En 2002 elle publie « Entre jour » aux éditions Le Tocsin des Mots (62 boulevard Lazare-Carnot 31000 Toulouse), en 2005 à L’Arrière-Pays « Un train de paysages » et en 2009 « Au fil des nuages », et aux éditions n&b  (http://editions-nb.intexte.net) en 2008 « Claire-Voie ».

Monique Saint-Julia lit de larges extraits des recueils « Claire-Voie » « Au fil des nuages » «Un train de paysages » et « Entre jour ».

L’entretien reprend avec Saint-Paul sur cette double création poésie peinture qui caractérise cette artiste, son attachement à la terre, sur ce regard qu’elle ne cesse de porter sur les lieux, sur l’eau, sur la lumière, sur les oiseaux, sur les animaux. Elle adhère à la définition de Renaud Camus : « L’esthétique dit la vérité de l’être » puisque cette phrase, toute la démarche de son œuvre la confirme.

Saint-Paul lit aussi quelques textes de « Claire-Voie » et de « Au fil des nuages ».

Gaston PUEL a bien raison de dire qu’il faut lire Monique Saint-Julia !  

 

01/04/2010

Isabelle LEVESQUE

Chantal MAILLARD

 

René ROUGERIE éditeur infatigable de poésie avait été l’invité en 1983 de l’émission « les poètes » à l’occasion de la parution de son livre « La fête des ânes » pamphlet contre la journée de la poésie instaurée à cette époque par Jack Lang. Le poète Henri Heurtebise, l’infatigable revuiste de Multiples, accompagnait Rougerie et l’émission fut très alerte. La disparition à 84 ans de ce passionné de poésie survenue à Lorient le 12 mars provoque une vive émotion et nous exprimons ici toutes nos condoléances à sa famille et en particulier à son fils qui a repris les activités de son père avec le même engouement et le même talent.

La fête de la poésie devenue « le printemps des poètes » nous la pratiquons à Radio-Occitania toutes les semaines car défendre la poésie, c’est s’inscrire dans la durée. Et les poètes sont écoutés toute l’année et pas seulement quelques jours privilégiés.

Cette semaine ce sont deux voix de femmes qui nous comblent d’espoir de les écouter. Rilke dit que « l’art est l’amour en plus ample, en plus démesuré ».

A les lire, nous en sommes convaincus. 

 Isabelle LEVESQUE née en 1967 aux Andelys en Normandie possède le ton de la célébration, mais à la normande, sans prendre parti, sans percer le mystère de l’écriture.

« Est-ce béni    naguère,

ce mot lancé vers le passé

comme un retour ? »

Christian Saint-Paul lit « D’ici le soir » le recueil paru à Encres Vives dans la collection Encres Blanches (n° 399) (à commander 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 €). Des poèmes d’Isabelle Lévesque ont paru dans les revues FRICHES et L’ARBRE DE PAROLE ; vous pouvez en découvrir aussi sur ce site dans notre rubrique « quelques textes ». Nous signalerons la parution de recueils certainement prochainement car nous savons que les éditeurs ont remarqué cette voix douce de mystère qui apprivoise les mots et les coule dans un flux qui est l’essence même de la poésie. A suivre donc !

Puis Saint-Paul enchaîne sur la lecture d’un long poème de

Chantal MAILLARD qui partage avec Isabelle Lévesque l’obsession d’ « écrire ». Née à Bruxelles en 1951, elle réside à Malaga depuis 1963 et a choisi la nationalité espagnole. Jusqu’en 2000 elle a enseigné à l’Université de Malaga, étant spécialiste en philosophies et religions de l’Inde, en esthétique et en philosophie des arts. C’est une auteure reconnue qui signe des articles dans les journaux ABC ou El Pais, a publié des essais, des carnets et des recueils de poésie. Elle est lauréate de nombreux prix dont, en 2004 le Prix National de Poésie pour son recueil « Matar a Platon suivi de Escribir ». C’est ce long poème « Ecrire » que lit Saint-Paul et qui a paru également dans une traduction de l’espagnol par Josiane GOURINCHAS (qui est aussi la traductrice du poète espagnol Pedro HERAS), dans le cahier 10 de la revue LEVANT 14 rues des Arbousiers 34070 Montpellier (25 €). Poème incantatoire et épique avec, en exergue, cette citation de Emilio ROSALES : « Je suis venu implorer compassion pour la douleur de l’homme. »

 

18/03/2010

 

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution du n° 145 de la revue Décharge « Le plus gros Décharge de tous les temps ! » avec 140 p pour 6 €. Sont publiés entre autres poètes, chroniques, critiques, 5 poètes corses, Guénane, Hans Georg Bulla et un hommage à Mahmoud Darwich. Un véritable tour de force que cette revue qui rassemble les forces vives de la poésie d’aujourd’hui. A lire sans attendre ! Abonnement 2010 22 € à l’ordre des Palefreniers du Rêve 20, rue du Pâtis 89130 Toucy.

Saint-Paul signale également la parution du 1er volume des œuvres de Félix-Marcel CASTAN (voir sur ce site page d’accueil ou rubrique « Evènements »).

L’invité de la semaine est Gil PRESSNITZER poète, créateur du site www.espritsnomades.com  qui diffuse des informations culturelles sous forme d’articles de haut vol, sur les arts en général et la poésie en particulier.

Artiste d’une modestie qui confine son œuvre à une diffusion d’une discrétion dommageable, il accepte de façon exceptionnelle de se livrer dans cette émission, et Saint-Paul, conscient de ce privilège l’en remercie. Gil PRESSNITZER raconte alors son enfance avec pudeur et un humour distant qu’il abandonne rarement. Né à Marseille dans un camp d’internement pendant la guerre, il peut être sauvé de la déportation et est amené dans une ferme du Limousin où il attendra six ans le retour de ses parents. Puis c’est l’enfance pauvre dans une cave de Marseille où il trouve une famille d’adoption et de respiration : poésie et musique !

Il sera dés lors passeur de mots et de notes. Ingénieur, épris de littérature, ayant croisé à Marseille Malrieu, Neveu, Saint-John Perse et même Blaise Cendrars au fond d’un bar, il s’installe à Toulouse ville de l’aéronautique et se lie d’amitié avec Christian SCHMIDT, peintre, professeur aux Beaux Arts et premier directeur du Centre Culturel de la ville, rue Croix Baragnon. A la même période, il compte aussi comme ami proche, l’organiste mondialement connu Xavier Darasse. Puis en 1976, il devient directeur du centre culturel de l’Aérospatiale. Il gère alors un des plus importants centres de comités d’entreprises en France et fait de ce lieu un pôle d’attractions et de créations qui rayonne sur la ville. Gil évoque cette période où il invita à Toulouse les plus grands artistes de la chanson à textes et les grands musiciens. La salle de concert fut baptisée plus tard salle Nougaro. Marquant une pause, Gil fait écouter une chanson de son ami Bruno RUIZ : « être fidèle ».

Ramené par Saint-Paul à son œuvre d’écriture, Gil PRESSNITZER se lance dans la lecture de poèmes inédits dont vous trouverez certains à la rubrique « quelques textes ». Moment intense où le poète recueille dans son souffle pour lire ses propres textes, le poids de l’émotion qui a dictée le poème. Moment unique car l’auteur en disant les mots, vit ses textes et s’expose à leur pouvoir sans le moindre abri.

Reconnaissant de cette générosité de PRESSNITZER, Saint-Paul lit à son tour des textes de son invité. Il choisit un long extrait d’un recueil qu’il affectionne : « la huitième écorce » paru en 2005 aux éditions « trident neuf » 7 € 17 rue Saint-Bernard 31000 Toulouse, avec des illustrations de l’artiste toulousaine Marie Bauthias.  Puis, Gil revient à son amour des poèmes chantés et dit l’amitié qui le liait à Jacques DEBRONCKART disparu il y a quelques années. « Ecoutez, vous ne m’écoutez pas » titre prophétique de cet artiste sublime, est choisi par Gil et passe à l’antenne. L’émission s’achève sur une chanson de Jacques BERTIN « Donnez-moi une femme triste ».  

 

11/03/2010

Gilles LADES

 

 

Christian Saint-Paul recommande le lecture de deux recueils de femmes parus aux éditions Encres Vives dans la collection Encres Blanches ( 2, allée des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 € le recueil) : Gisèle SANS  « Comme galets » et Isabelle LEVESQUE  « D’ici le soir ».

L’invité de la semaine est Gilles LADES  poète, critique, auteur de récits, bien connu des auditeurs de l’émission « les poètes » qui ne manque jamais de présenter ses nouvelles publications. Ce poète reconnu depuis longtemps comme une des voix de la poésie d’aujourd’hui, prix Antonin Artaud 1994, a publié à ce jour une vingtaine de recueils et des récits. Collaborateur des revues « Friches » et « Encres Vives » il est présent dans de nombreuses revues de poésie. Ce jour, il vient parler d’un recueil paru aux éditions de l’Atlantique B.P. 70041  17102 Saintes cedex  45 p  16 € : « Portails de Charentes ». Pour Gilles LADES la quête du paysage suit le même chemin que sa quête intérieure qui répond à une interrogation permanente du pourquoi de notre présence au monde. C’est donc tout naturellement que ce poète qui a tant écrit sur le Quercy, décrypte les paysages contrastés de ce pays qui forme un tout, les deux départements des Charentes. LADES explique sa démarche, cet amour de cette terre différente de nos terres occitanes, qu’il découvre à l’occasion de rendez-vous poétiques réguliers et qu’il prolonge par des séjours estivaux. Et peu à peu, ce pays se laisse capter dans la sensibilité bienveillante du poète, qui en chante les louanges, mais ne s’éloigne jamais des images intérieures qui naissent de ce regard qui est en lui-même acte de création.

Entretien de Gilles LADES et de Christian Saint-paul et lecture de poèmes du recueil.

A lire pour tout amateur des Charentes et pour la suave subtilité du flux poétique de LADES. Et à lire aussi pour engager une solidarité avec cette magnifique région si cruellement touchée par les intempéries de ces dernières semaines.

 

04/03/2010

 

 

Christian Saint-Paul annonce la venue attendue du poète chanteur

Bruno RUIZ qui n’a pas encore rejoint le studio. Il fait écouter le début du spectacle « L’Alcool des vents » poèmes de

Michel BAGLIN enregistré en public dans le Gers à Montesquiou le 12 septembre 2009 (cet enregistrement est disponible dans sa totalité sur ce site à la rubrique « docs sonores » à la lettre B BAGLIN).

Il signale ensuite le numéro spécial Jean-Max TIXIER de la revue Encres Vives n° 378, le dossier ayant été réalisé par Jacques BASSE. Lecture de « Un homme d’écriture » de Michel COSEM qui introduit cet hommage au poète disparu (voir aussi dans cette même rubrique de ce site l’émission qui lui fut consacrée). Numéro à commander à Encres Vives 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 €.

Bruno RUIZ arrive alors dans le studio et sans reprendre son souffle, avec la passion généreuse qui l’habite, et sa verve enthousiaste, décrit la dernière œuvre de son épouse Katy RUIZ DARASSE brodeuse au point de croix qui exposera à Toulouse du 9 au 20 mars 2010 à la bibliothèque Saint-Cyprien 63 rue Réclusane, un immense triptyque en hommage aux femmes atteintes d’un cancer du sein « Dans le silence des chambres ». Huit mille heures de travail ont été nécessaires pour la réalisation de cette œuvre unique présentée sous la forme de trois draps anciens en chanvre, en forme de « H » comme « hôpital » ou comme « hommage ». Bruno RUIZ accompagnera cette exposition le samedi 13 mars 2010 à 16 h d’une lecture de la préface de « Féeries anatomiques » de Michel ONFRAY. Ce texte décrit avec amour et précision le parcours douloureux et personnel d’un couple face à la maladie.

On écoute ensuite trois extraits de l’album « Chant impératif » de Bruno RUIZ, courts poèmes mis en musique : « Tout est possible », « L’art d’être né » et « Elève-toi l’élève ».

Bruno RUIZ revient sur son spectacle prochain « L’Alcool des vents » à la Cave Poésie  à Toulouse (71, rue du Taur) le jeudi 11 mars et vendredi 12 mars 2010. Il dit son estime admirative pour Michel BAGLIN, poète authentique de haute lignée, qui ne prend jamais les habits du poète, est aux antipodes de ces poètes faiseurs que l’on côtoie par ailleurs.

Ces deux soirées seront partagées avec un autre artiste Môrice BENIN, qui chantera, lui, Jean Bies, Joseph Rouzel et bien sûr René-Guy Cadou dont il est un des grands interprètes.

(Voir précisions sur ces représentations à la rubrique de ce site « Evènements »)

 

25/02/2010

 

 

Rappelant combien les femmes revêtent de l’importance dans l’histoire de la littérature d’aujourd’hui, Christian Saint-Paul consacre son émission à Hélène DORION ; née au Québec, elle compte à ce jour plus d’une vingtaine de publications, (recueils de poèmes, un essai, un récit) dans les pays francophones.

D’emblée sa création a été remarquée et maintes fois récompensée par des prix prestigieux : prix de poésie de l’Académie Mallarmé, prix Anne Hébert, prix Alain Grandbois de l’Académie des lettres du Québec, prix Aliènor, prix international de Poésie Wallonie Bruxelles, prix du Festival de Poésie de Roumanie, prix Charles Vildrac de la Société des Gens de Lettres (France).

Cela vaut à son œuvre d’être traduite en douze langues, Hélène DORION étant membre de l’Académie Mondiale de Poésie.

Première femme à se voir décerner le prix Charles Vildrac pour son livre « Le hublot des heures » (éditions De la Différence, collection Clepsydre 112 p 14 €) dans lequel elle s’interroge sur « cette civilisation certes fascinante et vertigineuse mais aussi troublante », c’est ce recueil qui rassemble des poèmes écrits pour l’oralité, des poèmes « radiophoniques » si chers à Saint-Paul, que ce dernier a choisi de lire pour illustrer l’œuvre d’Hélène DORION.

Longue lecture de poèmes.

Avant de clore l’émission, Saint-Paul annonce la parution d’un recueil à lire absolument di poète catalan MATIAS  TUGORES GARAU « Combattant l’incertaine obscurité de la nuit » qui constitue le 377ème numéro de la revue « Encres Vives » 6,10 € le n° et 34 € l’abonnement à 12 n° à commander 2 allée des Allobroges 31770 COLOMIERS ; enfin Saint-Paul invite les toulousains et ceux qui peuvent se rendre à Toulouse à assister le mercredi 17 mars 2010 à 16 H 30 à l’ « Hommage à Henri MESCHONNIC » par la Société Toulousaine de Philosophie avec une conférence, encore d’une femme qui fut l’invitée précédente de l’émission « les poètes » : Monique-Lise COHEN.

 

18/02/2010

 

Christian Saint-Paul annonce la parution de « Portails de Charentes » de Gilles LADES aux éditions de l’Atlantique B.P. 70041 Saintes cedex  48 pages 16 €. Prix Artaud 1994, le paysage est chez Lades au cœur du travail poétique. Le Quercy, Rocamadour, avaient fourni à ce guetteur d’images prétexte à cheminer dans la pensée et dans l’imaginaire des hommes. Il parcourt dans ce recueil les Charentes qu’il a longtemps fréquentées avant de les mettre en mots. L’auteur viendra très prochainement présenter ce recueil à la radio. Lecture fortement recommandée !

Saint-PAUL reçoit ensuite Monique-Lise COHEN écrivain, essayiste, poète, bibliothécaire à la retraite, qui vient de faire paraître aux éditions Orizons « Le Parchemin du désir » 137 pages 13,50 €. Diffusion – distribution :L’Harmattan 5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris  www.editionsorizons.com 

«Un secret est révélé, peut-être – sans doute – précédé de générations de secrets, de blessures inavouables, enterrées sous des décades de silence. Ainsi de cette énergie enfouie naîtrait la nécessité d’écrire transmise de la femme à l’enfant », écrit Betty Daël qui préface cet ouvrage.

« Ce serait un livre où l’on s’autorise à ne pas dire toute la vérité et où l’ordre des raisons est masqué et le destinataire énigmatique »

« L’écriture vient comme désir d’écriture. Sans objet. C’est ainsi qu’elle noircit les pages de son journal en recopiant indéfiniment la même phrase : je veux écrire, je veux écrire, je veux écrire. »

« Et lorsqu’une vieille dame invite une petite fille à écrire, elle lui indique les voies de la résurrection.»

« J’ai appris de toi que ce n’est pas la même chose de dire et d’écrire. »

« J’ai appris en écrivant que la parole est comme l’écriture, qu’une voix traverse les écrits et que le mutisme qui inaugure une vie d’écrivain est comme une invention de la parole, invention de soi-même. » 

Entretien de Saint-Paul avec Monique-Lise COHEN sur cette démarche singulière qui l’a amenée à l’écriture et partant à la rédaction de ce livre qui peut se concevoir comme un roman. L’auteur parle de son enfance, de sa famille, et cette intimité frileusement mise en scène par une écriture sobre, juste, nous interroge sur notre transcendance, quête universelle s’il en est.

Lecture d’extraits du livre.

A lire absolument !

 

11/02/2010

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution du n°76 de MULTIPLES collection « Découverte » (n°15) où l’on retrouve Jean Bénac et Robert Momeux. (15 € à commander à Henri Heurtebise 9 chemin du Lançon  31410 Longages.

Lecture d’un extrait d’un texte de Jean Bénac (1912  1982) :

Aimer Aimer sans savoir qui C’est toujours la même chanson je me suis demandé qur quel air elle chante Gitane ou fille de dieu Je me suis demandé où elle va comme ça pieds nus dans la cendre et le sable

Puis évoquant la proximité de la Saint-Valentin Saint-Paul a choisi de consacrer la soirée à un des plus grands poètes français de l’amour qui se situe aux antipodes de la sensibilité mièvre ou convenue qui défigure parfois les élans amoureux de nos poètes, mais au contraire a créé une atmosphère d’un subtil et pernicieux érotisme :Alain BORNE.

Né en 1915, mort dans un accident de voiture en 1962, c’est une des grandes voix de la poésie amoureuse universelle. Pourtant ce poète fut un solitaire qui vécut des moments de fulgurance amoureuse en poursuivant dans une quête sans fin la traque de la vision érotique de la femme incarnée pour l’éternité dans la jeune fille.

Saint-Paul brosse longuement le portrait et la vie de ce créateur singulier, indépassable dans sa voyance intérieure de l’idéal féminin et de la mort qu’elle n’écarte que pour mieux lui laisser le passage après.

Lecture de poèmes d’Alain BORNE extraits de ses divers recueils.

A lire : « Alain BORNE  L’Amour La Vie La Mort anthologie de poèmes inédits » « Textes Inédits » « Seul avec la Beauté » Voix d’Encre 8, chemin de La Nitrière 26200 Montélimar. « La Nuit me parle de Toi » éditions trident neuf  17 rue saint Bernard 31000 Toulouse 18 €.

 

04/02/2010

 

L’émission est entièrement consacrée à

Mohammed KHAÏR-EDDINE poète, romancier, chroniqueur et pamphlétaire et critique avisé.

Christian Saint-Paul rend hommage à Jean-Paul MICHEL poète et éditeur (WILLIAM BLAKE & CO.EDIT) pour sa présentation de l’édition nouvelle de « Soleil arachnide » dans la collection Poésie/Gallimard

Saint-Paul brosse la biographie de Khaïr-Eddine. Né en 1941 dans un village Azro Wado (Pierre-du-vent) non loin de Tafraout il rejoint son père à Casablanca à l’âge de 11 ans. Sa mère restée au village est répudiée brutalement par son père et l’enfant vit cet évènement dans la plus grande douleur et sera habité tôt d’un sentiment violent d’arbitraire et d’injustice. De 1961 à 1963 il vit à Agadir où il effectue des enquêtes sur les rescapés du tremblement de terre pour la Sécurité Sociale. Il publie en 1967 « Agadir » au Seuil et est reconnu d’emblée comme un auteur d’exception. Puis il retourne à Casablanca, publie « Nausée noire », «Faune détériorée » chez Michel Cosem à Encres Vives en 1966 « Le Roi » chez Jean-Paul Michel, « L’Enterrement » une nouvelle qui obtient le prix de la nouvelle maghrébine. Il fréquente Sartre, Leiris, Beckett, Maurice Nadeau qui le publie dans « Les Lettres nouvelles », épouse Annie Dufoir qui lui donne un fils Alexandre.

En 1979 il rentre cependant seul au Maroc où il écrit en faisant des allers retour à Paris jusqu’en 1995 où à la suite d’une maladie cruelle, il meurt et est enterré à Rabat.

Lecture d’extraits de « Mémorial » (le cherche midi éditeur) de son dernier journal, août 1995 « On ne met pas en cage un oiseau pareil » (William Blake & Co edit.) et de « Soleil arachnide » Poésie/Gallimard.  

 

 

28/01/2010

 

 

 

Christian Saint-Paul fait écouter la voix du poète Jean-Louis CLARAC qui a publié une quinzaine de recueils depuis 1978 et qui organise à Aurillac dans le Cantal « les moments poétiques » en collaboration avec le Théâtre Municipal, invitant des poètes à faire partager au public leur création. Ce sont quatre textes qui sont dits par Clarac qui sont diffusés à l’antenne : la nuit sera réinventée... ; frôlements sensuels... ; gorgée après gorgée... La musique d’accompagnement est de Daniel COSTE et le C.D. peut être commandé chez l’auteur 98 rue de l’Egalité 15000 Aurillac.

La soirée est consacrée ensuite à Georges CATHALO, critique et poète vivant dans le Lauragais, familier des auditeurs de cette émission et qui vient présenter sa dernière publication « Noms communs deuxième vague » parue aux éditions Gros Textes  Fontfourane 05380 Châteauroux-les-Alpes 46 pages 6 €.

Georges Cathalo explique la genèse de ce recueil de poèmes conçu comme un dictionnaire de mots dont il donne une définition saisissante et toujours chargée de cette émotion poétique exempte de tout pathos, qui caractérise ce poète pudique dans sa générosité. Décortiquant depuis longtemps le quotidien qu’il rehausse d’un éclat qui éclaire l’homme dans ses insondables destins faits de ces petits riens qui bout à bout finissent par faire une vie, ce poète a isolé les mots qui signent notre époque où le langage se galvaude dans un formatage qui nivelle tout au niveau du cliché qu’il suffit d’employer pour se fondre dans la normalité d’un monde qui tend en réalité à demeurer toujours aussi déshumanisé.

Saint-Paul lit la présentation qu’a écrite Jean-Louis CLARAC de CATHALO acharné à fouiller le quotidien pour le transfigurer et le donner ainsi révélé aux autres.

Catalho lit le texte d’introduction de son recueil « Noms communs deuxième vague » qui est une courte prose de combat avec ces mots justement « qui sont là pour nous rappeler que ce monde est malade de l’homme, de ses excès, de ses dérives et de ses confusions, qu’il étouffe sous une chape de silence complice et sous un vernis de complaisance. »

Cathalo lit ensuite de larges extraits de son recueil et du recueil « Noms communs » précédent (aux mêmes éditions).

Pour clôturer l’émission, Cathalo annonce la parution du n°1 de la revue « Peut-être » revue poétique et philosophique éditée par l’association des amis de l’œuvre de Claude Vigée. C’est Anne MOUNIC qui est devenue aujourd’hui la spécialiste de l’œuvre de ce grand écrivain, poète, théologien qu’est Claude VIGEE qui est venu récemment présenter à Toulouse son dernier livre « Mélancolie solaire » (voir rubrique « Evènements actualité ». La revue 25 € est disponible : 47 bis rue Charles Vaillant 77144  CHALIFERT.

 

21/01/2010

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution de la revue SARASWATI voir doc1 doc 2 , la publication du dernier recueil de poèmes de Michel COSEM « Plumes tièdes du matin » aux éditions TRETIUM 77p 12,5 € et de son recueil dans la collection lieu d’Encres Vives « Le fil du vent » textes sur les Canaries 6,10 €.

Dans la même collection lieu d’Encres Vives 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 €,

Christian SAINT-PAUL a publié

« Hodié mihi, cras tibi » Aujourd’hui pour moi, demain pour toi, poèmes sur le Trégor, petit territoire de la Bretagne.  Il situe cette région si émouvante, parle de la Côte de Granit Rose et lit le recueil en entier après avoir donné lecture d’un extrait de la présentation signée Jean-Pierre CRESPEL.

 

14/01/2010

 

 

Christian Saint-Paul rend hommage au travail du poète

Jean-Louis CLARAC qui organise avec l’association « La porte des poètes » et le Théâtre d’Aurillac « les moments poétiques » où sont invités des poètes de partout et de maintenant qui forgent l’Histoire littéraire du monde. Jean-Louis CLARAC a publié à ce jour une quinzaine de recueils qui constituent déjà une œuvre au style dépouillé, précis, retenu et volontaire. Son attachement à la terre (il est né dans les Corbières) lui dicte une poésie où l’observation de la Nature est inséparable de la contemplation métaphysique du monde.

On écoute un de ses poèmes qu’il dit accompagné d’une musique originale de Daniel Coste : « on mesure l’importance de l’oiseau » extrait de « La terre a goût de langue » et qui figure dans un CD édité A la rêveuse matière et que l’on peut commander chez l’auteur : Jean-Louis Clarac 98 rue de l’Egalité 15000 Aurillac.

Saint-Paul lit ensuite des extraits d’un recueil de CLARAC : « Dans les traces » illustré des Compositions de l’artiste Françoise CUXAC paru en 2005 aux éditions A la rêveuse matière (véritable livre d’art où le texte et les compositions graphiques se répondent en harmonie) 14 €.

Le reste de l’émission est consacrée à l’évocation de Jean-Max TIXIER né en 1935 à Marseille et décédé en septembre 2009 pour lequel la revue FRICHES Cahiers de Poésie Verte dans son n° 103 a préparé un dossier avec le concours d’Alain Freixe.

Les textes de Jean-Pierre THUILLAT et de FREIXE sur TIXIER sont lus à l’antenne ainsi que les poèmes inédits publiés par FRICHES.

Saint-Paul termine cette évocation de ce créateur de 70 ouvrages et qui était membre du comité de rédaction d’Encres Vives par la lecture d’extraits de réflexions « Le Grenier à sel » qui avaient été publiées dans la revue ENCRES VIVES (n° 371).

FRICHES Le Gravier de Glandon 87500 Saint-Yriex

ENCRES VIVES 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers

 

07/01/2010

 

 

Christian Saint-Paul reçoit Gil PRESSNITZER poète ancien directeur de la Salle Nougaro à Toulouse, qui a dirigé la revue « Dérives » et qui est l’instigateur du site www.espritsnomades.com/espritsnomades .Il a  publié « Notes de passage, notes de partage » aux éditions les 2 encres et aux éditions esprits nomades « La traversée du vivre » et « Procuration » et « la huitième écorce » aux éditions trident neuf collection l’incitatoire. e soir Gil PRESSNITZER est venu pour parler d’un poète qui lui est très cher : Alain SUIED qui fût son ami et qui lui a laissé bien des traces à sa disparition en juillet 2008 : poèmes inédits, correspondances.

Alain SUIED qui est une des grandes voix de la poésie de ce siècle et de la fin du précédent occupe une place à part dans l’histoire littéraire. Même si la diffusion de son œuvre demeure discrète, il n’en demeure pas moins que le haut niveau de spiritualité de sa poésie le hisse au sommet des poètes « importants » de notre époque. Né en 1951 à Tunis dans une famille de la communauté juive, il a résidé à Paris dés l’âge de huit ans. Il rencontre Paul CELAN dont il comprend immédiatement le sens de cette œuvre majeure qui le marquera à vie. Déjà en 1970 SUIED publie « Le silence » puis en 1973 « C’est la langue » au Mercure de France ; puis à Arfuyen la quasi-totalité de ses recueils : Le corps parle ; Face au mur de la loi ; Ce qui parle en nous ; Le premier regard ; Le pays perdu ; L’ouvert, l’Imprononçable ;  Laisser partir ; et chez Cadratin : Le visage de tous nos rêves. Enfin le fabuleux « Kaddish pour Paul Celan » aux éditions Obsidiane.

Son œuvre est marquée par le sentiment de l’exil, de la perte. Gil PRESSNITZER s’attarde sur cette notion fondamentale pour apprécier les textes de SUIED, sa fascination du retour à l’origine du temps et de tout. Mais cette œuvre porte en elle une immense espérance et un appel à la fraternité, celle des origines.

Pressnitzer qui connaît l’intimité de cette œuvre la découvre aux auditeurs avec beaucoup de délicatesse et de subtilité dans ses commentaires.

Il lit des poèmes inédits qu’il détient de SUIED ; à son tour Saint-Paul lit des textes extraits de « Laisser partir ».SUIED a été aussi un traducteur de génie qui a reçu le prix Nelly Sachs ; Keats, Dylan Thomas, Muir, Blake, Celan le façonnèrent comme les poètes qu’il traduisait modulèrent Armand Robin.

Ce mystique ravagé d’espoir selon les termes de Pressnitzer, fut influencé dans l’ensemble de sa démarche créatrice par Mandelstam, Celan, Du Bouchet, Frénaud, Tsetaeva, Hölderlin.

 A la fin de l’émission Saint-Paul annonce la venue à Toulouse à la librairie Ombres Blanches de Gaston PUEL le 14 janvier à 18 h et la publication de « Les quatre routes/Las quatre rotas » de Joan-Pèire Tardiu aux éditions fédérop (voir rubrique Evènements)

 

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