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  29/12/2011
 

 

 

 

Dans le prolongement de l’émission de la semaine dernière, on écoute « Lettre à Jules Supervielle » poème de René-Guy CADOU mis en musique avec les arrangements de Christian LABORDE  et chanté par Martine CAPLANNE.

L’émission est ensuite consacrée à deux femmes poètes roumaines francophones qui illustrent parfaitement que les femmes occupent une place majeure dans la création poétique de notre époque.

Ces femmes poètes reconnues aujourd’hui dans le monde entier sont emblématiques de deux générations qui se sont succédées pour illustrer la sensibilité roumaine des années 80 aux années 2000.  Toutes les deux sont symptomatiques de l’émancipation sans réserve de la femme et d’une audace verbale qui les a propulsées parmi les auteurs universels de notre siècle.

L’aînée Rodica DRAGHINCESCU est née en novembre 1962 à Buzias en Roumanie ; elle a publié des livres de poèmes, des romans, des essais et a traduit de nombreux auteurs roumains en français et réciproquement.

Dès la chute du régime de Nicolae Ceausescu, elle devient emblématique de la nouvelle génération d’écrivains roumains violemment non conformistes, que l’on a appelés la génération « 90 ». Le ton des écrits (dont ses poèmes écrits en français) de la jeune poétesse est d’entrée provocateur et subversif. Universitaire en Roumanie jusqu’en 2005, elle gagne la France en 2005 pour rédiger à l’Université de Metz une thèse de doctorat. Depuis, très active dans la diffusion de la poésie, elle se produit dans des lectures performance et des ateliers d’écriture. Elle est lauréate de nombreux prix en Italie et en Roumanie.

Lecture de son poème publié en 2004 dans la revue Poésie1 n° 38 : « Ce qui touche à la perfection » (texte avec manivelle et papillons) et d’extraits d’entretiens.

 

La cadette LINDA MARIA BAROS  née en 1981 en Roumanie a été élève à l’Ecole centrale à Bucarest puis au lycée Victor-Duruy à Paris. Elle a fait ses études universitaires à la Sorbonne et en partenariat avec l’Université de Bucarest pour son doctorat qui portait sur la littérature comparée. Membre de l’Union des Ecrivains de Roumanie, directrice de la revue VERSUs/m de Bucarest elle dirige « le Printemps des Poètes » en Roumanie ; elle est membre du jury international de poésie du prix Max Pol FOUCHET remis chaque année à Lourdes.

Lecture d’extraits de « L’Autoroute A4 et autres poèmes » Cheyne éditeur 68 p 15 €.

 

Deux voix superbes à suivre.

 

  LINDA MARIA BAROS Rodica DRAGHINCESCU

 

                                    

 
 

 
  22/12/2011
 
René Guy Cadou

 

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  Christian Saint-Paul rappelle que la publication par Daniel MARTINEZ aux éditions Les Deux-Siciles (12 €  8 avenue Hoche, 77330 Ozoir-la-Ferrière) de « Carnet d’Orphée et autres poèmes » de Thierry METZ, préface d’Isabelle Lévesque, constitue un évènement éditorial qui perpétue l’œuvre d’un poète marquant disparu trop tôt. Certainement celui-ci n’a pu survivre à la mort de son fils tué par un chauffard :

Dans le pain : ta voix

(et le sang changé en vin)

la mère espérant que tu la réveilles

pour lui donner ton nom et la mort,

que tu la réveilles avec ce rouge-gorge

qu’elle gardait comme une aile.

 C’est à son insu Isabelle LEVESQUE qui a inspiré le choix du poète de cette émission située quelques jours avant Noël ; en effet Noël n’a de sens que comme fête de l’amour qui doit animer les hommes. Or, Isabelle dans son dernier courriel dit à Saint-Paul : « je suis émue par la fraternité que nous pouvons ressentir à porter un idéal commun où la poésie relie les hommes ».

René-Guy CADOU est la quintessence de cet idéal qu’il a porté avec une foi inébranlable tout le long de sa vie fulgurante (1920  1951).

Ce fils d’instituteur, instituteur  lui-même, né le 15 février 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne, en Brière, a focalisé autour de sa personnalité exceptionnelle un groupe d’amis poètes, l’Ecole de Rochefort,  pendant les heures sombres de l’occupation et les années qui suivirent.

Martine CAPLANNE (http://www.martine-caplanne.com) depuis longtemps met en musique et chante les poèmes de CADOU. C’est elle qui illustre l’émission de sa belle voix grave et on écoute : « Moineaux de l’an 1920 », « Femmes d’Ouessant », « Alphabet de la mort », « Toi », « L’enfant du garde », « L’idiot », « L’enfant » et le générique de la fin de l’émission est remplacé par « Le grand voyage ».

Saint-Paul lit quelques poèmes dont « Les fusillés de Châteaubriant » et « Quatre poèmes d’amour à Hélène ». Hélène CADOU grande voix elle aussi de la poésie du XXème siècle qui a écrit une œuvre personnelle où la figure de René-Guy est toujours présente, et un récit « C’était hier et c’est demain » préface de Philippe Delerm aux éditions du Rocher  (16,77 €).

Jean LAUGIER explique pourquoi, bien qu’il n’ait jamais connu CADOU, celui-ci est comme un ami familier. Sentiment général que ressentent tous ceux qui ont lu CADOU avec amour.

A lire : RENE-GUY CADOU « POESIE LA VIE ENTIERE » Œuvres poétiques complètes » Seghers éditeur 22,70 €.

 

 

 
  15/12/2011
 
 

Jean-Pierre LASSALLE

Couverture du livre et préface de Jean-Pierre LASSALLE

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Christian Saint-Paul annonce la parution de « Carnet d’Orphée et autres poèmes » de Thierry METZ avec quatre encres de Jean-Claude PIROTTE, préface de Isabelle LEVESQUE » aux éditions Les Deux-Siciles, 8, avenue Hoche, 77330 Ozoir-la-Ferrière  75 p 12 €. Un très beau livre méticuleusement mis en page, qui complète la publication de l’œuvre de ce poète né en 1956 et disparu tragiquement en 1997. On connaît l’attachement d’Isabelle Lévesque et de Daniel Martinez à cet auteur atypique, habité par la grâce d’une parole poétique qu’il découvrait comme une richesse insoupçonnée. Déjà, les deux complices avaient publié un ouvrage exceptionnel pour faire vivre l’œuvre et la mémoire de Thierry METZ : le n° 52/53 de la revue DIERESE au printemps 2011 qui comportait un dossier et des poèmes inédits et le facsimilé du manuscrit du Carnet d’Orphée. Mais reprendre ces textes forts, d’une concision éblouissante dans un recueil bien décrypté en reprenant toutes les variantes possibles de ces poèmes demeurés sur un agenda de poche du vivant de l’auteur, est une réussite et tous ceux qui sont conquis par cette écriture puissante trouvent là un élargissement à la connaissance intime de cette voix qui disposa de si peu de temps pour se faire entendre. L’émission « les poètes » reviendra bien-sûr sur cette publication qui est un évènement dans l’histoire éditoriale de la poésie contemporaine.

L’émission est ensuite consacrée à l’invité de la semaine Jean-Pierre LASSALLE professeur émérite de l’Université de Toulouse, biographe, écrivain, poète, qui fût membre du groupe surréaliste et proche de Breton, qui est depuis des décennies membre de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, et qui vient pour parler de la réédition par les Amis du Pays de Saint-Céré (Contact courriel : [email protected] courrier : AAPSC - B. P. 60028 - 46400 SAINT-CERE) de « ROSALIE » Nouvelle d’Ange PECHMEJA  237 p 14 €, qui avait été publiée initialement à Paris (librairie A ; Franck) en 1860. La préface de cette réédition est en effet signée Jean-Pierre LASSALLE. Elle sera reproduite sur ce site bientôt.

Avec sa verve coutumière et son sens aigu de la pédagogie, l’érudit sans fioriture mais pratiquant l’ironie aimable qu’est LASSALLE, cet homme de lettres accompli, explique pourquoi cette nouvelle offre un intérêt incontestable à être lue et connue. Pechméja dans ce récit autobiographique nous fait pénétrer dans bien des univers. Tout d’abord celui de la bourgeoisie étriquée d’une petite ville de province du XIX siècle conservatrice et conformiste ; la mère est bigote et le père, vaincu par l’obstination de son épouse, finit par être un « pratiquant » modèle. Cette influence de la religion catholique qui dicte sa loi, heurte le jeune PECHMEJA qui fait sienne les idées progressistes de l’époque et s’affirme comme un républicain invétéré. Ce sont d’ailleurs ses opinions politiques et son militantisme qui révèleront les qualités intellectuelles profondes du jeune homme. En effet, celui-ci sera amené à remplacer au pied levé le rédacteur en chef du journal local républicain « L’Eclaireur », lequel journaliste avait été emprisonné au moment du fameux complot de Lyon. LASSALE explique les circonstances historiques de cette ferme répression. A son tour Ange PECHMEJA devra s’exiler pour fuir l’emprisonnement ou la déportation en Algérie. Il se réfugiera en Belgique où il rencontrera Victor HUGO, lui-même fuyant sa patrie. Puis, ne pouvant être toléré plus longtemps à Bruxelles, Jean-François, nom du héros de cette nouvelle, mais qui est en réalité Ange PECHMEJA doit reprendre la route de l’exil. Il se rend à Vienne puis au fin fond de l’empire ottoman dans ces contrées comme la Moldavie, qui deviendront ensuite la Yougoslavie. Et enfin, il atteindra Constantinople. Le récit de cette fuite est doublé de la description de l’amour romantique qui le lie à la jeune Rosalie, éperdument amoureuse qui le suit dans son périple jusqu’à sa mort en couches dans ce proche orient où le couple illicite était réfugié. La nature de cet amour est d’une grande modernité et prend le contrepied des mœurs bourgeoises de la famille honorable du jeune amant. L’attachement final de PECHMEJA à son lieu natal, à ses origines, où il finira les 20 dernières années de sa vie à son retour d’exil est aussi révélateur des préoccupations majeures de cet auteur qui nous apprend tout sur les mœurs sociales, politiques et médiatiques pour utiliser un terme d’aujourd’hui qui, au XIXème siècle ne recouvrait que la presse. La forme atypique de cette nouvelle « ROSALIE » qui si elle comporte peut-être quelques légères maladresses est surprenante : on y trouve des lettres, des chansons et même de l’occitan (langue d’Oc phonétique).

PECHMEJA s’est illustré aussi par la publication de « L’œuf de Kneph » livre ésotérique qu’il publie en 1864 et qui a été réédité en 1995.

« ROSALIE » est à lire comme un récit alerte qui nous éclaire sur l’histoire de la société du Second Empire et sur le sentiment amoureux d’un homme en avance sur son temps. L’explication de Jean-Pierre LASSALLE donne à cette nouvelle inclassable tout son intérêt.

     

   

 

 

 
  08/12/2011
 
 
Tomas TRANSTRÖMER
 

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Christian Saint-Paul revient sur une communication déjà diffusée, celle de la parution du n° 40 de la revue de poésie vive Nouveaux Délits (le n° 6 €, abonnement 25 € à adresser à Association Nouveaux Délits Létou -  46330 Saint-Cirq-Lapopie). Une revue généreuse qui s’est imposée tranquillement dans le paysage des revues de poésie et poursuit avec courage son petit bonhomme de chemin pour le plus grand bien de la diffusion de la poésie. Avec une économie de moyens et sur du papier recyclé, une mise en page toujours soignée et des citations pertinentes, faisant connaître des auteurs à découvrir, ce dernier numéro, comme les précédents recèle des richesses insoupçonnées, celles de la lecture de textes de Muriel Modély, de Patrick Aveline, de Guillaume Siaudeau, d’hommage à Beb Kabahn (1974-2011) dont les dessins et les textes trahissent un univers pathétique qui nous interroge ; beauté aussi des illustrations de Corinne Pluchart (http://corinne.pluchart.over-blog.com). Lecture de textes de Muriel Modély et de Beb Kabahn.

La Revue  poésie Décharge vient de faire paraître son n° 152 (140 p 6 €, abonnement 2012 : 22 € à l’ordre des Palefreniers du Rêve à adresser à Jacques Morin, 4, rue de la Boucherie – 89240 Egleny). Comme toujours, cette revue aujourd’hui incontournable et à un niveau d’excellence qui l’assure d’être une référence de l’histoire de la poésie contemporaine, publie des auteurs de haut vol comme François De Cornière, Erich Von Neff, Sabina Lorenz, Michel Valprémy et un dossier sur Tomas Tranströmer prix Nobel de poésie 2011. La couverture éblouissante (vous la verrez bientôt sur ce site) est d’Antiocha Ouigour.  Dans les nombreuses notes de lecture rédigées par Jacmo (un inventaire précieux ce recensement de recueils !) Saint-Paul en lit deux : celle concernant Régine Ha-Minh-Tu pour « La Morsure » à Encres Vives (qui donnera lieu à une émission spécifique d’ailleurs) et celle sur le recueil de Cathy Garcia « Le poulpe et la pulpe » (éditions Cardère 10 € 42 rue du Pont de Nizon 30126 Lirac) dont cette émission s’était aussi fait l’écho. La chronique de Georges Cathalo sur les éditions de l’Atlantique pilotées avec discernement par Samuel Potier et Silvaine Arabo (B.P. 70041 6 17102 saintes cedex ; catalogue sur demande adressé par voie électronique par : [email protected]) est lue en partie.

Enfin ce numéro conforte l’intention de consacrer l’émission à :

Tomas TRANSTRÖMER poète suédois couronné par le prix Nobel. Jean-Pierre Siméon pousse un véritable coup de gueule contre tous ceux qui ont sous-estimé la place de ce poète nordique dans l’histoire de la poésie ; lecture du texte.

Rappel du palmarès impressionnant de Tomas TRANSTRÖMER, né en 1931, psychologue de formation, qui accumule depuis des décennies les prix de poésie dans le monde et est traduit dans une soixantaine de langues !

Un style différent et totalement original qui a inspiré certains poètes dont Brodsky qui lui a emprunté certaines de ses métaphores.

La poésie de TRANSTRÖMER colle à la vie en multipliant les images poétiques et les métaphores qui permettent d’exprimer une vision du monde qui nous révèle. Seule la parole nous donne à voir le monde et les objets qui le composent. L’expérience vécue est traduite par cette forme poétique particulière du poète suédois qui a parcouru le monde. Lecture donc d’un texte sur Lisbonne, d’extraits de « Baltiques » (Poésie/ Gallimard).

Un poète universel ancré à l’histoire de notre époque et déjà un « classique » dont on ne saurait se passer de lire.   

 

 

 
  01/12/2011
 
 
AL BERTO
 

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Christian Saint-Paul revient sur les parutions annoncées la semaine dernière, en particulier la revue FRICHES Cahiers de Poésie Verte (abonnement 25 € Le Gravier de Glandon 87500 Saint-Yriex) qui publie dans son n° 108 des poèmes de son directeur Jean-Pierre THUILLAT auquel nous avions consacré une émission à l’occasion de sa publication sur le troubadour Bertran de Born qui fut couronnée du prix Brentôme de la biographie historique (Editions Fanlac 2009). Comme la plupart des directeurs de revue de poésie, Jean-Pierre THUILLAT se dévoue avec passion à la diffusion de la création des auteurs et finit par s’oublier lui-même. C’est donc avec plaisir que nous découvrons ces poèmes sous le titre « Une demi-douzaine de douzains »,  dont le sens s’impose avec une force inouïe, trouvée certainement dans la concision de cet homme habité d’une grande rigueur dans la parole. Lecture des textes. De riches notes de lecture complètent ce n° en particulier celle de CATHALO sur « Diogène au potager » de Louis DUBOST  et de Dominique ZINENBERG sur « Terre » et «Ultime amer » d’Isabelle LEVESQUE.  C’est elle que nous retrouvons dans le n° 54 de la revue DIERESE évoquée aussi la semaine dernière (abonnement 38 € Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière) à la fois par ses critiques de recueils et par ses poèmes. Lecture de textes. Surprise aussi de découvrir dans ce très dense n° un article du poète Jacques KOBER sur le peintre Gilbert RIGAUD (1911-2004) « voyant » qui donna vie à ses visions et les « montra avec une telle puissance que les matériaux de misère dont il fut forcé d’user se transmuent, sous sa main, miraculeusement, en somptuosités tragiques ».  Lecture de poèmes de Jacques KOBER dont « La mer » dédié à André MARCHAND en  1945.

Puis les auditeurs sont invités à partir au Portugal, à Lisbonne par l’écoute d’un fado de Pedro MOUTINHO.

Saint-Paul dit alors son vieil attachement à celui qui est devenu aujourd’hui un poète emblématique de la poésie portugaise d’aujourd’hui : AL BERTO (1948-1997) ; né à Sines dans l’Alentejo où il retournera souvent, il fit des études artistiques à l’Ecole des Beaux Arts de Lisbonne et dut s’exiler à Bruxelles pour éviter son enrôlement dans l’armée pendant les longues guerres coloniales que connut le Portugal. De retour dans son pays après la révolution des œillets en 1975 il promena dans sa ville Lisbonne sa longue silhouette mince et fragile, sa tête d’oiseau et son sourire doucement ironique avant de s’acheminer vers le silence ne ressentant plus le besoin impérieux de se confronter au monde extérieur. « Je crois en la poésie comme unique langage possible ».

Une des plus grandes voix de la poésie du XXème siècle.

Lecture de poèmes sur Lisbonne extraits de « Lisbonne n’existe pas » (éditions Le temps qu’il fait) « Lumineux noyé » (L’Escampette) « Jardin d’Incendie » (L’Escampette). Lecture du poème « Al Berto » écrit quelques mois après la mort du poète par Mohammed BENNIS.

 

 

 
  24/11/2011
 
 
Orides FONTELA
 

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Christian Saint-Paul invite les auditeurs qui pourraient se rendre en Gironde à aller voir l’exposition (jusqu’au 31 décembre 2011) du peintre catalan qui vit à Toulouse Joan JORDA à la galerie Saint-James 3, place Camille Hostein à Bouliac (33270).

La revue poétique et littéraire DIERESE a fait paraître son n° 54 d’automne 2011 (le n° 12 € abonnement annuel 38 € à l’ordre de Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière). C’est une revue magnifique de 268 pages pour un prix dérisoire compte tenu de la qualité de cette publication conçue à la perfection tant sur le plan de la qualité des textes, des notes de lecture, des articles de fond, que des illustrations, de la maquette de la couverture de Didier Tiphaine et de la mise en page. Un vrai exploit de réussir à éditer une telle revue. S’y abonner est indispensable à tout amateur de poésie d’art et de littérature. Ce numéro fait une belle place à Richard ROGNET qui publie là entre autres ses Elégies, et on y retrouve les voix familières et aimées de Guy GOFFETTE, de Pierre DHAINAUT, de Jacques REDA, de Daniel MARTINEZ, de Max ALHAU, de Gérard LE GOUIC, de Jean CHATARD, d’Isabelle LEVESQUE, de Claudine HELFT, de Jude STEFAN et d’autres. Plus de 20 pages sont consacrées aux poésies du monde, cette fois-ci l’Allemagne et l’Angleterre.  Et l’on ne dira jamais assez de bien sur les notes de lecture abondantes qui enrichissent ce numéro !

Lecture d’un extrait de « Au fil du temps » la présentation de cette publication par son directeur Daniel MARTINEZ et lecture de poèmes de Richard ROGNET. A lire d’urgence !

La revue L’Arbre à paroles fait paraître aussi son numéro 153 d’automne 2011sous le titre facétieux de : « STRICTEMENT HEXAGONAL ». En effet Francis CHENOT a réuni un sommaire prestigieux de 23 poètes de France qui sont depuis le temps devenus ses amis. Un grand plaisir à lire là aussi des voix connues comme celles de DHAINAUT, ALBAREDE, JOUBERT, DRANO et BERTIN (qu’il faut faire écouter). Le n° 7,50 € abonnement 25 € à adresser à Maison de la poésie d’AMAY B.P. 12 4540 AMAY – Belgique.

Enfin Michel COSEM directeur de la revue ENCRES VIVES nous livre 3 numéros : 398ème Jean-Louis BERNARD « Dans la tanière obscure du Soleil », 399ème Jean Jacques DORIO « Aimer l’utopie », 400ème n° spécial fêtant cette exceptionnelle longévité dune revue de poésie en rassemblant des extraits de publications des poètes membres du comité de rédaction, le n° étant dédié à l’inoubliable Jean-Max TIXIER. Le n° 6,10 € abonnement 34 € à adresser 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers.

Pus d’un millier d’auteurs ont été publiés à Encres Vives dont Régine HA-MINH-TU bibliothécaire à Toulouse qui a fait paraître « La morsure » qui constitue le 391ème n° de la revue. Elle sera prochainement l’invitée de cette émission.

C’est à une bibliothécaire, la brésilienne Orides FONTELA (1940-1998) qu’est consacrée ensuite l’émission. C’est la vocation même de l’émission « les poètes » de faire connaître les voix contemporaines nouvelles ou disparues. Ce travail de mémoire est important car toute poésie authentique est par essence intemporelle et n’en finit jamais de nous interpeler.

 Après des études de philosophie Orides FONTELA a longtemps travaillé comme bibliothécaire dans une école de la banlieue populaire de São Paulo. Morte de tuberculose dans le dénuement le plus complet et un quasi oubli. Outre son œuvre poétique (cinq recueils de Transposição, 1969 à Teia, 1996), on lui doit aussi une pièce de théâtre.
« Orides Fontella a trouvé d’autres réponses qui passent par une abstraction symbolique et néanmoins habitée. Pas d’épanchement, ni ironique ni pathétique mais une quête singulière sur l’être, son devenir et son rapport au monde. Lectrice des théologiens, des philosophes, des bouddhistes, elle reprend avec sérénité le cruel constat mallarméen de la coupure entre le réel et les mots, en formes là encore très épurées à l’équilibre dialectiquement instable. Ces poèmes concilient, lucidement ou ludiquement, l’exigence aristocratique de la méditation et la sévère simplicité de ses origines, de la matière et des choses. » (Pierre Rivas et Michel Riaudel, Europe, 1998).

Lecture d’extraits de « TREFLE » publié en édition bilingue portugais (Brésil) et français aux éditions L’Harmattan collection Poètes des cinq continents avec une préface de Michel MAFFESOLI.

 

 
  17/11/2011
 
 
 

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Jean PENENT avait, voici deux semaines, expliqué aux auditeurs comment étaient nées ce que l’on nomme aujourd’hui l’Occitanie et sa langue, la langue d’Oc.

Il reste à évoquer la poésie occitane. Pour cela Christian Saint-Paul invite le poète occitan Olivier LAMARQUE professeur d’occitan par ailleurs. La poésie occitane est apparue aux environs de l’an mille. Le plus ancien des troubadours est GUILLAUME IX D’AQUITAINE (1071 – 1127) et il écrit en Oc ; cette littérature ne pourra s’épanouir que pendant les trois siècles qui vont suivre. La langue n’étant ensuite plus enseignée elle doit sa survie essentiellement à la transmission orale. Aujourd’hui, la langue connaît un nouvel essor et la poésie occitane, héritière d’une poésie prestigieuse, est une poésie de haute volée qui compte dans ses rangs des créateurs universellement reconnus.

Olivier LAMARQUE veut débuter son panorama par la poésie occitane religieuse, en tout cas spirituelle pour les textes les plus modernes.

Lecture bilingue oc et français de textes de : Max ROUQUETTE, Jean BOUDOU, René NELLI, Henri ESPIEUX, Guillaume IX d’Aquitaine, FOULQUES de Romans, Yves ROUQUETTE.

 

 

 
  10/11/2011
 
 
 

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Christian Saint-Paul invite à lire le n° 40 de la revue de poésie vive NOUVEAUX DELITS   6 € abonnement 25 € chèque à adresser à Association Nouveaux Délits  Létou -  46330 St CIRQ-LAPOPIE http://larevuenouveauxdelits.hautefort.com . Ce numéro soigné comme toujours rend hommage : à Beb KABAHN (1974-2011) graphicultrice de stigmates, « écrivière en poésie et tellement plus encore » (selon l’expression affectueuse de Cathy Garcia) et à Yann ORVEILLON (1941-2011) poète et voleur de feu, au cœur océan. Les illustrations sont de Corinne Pluchard  http://corinne.pluchart.over-blog.com . Lecture de la fin de l’éditorial de Cathy GARCIA.

Puis toujours de Cathy GARCIA lecture d’extraits de son recueil « le poulpe et la pulpe » avec des dessins de Jean-Louis MILLET paru aux éditions cardère 56 p 10 € commande possible sur : www.cardere.fr 

Dernier poème du recueil :

Me couper rituellement la langue pour ne plus qu’elle fourche.

Semer des graines de sourire à chaud dans le fumier de mon cœur.

Me laver des scories qui cherchent encore reconnaissance.

Être creuse afin d’être usée et renouvelée sans fin.

            Comme une veine.

Les éditions Cocagne 30 rue de la Banque 82000 Montauban www.cocagne-editions.org  ont entrepris de publier l’œuvre de Félix-Marcel CASTAN ; le dernier volume Occitanisme pédagogique 150 p (très beau livre) 30 € rassemble des textes de ce penseur hors norme sur l’humanisme qui découle de la posture culturelle comme un mode de vie à suivre ; et cela pour toutes les cultures, la culture occitane qui est celle de l’auteur comprise. De très belles pages qui font parfois référence à des évènements datés (les années du festival de Montauban par exemple) mais écrits avec une précision pédagogique qui les rendent intemporelles. Pour CASTAN « la littérature occitane peut tout dire au nom de tous, à la fois ceux qui sont de son pays et ceux qui n’en sont pas, au nom de toutes les provinces d’une nation qui veut ressusciter à la vie culturelle, au nom même des hommes qui partout cherchent les moyens les meilleurs d’habiter leur planète. »

Puis le cap de l’émission est mis sur le Portugal, le sud précisément, l’Algarve bien connu de Saint-Paul qui y séjourna quelques étés chez son ami l’éditeur Carapato à Faro. Audition d’un morceau de MADREDEUS pour s’imprégner des accents de cette terre avant de poursuivre sur l’œuvre de Fernando CABRITA dont les éditions L’Harmattan dans leur collection « Poètes des cinq continents » ont fait paraître en édition bilingue portugais-français « Douze poèmes de Saudade » traduit et préfacé par François-Luis Blanc  65 p 10,50 €  http://www.librairieharmattan.com 

Né à Olhao prés de Faro en 1954, Fernando CABRITA a collaboré à divers journaux et revues, au Portugal, en Suisse et au Mozambique, à travers des articles, des dessins, des photos et des textes. Il a publié à ce jour une vingtaine d’ouvrages, essentiellement de poésie et fût lauréat de nombreux prix.

CABRITA dont c’est le premier recueil traduit en français, suscite l’émotion avec des mots simples, soulevant des ondes de plaisir chez l’auditeur. Lecture de larges extraits avec une pause pour écouter une saudade d’Amalia RODRIGUEZ.

Un poète à découvrir !

 

 
  03/11/2011
 
 
Jean PENENT

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Nous sommes le produit de l’Histoire et nous avançons vers l’avenir éclairés de la lumière du passé. Radio Occitania est un espace de liberté où les voix des peuples se font entendre dans leur langue et leur histoire respectives. La culture occitane dont la langue regagne peu à peu de l’influence, est l’instigatrice de valeurs éthiques universelles sur lesquelles se fonde notre civilisation occidentale.

Dire comment sont nées ces valeurs est un devoir pour celui qui profite de la liberté qu’elles ont octroyée.

Ainsi, dérogeant à son programme habituel, « les poètes » se consacrent dans cette émission à révéler l’histoire de la naissance de ce que l’on nomme maintenant l’Occitanie.

 Pour cela Christian Saint-Paul a invité Jean PENENT historien de l’art, écrivain, conférencier, conservateur en chef du patrimoine, directeur des musées Georges Labit et Paul Dupuy à Toulouse qui est l’auteur d’un ouvrage attendu depuis fort longtemps : « Occitanie  L’épopée des origines » (éditions CAIRN  et ieo edicions 298 p 25 € www.editions-cairn.com ).

L’auteur explique tout d’abord que le titre de son livre « L’épopée des origines » reprend à l’envers l’origine des épopées. En effet, les grandes épopées françaises du 11ème au 15ème siècle consacrent les exploits des rois et princes d’Aquitaine, de Gascogne, de Gothie et de Provence.  D’ailleurs dans les chansons de geste, le sud apparaît comme un univers purement littéraire alors qu’il portait un nom romain la Provincia, ses habitants étant les Provinciales. A partir du latin précocement diffusé en Narbonnaise, les Provinciales se sont forgé une langue qui est devenu le proensal. Il faut attendre Dante pour qualifier cette langue de langue d’oc définissant ainsi la langue dans laquelle le « oui » se dit « oc ».

Jean PENENT, avec une verve où pointe souvent une ironie succulente qui en dit long, parvient à nous familiariser avec les péripéties innombrables et compliquées qui ont jalonné le millénaire allant de la « paix romaine » à la « paix de Dieu ».

Il démystifie, entre autres, le récit retenu de façon abusive par l’histoire communément enseignée de la victoire de Charles Martel qui aurait arrêté l’invasion arabe à Poitiers en 732, alors qu’il s’agit d’un fait d’armes sans envergure, l’invasion arabe ayant en réalité été stoppée bien avant en 711 à la bataille de Toulouse qui eut lieu certainement plus exactement à Martes-Tolosane.

Jean PENENT s’appesantit sur la période pendant laquelle les Volques Tectosages furent maîtres de Toulouse et sur « l’or de Toulouse ». Il raconte comment le trésor d’Alaric après un long périple a été livré à Damas, comment les religions se côtoyaient à la cour du roi wisigoth, sans heurt.

A l’issue de ce millénaire on pouvait constater un étonnant contraste culturel entre la cour royale dominée par les clercs et les guerriers, et les sociétés aristocratiques du sud de la Loire où s’épanouissait une civilisation brillante appuyée sur une parole profane libérée du latin et de la prédominance masculine.

Et c’est vers l’an 1000 que les mœurs singulières des « Aquitains » les Occitans, envahissent la France.

Deux pauses musicales interrompent le récit de Jean PENENT : Muriel BATBIE CASTELL canta a capella « En un vergièr jos fuèlha d’albespin (troubadour anonyme) et AVINENS cants de Trobadors.

Un livre d’érudition certes en raison du nombre de personnages historiques qui défilent sur le millénaire, mais écrit avec une clarté, un découpage facilitant la compréhension et un style alerte que « l’honnête homme » occitan ou pas se doit d’avoir lu.

 

 
  27/10/2011
 
 
Ion MURESAN

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Comme il est établi que « le poème est une invention de langage qui transforme la vie » selon la formule de Meschonnic et que Silvaine ARABO a mis en exergue de son recueil « LE DIT DES ELFES SYLPHES ONDINS ET AUTRES CREATURES » (Encres Vives collection Encres Blanches  6,10 € à commander 2 allée des Allobroges  31770 Colomiers)  cette constatation de Victor Hugo : « C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas », Christian Saint-Paul s’attarde sur ce recueil somptueusement lyrique qui donne la parole aux esprits de la forêt, au roseau des marais, à l’oiseau, à la Dame blanche , au Vénérable, à l’homme et à la femme et à l’ange en partance, le tout accompagné d’un chœur. Œuvre jubilatoire qui nous emporte dans une nature onirique qui nous tend les bras. Lecture de larges extraits du recueil.

C’est la figure aujourd’hui emblématique de Jean JOUBERT qu’évoque ensuite Saint-Paul. Le n° 390 de la revue Encres Vives était récemment consacré à la publication d’un recueil de JOUBERT : « Retournement de la parole » (6,10 € même adresse que plus haut).  Mais c’est un retour de plus de 20 ans qu’opère Saint-Paul pour rendre hommage à ce poète qui fait le titre du dernier numéro de la revue FRICHES (12 € abonnement 25 € Le Gravier de Glandon  87500 Saint-Yriex). Après avoir rappelé la biographie de cet auteur né dans le Loiret, agrégé d’anglais, universitaire ayant séjourné en Angleterre, en Allemagne et aux USA et qui s’est établi dans un mas près de Montpellier, Saint-Paul lit des poèmes parus dans le n° 31/32 de la revue de son ami disparu Christian da SILVA : VERTICALES 12. Comme Silvaine ARABO, Jean JOUBERT intègre le rêve dans le réel et selon l’explication d’Alain BOSQUET demande à ce qui n’est pas de l’homme de se faire humain.  

 

Le reste de l’émission est consacrée au poète roumain Ion MURESAN une des voix reconnues de la poésie contemporaine de ce pays. Né en 1955 en Transylvanie, il est considéré comme l’héritier du « groupe onirique » roumain qui marqua les années soixante par la recherche, dans le flux verbal de l’image, d’une règle intérieure. On retrouve chez ce poète la même recherche que chez ARABO ou JOUBERT et lui aussi comme Silvaine en appelle à l’ange : « L’ange parle en moi avec une voix de grenouille », cet ange exprime malgré tout la voix du sublime. C’est qu’Ion MURESAN éprouve le réel comme une complexité grouillante, désordonnée, assaillante là où une représentation faussée de la réalité tendrait à nous offrir un monde lisse, agencé. Lecture de larges extraits de « Le mouvement sans cœur de l’image » (BELIN 75 p prix non indiqué sur la couverture www.editions-belin.com )

 

 
  20/10/2011
 
 
Isabelle LEVESQUE

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La version écrite de l’entretien de l’émission du jeudi 20 octobre 2011 consacrée à Isabelle LEVESQUE est en ligne ainsi que les textes lus.

Voir doc1 doc2

 

 

 

Dans « Terre-Patrie », livre culte qui n’a pas fini de marquer une époque, Edgar MORIN donne sa définition de l’Histoire : « L’Histoire, c’est le surgissement, la croissance, la multiplication et la lutte à mort des Etats entre eux ; c’est la conquête, l’invasion, l’asservissement et c’est la résistance, la révolte, l’insurrection ; c’est batailles, ruines, coups d’Etat et conspirations ; c’est le déferlement de la puissance et de la force, c’est la démesure du pouvoir ; c’est le règne terrifiant de grands dieux assoiffés de sang ; c’est le développement des techniques et des arts ; c’est l’apparition et le développement de l’écriture ; c’est le commerce par mer et par terre des marchandises, puis des idées ; c’est aussi ici et là une pensée qui interroge le mystère du monde. »

Par définition la pensée du poète ne peut être une pensée habituée, c’est une pensée en perpétuel éveil qui interroge le mystère du monde.

Christian Saint-Paul a découvert la pensée

d’Isabelle LEVESQUE qui interroge le mystère du monde en lisant dans la collection Encres Blanches d’Encres Vives (2 allée des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 €) « D’ici le soir ». Il en fût donné lecture intégrale à cette émission en avril 2010, sûr que nous étions d’avoir rencontré une des voix marquantes de l’époque à venir. Et cette voix se fit entendre dans quatre autres recueils : « La Reverdie » - Encres Vives Coll. Encres Blanches 6,10 €

« Ultime Amer » Editions Rafael De Surtis Coll. Pour une terre interdite 15 €

« Terre ! » Editions de l’Atlantique Coll. Phoibos 15 € - « Trop l’hiver » 394ème n° de la revue Encres Vives 6,10 €.

C’est tout naturellement que l’émission lui est consacrée. Isabelle LEVESQUE est jointe au téléphone depuis sa Normandie. Elle vit aux Andelys.

Un long entretien s’en suit avec Christian Saint-Paul entrecoupé de lecture de poèmes. Un document qui éclaire la démarche généreuse de cette auteure passionnée de poésie et tournée vers l’autre. La connaissance de l’autre est le premier pas vers la Connaissance du cosmos. Isabelle LEVESQUE met en application de façon innée la définition de MESCHONNIC : « le poème est une invention de langage qui transforme la vie ». Au cours de l’entretien, nous la suivons dans son cheminement ouvert sur le monde, mais têtu dans sa fringale de découvrir ce que toute expérience, heureuse ou malheureuse, peut enrichir une vie.

En sa qualité de poète affirmé, Isabelle LEVESQUE dit ce qu’elle doit à la lecture des autres poètes qui l’ont souvent bouleversée, dans la joie ou dans la meurtrissure. Elle lit des textes de Caroline SAGOT DUVAUROUX (extrait de « L’herbe écrit ») et de Thierry METZ auquel elle a rendu un formidable hommage en collaborant au côté de Daniel MARTINEZ à un numéro spécial de la revue DIERESE n° 52/53 (15 € règlement Daniel MARTINEZ 8 AVENUE Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière ; abonnement 4 n° 38 €).

Isabelle LEVESQUE dans l’épanouissement de sa vocation créatrice nous livre ses projets ; nous aurons donc l’occasion d’en reparler bientôt.

L’émission s’achève sur la diffusion d’un extrait  (Barranco de Viznar) de l’Oratorio pour Federico GARCIA LORCA et autres poèmes de Bruno DOUCEY accompagné à la guitare par Pedro SOLER. Une œuvre magistrale éditée par « Sous la Lime » à commander à http://souslalime.free.fr     

 

 

 
  13/10/2011
 
 
Alem SURRE-GARCIA

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Christian Saint-Paul annonce la parution du n° 108 de « FRICHES » Cahiers de Poésie Verte qui fait la part belle à deux grandes voix de notre sud méditerranéen : Jean JOUBERT et Frédéric Jacques TEMPLE et une belle pléiade d’auteurs ainsi que des notes de lecture dont celles d’Alain LACOUCHIE ; cette revue fidèle à elle-même est parmi celles qui tiennent fermement la barre pour que vogue à l’infini la poésie d’aujourd’hui. Le n° 12 € abonnement 3 n° 25 € chèque à l’ordre de Cahiers de Poésie Verte à adresser à Le Gravier de Glandon 87500 Saint-Yriex.

Conforme à l’esprit de Radio Occitania, cette radio espace de liberté qui fait rayonner la culture occitane et toutes les cultures du monde de façon universelle, Saint-Paul se fait l’écho d’une publication qui enrichit notre regard sur l’Histoire et l’histoire littéraire ; il s’agit de la réédition après celle de la Librairie A. Franck à Paris en 1860, du livre d’Ange PECHMEJA : « ROSALIE » par l’association des Amis du Pays de Saint-Céré (14 € à adresser à cette association B.P. 60028 46400 Saint-Céré). Ange PECHMEJA, agitateur d’idées, homme politique et homme de lettres né à Saint-Céré en 1819, a écrit un roman autobiographique sous ce titre « ROSALIE ». C’est le récit d’une longue cavale de l’auteur et de Rosalie dont il est amoureux qui les amène de Saint-Céré jusqu’au fin fond de l’empire ottoman via Cahors, Paris, Bruxelles, Vienne et Constantinople. Ami de FLAUBERT, émule de BAUDELAIRE, PECHMEJA n’a pas connu la notoriété qu’il aurait méritée. La réédition de ROSALIE pallie cette injustice. L’originalité de cette œuvre est à souligner et une émission lui sera bientôt consacrée en invitant le poète, essayiste, biographe, ancien professeur des facultés et natif de Saint-Céré Jean-Pierre LASSALLE.

Avant de laisser la parole à son invité Saint-Paul se réjouit de ce que le prix Nobel de Littérature 2011 ait été décerné à un poète, le suédois Tomas TRANSTRÖMER. C’est en 2004 que Saint-Paul découvrit ce poète par son livre « BALTIQUES » édité dans la collection Poésie/Gallimard. Lecture d’un poème. Une émission lui sera prochainement consacrée.

Enfin, Saint-Paul reçoit l’écrivain, poète, essayiste et traducteur

Alem SURRE-GARCIA figure aujourd’hui emblématique de la culture occitane. Il vient nous parler d’un évènement dont il est une fois de plus l’instigateur à Toulouse et qui aura lieu le jeudi 20 octobre 2011 dans cette ville à 18 h 30 à l’Ostal d’Occitania (11 rue Malcousinat).  C’est une soirée dont Alem Surre-Garcia a le secret et qui rassemble une présentation historique et géographique à l’aide de diapositives, des lectures de poèmes en trois langues, hébreux arabe et français, des chants et de la musique. Le tout sous le titre de

LUNA LUZENS qui signifie : Une lune luisante. C’est une soirée occitane séfarade avec l’artiste Naïma CHEMOUL (audition alors d’un enregistrement pour illustrer les propos d’Alem), avec Sarit BORTOLUSSI comme récitant et Samir HAMMOUCH musicien. Audition de morceaux de musique séfarade et lecture par Alem Surre-Garcia de poèmes du 13ème siècle en oc et en français. Entretien avec Saint-Paul sur la culture séfarade en Occitanie à cette riche époque. Si, selon l’expression d’Alem tout n’était pas toujours rose, les trois cultures, arabe, juive et chrétienne se côtoyaient et s’influençaient mutuellement. La Cabale est née en Languedoc, puissante à Narbonne avant de se réfugier à Gérone en Catalogne. Et le catharisme la rejoint par son entêtement de chercher au-delà des mots dogmatiques, le sens caché. Nous ne pouvons continuer à ignorer ce que fût réellement cette période de notre histoire, loin des clichés désastreux que l’on nous a imposés. La rencontre de l’Orient et de l’Occident n’en finit pas de se réécrire.

Pour tous ceux qui peuvent se rendre à Toulouse, une soirée (gratuite) à ne pas manquer, mais il vaut mieux réserver au 05 61 47 43 95.

 

 
  06/10/2011
 
 
 
 
Mourad BOURBOUNE

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« Le poulpe et la pulpe » de Cathy GARCIA a paru aux éditions cardère (www.cardere.fr ) 55 p 10 € ; belle édition soignée avec des dessins de Jean-Louis MILLET qui font de ce livre un objet agréable où se glisse avec sensualité la poésie de Cathy qui a mis en exergue la définition de Yan ORVEILLON : Poète / Papillon rare et vaguement ridicule. Une émission sera consacrée à Cathy GARCIA en novembre. Lecture de quelques textes du recueil.

Lecture de textes de Marie EVKINE parus dans le n° 151 de Décharge abonnement 22 € à l’ordre des Palefreniers du Rêve Jacques Morin 4, rue de la Boucherie  89240 Egleny. (http://www.dechargelarevue.com)

Rappelant les mots du poète Luc DECAUNES« La fonction même du poème est de nommer, de préserver, de sauver tout ce qui mérite de l’être face à la misérable activité des larves. Seul, il peut donner un sens, un avenir au contenu de l’existence que le temps dégrade, que la bêtise avilit. » Christian Saint-Paul appelle les auditeurs à nous adresser leurs textes sur le canal du Midi dont les platanes séculaires vont être abattus. (Voir page d’accueil du site).

Citant René CHAR : « Le poète s’appuie, durant le temps de sa vie, à quelque arbre, ou mer, ou talus, ou nuage d’une certaine teinte, un moment, si la circonstance le veut. Il n’est pas soudé à l’égarement d’autrui » Saint-Paul indique qu’au début des années soixante il fût un lecteur séduit par la poésie du poète algérien Mourad BOURBOUNE ; conformément à la vocation de cette émission et de cette aire de liberté qu’est Radio Occitania il se doit de rendre hommage à ce grand lyrique. Né en 1938 en Petite Kabylie, après des études à Constantine, à Tunis et à Paris, il fût un des fondateurs de l’Union des Ecrivains Algériens en 1963.  Cet intellectuel alors directeur de cabinet du ministre du Travail et des Affaires Sociales, dût précipitamment quitter l’Algérie et se réfugier en France lors du coup d’état de 1965. Il pourra finalement rejoindre sa patrie quelques années plus tard. Il se partagera ensuite entre l’Algérie et Paris où il réside. Il fût connu en France par ses romans « Le Mont des genêts », « Le Muezzin » et son recueil poétique « Le Pèlerinage païen. » (Réédition aux éditions BOUCHENE 82 p  10 €) Faisant valoir que dans ce recueil, l’introduction est un véritable hymne à l’Algérie et que l’espoir qu’il clame est le même espoir que ressentent les poètes algériens aujourd’hui, Saint-Paul la lit in extenso. « Terre réelle / Je veux me libérer pour mieux t’appartenir. » conclut BOURBOUNE comme un cri qui est aujourd’hui repris par le peuple algérien.

Un poète à lire qui en se fondant avec son pays devient naturellement intemporel et universel.        

 

 

 

 
  29/09/2011
 
 
 
 
Alain SUIED

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« Qu’est-ce qu’un poète en effet ? C’est un adulte, puis un vieillard qui ne quitte jamais la main de l’enfant qui le guide » constate Salah STETIE qui considère l’enfance comme une manière centrale d’envisager la relation au monde. Cette relation au monde qui occupe les poètes depuis l’origine a été l’interrogation inachevée d’Alain SUIED (1951  2008) dont il faut continuer à faire vivre sa voix qui compte parmi les plus riches de notre époque. Alain SUIED, Christian Saint-Paul le suit dans un périple oriental qu’il a entrepris en 1994 dans les territoires palestiniens et israéliens. Pour introduire cette atmosphère, Saint-Paul évoque le Sahara, haut lieu de spiritualité qui sied si bien à Alain SUIED ; il lit « Sahara » de Silvaine ARABO (in EPURES Encres Vives coll. Encres Blanches 6,10 € 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers).

C’est le récit du périple par Alain SUIED d’une délégation d’écrivains et d’artistes qu’il effectua en septembre 1994 et qui a été publié dans la revue LEVANT  n°10 (abonnement 40 € 3 place Bouschet de Bernard  34070 Montpellier www.revue.levant.free.fr  ) qui est lu intégralement. L’espoir de paix qui envahissait cette période, après un déclin est en train de renaître. Les réflexions du poète en 1994 sont toujours vivaces et sources d’avenir.

Lecture ensuite de larges extraits de « Histoire illustrée de l’invisible » (Dumerchez éditeur 52 p 11,40 €).

Ce grand auteur métaphysique nous livre sa pratique de l’invisible, du langage de la douleur et préserve toujours l’énigme d’une parole qui semble perdue mais qui est la renaissance de l’origine. Cette poésie écrasante de spiritualité confère dans ses interrogations mêmes une sérénité indéchiffrable qui est l’apanage des auteurs qui ne s’écartent jamais de l’universel.

Alain SUIED un poète qu’il n’est pas permis d’ignorer.

 

 

 
  22/09/2011
 
 
 
José Angel VALENTE
 

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« Ecrire, c’est se découvrir hémophile, saigner de l’encre à la première écorchure, perdre ce qu’on est au profit de ce qu’on voit », c’est sur cette phrase de Christian BOBIN que Christian Saint-Paul introduit la lecture de deux poèmes de Silvaine ARABO « Egypte » et « Afrique » publiés dans un recueil : « Epures » dans la collection Encres Blanches des éditions Encres Vives (6,10 € Michel Cosem 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers). Après avoir rappelé que les derniers n° de la revue Encres Vives (le n° 6,10 € abonnement 34 €) étaient consacrés à la publication d’un recueil d’Anne MOUNIC « Midi, Pleine Lune » et de Claude LUEZIOR « Epître au silence », c’est sous l’angle du poète qui disparaît au profit de ce qu’il voit qu’il donne lecture en entier du recueil (constituant le n° 395 d’Encres Vives) de

Marcel MIGOZZI « Voyageurs sans regard ». Ce poète est né en 1936, à Toulon, dans une famille ouvrière d’origine corse. Il vit au Cannet des Maures, dans le Var. Il a cofondé les revues de poésie La Cave et Chemin de 1969 à 1968, a été membre du comité de rédaction d’Action poétique, de 1965 à 1968, Sud, de 1994 à 1998 et correspondant permanent de la revue luxembourgeoise Estuaires de 1998 à 2002. Il a reçu les prix Jean Malrieu en 1985 et Antonin Artaud en 1995.  
 Voir Marcel MIGOZZI
dans un entretien avec Alain Freixe

L’émission est ensuite consacrée au poète espagnol

José Angel VALENTE  pour son livre paru chez José CORTI collection Ibériques « fragments d’un livre futur » édition bilingue, traduction et préface de Jacques ANCET 212 p 17,50 €. Né à Orense le 25 avril 1929, José Angel Valente a passé son enfance en Galice avant de monter à Madrid où il fit ses études de Philologie Romane. Il fut membre du département d'Études Hispaniques de l'Université d'Oxford et en 1958 il se fixa à Genève où il travailla comme fonctionnaire des Nations Unies jusqu'en 1975. Par la suite il partagea sa vie entre Genève, Paris et sa maison d'Almeria. Il est mort le 18 juillet 2000. 

A la question : « Qui était donc José Angel Valente ? »  à propos précisément de ce recueil, le poète Gil PRESSNITZER  répond :

 

« A partir des notes et des traductions de Jacques Ancet qui aura porté sa

parole pendant 27 ans, il chemine vaille que vaille toujours plus profond.

Ce poète si proche de Paul Celan qu’il admirait, de Saint-Jean de la Croix et de sa

nuit obscure où l’on s’efface, semblait être le témoin de la disparition, des

disparitions.

Cette fusion mystique avec l’effacement, non pas pour trouver une divinité

transcendante, mais le pur oubli, la pierre à jamais lavée de toute inscription. Comme

avec Celan, après la chute finale il ne reste alors qu’une voix, une voix coupante

comme la lumière. Obstinée à dire l’invisible. Cette voix semble se rétracter sur le

vide déchirant des mots. Elle hèle le vide :

Le temps passe et ne laisse rien. Il emporte, il entraîne beaucoup de choses avec lui.

Le vide, il laisse le vide. Se laisser vider par le temps comme les petits crustacés et

les mollusques se laissent vider par la mer. Le temps est comme la mer. Il nous use

jusqu'à être transparents. Il nous donne la transparence pour que le monde puisse

se voir à travers nous ou puisse s'entendre comme nous entendons la sempiternelle

rumeur de la mer dans le creux d'un coquillage. »

 

Lecture de larges extraits du livre.

 

 
  15/09/2011

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Christian Saint-Paul signale la parution du n° 151 de la revue de poésie Décharge  qui fait une large part à Marie HUOT, Dominique SORRENTE, Jean-Christophe BELLEVEAUX, Utz RACHOWSKI, rassemble notes de lecture dont une sur « Quotidiennes pour écrire » du poète et critique Georges CATHALO qui avait lu en avant première ce recueil à l’émission « les poètes », et affiche encore une fois une première et une quatrième de couverture remarquables illustrées par Cyril REGUERRE, le tout pour la somme dérisoire de 6 € ! A lire sans attendre et pour ceux qui ne le seraient pas encore à s’abonner : 22 € chèque à l’ordre des Palefreniers du Rêve à adresser à Jacques MORIN 4, rue de la Boucherie  89240  Egleny.

En fin d’émission Saint-Paul signalera aussi la parution des 3 derniers n° de la revue Encres Vives qui donne à lire trois recueils : n° 395 « Voyageurs sans regard » de Marcel MIGOZZI, n° 396 « Midi, Pleine Lune » d’Anne MOUNIC, n°397 « Epître au Silence » de Claude LUEZIOR. Comme toujours des œuvres fortes qui permettent de mieux cerner le poète puisque chaque recueil constitue la totalité de la revue. Cette formule permet d’avoir une familiarité suffisante avec une œuvre, ce que l’on ne peut trouver dans la plupart des revues qui ne publient souvent que des fragments ne laissant pas appréhender le flux poétique véritable de l’auteur.  Beau travail là aussi d’éditeur. Chaque volume : 6,10 € abonnement 34 € à adresser à Michel COSEM 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers.

La diffusion de l’œuvre et de la pensée de Félix CASTAN se poursuit : une publication et deux films viennent de paraître, que tout amateur des valeurs universelles éthiques de la culture occitane se doit de posséder (voir rubrique « Parutions » de ce site, voir doc

Saint-Paul invite ceux qui le peuvent à se rendre à Carcassonne au Centre Joë Bousquet, 4, rue de Verdun admirer l’exposition Thierry BOUCHARD qui sera installée du 30 septembre 2011 au 26 novembre 2011 et à assister à l’animation sur Joê BOUSQUET des 30 septembre et 1er octobre (voir rubrique « Evènements » de ce site).

L’émission est ensuite consacrée à faire connaître la pensée poétique, métaphysique, certainement exceptionnelle, de Miriam SILESU dont on doit la diffusion au poète Claude LOUIS-COMBET qui a rassemblé, trié et préfacé les textes publié dans un recueil : « Cinéraire » aux éditions Lettres Vives collection Terre de Poésie (12,96 €).

Miriam SILESU s’est donné la mort alors qu’elle avait une vingtaine d’années en 1999. Les fragments de son journal sélectionnés par Louis-Combet révèlent une magnifique prose poétique stupéfiante de grandeur lucide. La lucidité et son analyse l’emportent sur tout pathos et bien que ce livre soit axé sur la mort, il n’a rien de morbide. L’adolescente apprivoise la mort avec un détachement inimaginable. C’est la mort qui lui est redevable car elle la met en mouvement et s’insère dans cet élan auquel elle ne peut qu’adhérer. La spiritualité de la jeune fille transcende tout le livre et exprime une maturité aussi incroyable que sa lucidité. Il faut oser lire cette œuvre bouleversante de beauté noire mais qui n’appelle à aucun nihilisme.

Lecture de la préface et de larges extraits de « Cinéraire ». Il est à espérer que l’ensemble des écrits de Miriam SILESU pourra prochainement être publié.

 

 

 
  08/09/2011
 
 
 
 
Silvaine ARABO
 
Entretien Silvaine ARABO Christian Saint-Paul
Son œuvre, quelques avis sur ses publications et les sites qu’elle a crées sont à voir sur ce document.
 
Version écrite de l’entretien voir  doc
 
 
Les textes lus par Silvaine ARABO à l’émission du jeudi 8 septembre 2011 auxquels s’ajoutent quelques autres sont en ligne (voir doc)
 
 
 
 
 

 

 

 La vie rime

avec la vie

nous sommes tous des rimes vivantes

qui cherchent à finir leurs phrases

C’est en citant ces vers d’Henri MESCHONNIC que Christian Saint-Paul reprend après une longue pause d’été l’émission « les poètes »qui donne à écouter les voix majeures de la poésie contemporaine.

C’est une des voix qui marque depuis longtemps le territoire de la poésie, donc de la vie, qui s’exprime ce soir là, avec cette liberté communicative des artistes, celle de Silvaine ARABO qui affirme que « La Poésie est le lieu de l’Être » et que « Le poète est bien l’homme du réel absolu, l’homme de l’Eveil, l’alchimiste, nullement ce doux rêveur auquel on voudrait nous faire croire et dont on se plaît à exagérer la caricature » (in « Poésie et Transcendance »).

Elle est née en Charente-Maritime. Professeur de Lettres puis Chef d’établissement. Elle a commencé à écrire à 20 ans et a publié, entre 1967 et 2011, 29 recueils de poèmes (Chez Guy Chambelland, La Bartavelle-Editeur, Encres Vives, Editinter, Club des poètes...) ainsi que deux essais et trois recueils d’aphorismes. Elle a également fait paraître ses textes dans de nombreuses revues, tant françaises (Phréatique, Poésie/première, Traces, Résu, Poésie/s/Seine, Friches, Arpa, Jalons, Jointure, etc.) qu’étrangères (Québec : invitée d’honneur de la revue Arcade, Roumanie : revue Cronica, Inde : PPH00, Belgique : L’Arbre à paroles, Inédit Nouveau). Sa poésie a été traduite : en anglais (Mylène Catel) et en espagnol (Porfirio Macedo) et elle apparaît dans une dizaine d’anthologies.

Elle se consacre aujourd’hui à l’écriture et à la peinture. Nombreuses expositions à Paris (Prix d’honneur pour ses toiles en 2001 à l’Orangerie du Sénat lors d’une exposition franco-japonaise), en province et à l’étranger - Chine : Pékin (2000) toiles, Japon (2008) : Amagasaki (quartier Teramachi), Nikko (villa impériale), Naha (Musée préfectoral et des Beaux-Arts), où on lui a attribué trois diplômes d’honneur pour ses encres.

Elle a créé en 2001 la revue Saraswati (poésie, art et réflexion) dont elle vient de faire paraître le numéro 11 (essentiellement consacré à la poésie allemande contemporaine) ainsi que deux sites sur Internet :

- 1997 Poésie d’hier et d’aujourd’hui : http://membres.multimania.fr/mirra/ 

- 2011 Editions de l’Atlantique : http://mirra.pagesperso-orange.fr/mirra/ 

Elle est aujourd’hui directrice du Comité de lecture des Editions de l’Atlantique auxquelles elle apporte par ailleurs une large contribution administrative bénévole (Ed. de l’Atlantique, B.P. 70041, 17102 Saintes Cedex). Elle est également directrice de Collection.

Son œuvre, quelques avis sur ses publications et les sites qu’elle a crées sont à voir sur ce document.

Version écrite de l’entretien voir  doc

Silvaine ARABO répond aux questions de Christian Saint-Paul en se livrant avec une sincérité concentrée, dont l’émotion est encore enrichie par les textes qu’elle lit entre chaque question.

Cet entretien qui s’inscrit ce soir là dans les annales de l’histoire de la poésie de notre siècle, sera bientôt disponible en version écrite.

A écouter et faire écouter ! 

 

 
  07/07/2011
 
 
 

Christian Saint-Paul dit son enthousiasme devant le nombre d’acteurs qui portent la poésie contemporaine à un haut niveau d’incandescence comme Jean-Michel BONGIRAUD qui fait paraître le n° 19 de la revue bimestrielle « perméable aux idées » « Pages Insulaires » qui comprend entre autres un entretien « Insulaire » avec le poète comédien Yves-Jacques BOUIN. Tous les amateurs désintéressés de poésie se retrouveront dans ces belles pages aux termes desquelles on découvre que nous sommes nombreux à ressentir et à vivre cette passion inextinguible.

Pages Insulaires 3, impasse du Poirier 39700 Rochefort-sur-Nenon abonnement 20 €

 Spécialement pour Jean-Michel BONGIRAUD qui aime les chants en oc de Rosina de Peira diffusion de « Les filles à marier ».

Lecture d’extraits de « Arpège précédé de Une quinte sous nos doigts » de Jean-Michel BONGIRAUD paru aux éditions Editinter 87 p 13 €.

 L’émission est consacrée ensuite à l’évocation de l’œuvre saisissante du poète haïtien mythique René

 PHILOCTETE (1932  1995).

Dans ce pays ravagé, l’espérance est un passage obligé. Quelle voix plus autorisée que celle de celui qui incarne le souffle de Haïti pourrait-elle porter cet espoir ?

René PHILOCTETE auteur d’une œuvre originale tendre et dérangeante à la croisée permanente du privé et du collectif, a vécu parmi son peuple la majeure partie de son existence. Ce poète, enseignant de son état, fût à la pointe de toutes les audaces littéraires et artistiques haïtiennes des années soixante et quatre vingt.

Il est aujourd’hui la plus proche référence qui guide les jeunes auteurs d’Haïti. Lyonel TROUILLOT dit de lui que « le dire est généreux et revendicatif, et l’intention est nette : partir du relatif, du local et de l’historique pour tendre à l’absolu. Dire que l’universel est partout, mais refuser d’être de nulle part. » Cette posture de l’homme des îles est la même posture que celle que prônent les acteurs et les artistes de la culture occitane.

Lecture d’extraits de « Poèmes des îles qui marchent » (Actes Sud  100 p 17 €)

 

 

 
  30/06/2011
 
 
 
 
DENFIMA et JOHNSON
 
 
 
 

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L’année 2011 à Toulouse est l’année Antoine de SAINT-EXUPERY ; M. Pierre COHEN député maire de la ville l’a rappelé lors d’une interview donnée au Salon du Bourget en souhaitant que la ligne de l’Aéropostale Toulouse Santiago du Chili,  avec toutes les villes escales, soit inscrite au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO. Les lieux de mémoire comme l’aérodrome de Montaudran à Toulouse seront perpétués. Christian Saint-Paul qui, comme tout toulousain, se réjouit de ces initiatives, précise qu’au-delà de son idéal d’action et d’aventure, c’est l’écrit chez SAINT-EXUPERY qui fut toujours le lieu de son aventure intérieure et singulière comme le démontre admirablement Alain VIRCONDELET dans son dernier livre sur l’écrivain pilote : «Dans les pas de SAINT-EXUPERY » (L’œuvre éditions 155 p 15 €). « C’est, écrit le biographe talentueux, parce qu’il voyait venir à lui la civilisation des « termites » aveugles, que Saint-Exupéry n’a cessé de chanter la paix des villages et de relier les hommes entre eux. » Chez Saint-Exupéry l’homme est présent partout. Il note dans ses Carnets : « C’est par la voie du sacrifice gratuit que les hommes communiquent les uns avec les autres. Et par gratuit, j’entends que la parole « utile » est inutile. Car l’idole qui reçoit les cadeaux, et le sang, et la vie devient « tous les hommes ». Lecture d’un bref extrait de « Lettre à un otage » : « Le voyageur qui franchit sa montagne dans la direction d’une étoile, s’il se laisse trop absorber par ses problèmes d’escalade, risque d’oublier quelle étoile le guide. S’il n’agit plus que pour agir, il n’ira nulle part. »

Saint-Paul reçoit deux jeunes invités :

DENFIMA et JOHNSON artistes de Rap et de hip hop. C’est en remarquant DENFIMA sur scène au festival FESTICOULEURS, que s’est imposée l’idée de donner la parole à ce jeune talent. C’est la joie de vivre, la fraternité, l’élan vers les autres qui s’expriment à travers les longs textes scandés de DENFIMA. Avec son complice JONHSON son DJ et bientôt son musicien, qu’il se présente en chantant en direct et en remerciant Radio Occitania. Demeurant à  Castanet  dans la banlieue de Toulouse, DENFIMA ne cache pas que sa création est le fruit de beaucoup de travail. L’effort pour réussir, il connaît. Handicapé marchant avec difficulté, il lui a fallu vaincre tous les préjugés qui se dressaient devant lui. Il en parle sans ressentiment et avec une maturité impressionnante, et une grande pudeur, tout à la fin de l’émission.

A écouter !!

 

 
  23/06/2011
 
Jean-Michel BONGIRAUD

Georges

CARTHALO

 

 

 

 

Christian Saint-Paul accueille dans le studio le poète critique Georges CARTHALO venu spécialement de son Lauragais pour dialoguer par téléphone avec le poète revuiste Jean-Michel BONGIRAUD. En effet, Cathalo incollable sur les auteurs contemporains,  et érudit des revues où il considère depuis quatre décennies  que c’est là que se dessine les formes et les tons de la poésie de demain, connaît l’invité de l’émission de longue date et n’a jamais caché son admiration pour cet auteur prolixe.  Cette estime pour l’œuvre et l’action de Jean-Michel BONGIRAUD est partagée par Saint-Paul heureux de faire écouter cette voix qui marque le paysage poétique d’aujourd’hui. Voici ce qu’écrivait CATHALO en 1999 :

Dès son apparition dans le circuit de la poésie contemporaine, Jean-Michel Bongiraud a surpris par la densité et par la prolixité de ses productions. Avec Parterre Verbal, il s'est lancé dans la folle entreprise de revuiste à temps plein et, en moins de 10 ans, il s'est fait une place qui ne doit rien à personne. "Vivre soi-même tout en faisant respirer les autres", pourrait être sa devise s'il lui en fallait une. A partir de là, de cette ouverture aux autres et au monde actuel, c'est une passion fébrile qui va guider sa démarche. Ce sentiment exaltant et dangereux va le conduire à écrire de puissants éditoriaux pour sa revue ; ces textes valent pour leur lucidité et pour le puissant humanisme qu'ils véhiculent.
L'on retrouve ces qualités dans les poèmes disséminés dans une vingtaine de plaquettes parues chez de modestes éditeurs artisanaux. L'on pourrait craindre que cette dispersion affadisse le propos poétique, mais il n'en est rien car Bongiraud sait bâtir ses poèmes autour d'une solide ossature de mots et d'images. Il sait leur trouver la bonne colonne vertébrale. 
Après que la réalité l'ait boxé avec sa sauvagerie coutumière, le poète se relève et lutte contre l'indifférence générale. Cette recherche permanente d'un second souffle conduit Bongiraud à une implication corporelle qu'on ne trouve plus guère au fil des lectures ou des flâneries effectuées dans les recueils de poésie. En cela, on pourrait lui trouver une évidente parenté avec Jean Rousselot : même exigence lexicale, même tension vibrante autour d'emblèmes corporels et même vigueur d'écorché-vif.
Il y a fort à parier que Jean-Michel Bongiraud devienne bientôt l'un des poètes les plus en vue par l'originalité et par l'authenticité de sa démarche. Non, il ne sera pas l'un de ceux qui hantent les couloirs sinistres (et sinistrés !) des pseudo-grands-éditeurs ou des salons de ministres à la recherche d'une publication ou d'une subvention. On le retrouvera plus sûrement dans la mouvance d'une poésie qui aura su attaquer de front les réalités du monde actuel sans se laisser déborder par lui. Il débusquera les données singulières qui étaient alors l'apanage de petites élites aux réputations surfaites : les ténors de l'économie libérale, les philosophes bien-pensants, les journalistes à la petite semaine ; tous ces gens et bien d'autres qui tentent de conserver jalousement les privilèges de leur empire dérisoire ou de leur savoir spécialisé. Tout cela, Bongiraud l'aura intégré dans une poésie originale qui " échappe à tout contrôle poétique ".
Et même si " au bout du compte tout va à la benne ", on peut parier sur le cœur, cet " employé de service ", sur la pensée, cette " insurgée permanente " et sur la poésie, " cette employée fidèle " dont " l'atelier ne ferme jamais ". Jean-Michel Bongiraud s'y emploie avec passion et sincérité.

 

Michel BONGIRAUD se présente : il est né en 1955 et vit dans le Jura. De 1992 à 2001 il a publié la revue de poésie Parterre verbal puis Pages insulaires. Il est l’auteur d’une quarantaine de recueils et écrit des articles pour plusieurs revues.

En réalité, il est impossible pour un amateur de poésie, de n’avoir pas lu du Bongiraud qui fait partie de ceux qui œuvrent inlassablement pour le retentissement de la parole poétique qui est une posture de la présence de l’homme dans l’univers.

CATHALO lit des extraits de recueils de BONGIRAUD et lui demande de confirmer les influences ou du moins les affections qu’il a pu avoir pour PONGE, FOLLAIN ou ROUSSELOT. L’invité acquiesce à cette sélection et développe quel a été son trajet dans les grandes voies de la poésie.

Farouchement attaché au réel, il se définit comme un poète engagé parce qu’il « est la mesure lucide et entreprenante, le doigté sûr et précis de la conscience humaine et de sa féconde nature ». Il se situe dans la démarche décrite de BLANCHOT : « le vrai peintre toute sa vie, cherche la peinture ; le vrai poète la Poésie ». Sur la pensée humaniste d’Ernst JÜNGER « chaque homme est une lumière, et chaque lumière qui s’allume est une défaite des ténèbres. Il suffit d’une bougie pour disperser tant d’ombre », Jean-Michel BONGIRAUD admet que cette bougie pour lui, est la poésie.  « Je ne suis pas la poésie, mais le chemin » avait-il déjà écrit.  « La poésie est un lieu égoïste ; elle s’inscrit dans une espèce de survie » déclare-t-il lors de l’entretien de l’émission.

Signant des articles dans « Le monde libertaire » à la question « êtes-vous un poète libertaire au sens où CAMUS était un écrivain libertaire », le poète répond qu’il préfère dire qu’il est un « individualiste anarchiste » ce qui lui semble beaucoup plus précis.

Jean-Michel BONGIRAUD lit des poèmes inédits à ce jour.

 

Une voix établie de la poésie d’aujourd’hui qui va nous proposer son chemin avec l’élan et la générosité d’un artiste au service de l’humain.

 

 

Quelques ouvrages :

Parterre Verbal, Traces
À la fin du cri, Encres Vives
Quatre éléments pour un poème, Polder-Décharge
Lieux-dits, Les Mains Vivantes
L’établi à mots, Traces
Les fruits de l’alphabet, Encres Vives
Mots d’atelier, Le Dé Bleu
Cercles alphabétiques, Polder-Décharge
Mouvements, Encres Vives
Les mots du jardinier, Edition du Nenon
Les mots du manœuvre, L’Epi de Seigle
Fermentations poétiques, Editinter
Apesanteur fiscale, Editinter
Les mots de la maison, Gros Textes
Le livre des silences, Editinter
Naturellement, la vie, L’Epi de Seigle

- Arpège précédé de Une quinte sous nos doigts, éd. Éditinter, 2010
- L’Herbe passagère, éd. Éditinter, 2009
- Pour retendre l'arc de l'univers, Gros textes, 2007
- Un livre pour la pluie, éd. Éditinter, 2007
- Abeille(s), éd. des Vanneaux, 2007
- Du bout de mes orteils, éd. Éditinter, 2005
- Histoire de lire... Les mots du manoeuvre, collectif, éd. MDI,2001
- Le Livre des silences, éd. Éditinter, 2001
- Le Cou de la girafe, éd. Éditions L'Armourier, 2001
- Apesanteur fiscale, éd. Éditinter, 2000
- Fermentation poétique, éd. Éditinter, 1998
- Mouvements, éd. Encres Vives, 1997
- À la fin du cri, éd. Encres Vives, 1993
- Pages insulaires, éd. Gros textes
- La noisette n'a pas son pareil pour ouvrir l'esprit, éd. L'épi de seigle
- Quatre éléments pour un poème, éd. Polder-Décharge
- Cercles alphabétiques, éd. Polder-Décharge
- L'ombre de la bêche, éd. Alain Benoît 

Abonnement à PAGES INSULAIRES/ 3 IMPASSE DU POIRIER 39700 ROCHEFORT6SUR6NENON (20 € 6 n°)

 

 
  16/06/2011
 
 
 
Gilles LADES
 

 

 

Christian Saint-Paul signale la parution du n° 150 de la revue Décharge, magnifique livre illustré des tableaux de feu du grec surréaliste Nikos ENGONOPOULOS, qui comprend un recueil inédit « Le Mûrissoir » du poète disparu Yves MARTIN, des inédits de Valérie ROUZEAU, des articles de Roger LAHU, de Lucien WASSELIN, de la note de CATHALO, des critiques de JACMO dont celle précisément d’ « Au carrefour des errances » du même CATHALO, ou du recueil réuni par Jacques COLY « Les voyageurs de l’absolu » (éd. Les deux Siciles de Daniel MARTINEZ) des poètes suicidés, ou d’un recueil  écrit en 1975 par André LAUDE « La légende du demi-siècle » etc. Jacques MORIN nous avait annoncé un beau numéro, c’est un beau numéro à acquérir pour 6 € ou s’abonner à la revue pour 22 €, chèque à l’ordre des Palefreniers du Rêve, Jacques Morin, 4, rue de la Boucherie 89240 Egleny.

Saint-Paul rappelle que le n° 107 de la revue FRICHES est également paru et comprend des critiques du poète écrivain Gilles LADES qui est dans les studios ce jeudi, invité de l’émission. (Abonnement 25 €, le n° 12 € à commander à FRICHES Le Gravier de Glandon 87500 Saint-Yrieix). Gilles LADES souligne la qualité du  travail qu’accomplissent depuis longtemps Jean-Pierre THUILLAT et Alain LACOUCHIE qui font paraître cette revue incontournable pour tout amateur de poésie.

Enfin la dernière parution à faire connaître est le n° 12 de la revue « Les Cahiers de la rue Ventura » (le n° 6 € l’abonnement 22 € chèque à l’ordre de : Association Les Amis de la rue Ventura Claude Cailleau 9 rue Lino Ventura, 72300 Sablé-sur-Sarthe), numéro qualifié par son directeur Claude CAILLEAU d’exceptionnel qui est centré sur le « dossier » consacré au poète revuiste et éditeur Henri HEURTEBISE ; dix poètes amis se penchent sur l’œuvre et le personnage dans des éclairages complémentaires et toujours enthousiastes. Suivent des poèmes d’Henri HEURTEBISE , des « Pages d’enfance » de Bernard GRASSET et Ysabel LORANS, des textes et des notes de lecture dont une sur « Sang et Broussailles » de Jean-Michel BONGIRAUD (éd.Rafael de Surtis 64 p 16 €) qui sera notre prochain invité. Une revue de qualité que découvre Saint-Paul et dont il reparlera.

Les annonces faites, Saint-Paul présente sommairement son invité, un familier de la poésie contemporaine et de l’émission, l’écrivain poète Gilles LADES qui a publié une quarantaine de recueils, des livres de récits ou des ouvrages consacrés aux paysages et aux lieux.  L’émission « les poètes » lui a consacré dernièrement une émission sur « Les Vergers de la Vicomté » (éd. Tertium) et une autre sur « Portails de Charente » recueil de poèmes paru aux éditions de l’Atlantique.

Ce soir Gilles LADES vient présenter un recueil qui constitue le 386ème numéro de la revue ENCRES VIVES « Damier du destin » (6,10 € le recueil abonnement à la revue 34 € à commander à Encres Vives 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers).

« Il est deux sortes d’ouvrages poétiques, constate Lades, ceux qui procèdent d’une idée-force, d’une image-idée organisatrice, et ceux qui sont directement issus du creuset de l’expérience, comme avec ces poèmes-ci où l’existence se brise et se recompose entre les deux pôles de la destinée et de la liberté.»

L’entretien entre Saint-Paul et Lades se construit à partir de ce postulat simple. L’expérience domine dans ce recueil au ton sobre comme l’est toujours l’écriture du poète, mais le ton épouse l’humeur assez chagrine de l’auteur qui s’interroge sur le sens de la vie, de sa vie de celle de ses proches. L’angoisse pointe mais est retenue, pas de pathos ; pourtant ces poèmes nés des bousculades de la vie se rapprochent du duende si bien décrit par LORCA. La mort rôde entraînant la peur mais aussi le défi de lui désobéir et de la regarder en face, et ce faisant, de créer l’œuvre d’art qui est la signature de l’homme. Il n’échappe pas à son destin mais il se l’accapare et en fait son ouvrage. Lecture par Giles LADES et Saint-Paul d’extraits du recueil.

Des textes singuliers dans l’œuvre de LADES dédiés à l’observation humaine qui investissant l’intime (poèmes sur la femme et l’amour) atteignent immanquablement l’universel. A lire sans hésiter !

 

 
  09/06/2011
 

 

 

Cette émission est consacrée à la communication sur des évènements et des publications.

Christian Saint-Paul invite les auditeurs à se rendre le vendredi 10 juin 2011 à la Bourse du Travail à Toulouse à 19 h pour assister à une table ronde autour des luttes pour la démocratie et les libertés dans les pays arabes organisée par les amis d’Averroès de Toulouse et animée par le professeur J.F. SOULET.

Le 25 juin 2011 les toulousains et les visiteurs pourront savourer au « Quai de l’Exil Républicain  Espagnol » un concert de sardanes et les chansons occitanes et catalanes de notre ami poète chanteur Eric FRAJ et de Joan ISAAC.

Les éditions Bruno Doucey accomplissent un travail remarquable dans la diffusion de la poésie contemporaine. Elles ont publié en un an 126 poètes. Elles se lancent dans les éditions sonores « Sous la lime » en faisant paraître un CD comprenant 31 extraits de l’anthologie « Outremer – Trois océans en poésie » ; le titre du CD est « Poésies de terres marines – 31 voix de l’Outre-mer » à commander aux éditions Bruno Doucey  21,50 €. Lecture de poèmes de Jean MARIOTTI qui vit en Nouvelle Calédonie.

L’évènement éditorial du mois est sans hésitation la parution des n° 52/53 de la revue DIERESE qui rassemble des témoignages, des lectures, des dessins et des photographies autour du poète disparu en 1997 Thierry METZ. Daniel MARTINEZ directeur de la revue s’était expliqué sur cette réalisation qui manquait pour prolonger et entretenir l’œuvre marquante de ce poète fulgurant qui eut une vie pathétique qu’il interrompit au printemps de 1997. Un document indispensable à tous les amateurs de la poésie contemporaine qui fera date dans l’histoire de la poésie. Merci et bravo à Isabelle LEVESQUE et Daniel MARTINEZ d’avoir réalisé cette publication avec de grandes signatures de la littérature comme Christian BOBIN, Françoise HAN, Charles JULIET, Jacques BREMOND, Jacques ANCET. A commander à Diérèse revue poétique et littéraire Daniel MARTINEZ 8, avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière  15 € (abonnement 4 n° 38 €).

Saint-Paul signale également la parution du n° 107 de la revue FRICHES Cahiers de Poésie Verte qui fait découvrir 12 poèmes de GUILLEVIC suivis d’une approche par Bernard FOURNIER et un entretien avec Georges CATHALO de Claude VERCEY. Lecture d’un texte de VERCEY ; encore un excellent numéro riche de textes forts et de critiques.  Le n° 12 €, abonnement 3 n°  35€ à commander à FRICHES Le Gravier de Glandon  87500 Saint-Yrieix.

Michel COSEM qui ne compte plus ses publications fait paraître « Les Herbes de Safran » avec la reproduction d’une encre de Silvaine Arabo aux éditions de l’Atlantique (B.P.  70041 17102 Saintes Cedex) 87 p 18 €. C’est la traque du lieu qui est au centre de ce recueil qui rassemble beaucoup de textes écrits au cours des voyages du poète. Cette forme de « géographie poétique » prétexte à une invention du langage incessante nous emporte bien au-delà des lieux, que nous reconnaissons souvent, vers une réalité intérieure prophétique. Lecture d’extraits.

Enfin, l’actualité étant dirigée depuis quelques semaines sur la ville de New York, Saint-Paul propose un autre regard sur cette ville par la lecture de « Poèmes déjeuner » de Frank O’HARA paru aux éditions JOCA SERIA (www.jocaseria.fr110 p 15 €. L’auteur né en 1926 et mort prématurément à 40 ans est un des poètes américains majeurs du 20ème siècle méconnu en France. Ce recueil traduit en français pour la première fois a été publié en 1964, deux ans avant sa mort et a bouleversé le langage poétique américain. Lunch Poems est le recueil des sensations de Fank O’HARA qui parcourait la ville pendant ses pauses déjeuner. C’est donc New York, ville personnelle du poète, qui est mise en scène avec des adresses précises mais aussi les rêveries et les souvenirs de l’auteur. Une ville toujours en mouvement « à emporter » par la lecture de ce puissant livre.

 

 
  26/05/2011
 
 

 

Evelyne BOCQUILLON

 
 
 
 

Habib SHAKER

 

 
 

 

Voir video

de la mise en place de l’expo.

 

Christian Saint-Paul consacre cette émission à deux évènements dont le devoir des media est de porter à la connaissance du public le plus large possible. Le premier est la parution d’un numéro spécial « Thierry METZ » de la revue Diérèse, revue de poésie et littérature ( n°52/53 15 € à commander à Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière) ; le second est l’exposition « Autres Mondes » à Toulouse d’artistes français, suisses, belges, palestiniens et jordaniens dans le cadre de la journée mondiale UNESCO de la Diversité Culturelle. Ces deux évènements ont été annoncés dans la page d’accueil de ce site à laquelle nous vous invitons à vous reporter.

Daniel MARTINEZ, l’instigateur avec Isabelle LEVESQUE de ce n° sur Thierry METZ est joint au téléphone. Il explique la démarche et le travail qui a permis la réalisation de cet ouvrage qui fera désormais référence pour tous ceux qui sont attachés à cette œuvre singulière de la poésie contemporaine. Il rappelle le destin tragique de ce poète suicidé à 40 ans qui laisse une marque inimitable dans l’histoire de la poésie. Il évoque la main tendue de notre ami regretté Jean Cussat-Blanc qui dirigeait alors la revue « Résurrection » et qui sut aussitôt percevoir le génie du jeune poète qui l’interrogeait, et le mit en contact avec Jean Grosjean. Une chronique de Pierre KOBEL parue le 25 mai 2011 sur le site du journal « Le Monde » reprend cela :    

De Thierry Metz :

Il n'y a pas de poètes maudits. Maudits par qui ? Mais il y a des poètes méconnus et Thierry Metz est de ceux-là. La revue Diérèse et son maître d’œuvre, Daniel Martinez, viennent de lui consacrer un numéro riche et dense qui contribuera à le faire mieux connaître.

Thierry Metz est né le 10 juin 1956 à Paris. Adolescent il découvrira la poésie en autodidacte en achetant des livres chez Emmaüs. Il s'installe à 21 ans avec sa femme dans une maison, près d'Agen, le long de la nationale 113. Il alterne des périodes de travail en tant que manœuvre sur des chantiers de construction pour gagner sa vie, avec d'autres périodes qu'il consacre au chantier de l'écriture.

En 1978 il rend visite à Jean Cussat-Blanc, fondateur et animateur de la revue Résurrection, dont il avait entendu parler. Jean Cussat-Blanc mesure de suite la qualité exceptionnelle de cette écriture : « C'était pourtant une journée comme les autres. Un beau jour d'automne aquitain. Mais il se révéla unique, par la jeune, la plus inattendue — et qui est devenue la plus précieuse découverte d'une vieille vie. (…) Tu es venu, quelques poèmes dans la main. J'ai lu, immédiatement séduit. C'était des fleurs subites, qui perçaient des broussailles ; un caillou marqué d'incisives gemmes. L'empreinte évidente de l'artiste. » Il l'encouragera puis l'adressera à son ami Jean Grosjean et ce sera la publication du Journal d'un manœuvre.

Plus tôt il a obtenu le prix Foissart, a été publié par Jacques Brémond, mais au moment même de cette reconnaissance grandissante, son deuxième fils, Vincent, meurt écrasé sous ses yeux. De ce jour Thierry Metz ne se départira jamais d'un sentiment de culpabilité. Sentiment qui le conduira à l'alcoolisme puis au suicide. Il met fin à ses jours à l'hôpital de Cadillac le 16 avril 1997 à l'âge de 40 ans. Avec lui disparait une voix unique et irremplaçable.

C'est la richesse de cette personnalité et de cette œuvre que dans le numéro 52/53 de Diérèse, Daniel Martinez, avec la collaboration d’Isabelle Lévesque, met en exergue. Par la publication de correspondances, de témoignages, de textes hommages et de textes de Thierry Metz parmi lesquels on peut remarquer particulièrement les extraits d'un roman poétique Le grainetier paru dans Résurrection et d'un inédit de 1996 Carnet d'Orphée qui sera l'objet d'une lecture ce dimanche 29 mai 2011 sur le Marché de la Poésie, place Saint Sulpice à Paris.

Cette œuvre comprend une dizaine d'ouvrages, car il n'a jamais cessé d'écrire. Elle traduit l'acuité avec laquelle T. Metz savait rendre la réalité la plus simple, la plus quotidienne et comment, par un jeu très maîtrisé des correspondances, il savait l'élever à la hauteur d'une poésie lumineuse et cristalline. Peu furent ou sont poètes autant qu'il le fut. Blessé au plus vif de sa personne, il a continué à creuser les mots pour bâtir et tenter de témoigner. Françoise Morin-Bioy rappelle les mots de Jean Grosjean : « Il me semble que sa grandeur est d'avoir toujours été un peu perdu, tantôt avec entrain, tantôt avec lucidité, tantôt avec désolation. Personne sans doute ne pouvait y remédier. Les circonstances ne faisaient que le pousser dans ce qui aura été son sens. Il aura su en tirer des pages qui peuvent aider les autres. Il me semble que cela du moins il le savait et qu'il a toujours eu cette secrète consolation. »

Puisse le message de cet homme ne pas être seulement pour un cercle restreint, mais trouver l'échappée libre et participer de la parole essentielle pour tous qui est celle de la poésie.

Extrait d'un poème de Thierry Metz paru en 1998 dans la revue Possible imaginaire :

Une autre lecture commence
toujours une autre
avec deux mots :
ici : qui accueille
là-bas : qui raccompagne
Deux mots pour se déplacer.

* Vers d’Isabelle Lévesque

Bibliographie de Thierry METZ :

Sur la table inventée, Jacques Brémond, prix Voronca 1989
Dolmen, La demeure phréatique, Cahiers Froissard, prix Froissard 1989
Le Journal d'un manœuvre, Gallimard, l'Arpenteur, 1990
Entre l'eau et la feuille, Arfuyen, 1991
Lettres à la Bien Aimée, Gallimard, l'Arpenteur, 1995
Dans les branches, Opales, 1995
Le drap déplié, L'Arrière Pays, 1995
De l'un à l'autre, Jacques Brémond, 1996
L'homme qui penche, Opales/Pleine Page, 1997
Terre, Opales/Pleine Page, 1997
Dialogue avec Suso, Opales/Pleine Page, 1999
Sur un poème de Paul Celan, Jacques Brémond, 1999
L’Homme qui penche, nouvelle édition revue et augmentée, Pleine Page, 2008
Tout ce pourquoi est de sel, Pleine Page, 2008

Thierry METZ : une voix que nous ne pouvons oublier tant elle contient à elle seule toute l’angoisse indéfinissable de l’aventure de l’existence humaine ; et « Diérèse » 52/53 : un numéro qui fera date dans l’histoire de la poésie française, à se procurer sans attendre !

Christian Saint-Paul reçoit ensuite Mme Evelyne BOCQUILLON secrétaire de l’association « Pour l’Amour de l’Orient » et M. Habib SHAKER président de cette association qui fait partie des clubs de l’UNESCO. C’est « Pour l’Amour de l’Orient » qui a organisé une exposition exceptionnelle à Toulouse à la Maison des Associations (ancienne caserne Niel – métro ligne B Saint-Agne) qui réunit des artistes de très haut vol de nationalités différentes dans un élan fraternel qui sied à l’esprit de la culture occitane qui se définit comme la culture du partage. Cette exposition dont vous pouvez avoir un aperçu sur ce site à la page d’accueil (et plus tard à la rubrique « Evènements ») sera maintenue jusqu’au 30 juin à Toulouse, puis sera installée à Moissac dans le Tarn et Garonne, puis à Nice avant de rejoindre les centres culturels français des territoires palestiniens. C’est l’artiste suisse Nicole PFUND qui vit dans l’Aveyron qui a été le commissaire de cette exposition et qui a réussi à regrouper de tels artistes qui ont permis à leurs œuvres de voyager et de rayonner pour notre plus grand plaisir. Au-delà des querelles politiques, les hommes, les artistes s’estiment et fraternisent, conscients de ce que leur personnalité unique, si elle s’exprime dans la vérité de leur être, atteint toujours l’universel.

Lecture de poèmes de Mahmoud DARWICH extraits de «Rien qu’une autre année» et diffusion de morceaux de musique arabe.

Mme BOCQUILLON expose les activités et les projets de « Pour l’Amour de l’Orient », voyages en Palestine, en Jordanie, création d’une école à Ruseifa (Jordanie), projet d’assainissement de l’eau dans cette même ville avec la coopération de la ville de Moissac.

Une soirée poésie musique sera organisée le vendredi 24 juin 2011 autour de cette exposition à la Maison des Associations à Toulouse. En attendant une visite à cette exposition qui demeure ouverte jusqu’à 23 h s’impose !

 

 

 
  19/05/2011
 
 

 
Margo
 
OHAYON
 
 
 

 

 

Christian Saint-Paul reçoit Margo OHAYON écrivaine, poète qui vit à Figeac. Elle a publié une quinzaine de recueils ou de livres, et vient ce soir nous parler de son travail entrepris depuis plusieurs années sur les aphorismes. Ces poèmes aphorismes ont été publiés dans des revues comme VERSO ou INEDIT NOUVEAU et dans des recueils :

FILIGRANES, Babel Éditeur 1993  http://babel.editeur.free.fr

LES GLANEUSES, Ed L'Arbre à paroles, coll le buisson ardent 1993

http://maisondelapoesie.com

QUARK, Ed Clapàs (M; Chinonis), 1997 ; Rééd 2008  www.multimania.com/clapaspoesie

BRIBES, Babel-Éditeur, coll Quatre (I fragments) 2008

POUSSIERES, Ed Le Noeud des Miroirs 2009  http://noeuddesmiroirs.net

Elle s’explique avec précision sur sa démarche créative : l’aphorisme est une forme écrite qui perdure depuis des temps anciens dans de nombreuses disciplines : médecine (Hippocrate) philosophie (Nietzsche), poésie (Blake), spiritualité (Lao Tseu), religion (Bible), mystique (Bossuet), botanique (Linné) pour sa pensée concise dans une forme brève. Elle répond à une nécessité d'expression propre à certains esprits qui tendent à résumer par une concentration de matière écrite une pensée.

C’est une forme de pensée qui passe par l’écriture avec une grande exigence qui nécessite un vrai travail. Notre période contemporaine se satisfait pleinement de ces assertions poétiques brèves et pleines de sens. Mais ce genre a toujours mobilisé les génies de tous les temps. Il s’agit de transcrire de la façon la plus percutante possible la fulgurance d’une pensée forte. Cependant le poète dans cette quête va éprouver ce que Meschonnic  appelait le prophétisme car il entre dans le champ imprévisible de l’écriture qui révèle une vérité qui était cachée. Pour Margo l’aphorisme est aussi le lyrisme du dépouillement.

Lecture par Margo OHAYON d’aphorismes extraits du recueil « Poussières ».

Reprise de l’entretien avec Saint-Paul sur la notion de lieu que recèle l’aphorisme ; lieu de résonnance musicale mis en scène par le poète qui fait répondre un sens à un son. Pour Margo, le poète est « le jouet des providences ». « Chaque aphorisme est un pas, l’empreinte d’in pied sur le sable » conclut-elle.

Lecture d’aphorismes.

Effectivement deux recueils « Bribes » et « Poussières » à lire !

 
 

 
  12/05/2011
 
 

 
Eric DUBOIS
nom du photographe
© Frédéric Vignale

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Christian Saint-Paul invite les toulousains et tous ceux qui peuvent se rendre à Toulouse à contempler les expositions de BEN VAUTIER à l’espace Croix-Baragnon et à l’Ostal d’Occitania 11 rue Malcosinat à Toulouse. Les mots tiennent une place prépondérante dans cette rétrospective des créations de cet artiste qui défend les langues minoritaires en général et la langue d’Oc en particulier. 

   Bientôt une exposition « Autres Mondes » sera présentée à la Maison des Associations à Toulouse, ancienne caserne Niel, du 20 mai au 30 juin 2011, vernissage le vendredi étant fixé au 20 mai dès 18h. Cet évènement culturel exceptionnel s’inscrit dans le cadre de la Journée Mondiale UNESCO, de la Diversité Culturelle.  Elle est organisée par l’association « pour l’amour de l’orient », les clubs Unesco Midi-Pyrénées ; les peintres jordaniens qui seront exposés à côté d’artistes français recevront l’exposition en Jordanie et elle sera présentée en parallèle dans le réseau des Centres Culturels Français des Territoires Palestiniens, le 2eme semestre 2011. Une soirée de lecture de poésie et musicale sera organisée le 17 juin. Les peintres exposés sont consultables à notre page d’accueil ou à la rubrique « Evènements ». Radio Occitania en reparlera.

Comme cela avait été annoncé la semaine dernière l’émission est consacrée à Eric DUBOIS qui est un poète emblématique de la plus proche contemporanéité. Celui-ci est joint de Paris par téléphone. Né en 1966 à Paris, auteur, lecteur-récitant et performeur avec l’association Hélices et le Club-Poésie de Champigny-sur-Marne, il a fait paraître plusieurs recueils : « L’âme du peintre », « Catastrophe Intime », « Laboureurs », « Poussières de plaintes », « Robe de jour au bout du pavé », « Allée de la voûte », « Les mains de la lune » « Estuaires » (éditions Encres Vives 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers 6,10 € le recueil). Aux éditions électroniques Publie.net : « C’est encore l’hiver », aux éditions Le Manuscrit, entre autres « Le canal », « Récurrences », « Acrylic blues ». Il a collaboré à de nombreuses revues. Poète immergé dans la ville et dans la modernité, il est l’animateur de la revue « Le Capital des mots » et il fait vivre un blog : Les tribulations d’Eric Dubois :

http://www.ericdubois.fr ; http://ericdubois.over-blog.fr ; http://le-capital-des-mots.over-blog.fr

Eric DUBOIS explique sa démarche guidée par une passion précoce de l’expression poétique, qu’il a traquée sous diverses formes, celles de son époque dans laquelle il se complait, comme il se plait dans la ville qui lui offre des terrains privilégiés pour observer les hommes et le monde. Comme l’écrit Charles DOBZYNSKI dans la préface de « Entre gouffre et lumière » (L’Harmattan collection Accent tonique – Poésie 72 p 10,50 €)  « il y a chez Eric DUBOIS un singulier mélange d’égotisme et d’humilité ». « Tu es moi je / tuons le Moi » décide Eric DUBOIS qui développe les commentaires sur cette posture et son évolution qui l’amène à « Dire jeu / plutôt que je ». C’est en partant de soi, de l’intime, que l’on parvient à l’universel si l’observation est juste. Lectures par l’auteur de textes inédits ou non.

Un poète à suivre.                                                                                                                                                                                            



 
  5/05/2011
 
 



ZOUBERT Saïd
Alphée SEBAPO


Christian Saint-Paul annonce la parution du recueil de poèmes de Georges CATHALO « Au carrefour des errances » les Airelles éditeur 21 p 4 € dont  l’auteur lors d’une émission qui lui était consacré, avait lu quelques extraits. Une écriture simple raffinée et rigoureuse d’une lucidité sans faille qui ne laisse jamais la place au désespoir mais appelle à inventer ensemble l’avenir : « chacun de nous monstre fragile/  tourne assoiffé/  autour des puits taris/    après de si longues palabres/  il serait temps d’inventer/  ce qui permettrait de survivre. » Le regard est perçant mais la main toujours tendue vers l’autre. Une générosité constitutionnelle ! A lire sans attendre.

Saint-Paul signale la parution du n° 18 avril 2011 de la revue bimestrielle « Pages Insulaires » dont l’invité cette fois-ci est le poète belge André DOMS. Un sommaire de haut vol, des critiques une revue maintenant elle aussi incontournable. Abonnement 20€ : Jean-Michel BONGIRAUD 3 impasse du Poirier  39700 Rochefort-sur-Nenon.

Puis Saint-Paul revient sur la publication de deux anthologies, « Outremer Trois océans en poésie » aux éditions Bruno Doucey magnifique livre de 180 p 18 €, et « Anthologie de la poésie berbère traditionnelle » à L’Harmattan/INALCO 216 p 21,50 € qui sont des innovations éditoriales qui nous font connaître deux domaines de grande richesse culturelle. Lecture d’un extrait d’un poème d’Aimé CESAIRE.

En réalité, ces publications remarquables entraient de plain pied dans le thème de la soirée : la diversité et la mixité culturelle fraternelle. En effet, un festival de la mixité est organisé depuis 5 ans à Toulouse : FESTI’ COULEURS.  La finalité de cette manifestation éclectique rejoint celle de Radio Occitania et la vocation universelle de la culture occitane. Par ailleurs, l’émission « les poètes » ne cesse depuis 1 983 de faire connaître les poètes du monde entier et les talents qui ne rencontrent pas toujours l’auditoire qu’ils mériteraient. C’est précisément cette volonté de donner un plus large public aux artistes plutôt reconnus dans leur milieu propre qui anime l’ardeur de ce festival. C’est ce que révèlent deux organisateurs venus présenter leur programme : ZOUBERT Saïd qui est chargé de la lourde logistique et Alphée SEBAPO secrétaire général de l’association instigatrice de l’évènement.  Ils expliquent comment des acteurs culturels, essentiellement des musiciens, ont voulu faire partager leur art au plus grand nombre et sortir du confinement d’un public averti. Il ne peut y avoir de réussite en art, sans audace ; il fallait donc oser aller à la rencontre des autres, de tous les autres et leur donner à écouter ce qu’ils apprendraient certainement à aimer. C’est de cette volonté de partage qu’est né le premier festival : sortir de l’ignorance des divers mouvements musicaux, rejeter les préjugés culturels. Et tous les arts participent à cet élan. Cette année au Parc des Expositions à Toulouse, des dizaines de stands attireront le public dans tous les domaines. Les cuisines du monde entier seront servies aux gourmands, les enfants pourront danser, les autres plus âgés, écouter du slam, de la poésie. Le Hall 8 abritera aussi un podium comme à l’extérieur où les artistes pourront se replier en cas de mauvais temps. L’après-midi de 9 h à 19 h sera en entrée libre et les familles pourront y trouver un loisir pour tous les goûts. Le sport y tiendra sa place. Le soir à 20 h un spectacle ininterrompu débutera avec une panoplie impressionnante de DJ qui feront aimer leurs  rythmes, leurs sonorités originales qui se répondront tout le long de la nuit. L’entrée coûtera 12 € (10 € tarif réduit). Les deux organisateurs disent leur enthousiasme à réussir cette manifestation qui dépasse de très loin le simple spectacle, mais qui est l’affirmation d’une posture fondamentale de confronter les talents, les cultures, les genres, dans un esprit d’éveil et de fraternité. Et, l’an prochain c’est à Brazzaville que devrait s’exporter ce festival, les artistes toulousains allant se produire et se faire reconnaître là-bas, et ramenant dans leurs bagages les artistes du Congo qui, à leur tour, se produiront à Toulouse. Ce devrait être un bel échange !  L’entretien est entrecoupé de deux morceaux musicaux, un enregistrement des artistes du festival opéré par l’association AKE. Les toulousains et ceux qui peuvent se déplacer sont invités à ces moments de plaisir le samedi 7 mai au Parc des expositions  à partir de 11 h. Et la poésie sera bien sûr présente, Saint-Paul du reste étant programmé sur les podiums.

La semaine prochaine le poète Eric DUBOIS sera le sujet de l’émission et s’entretiendra avec Saint-Paul qui conclut par la lecture d’un poème de ce poète extrait de « Entre gouffre et lumière » publié à L’Harmattan (préface de Charles DOBZYNSKI 72 p 10,50 €).

 




 
  28/04/2011
 
 

Monique-Lise COHEN




Christian Saint-Paul exprime son émotion à la suite de l’attentat qui s’est produit ce jeudi 28 avril à Marrakech ; il a été averti à 15 h par son ami le poète Jean-Pierre CRESPEL qui, comme lui, aime ce lieu emblématique d’un Maroc paisible débordant de vie créatrice culturelle. Saint-Paul a une pensée pour les familiers du lieu, en particulier les serveurs du restaurant ARNAGA toujours souriants et volontiers facétieux. Il rappelle que Marrakech en arabe peut signifier « marche vite » et que cette ville marche vite vers un destin mythique. Lors du dernier séjour de Saint-Paul Abdellatif LAÂBI poète né à Fès en 1942 donnait un récital qu’il avait donné quelques semaines auparavant à Saint-Pierre des Cuisines à Toulouse. L’Instituto Cervantès également avait impressionné Saint-Paul par la richesse de sa bibliothèque et la diversité de ses activités. Une ville taillée pour la culture et la paix, abîmée par cet attentat place Jemaa el-Fna classée elle-même au patrimoine de la culture orale mondiale. L’émission « les poètes » présente à tous les poètes et artistes marocains et à tout le peuple de ce royaume en marche, ses sentiments d’affliction et de solidarité.

Des parutions reçues, en raison du temps qu’il veut consacrer à son invitée, Saint-Paul ne présente que les trois derniers numéros de la revue Encres Vives : 392 « NOCTURNES » de R. SAN GEROTEO poète qui écrit en français et en espagnol et qui traduit les poètes français en castillan (dont Meschonnic) ; 393 « LE PARAPLUIE ROUGE » de PATRICIO SANCHEZ poète chilien aussi bilingue ; 394 « TROP L’HIVER » d’ISABELLE LEVESQUE qui avait déjà publié dans la collection Encres Blanches à Encres Vives « La Reverdie » et « Ultime Amer » aux éditions Rafael de Surtis ainsi que « Terre ! » aux éditions de L’Atlantique, recueils d’une remarquable intensité poétique qui confirment la reconnaissance d’une voix singulière que l’on ne peut ignorer. Chaque n° de la revue Encres Vives 6,10 € et abonnement 34 € chèque à adresser 2, allée des Allobroges 31770 Colomiers.

L’émission est alors consacrée à l’invitée : Monique-Lise COHEN poète, essayiste, écrivaine et philosophe qui vient présenter son dernier livre : « Emmanuel Lévinas et Henri Meschonnic  Résonances prophétiques » paru aux éditions Orizons collection La main d’Athéna Philosophie 228 p 21 € bon de commande à la rubrique « Evènements ».

Emmanuel Lévinas et Henri Meschonnic, tout semble les séparer, et pourtant tous deux parlent de littérature, d’éthique et de Dieu. Ils se réfèrent chacun à une « tradition ininterrompue ». Emmanuel Lévinas : la lecture de la Bible à travers le talmud ; et Henri Meschonnic : la lecture de la Bible avec les te’amin. La Bible est leur source d’inspiration. Tous deux parlent et écrivent comme Juifs.

Ils renouent avec la «tradition ininterrompue » du prophétisme, par-delà la coupure

entre la foi et le savoir, dans l’écoute des prophètes des temps bibliques et des penseurs prophètes du Moyen Âge. Ecoute qui fait signe vers notre futur.  Dans la vision des voix, qu’appelle, sous notre main, la lecture toujours recommencée et renouvelée du texte de la Bible.

Monique-Lise COHEN brosse un portrait rapide des deux penseurs disparus. Emmanuel Lévinas né en 1905 en Lituanie s’exila en Russie puis en France et fit des études de philosophie qui l’amenèrent à suivre l’enseignement de Husserl et de Heidegger en Allemagne en 1928. Son œuvre se situe au carrefour de domaines de l’esprit très différents : la religion juive, la littérature russe, la phénoménologie allemande, la philosophie et la critique contemporaines. Ses écrits se voulaient « comme la sagesse de l’amour, au service de l’amour ».

Henri Meschonnic né à Paris en 1932, agrégé de lettres, professeur à l’Université de Vincennes et de Tel-Aviv a fait œuvre de linguiste, de traducteur, de philosophe et de poète. Il fût toute sa vie fidèle à sa doctrine exprimée dans ses ouvrages : « Pour la poétique ». Il fait partie du paysage littéraire toulousain car il se rendait souvent à Toulouse à l’occasion de conférences et du forum des langues créé par son ami occitan Claude SICRE.

Monique-Lise COHEN explique longuement ce qui rassemblait ces deux penseurs refusant le sacré « qui abolit la parole et laisse muet comme devant une idole ». Tous deux s’opposant au Réalisme développent une conception nominaliste de l’humanité. Meschonnic en 2003 donne à Toulouse une conférence sous le titre « L’humanité c’est de penser libre ». Chez Lévinas, il y a identité complète entre le Tiers et le prochain. Il associe « Prophétie et témoignage », la parole prophétique est parole de témoignage. Il « parle de l’autre dans le même ». Meschonnic, lui, à propos de la prophétie parle de « décentrement  transnarcissique ».

Monique-Lise COHEN explique aux auditeurs cette notion de « traditions ininterrompues » et des te’amin qui sont les accents conjonctifs et disjonctifs qui rythment le sens des textes de la Bible. La lecture prophétique de la Bible produit la collectivité. Il en résulte que l’existence des hommes les uns par rapport aux autres ne relève pas du contrat politique  mais d’une pratique de lecture écriture.

Monique-Lise COHEN démontre que le poète authentique est par essence dans l’écriture prophétique (à ne pas confondre avec le sens commun de divinatoire).

Lecture de quelques extraits du livre par l’auteure et conclusion de Saint-Paul qui lit un court extrait d’un dernier recueil de poèmes de Meschonnic : « Vivre poème » aux éditions Dumerchez.



 
  21/04/2011
 
 

Gilles LADES
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Christian Saint-Paul reçoit Gilles LADES, écrivain, critique et poète qui a fait paraître « Témoins de Fortune » à L’Arrière-Pays 88 pages 12 €.

Ce poète est bien connu maintenant des auditeurs car il ne manque pas de venir de son Quercy (Figeac) pour présenter chacune de ses nombreuses publications (voir émissions archivées).  Dans ce dernier recueil de 82 poèmes, jaillit un son, un souffle continu. L’auteur qui a depuis longtemps affirmé une maturité, franchit là un pas de plus dans le style, s’ancre encore davantage dans le langage. Mais le ton général du livre est celui d’une intimité austère et sereine.

Gilles LADES explique le titre : « Témoins de Fortune » parce que chaque poème est un témoin de fortune, fortune s’entendant au sens latin du terme, fortuna étant le destin et la chance. La poésie, affirme LADES, on l’écrit avec ce qui nous arrive, on fait avec ce qu’on a ; c’est le matériau, la matière première du poème. En même temps, chaque poème réussi est une fortune qu’on offre aux autres. C’est un legs. Mais le témoin est toujours, en poésie, un témoin énigmatique. Et le poème toujours un témoignage. En réalité, ces 82 poèmes sont des élégies. Ils véhiculent une nostalgie apaisée ; la mort en filigrane est proche aussi de la quiétude. Mais il n’est pas possible de « faire » un poème pour reprendre l’étymologie du mot poème, sans un objet, sans une réalité. Le poème est une implication dans la vie, dans l’Histoire qu’affectionne particulièrement Gilles LADES.  A propos d’un de ses textes qui fait référence au « malpas », ce passage dangereux de la rivière (La Dordogne), l’auteur souligne que le « malpas » existe aussi dans la vie, et que force est de l’affronter.

Lecture de l’auteur et de Saint-Paul d’extraits du recueil.

Un livre qui autorise un peu plus à découvrir cet auteur aussi passionné et prolixe que pudique ; comme l’écrit Francis CHENOT dans la revue n° 150 « L’Arbre à paroles » un livre où « la mémoire se renoue ».  





 
  24/03/2011
 
 

Jean-Pierre SIMEON



Georges CATHALO Michel BAGLIN






Christian Saint-Paul ne présente qu’une publication cette semaine car il veut consacrer la durée de l’émission à ses invités ; c’est l’ANTHOLOGIE DE LA POESIE BERBERE TRADITIONNELLE  réalisée par Abdellah BOUNFOUR et Amar AMEZIANE avec la participation de Mustapha EL ADAK  publiée à L’Harmattan/INALCO dans la collection Bibliothèque des Etudes Africaines 216 pages 21,50 € qu’il choisit. La poésie berbère est un « océan incommensurable » disent les poètes chleuhs. C’est dans cet océan qu’ont été puisées « quelques bribes » qui constituent un ensemble vaste où le lecteur est accompagné dans sa découverte par des notes pédagogiques qui le familiarisent avec cet univers au genre poétique varié. Toulouse accueille cette culture berbère présente dans la ville et que fait connaître notamment Claude SICRE. Cette anthologie est la bienvenue car elle permet une initiation à un univers poétique remarquable.

Saint-Paul reçoit Jean-Pierre SIMEON directeur artistique du Printemps des poètes qu’accompagnent Georges CATHALO et Michel BAGLIN. C’est le poète SIMEON qui passionne ce soir les participants à cette émission mais on ne peut que féliciter aussi le directeur du Printemps des poètes auquel on doit un grand succès qui irradie la création poétique. Donc, l’entretien après l’évocation d’une lettre d’Armel GUERNE de 1973 à Dom Claude JEAN-NESMY dont Saint-Paul lit un extrait : « La vérité que j’expérimente péniblement, parfois, c’est qu’un poème ne commence en réalité qu’avec le lecteur, pas du tout avec le poète qui n’est là que pour transmettre. Un poème écrit, fût-il le plus beau du monde, n’est rien de rien tant qu’il n’est pas aimé par d’autres ; il ne commence à exister qu’à partir du moment où il entre dans la chaleur d’un cœur et sourdement habite son silence. Tout son mystère est là. », porte sur la nécessité de la diffusion de la poésie qui n’a de sens que dans le partage. CATHALO lit un extrait de « Aïe un poète » publié au Seuil en 2003. Jean-Pierre SIMEON lit ses poèmes en particulier un long extrait de « Lettre à la femme aimée au sujet de la mort ». Les lectures alternent avec des échanges de réflexions sur la poésie avec BAGLIN et CATHALO. Puis comme pour réparer un oubli et pour bien situer aux auditeurs la personnalité littéraire de Jean-Pierre SIMEON, CATHALO résume un parcours prestigieux dont la finalité a toujours été orientée vers l’autre, l’alter-ego poète ou lecteur. Car la démarche de SIMEON, on le comprend bien est avant tout une quête humaniste vers la fraternité humaine, la poésie étant le révélateur de cette force formidable qu’est la vie.  

CATHALO rappelle ainsi que Jean-Pierre SIMEON poète, romancier, dramaturge, critique, est né en 1950 à Paris. Professeur agrégé de Lettres Modernes, il a longtemps enseigné à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Clermont-Ferrand, la ville où il réside.
Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie, de romans, de livres pour la jeunesse, et de dix pièces de théâtre.  Il a fondé avec Christian Schiaretti le festival Les Langagières à la Comédie de Reims, et est désormais poète associé au TNP de Villeurbanne.
Il a créé en 1986 La Semaine de la poésie à Clermont-Ferrand.
Il a été membre de la commission poésie du CNL et a collaboré comme critique littéraire et dramatique à l’Humanité.
Il a été conseiller à la Mission pour l'Art et la Culture du Ministère de l'éducation nationale.
Il participe aux comités de rédaction de plusieurs revues et dirige avec
Jean-Marie Barnaud la collection «Grands Fonds» à Cheyne Editeur.
Il est directeur artistique du Printemps des poètes depuis avril 2001.
Ses derniers textes,
Philoctète et le Testament de Vanda ont été joués au mois d'octobre 2009, respectivement à l'Odéon-Théâtre de l'Europe, dans une mise en scène de Christian Schiaretti, avec Laurent Terzieff et au Théâtre du Vieux-Colombier, avec Sylvia Bergé dans une mise en scène de Julie Brochen.

Il publie chez Cheyne éditeur depuis plus de vingt ans tous ses recueils de poésie. Son œuvre poétique lui a valu le prix Théophile Briant en 1978, le prix Maurice Scève en 1981, le Prix Antonin Artaud en 1984, le prix Guillaume Apollinaire en 1994 et le grand prix du Mont Saint-Michel pour l’ensemble de son œuvre en 1998. Il a reçu en 2006 le prix Max Jacob pour son recueil Lettre à la femme aimée au sujet de la mort.

Après ce rappel, SIMEON lit ses poèmes et évoque la figure emblématique d’Andrée CHEDID qui était en exergue pour le printemps des poètes 2010. Saint-Paul cite alors un vers de Joë BOUSQUET « Chacun est l’errant, et il est la Terre Promise » auquel répond en le complétant un vers d’un poème d’Andrée CHEDID « Nous sommes le jardin ». L’émission se clôt sur une note d’enthousiasme qui est le sentiment qui a dominé toutes les interventions de SIMEON qui pourrait reprendre à son compte cette phrase de Victor HUGO : « J’ai une foi féroce en l’avenir et je sais incroyablement qui je suis ».



 
  24/03/2011


 

MANIJEH NOURI



ALEM SURRE-GARCIA




 

   

Christian Saint-Paul signale aux auditeurs, parmi toutes les publications reçues et dont il parlera dans les émissions suivantes : la parution du n°149 de DECHARGE  Revue poésie aux couvertures resplendissantes de Claudine GOUX, qui s’ouvre sur une chronique du tunisien Slaheddine  HADDAD « Quel que soit l’endroit où je me trouverai, je sais que ma révolution continuera son chemin et je n’oublie pas de sourire », se poursuit avec un dialogue Antoine EMAZ Jacques MORIN, fait la part belle à la poésie de Christian BULTING, Charles PENNEQUIN, Jean-François DUBOIS, Mahrou M. FAR, Roza DOMASCYNA, Michel BOURCON, regroupe des critiques et des réflexions sur l’édition de la poésie, mettant en exergue dans ce n° l’éditeur La Part Commune www.lapartcommune.com   , bref une revue incontournable pour quiconque s’intéresse à la poésie contemporaine. Le n° 6 € (pour 128 pages !) abonnement  2011 22 € chèque à l’ordre des Palefreniers du Rêve à adresser à Jacques MORIN 4, rue de la Boucherie, 89240 Egleny.

La revue MILTIPLES  fait paraître aussi son n° 78 – DECOUVERTE – 17 dont Lise Debelroute a assuré la 1ère de couverture avec une de ses acryliques et qui publie des textes de neuf poètes dont Monique SAINT-JULIA qui était venue présenter ses recueils dans nos studios en 2010 ; parmi les critiques de livres celle de celui de Gilles LADES  « Témoins de Fortune » qui fera l’objet très prochainement d’une émission. Un très veau numéro réalisé avec tous les soins qui caractérisent le sérieux d’Henri HEURTEBISE ; le n° 15 €, 100 pages, abonnement 36 € à adresser à Henri HEURTEBISE 9, chemin du Lançon 31410 Longages.

La revue L’Arbre à paroles dans son n° 150 « MES TEMPES SI CHOSES » dont le thème savoureux est la métempsychose publie également une critique du recueil de Gilles LADES « Témoins de Fortune » (L’Arrière-Pays éditeur) signé Francis CHENOT ; une revue fidèle à sa notoriété très agréable par son format et la richesse des textes 7,50 € le n° (98 pages) abonnement 25 € Maison de la poésie d’Amay B.P. 12   4540 AMAY Belgique.

La revue « Pages Insulaires » dans son n° 17 reprend, entre autres, un thème cher aux acteurs toulousains de la culture, qu’ils veulent rapprocher de la science, celui de la Science et de la Poésie ; une revue d’une grande densité dans son format A 4 comme Encres Vives, qui réunit poèmes, chroniques et critiques. La couverture est de Salvatore Gucciardo et c’est le poète Jean-Michel BONGIRAUD auquel il va être  prochainement consacrée  une émission, qui dirige cette publication de grande qualité où l’on retrouve des noms connus et aimés. (le n° 5 € 28 pages, abonnement 20 € Pages Insulaires 3 impasse du Poirier 39700 Rochefort-sur-Nenon).

Le poète Jacques CANUT a adressé deux recueils « Volutes » Carnets confidentiels -33 et Indomptables Paroles en bilingue français espagnol aux éditions espagnoles CALAMO. Vous pouvez vous procurer ces recueils dont l’émission « les poètes » reparlera, chez Jacques CANUT 19 allée Lagarrasic 32000 AUCH (prix non indiqués).

Enfin Saint-Paul avant de donner la parole à ses invités attire l’attention des auditeurs sur la publication de « Douze poèmes de Saudade » bilingue portugais-français de Fernando CABRITA traduit et préfacé par François-Luis BLANC (65 pages, 10,5 € L’Harmattan éditeur www.librairieharmattan.com   ) Lecture d’un poème : « Il y eut un temps où ». Ce poète du sud du Portugal suscite l’émotion qui fait la force des fados, cette Saudade née de mots simples et d’un lyrisme sobre et nostalgique. Cette poésie est à écouter, c’est pourquoi une émission prochaine sera consacrée à cet auteur pour la première fois traduit en français.

C’est précisément un poète portugais Joaquim Frederico de Brito qui est mis en musique par Ferrer Trindade que chante avec génie Muriel BATBIE CASTELL dans son dernier CD Canta a capella (voir bon de commande sur ce site, page d’accueil ou Parutions). On écoute Cançao do mar.

Dans le cadre du 13ème Printemps des poètes, Christian Saint-Paul reçoit Manijeh NOURI et Alem SURRE-GARCIA venus présenter le récital poétique européen qui sera donné à Toulouse au Théâtre Daniel Sorano le mardi 29 mars 2011 à 20 h (entrée libre). Sous la thématique « D’infinis paysages », un groupe d’acteurs culturels européens de Toulouse : Goethe-Institut, Instituto Cervantes, Centre Régional des Lettres Midi-Ptrénées, librairie Ombres Blanches, Cercle Franco-hellénique de Toulouse, revue italienne Radici, Consulat du Portugal, Convergéncia Occitania, La Semaine Polonaise et Instituto Camöes, se réunit pour célébrer le 13ème « Printemps des Poètes ». Ce récital poétique plurilingue parcourt la variété et la diversité de la poésie et des langues européennes. Mathieu POUGET de la compagnie Les Anachroniques a réalisé la mise en scène et l’accompagnement musical sera assuré par les élèves du Conservatoire de Musique de Toulouse avec Clément LANFRANCHI au piano, Alexandre GOUGEROUX au violoncelle, Violaine DESPEYROUX à l’alto et Clément LIBES au violon.                                                                            Manijeh NOURI explique la genèse de cet évènement pendant lequel les langues vont fraterniser pour le plus grand bonheur de la poésie. Les auteurs choisis pour ce récital illustrent au plus haut niveau la poésie de chaque pays. Le seul auteur présent qui récitera son texte est le poète occitan Alem SURRE-GARCIA. Il lit en Oc puis en français « Prière de la défunte pour la dispersion de ses cendres » poème qui a effectivement été lu lors de la dispersion des cendres de Françoise, sa compagne. Sans rompre l’intensité dramatique née de ce poème sublime, Manijeh NOURI lit sa traduction en persan. On écoute ensuite un morceau musical du groupe oriental NOUR.  C’est Miguel de Unamuno philosophe et poète espagnol qui est lu par Alem SURRE-GARCIA dans sa langue castillane (« Castilla » Castille) puis en français par Saint-Paul qui lit également un texte de Philippe Jaccottet « Lettre du vingt six juin ». Le panorama des poètes qui seront au programme de cette soirée exceptionnelle est passé en revue : outre les poètes cités ce sont CAVAFY, GUCCINI, MILOSZ, TORGA. Une musique persane se fraie un passage entre la lecture des textes et l’entretien. Une soirée de poésie dans cette « joie pure » qu’affectionnait Simone Weil attend les toulousains et ceux qui pourront faire le déplacement au théâtre Daniel Sorano à Toulouse, allée Jules Guesde le mardi 29 mars 2011 à 20 h. Voir doc.

 

 
  17/03/2011
 

 
Jean-Pierre

 CRESPEL

 

 

 

La revue Encres Vives (2 allée des Allobroges 31770 Colomiers abonnement 12 volumes/an 34 €, chaque volume 6,10 €) a consacré son n° 390 à un recueil de Jean JOUBERT « Retournement de la parole » et le 391 à Régine HA-MINH-TU « La Morsure ». Et Michel COSEM publie dans la collection Lieu des éditions Encres Vives « Terres Rouges et Colombes » poèmes sur le Sud Marocain (6,10 €). Ces trois recueils sont à lire sans attendre, l’émission « les poètes » en parlera prochainement.

En préambule de l’émission, Christian Saint-Paul invite les auditeurs à aller voir l’exposition « Poésie et esthétique  autour de Joë Bousquet, René Nelli, Charles-Pierre Bru, Gaston Puel » à la Maison des Mémoires – Maison Joë Bousquet, 53, rue de Verdun à Carcassonne ( du mardi au samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h). René Piniès qui dirige le Centre Joë Bousquet et son Temps a conçu une exposition qui rassemble au sein de treize vitrines des objets « primitifs », peintures, ouvrages, revues, poèmes. Sur les murs, des œuvres de Max ERNST, Denise BELLON, Adrien DAX, Charles-Pierre BRU, André BLONDEL… Cette exposition sera close le 7 mai 2011.

Joë BOUSQUET fût précisément le sujet de mémoire de maîtrise de philosophie choisi par l’invité de la soirée, le poète Jean-Pierre CRESPEL venu de Paris pour fêter « Le Printemps des Poètes ». Cet auteur, maintenant familier de l’émission, a publié une trentaine de recueils, des livres d’artiste et est membre fondateur du comité de rédaction de la revue LEVANT cahiers de l’espace méditerranéen. Les éditions Encres Vives ont publié plusieurs de ses recueils dont l’émission « les poètes » a rendu compte. Cet auteur né à Paris, d’origine malouine par sa mère, a toujours gardé ses racines océaniques. Il s’ancre au fil des années à une sensibilité méditerranéenne. Il a publié de nombreux recueils chez Encres vives, Klanba éditions et a travaillé avec Erik Bersou qui a réalisé autour de certains poèmes des livres d’artiste.

Ce fervent  de poésie depuis les années soixante (il publie son premier recueil Pupilles en proue en 1964), vient aujourd’hui, présenter son dernier livre  « L’Œil du Temps » éditeur La Feuille de thé 150 p 20 €

La Feuille de thé

Les Puces gourmandes

14340 Beaufour-Druval

Tél. 02 31 65 12 91

[email protected]

 L’Œil du temps est un recueil constitué de 8 longs poèmes, hymne au voyage, à la mer, au soleil méditerranéen, à la lumière, à l’antiquité grecque d’une facture très influencée par Saint John Perse. Les derniers poèmes ont déjà été publiés dans des revues. Cette poésie a du souffle et du sens. « Temporanea » et « Le chant des isthmes » qui occupent presque la moitié du livre ont déjà fait l’objet d’émissions et de lecture lors d’émissions précédentes. Saint-Paul lit donc in-extenso « Dans la demeure d’Hestia » élégie en hommage à la mère de l’auteur. Il poursuit par « Imprimature » (Terre d’Ombre brûlée) cette couleur qui est au centre de toutes les allégories du poème. Puis il lit le « Parfum de la rose blanche » où la figure de Dante hante les brumes de Venise. Jean-Pierre CRESPEL enchaîne alors sur un texte écrit en écho à « La Rose de Personne » de Michel ECKHARD-ELIAL sur le vers énigmatique de Paul CELAN. Et CRESPEL termine sur la lecture de « Mezzanine » et sur le grand canal de Venise « au décroit d’une lune byzantine/ sarrazine et gothique » symbole de la convergence des trois rives de la Méditerranée.

Un beau livre !

 

 

 

 

 
  10/03/2011
 

 
Jean-Pierre LASSALLE
 


Le 6 janvier 2011 à Toulouse au Capitole, salle des Illustres eut lieu pour la première fois en ce lieu prestigieux, la « Commémoration des Libertés Communales », en oc : « Commemoracion de las Libertas Comunalas ». A cette occasion et en présence du Député Maire de la Ville Pierre COHEN et du président de la Convergence Occitane Jean-François LAFFONT, la soprano Muriel BATBIE CASTELL chanta a capella deux strophes d’un poème du troubadour Peire VIDAL (12ème siècle) : « Quand om es en autrui poder » (Quand un homme est au pouvoir d’autrui). C’est ce morceau extrait du CD de Muriel BATBIE CASTELL (voir bon de commande sur ce même site) que l’on écoute en préambule de l’émission.

Un mot d’hommage est ensuite prononcé pour Andrée CHEDID récemment disparue.

Christian Saint-Paul accueille Jean-Pierre LASSALLE professeur honoraire de l’Université, écrivain, biographe, poète, Mainteneur de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, plus vieille académie de France. Ce spécialiste de Maynard, de Vigny (voir émission en 2010), et de Lautréamont a publié des poèmes dans différentes revues et qui ont été rassemblés pour la plupart dans quatre recueils : « La Fuite Ecarlate » « Poèmes Presques suivis de La Grande Climatérique »  « L’Ecart Issolud suivi d’Agalmata »  « Les Petites Seymour » et qui ont fait l’objet d’une émission en 2010. Cette fois-ci c’est d’un article paru en mars 2009 dans la revue « Histoires littéraires » qui est consacrée à la littérature française des 19ème et 20ème siècles, que vient nous parler Lassalle : « Ma correspondance avec André Breton ».

Breton (1896 – 1966) a émis la volonté de ne publier sa correspondance que 50 ans après sa mort. Elle n’apparaîtra donc qu’en 2016 et fera l’objet alors d’une épaisse publication. En attendant, Jean-Pierre LASSALLE a été confrontée à cette difficulté et dans son article n’a pu insérer que des extraits de sa correspondance avec Breton. Celle-ci débute un peu avant 1959 année où Lassale rejoignit le mouvement surréaliste dans lequel il demeura jusqu’à la mort de Breton en 1966. En 1959, Jean-Pierre LASSALLE est un jeune étudiant à Paris qui rencontre Breton choqué par la disparition cette même année de Benjamin PERET, Wolfgang PAALEN et  Jean-Pierre DUPREY ces deux derniers s’étant suicidés. Le 17 février 1959, salle du Sénéchal à Toulouse, LASSALE avait donné une conférence sur le Surréalisme après avoir fondé le Cercle d’Etudes Surréalistes. Dès le 1er décembre 1959 une lettre de Lassalle à Breton est publiée en partie dans une revue : Bief-jonction surréaliste n° 9 ; cela parle de cristaux, des monnaies, de l’antimatière et du mythe des Grands Transparents. Ces trois thèmes sont développés et expliqués lors de cet entretien à l’antenne avec Saint-Paul. Puis Lassalle révèle que Breton détestait Rabelais et que les truculences, les mots familiers étaient bannis. En 1962 Lassalle publia quelques textes dans « Le Grand Patagon » qui valurent la désapprobation de Breton pour cela. Ainsi ces textes repris dans le recueil « Poèmes Presques » furent expurgés de leur trivialité. Breton et Lassalle partageaient la même passion pour les monnaies, la collection de Lassalle étant romaine et celle de Breton gauloise. C’est le Saint-Simonisme et Fourier auxquels s’intéressait beaucoup Breton qui sont abordés et commentés par Lassalle. Puis, partant d’une phrase d’Alain JOUFFROY ami de Lassalle : « Le génie d’André BRETON consiste à avoir su donner au premier jet l’autorité d’un mot d’ordre auquel nul poète ne saurait se dérober sans perdre toutes ses chances », c’est la démarche de l’écriture automatique qui est analysée. Par extension, l’œuvre de BRETON est rappelée. « Les Vases communicants » voulaient changer politiquement le monde, laisser libre cours au désir comme son « Ode à Charles Fourier ». Ces ouvrages seront suivis d’une trilogie de récits : 1 « Nadja » où s’expriment « les faits glissades », quête d’identité et où Breton affirme « La beauté sera Convulsive ou ne sera pas ».  2 « L’Amour fou » dans lequel la beauté devient « magique-circonstancielle » ; c’est une illumination amoureuse et universelle au sommet du volcan le Téide aux Canaries. 3 « Arcane 17 » inspiré de l’amour pour Elisa la nouvelle femme de Breton ; c’est le mythe d’Osiris, l’éternelle renaissance de la femme-univers et de la liberté dans le monde ; c’est la victoire sur l’opacité et le figement.

LASSALLE raconte ensuite que BRETON lui a donné procuration pour faire l’inventaire de la succession de Benjamin PERET qui avait un fils brésilien auquel il donna comme prénom à défaut de Déserteur refusé par l’officier d’Etat Civil, Geyser.

L’auteur explique qu’en 1960 il participa à un happening avant l’époque au Désert de Retz avec le groupe surréaliste portant un masque blanc uniforme et photographié par Roger Van Hecke, un aventurier artiste qui épousa une japonaise : Misaé.

La survivance des mœurs littéraires du 19ème siècle était étonnante à cette époque qui ne dédaignait pas les salons littéraires. LASSALLE se rendit donc chez Mme Joyce MANSOUR pour l’ « Exécution du Testament du Marquis de Sade ».

La dédicace de BRETON du livre « NADJA » à LASSALLE est elle-même un court poème : « A Jean-Pierre Lassalle qui sait caresser l’oiseau dans la pierre, capter le soleil ou la lune d’une monnaie, son ami André Breton ». L’émission s’achevant avant que tout l’article de LASSALE sur sa correspondance avec BRETON soit évoqué, Saint-Paul lit ce vers splendide de BRETON qui termine une lettre et qui fait allusion à la naissance en 1962 d’Isabelle la fille aînée de LASSALLE : « Je lève un verre de pure lumière à la grâce et à la gloire de la belle petite Isabelle ».

C’est un entretien riche et dépassant le côté anecdotique révélateur des mentalités des poètes qui ont fait l’histoire littéraire que cet artiste pédagogue et orateur qu’est Jean-Pierre LASSALLE a donné à écouter pour le plus grand plaisir des auditeurs.



 
  03/03/2011
 

 
Georges CATHALO
 


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Christian Saint-Paul débute l’émission par un hommage à la chanteuse mythique Rosina de PEIRA dont c’est ce jeudi 3 mars, l’anniversaire. On écoute « Au temps de las castanhas » (au temps des châtaignes).

Georges CATHALO le poète et critique est venu de son Lauragais voisin prêter main forte à Saint-Paul pour consacrer l’émission à une figure marquante de la poésie contemporaine : Jacques MORIN. Cathalo qui est passé maître en l’art d’aller tout droit à l’essentiel, en dresse un portrait rapide mais fidèle. Né en 1950, passionné très jeune par la poésie, il expérimente la difficulté de faire connaître sa création et dénonce précocement l’édition à compte d’auteur. Cela l’amène à créer sa propre revue « Le Désespoir précisément » puis « Le Crayon Noir » et enfin « Décharge ». http://www.dechargelarevue.com  Depuis 40 ans, Jacques MORIN devenu JACMO dans « Décharge » déploie une activité éditoriale intense qui l’a amené à publier plus d’un millier d’auteurs à ce jour. Sa revue est aujourd’hui une revue de référence où tous les noms de la poésie contemporaine se sont retrouvés et où le lecteur de poésie puise les informations sur les publications récentes. En effet, « Décharge » fait, en sus des textes de poètes reconnus ou à reconnaître, une large place à des chroniques et à des critiques. Une mine de renseignements pour tout amateur de poésie. Le « revuiste » comme souvent,  a caché le poète sobre, d’une extrême profondeur sombre parfois, comme dans ce recueil « Jusqu’à l’âme » repris dans « Contrefeuilles », en prise directe avec le monde d’aujourd’hui, incisif et direct mais toujours fraternel avec ceux qui ne sont pas des faiseurs. C’est cette voix que veut faire entendre Saint-Paul ce soir, et avec Cathalo ils alternent la lecture de textes de Jacques MORIN ; ce dernier, joint par téléphone de Paris, commente avec cet enthousiasme prolixe qui l’habite, les conclusions du critique Cathalo sur son œuvre, ou les extraits des recueils qu’il écoute. Il se dégage de cet entretien nourri, une grande humanité incarnée par la personnalité altruiste naturelle de Jacques MORIN. Tous s’accordent sur la phrase de Saint-Exupéry : « Le créateur ou le poète, n’est point celui qui invente ou démontre, mais celui qui fait devenir » ; la pratique de la poésie a fait « devenir » ce qu’il est, Jacques MORIN, un créateur de son temps, agrippé à son époque pour la vivre et la faire vivre en « devenir » poétique. Son dernier livre écrit à la demande d’Alain KEWES qui lui a carrément passé commande « La poésie de A à Z (selon Jacmo) » (Rhubarbe éditeur) est d’une originalité jubilatoire. Sous forme d’un lexique de courts articles, Jacmo recense une bonne partie de ce qui compte ou a compté dans sa vie. Il termine par une petite anthologie de 33 auteurs qui l’accompagnent parmi lesquels figure CATHALO. Lecture d’extraits de ce livre, de « Contrefeuilles » (Gros Textes éditeur) et de « Le faire-valoir du silence » (Le dé bleu éditeur).

Enfin, gagné par le temps Saint-Paul annonce qu’il a reçu beaucoup de recueils dont il parlera lors des prochaines émissions, mais qu’il tenait à signaler d’ores et déjà les 2 publications attendues d’Isabelle LEVESQUE : « TERRE ! » aux éditions de L’Atlantique et « ULTIME AMER » aux éditions Rafaël de Surtis. Une émission spéciale sera consacrée à ces deux ouvrages à lire sans attendre.

la revue DÉCHARGE, 4 n° (mars, juin, septembre, décembre 2011) : 22 €

les recueils Polder, 4 livrets : 20 €

Abonnement 2011 complet (Décharge et Polder) : 42 €

(étranger + 2 €)

chèque à l'ordre des Palefreniers du Rêve

CCP 563252 U Dijon

à adresser à :

Décharge, 4 rue de la Boucherie 89240 ÉGLENY.



 
  24/02/2011
 
 
Béatrice DAËL CASTAN
 
Paule VERN CAYSSIAL
 


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Christian Saint-Paul reçoit Béatrice DAËL CASTAN directrice des éditions COCAGNE fondées au début des années 80 par Félix-Marcel CASTAN. Elle vient rendre compte d’une reprise d’activité de ces éditions qui publient l’œuvre de CASTAN telle qu’il l’aurait souhaité. Un premier volume est disponible : Epos Ethos qui reprend les poèmes en oc de Castan. Très beau livre dont la couverture est due à Jean-Paul Vergonzanne (167 p 30 €). Lecture par Cédric, directeur des programmes à Radio Occitania d’un long poème en oc de Castan extrait de la partie « M » dédié à sa première épouse Marcèla. L’éditrice évoque la genèse de ce livre de poèmes dont certains étaient inédits et qui constituent une épopée, genre qui était familier à Félix CASTAN qui toute sa vie n’a cessé de porter cette épopée dans tous les domaines de l’esprit qu’il investiguait : arts plastiques, le Baroque, le théâtre, la littérature, la philosophie, la poésie, la confrontation des langues, la politique culturelle dans sa plénitude. « Une épopée/  Pour entrer dans le 21ème siècle / Avec l’amitié des compagnons de la première heure/ » écrit Castan qui fût si entouré toute sa vie. Les troubadours enfin déchiffrés dans leur véritable posture par René Nelli ont compté parmi les révélations de Castan qui est lui aussi un décrypteur et forcément un théoricien de la culture occitane. Béatrice Daël Castan lit un extrait d’une émission de Laure ADLER « Hors champs » sur France Culture  avec Bernard LUBAT du 9 février 2011 reprenant les propos de Castan sur les Troubadours. Cet extrait sera bientôt en ligne sur ce site.

Revenant aux éditions Cocagne, Béatrice Dahel Castan présente l’auteure qui l’a accompagnée pour cette émission : Paule VERN CAYSSIAL qui publie « Le sentiment de soi ou l’accomplissement »  (Voir rubrique « Evènements » au 14/01/2011). A la maturité d’une vie bien employée l’auteure,  par ailleurs peintre qui exposait à la Mostra du Larzac dirigée par Castan, a la révélation insoupçonnée d’un lien de sérénité entre la pratique de la sophrologie et la langue d’oc. Elle explique cette coïncidence de résultat dans ce livre où se succèdent des personnages emblématiques.

Les éditions Cocagne poursuivent leurs activités et publient également la suite de l’œuvre d’Olympe de GOUGES, « Occitanisme pédagogique » de Félix-Marcel CASTAN et créent une collection de poésie « cousu de fil blanc ».

Editions COCAGNE 30 rue de la Banque 82000 MONTAUBAN 

www.cocagne-editions.org

 
 
 
 
 
 
 
 

 
  17/02/2011


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Christian Saint-Paul a demandé à Monique-Lise COHEN philosophe, écrivain, essayiste et poète de venir présenter la dernière publication de l’écrivain et éditeur Daniel COHEN. Voici déjà dix ans que Jacques DERRIDA,

Jean-Pierre FAYE, Elisabeth BADINTER, Jad HATEM et bien d’autres personnalités littéraires disaient leur estime pour les livres de Daniel COHEN : D’Humaines conciliations et Lettre à une amie allemande.  Après la parution de Psoas et de Où les traces… Jad Hatem offrit à cette œuvre un ouvrage dense : La femme nodale : le philosophe y associe Daniel COHEN et Thomas MANN. Les articles de fond, dans des revues affluèrent. L’œuvre suscitait des cours à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, des commentaires aux USA, en Allemagne, à Rome, à Montréal. Daniel COHEN a refondu entièrement cette œuvre sous le titre  Eaux dérobées en un seul volume de 1500 pages (Orizons éditeur 25 €). Daniel COHEN,à Paris, est joint au téléphone. Il s’explique longuement sur la genèse de cette œuvre.

Eaux dérobées, pour l’origine des mots, étranges et poétiques, ont une source : le livre des Proverbes. Le détournement irrigue un travail, sans plan concerté ; l’autofiction, le roman, la traversée de soi et un ensemble de mémoires : une biographie intellectuelle dont l’Allemagne est le profond, le sombre bois, et, par ses immenses auteurs, l’illumination créatrice.

D’Humaines conciliations ne se comprendrait pas sans le lien charnel qui l’unit à Psoas ;

Un Saharien en son dire allemand, anciennement Lettre à une amie allemande intégralement récrite et doublée en volume, n’aurait aucun sens sans l’écriture dudit roman, et Où tes traces… prend la mesure de cette unité à la lumière d’un deuil qui réactive les autres.

La mère du narrateur dans Psoas, Commandeur mystique, a pour alter-ego lunaire et

glacé, Nafala, à Prague, dans D’Humaines conciliations ; elle se fond ensuite, à travers une veillée du fils, dans l’ouragan d’une Allemagne meurtrière et c’est Un Saharien en son dire allemand ; elle réapparaît, en filigrane, fantôme inapaisé, quand un homme fertilise Où tes traces

Cette écriture ne se compte plus en durée : le commencement date formellement de 1982 mais l’auteur y réfléchissait et préparait les premiers brouillons au milieu des années 1970 ; la fin déborde l’été de 2010. C’est dire que ce volume, trois fois décennal, est pratiquement celui d’une vie.

Blanche des Oublies, avec Andrew Pockett en illustrateur, œuvre du cœur, de l’enchantement et de la féerie, longue elle aussi, par sa durée et ses couleurs, couronnera, en 2011, ce parcours intérieur. Lecture d’extraits par Monique-Lise COHEN, Christian SAINT-PAUL et l’auteur lui-même.

Un ouvrage : Dires croisés sur Eaux dérobées de Daniel Cohen, tétralogie mémorielle, (L’Harmattan 25 €) sort simultanément avec ce livre, enfin un film documentaire (voir pochette).

Eaux dérobées peut être commandé en ligne à :   www.editionsorizons.com

 

  

 

 

 
  10/02/2011



Alem SURRE-
 
GARCIA

 

 

Christian Saint-Paul signale la parution du livre de Jacques MORIN « La poésie de A à  Z (selon Jacmo) » aux éditions Rhubarbe 219 p 13 €. L’homme qui a fait de « Décharge » une incontournable revue de la poésie française, après plus de 40 ans d’animation de revue est devenu un « revuiste » espèce de monument de la poésie. C’est cette épopée qui est retracée dans ce livre « sous la forme faussement rigoureuse mais délibérément décousue du dictionnaire ». Pour finir, Jacmo nous offre son anthologie personnelle de 33 poètes contemporains. Une prochaine émission des poètes sera consacrée à Jacques MORIN qui s’expliquera sur ce livre, son œuvre et son action en faveur des poètes.

Les éditions Bruno Doucey font paraître « Outremer Trois océans en poésie » une anthologie des poètes des territoires de l’Outre-mer français rassemblée par Christian Poslaniec et Bruno Doucey.  C’est une première car jamais une telle anthologie n’avait été réalisée. Il s’agit d’un très beau livre à la couverture bleue outre-mer comme il se doit et qui s’inscrit dans le cadre de « 2011 année des Outre-mer ». 250 pages de poésie brûlante à lire avec les notices biographiques des auteurs. Un document exceptionnel sur la culture poétique de nos lointains territoires où se joue le sort de la langue française.  18 € éditions Bruno Doucey diffusion harmonia mundi. L’émission « les poètes » reviendra sur cette anthologie à se procurer absolument.

Christian Saint-Paul reçoit le poète, essayiste, écrivain occitan, dramaturge et conférencier Alem SURRE-GARCIA grande figure de la culture occitane qui vient nous parler de deux évènements qui se jouent à Toulouse et dont il est, encore une fois, l’instigateur éclairé. Le premier a trait à une exposition à l’Ostal d’Occitània de Tolosa 11 rue Malcousinat à Toulouse qui se tiendra jusqu’à la fin mars : GOTIC OCCITAN  ART MUDEJAR (XIII° - XVII°). (Voir le flyer à la rubrique « Evènements »)  L’influence de l’architecture arabe apparaît de façon étonnante dans les édifices du sud de la France. Alem Surre-Garcia explique comment les artistes ont reproduit certains canons esthétiques et les ont intégrés à ce que l’on a désigné sous le vocable de l’art gothique alors que les Goths n’ont rien à voir dans cette fabuleuse aventure de la recherche de la beauté pour rendre compte de la haute spiritualité qu’elle servait. Il faut écouter Alem Surre-Garcia, ce démystificateur impénitent, qui retrace l’histoire réelle de la conception de ces chefs d’œuvre qui illuminent notre région occitane, et pour ceux qui le peuvent venir voir cette exposition (entrée libre).

Le deuxième évènement aura lieu le mercredi 16 février 2011 à 20 h à Toulouse 5 chemin d’Audibert (31200) à la salle Ernest Renan (métro ligne B Trois Cocus). En effet, dans le cadre de la fête de mawlid (naissance du prophète) la Fondacion Occitània a invité l’orchestre de la Société littéraire artistique et musicale de Tlemcen (SLAM) ; l’année 2011 est l’année Tlemcen capitale culturelle du monde musulman. Cet évènement exceptionnel et lourd d’une fraternité qui sied à la tradition occitane se déroule sous l’égide occitane du « Polit Mes de febrier de 2011 » (Joli mois de février 2011). (Voir le flyer à la rubrique « Evènements »)  L’entrée sera gratuite mais il est prudent de s’y rendre un peu à l’avance. Soirée exceptionnelle garantie par la qualité mondialement reconnue de l’orchestre invité. Pendant l’entretien deux intermèdes musicaux sont diffusés : Irme Kero de Yasmin LEVY et Por las dos orillas (les deux Andalousies).  

 

 
  03/02/2011



Michel

 MATHE

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Christian Saint-Paul rappelle que la revue Nu(e) revue de poésie, consacrera son prochain numéro à un des plus grands poètes vivants de langue française, Gaston PUEL qui vit à quelques kilomètres de Toulouse, à Veilhes dans le Tarn. Occasion exceptionnelle à ne pas manquer car ce poète est particulièrement discret dans la diffusion de son œuvre, mais heureusement connaît de nombreux amis qui suppléent à cette carence et ont à cœur de faire partager le bonheur de la lecture des textes de Gaston PUEL. Le n° est à commander pour 20 € à « Nu(e) » c/o Béatrice Bonhomme, 29 avenue Primerose  06000 Nice.

Pour la première fois une maison d’édition a consacré une anthologie de poésie aux territoires de l’Outre-mer français. « Outremer – Trois océans en poésie » anthologie établie par Christian Poslaniec et Bruno Doucey, propose un tour du monde en 80 poètes de la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Pierre et Miquelon, Mayotte et la Réunion, de la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis et Futuna ;de quoi voyager sous toutes les latitudes. A commander chez votre libraire ou aux éditions Bruno Doucey Fontaines O Livres, 85 rue de la Fontaine-au-Roi  75011 Paris  288p  18 €. L’émission « les poètes » reviendra sur cette anthologie qu’elle tenait à saluer dans un premier temps.

Puis Saint-Paul présente son invité, le romancier, essayiste, dramaturge Michel MATHE qui est déjà venu les années précédentes à cette émission présenter ses romans historiques « Pour le sang de la vierge » et « Le Prince des crapauds » publiés aux éditions Privat. Cette fois-ci fidèle à cet éditeur toulousain, Michel MATHE vient nous parler de son dernier né qui interpelle tout toulousain et bien au-delà tout languedocien pour ne pas dire toute la moitié sud de la France : « Vite et bien Des nouvelles de LA DEPÊCHE » 1870 – 2010 140 ans de La Dépêche. A travers l’histoire de ce quotidien mythique, l’auteur dans une langue superbe et toujours savoureuse nous fait traverser un siècle et demi d’histoire politique, économique et journalistique du sud-ouest de la France. Le talent de Michel MATHE nous tient en haleine tout au long des 11 récits qui jalonnent cette épopée de son origine dans une imprimerie de Toulouse à l’explosion d’AZF qui a gravement endommagé les derniers locaux du journal, sans toutefois interrompre sa parution. Avec sa verve habituelle, l’auteur raconte les épisodes de cette longévité journalistique indissociable de la vie tumultueuse de la classe politique qui a fait nos régions du sud-ouest. Il faut écouter ce long entretien où se devine la passion que suscitèrent les prises de position de La Dépêche, son accompagnement de cette vie politique qu’elle influençait quand elle ne la pilotait pas tout simplement. Les grandes figures qui ont marqué notre histoire sont là, terriblement vivantes dans ces fictions rarement inventées, la plupart du temps imaginées à partir de faits réels consignés dans le journal. Michel MATHE en parle si bien et avec tant de plaisir que le temps manque pour lire des extraits de cet ouvrage. Un livre jubilatoire par le style jovial et élégant qui caractérise l’auteur qui ne s’évade jamais d’un humour qui rend cette lecture agréable comme une gourmandise mais qui nous en apprend beaucoup sur l’histoire de notre région. Un livre que l’on termine trop vite tellement l’écriture est alerte et que l’on voudrait prolonger. A lire sans attendre ! Editions Privat 188 pages 15 €.



 
  27/01/2011




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 Christian Saint-Paul reçoit le poète et chroniqueur :

Georges CATHALO. Ce poète discret mais passionné de poésie a amassé depuis plus de quatre décennies des publications de recueils, de livres, de revues sur la poésie contemporaine qui constituent la mémoire vivante de cet art. Cet « archiviste » des artistes comme le nomme affectueusement Jacques MORIN de la revue « Décharge » prête main forte sur presque tous les fronts de diffusion de la poésie. Homme de son temps, il prospecte les sites du Net pour Michel Baglin et son site   http://revue-texture.com

Cet infatigable lecteur et chroniqueur vient ce soir évoquer son propre travail qui depuis 1974 et le prix Voronca pour « Salves » se découvre dans une trentaine de recueils. Il est dommageable que beaucoup de ces publications soient aujourd’hui épuisées et que leur auteur n’envisage pas un retirage. Espérons qu’il saura se laisser convaincre de réaliser une anthologie personnelle qui permettrait à un plus large public et aux jeunes d’avoir accès à cette œuvre. Parmi les publications que l’on peut encore se procurer, citons : « Des mots plein les poches » (éditions Milan), « Noms communs » et « Noms communs deuxième vague » (Gros Textes éditeur), « Quotidiennes pour oublier » « Quotidiennes pour dire» (La Porte éditeur), « L’Echappée » « A l’envers des nuages » (Encres Vives éditeur).

Avant de parler de sa posture poétique et de faire entendre cette voix resserrée de la poésie d’aujourd’hui qui le définit, Georges Cathalo qui était l’avant-veille avec Cathy GARCIA un des deux poètes présentés aux Moments poétiques organisés à Aurillac par Jean-Louis CLARAC, assiste Saint-Paul dans sa recension des évènements et publications à signaler : le prochain n° de la revue Nu(e) sera consacré à Gaston PUEL , (le bulletin de souscription est à la rubrique « Evènements » de ce site) ; le n° 106 de la revue FRICHES vient de paraître avec une présentation d’Alexandre VOISARD et des critiques de recueils qui font de cette revue une des revues phare de la poésie française (lecture d’un texte de Monique Saint-Julia publié dans ce n°) ; « NOUVEAUX DELITS » a fait paraître son n° 38 d’une facture toujours aussi bonne et agréable : excellents textes, belle mise en page, illustrations plaisantes et citations à retenir ; à lire, voir : http://larevuenouveauxdelits.hautefort.com ; « DIERESE » n° 51 est un monument de plaisir : une profusion de textes, de chroniques, de critiques et d’illustrations brillantes s’étale sur plus de 250 pages pour le prix modique de 10 € à commander d’urgence abonnement 4 n° 38 € à Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière ; enfin le poète Jean-Pierre CRESPEL publie à « La Feuille de thé » un volumineux recueil de plus de 150 pages « L’œil du temps » préfacé par Christian Saint-Paul (20 € bon de commande à la rubrique « Evènements » de ce site ; Jean-Pierre CRESPEL qui publie  également « Oiseau de Suie » dans la collection « ficelle » de Vincent ROUGIER que connaît bien Cathalo (bon de commande aussi sur ce site).

CATHALO livre alors son commentaire sur la posture poétique qu’il adopte tant sur le plan de la forme, une aspiration à la quintessence, au dépouillement jusqu’à l’os pour mieux cerner le squelette du réel, que sur le plan éthique, la poésie étant une expression morale de la vie quotidienne. Cette exigence crée bien sûr une tension sans laquelle le poème ne pourrait être réussi et se revêtir de la valeur universelle qui le signe. Lecture de textes. Le débat avec Saint-Paul s’articule autour de deux pensées : celle de l’attention comme exercice spirituel à partir d’une phrase et de la conception de la philosophe Simone Weil (1909 / 1943) et celle du poète Alain Lacouchie qui révèle : « …l’autre est cet espace incertain / qui m’oppresse et m’enchaîne. » CATHALO détaille sa quête personnelle du réel et ses rapports à l’altérité. Il s’inscrit dans cette volonté humaniste de cerner au plus prés la réalité du monde pour se l’approprier et la rendre plus fraternelle. L’ambition de la recherche éperdue de ce poète si attaché aux autres et au monde, n’a d’égale que l’humilité de ses actes entrepris pour avancer dans le chemin.  L’émission s’achève sur une facétie de Saint-Paul qui s’interroge sur l’audimat de l’émission en lisant le poème de Georges Cathalo dans « Noms communs 2ème vague » :

AUDIMAT

vouloir fixer figer
les yeux et les oreilles

 et le reste du corps
et le cœur et l’esprit

vouloir à tout prix
gagner en audience

tirer au plus profond
sur la chaîne enchaîner

tirer toujours plus bas
là où l’âme s’absente
vers le fond le tréfonds
catacombes d’où nul ne reviendra.



 
  20/01/2011



Isabelle LEVESQUE
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Christian Saint-Paul annonce la parution du n° 51 Hiver 2010 de la revue DIERESE poésie et littérature ; prodigieuse publication de 255 pages (voir rubrique « Evènements ») qui offre un florilège de textes, poèmes, articles, dessins, illustrations et critiques qui témoignent de la richesse créatrice des artistes contemporains.  Aux écrivains entrés dans l’histoire de la littérature se mêlent les poètes reconnus et les talents qui émergent ou sont révélés. Surtout, cette revue se signale par ses nombreuses critiques de recueils de poésie, carence ordinaire des médias. Merci à son directeur d’œuvrer aussi bien dans la diffusion de la poésie contemporaine. A ce niveau de qualité et d’implication, c’est un vrai sacerdoce. La revue ne coûte que 10 € et l’abonnement 4 numéros 38 € (règlement à l’ordre de Daniel Martinez 8 avenue Hoche  77330 Ozoir-la-Ferrière).

L’émission est ensuite consacrée à Isabelle LEVESQUE, née en 1967 aux Andelys, en Normandie, publiée dans les meilleures revues de poésie : Friches, L’Arbre à paroles, N4728, Diérèse, Comme en poésie.  Son premier recueil a paru à Encres Vives « D’ici le soir » et a fait l’objet d’une émission le 1er avril 2010 que vous pouvez toujours écouter.                                                                                                                                                         Aujourd’hui elle réitère et fait paraître dans la même collection (Encres Blanches à Encres Vives  6,10 € à commander 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers) : « LA REVERDIE » .Le dessin de couverture (voir rubrique « Evènements ») est une encre de son père Claude Lévesque, le Château Gaillard aux Andelys. Saint-Paul lit l’ensemble de ces poèmes où l’absence de l’être aimé devient une présence tantôt familière, tantôt douloureuse, mais scelle une union indestructible. « Ton absence menait douleur, / battant mes mains / de tambour vide. » Le style précis, utilisant les espaces, les italiques que la lecture doit s’efforcer de restituer, est retenu, fluide et dégage une nostalgie qui n’est parfois qu’un leurre :                                                   « Docilité n’est   qu’apparence. Mon cri, c’est                                                                                                        vie (premier degré).                                                                                                                                          Ce chant d’amour est repris dans la lecture qui suit, des extraits de poèmes publiés dans le n° 51 de Diérèse. L’auteure semble donner raison à cette phrase de Philippe Delerm : « Le bonheur c’est d’avoir quelqu’un à perdre ».                       

Sa prochaine publication « Ultime Amer » aux éditions Rafael de Surtis (voir « Evènements » pour commander) fera l’objet d’une nouvelle émission où Isabelle Lévesque, poétesse aujourd’hui reconnue, sera jointe au téléphone. En attendant, ses recueils sont à lire, absolument !

Rectificatif à l’émission apporté par Isabelle Lévesque :

Je voudrais juste vous signaler que la lecture d'Antoine Emaz est de Jeanpyer Poëls (les miennes commencent avec Ariane Dreyfus). Et le poème Buée, c'est moi qui l'ai écrit (l'appelant Buée en référence à Jean Gabriel Cosculluela qui a publié chez Jacques Brémond un recueil intitulé Buée, consacré à Thierry Metz).

Isabelle Lévesque



 
 
13/01/2011



  Jean-Louis Manceau
 


Christian Saint-Paul annonce qu’à la Cave Poésie à Toulouse (71 rue du Taur) vont être données 10 représentations de l’

 « OPERA DE MALDOROR » d’après « Les Chants de Maldoror » du Comte de Lautréamont, du 18 au 29 janvier 2011 le mardi à 21 h 30 du mercredi au samedi à 19 h 30.

L’instigateur de cet opéra de salon, le comédien et metteur en scène

 Jean-Louis MANCEAU est venu présenter cet évènement à ne pas manquer, à l’antenne. Ce grand professionnel de la scène, docteur es lettres, riche d’une expérience variée (plus de 25 spectacles montés à Paris, à Avignon, à Bruxelles, à Jérusalem, partenaire comme comédien de Michel Auclair, Gérard Darmon, Jean-Pierre Bacri, Odette Joyeux entre autres) s’enthousiasme en présentant la vie et l’œuvre d’Isidore  DUCASSE en littérature Comte de LAUTREAMONT. Né en 1846 à Montevideo il meurt à 24 ans à Paris en 1870 lors du siège. Il fit ses études secondaires à Tarbes puis à Pau avant de gagner Paris. « Les Chants de Maldoror » ont été édités en 1869 par Lacroix à Bruxelles et défendus à la diffusion en France. Œuvre devenue mythique, romantisme noir, ce sont les surréalistes qui s’empareront de ces Chants voyant dans cette violente épopée avant tout le révélation d’une écriture en accord avec leur mouvement.  A ce propos Saint-Paul cite une phrase de Noorbergen : « La parole poétique ne reste vivante que si l’espace symbolique se défait, se désunit jusqu’au déchirement. Par excès de tension psychique que la fureur verbale réalise ». Jean-Louis MANCEAU acquiesce à cette énonciation, la fureur verbale qui se dégage des Chants étant évidente. On écoute un extrait de l’Opéra de Maldoror.

L’entretien porte ensuite sur la composition musicale, création du musicien aveugle André FERTIER qui a mêlé les climats sonores pour restituer une « musique des profondeurs ». Le musicien Francis FERRIE joue de la guitare, de l’accordéon, de la flûte irlandaise, de la cornemuse et des percussions !  Dominique PRUNIER dont on a entendu la voix dans l’extrait diffusé et Jean-Louis Manceau sont les comédiens et les voix.  Ce dernier lit des extraits des Chants.

Un spectacle exceptionnel à ne pas manquer ! Pour ceux qui ne pourront venir un CD sera édité dont nous diffuserons des extraits en vous indiquant où se le procurer.



 

 
06/01/2011
 
 
 
 

Christian Saint-Paul dit sa joie de se retrouver pour cette année qui débute  dans les studios de Radio Occitania espace de liberté ; ce même jour vient d’avoir lieu salle des Illustres au Capitole à Toulouse la commémoration de la déclaration des libertés communales de la Ciutat Mondina le 6 janvier 1 189. Aux termes de cette déclaration les étrangers devenaient habitants et citoyens de Toulouse par le seul fait qu’ils entraient dans la ville.                                                                                                                                     Pour demeurer dans cette tradition humaniste de reconnaissance mutuelle des cultures, Saint-Paul rappelle qu’Eric FRAJ poursuit sa tournée de concerts « FAT E FOLS ! » le 8 janvier à Agen et le 15 janvier 2011 à 21 h à Toulouse au théâtre des Mazades, pour la fête du Nouvel An Berbère. On écoute une chanson d’Eric.

Deux publications qui marquent la culture toulousaine et au-delà ont un intérêt universel viennent de paraître : « La vie à Toulouse dans l’entre-deux- guerres » de Jacques ARLET aux éditions Loubatières 321 p 25 € et « Frères d’exil  Espagne – Médecine- Politique » de José MARTINEZ COBO.

Gilles LADES vient de faire paraître à L’Arrière-pays « Témoins de Fortune » 85 p 12 €  et à Encres Vives « Damier du Destin » recueil qui constitue le 386ème numéro de la revue. L’émission « les poètes » reviendra sur ces publications avec l’auteur.                                     Enfin Saint-Paul invite à se rendre à Montolieu dans l’Aude pour l’exposition Gaston PUEL qui s’achève le 15 janvier 2011.Il lit un poème de Gaston PUEL « L’oubli » dédié à Georges Cathalo.

L’émission est ensuite consacrée au poète belge Karel LOGIST né en juillet 1962 à Spa, qui a été bibliothécaire dans cette ville, remarqué par Alain BOSQUET qui publie ses textes dans « Le Figaro », a reçu le prix Maurice Carême, créé la revue et les éditions FRAM, reçu le prix François Coppée de l’Académie Française pour son anthologie « Tout emporter » et est actuellement documentaliste à l’université de Liège.

Lecture d’extraits du recueil « J’arrive à la mer » qui a obtenu en 2005 le prix Marcel Thiry. Poèmes dynamiques où l’humour (belge) prévaut.

 

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